1 Puisque plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des choses qui sont reçues parmi nous avec une pleine certitude, 2 comme nous les ont transmises ceux qui, dès le commencement, ont été les témoins oculaires et les ministresa 2a ailleurs : serviteur, serviteur qui a un service spécial. de la paroleb 2b ou : du Verbe. , 3 il m’a semblé bon à moi aussi, qui ai suivi exactement toutes choses depuis le commencement, très excellent Théophile, de te [les] écrire par ordre, 4 afin que tu connaisses la certitude des choses dont tu as été instruit.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Les récits de l'enfance Chapitre 1. Les prédictions 1 à 4
Préface et dédicace.
Cette admirable préface de Luc, si précise et si claire dans sa brièveté, si riche de pensées, du style classique le plus pur, et qui rappelle les prologues des grands historiens grecs (Hérodote, Thucydide, Polybe), nous apprend que l'évangéliste a eu plusieurs devanciers, (verset 1) que les faits rapportés par eux et dont il va à son tour entreprendre le récit reposent sur le témoignage apostolique ; (verset 2) qu'il a mis une scrupuleuse exactitude à s'en assurer, (verset 3) enfin qu'il s'est proposé pour but de confirmer les enseignements reçus par Théophile, à qui il dédie son écrit. (verset 4) […]
v. 1-4 · Godet · 18/10/2026
La conjonction ἐπειδήπερ, puisqu'en effet, qui ne se retrouve pas ailleurs dans le N. T., a une certaine solennité ; elle se compose de trois éléments : le ἐπεί, puisque, annonce l'indication du fait sur lequel Luc va s'appuyer ; δή rappelle la notoriété de ce fait, et περ insiste sur la justesse de la conclusion tirée : ἔδοξε κἀμοί. Nous dirions : « Eh bien, à moi aussi, il m'a paru bon. » - Origène et d'autres ont trouvé dans le terme ἐπεχείρησαν, ont entrepris, l'expression d'un blâme à l'adresse des devanciers de Luc, comme s'ils s'étaient mis à ce travail sans avoir pour cela une véritable vocation. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Les mots : conformément à ce que nous ont transmis , peuvent se rapporter à la première partie du verset précédent et exprimer la manière dont ces "plusieurs" ont écrit leurs récits, la source où ils ont puisé ; ou bien à la seconde phrase, c'est-à-dire aux "choses pleinement certifiées."
Dans le premier cas, Luc attribuerait aux écrits dont il parle l'autorité de la tradition apostolique, ce que plusieurs interprètes (Olshausen) ne veulent pas admettre ; dans le second cas, il indiquerait que c'est par cette autorité même qu'ont été pleinement certifiés les faits de l'histoire évangélique. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ces mots du verset 3, Luc en vient à la conclusion de ce qui précède, ou à sa proposition principale.
En disant : moi aussi , il se met modestement au même rang que les plusieurs du verset 1 ; mais, évidemment, par tout ce qu'il va nous dire de la nature de son travail et du but qu'il espère atteindre, (verset 4) il attribue tacitement à son récit une supériorité que l'Eglise entière a reconnue.
Il se sert de trois expressions qui indiquent nettement le caractère complet et approfondi son travail.
Les deux premiers de ces termes se rapportent à l'étude des sources où il a puisé, le troisième à la nature de son exposition.
1° Il est remonté jusqu'à l'origine des choses. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : afin que tu reconnaisses, au sujet des paroles dont tu as été instruit, l'inébranlable certitude .
Comme le mot paroles signifie fréquemment en grec, selon un hébraïsme bien connu, les choses , plusieurs versions adoptent ici ce sens qui correspondrait à l'idée du verset 1, où pourtant se trouve un autre terme.
Il est beaucoup plus conforme à la pensée de Luc de conserver ici la signification ordinaire du mot grec : paroles, discours, enseignements .
Ce terme désigne, non seulement les faits de l'histoire évangélique, mais aussi les vérités religieuses, les doctrines qui en ressortent nécessairement. (Comparer 1Corinthiens 15.1) […]
5 Aux jours d’Hérode, roi de Judée, il y avait un certain sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; et sa femme était des filles d’Aaron, et son nom était Élisabeth. 6 Et ils étaient tous deux justes devant Dieu , marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du ✶Seigneur, sans reproche. 7 Et ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Élisabeth était stérile ; et ils étaient tous deux fort avancés en âge. 8 Or il arriva, pendant qu’il exerçait la sacrificature devant Dieu dans l’ordre de sa classe, 9 que, selon la coutume de la sacrificature, le sort lui échut d’offrir le parfum en entrant dans le templec 9c la maison même ; non pas tout l’ensemble des cours et bâtiments sacrés. du ✶Seigneur. 10 Et toute la multitude du peuple priait dehors, à l’heure du parfum. 11 Et un ange du ✶Seigneur lui apparut, se tenant au côté droit de l’autel du parfum. 12 Et Zacharie, le voyant, fut troublé, et la crainte le saisit. 13 Et l’ange lui dit : Ne crains pas, Zacharie, parce que tes supplications ont été exaucées, et ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jean. 14 Et il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance ; 15 car il sera grand devant le ✶Seigneur, et il ne boira ni vin ni cervoise ; et il sera rempli de l’Esprit Saint déjà dès le ventre de sa mère. 16 Et il fera retourner plusieurs des fils d’Israël au ✶Seigneur leur Dieu . 17 Et il ira devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie, pour faire retourner les cœurs des pères vers les enfants, et les désobéissants àd 17d ou : selon. la pensée des justes, pour préparer au ✶Seigneur un peuple bien disposé. 18 Et Zacharie dit à l’ange : Comment connaîtrai-je cela ? car moi, je suis un vieillard, et ma femme est fort avancée en âge. 19 Et l’ange, répondant, lui dit : Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu , et j’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer ces bonnes nouvellese 19e litt. : t’évangéliser ces choses. . 20 Et voici, tu seras muet et tu ne pourras point parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru mes paroles qui s’accompliront en leur temps. 21 Et le peuple attendait Zacharie ; et ils s’étonnaient de ce qu’il tardait tant dans le templef 21f la maison même ; non pas tout l’ensemble des cours et bâtiments sacrés. . 22 Et quand il fut sorti, il ne pouvait pas leur parler : et ils reconnurent qu’il avait vu une vision dans le templeg 22g la maison même ; non pas tout l’ensemble des cours et bâtiments sacrés. ; et lui-même leur faisait des signes, et il demeura muet. 23 Et il arriva que, quand les jours de son ministère furent accomplis, il s’en alla dans sa maison.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
5 à 25
Annonce de la naissance de Jean-Baptiste.
Il y eut, aux jours de ,...tournure hébraïque, fréquente dans l'Ancien Testament. Dès ce verset 5. le style est semé d'aramaïsmes.
- Hérode , surnommé le Grand. (Voir Matthieu 2.1,note) Le titre de roi de Judée lui avait été décerné par le sénat romain. Son royaume comprenait toute la Palestine.
On voit que, sur cette date, Luc est en parfait accord avec le premier évangile, qui place la naissance de Jésus sous le règne d'Hérode. Il résulte encore de Matthieu 2.19 que Jésus naquit vers la fin de ce règne. Selon Josèphe, la mort d'Hérode eut lieu au printemps de l'an 750 de Rome. […]
v. 5 · Godet · 18/10/2026
Le ἐγένετο, il y eut, rappelle le vajehi des historiens hébreux. Et en effet, dès ce moment, le style change de caractère ; nous rencontrons dans ce qui suit hébraïsmes sur hébraïsmes. Pour retrouver dans l'œuvre de Luc le style classique du prologue, nous devons franchir tout ce qui sépare notre v. 4 de la seconde moitié du livre des Actes. Ce phénomène, comme nous l'avons vu, n'est pas difficile à expliquer. - L'expression ἐν ταῖς ἡμεραῖς, dans les jours de, est également hébraïque ; comp. Matth.2.1. D'après Matthieu aussi, Jésus est né sous le règne d'Hérode le Grand. Celui-ci, d'après Josèphe, mourut au printemps de l'an 750 U. C. […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
La seconde partie de ce verset explique la première.
Selon les notions de l'Ancien Testament, être juste , c'est conformer sa conduite et sa vie aux prescriptions de la loi de Dieu. (Jean 1.48)
Le terme devant Dieu (Genèse 7.1) est un hébraïsme qui exprime la réalité de cette justice, car il signifie que Dieu la reconnaît et l'approuve.
Cette justice, ainsi que le mot irréprochable , n'exclut point le péché, (Philippiens 3.6) et n'est point opposée à la grande doctrine biblique de la justification par la foi. Les Israélites pieux le savaient bien, puisqu'ils recouraient sans cesse aux moyens prescrits par la loi elle-même pour obtenir le pardon de leurs péchés et pour s'en purifier. […]
v. 6-7 · Godet · 18/10/2026
Cette justice était réelle, puisque Dieu la reconnaissait comme telle ; mais elle n'excluait pas la présence du péché, comme le montre la conduite de Zacharie dans la scène suivante. L'expression irréprochables se rapporte à l'accomplissement des obligations extérieures, lévitiques ou morales. C'est ce qu'expriment bien les termes de commandements et de statuts, ἐντολαί et δικαιώματα. Ce sont là des expressions souvent réunies dans l'A. T. pour désigner tout l'ensemble des ordonnances morales ou rituelles renfermées dans la loi. Il serait arbitraire de rapporter, avec Calvin, le premier terme aux commandements moraux, le second aux ordonnances rituelles. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : "avancés dans leurs jours ," hébraïsme. (Genèse 18.11)
Cette expression montre que chacun a ses jours qui lui sont comptés. (Job 14.5 ; Psaumes 90.12) Du reste, cette remarque sur l'âge des deux époux se rapporte surtout à Elisabeth et au long temps où elle avait été sans enfants ; car Zacharie devait, pour être encore en fonctions, avoir moins de cinquante ans. (Nombres 8.25)
v. 8-10 · Godet · 18/10/2026
De nouveau un ἐγένετο, il arriva (le vajehi hébreu) ; son sujet est la proposition de ἔλαχε, v. 9. Le δέ interrompt la suite des καί ; il annonce un fait tout nouveau qui mettra fin à la situation précédente. - Les fonctions sacerdotales consistaient dans l'offrande des sacrifices pour le peuple et dans celle du parfum, matin et soir, à neuf heures et trois heures. Les mots : en présence de Dieu, font sentir la gravité de cette fonction.
Verset 9. On peut rapporter la remarque : selon la coutume de la sacrificature, à ce qui précède ; la coutume serait dans ce cas l'institution du tour de rôle entre les classes. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Les mots : dans l'ordre de sa classe , désignent le rang où chaque classe de sacrificateurs était en fonction ; (verset 5. note) ce rang restait toujours le même.
Mais, en outre, la coutume ou l'usage voulait que, entre les sacrificateurs de service, chacune des diverses fonctions fût attribuée par le sort .
De cette manière rien, dans ces fonctions saintes, n'était livré à l'arbitraire humain, rien ne pouvait provoquer des jalousies entre les sacrificateurs. Il échut donc ce jour-là à Zacharie le privilège d'entrer dans le sanctuaire et d'offrir le parfum . […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est avec l'apparition de cet ange que s'ouvre la série des faits surnaturels racontés dans ces premiers récits de Luc. Ceux-là seuls pourraient les trouver étranges qui ne croient pas au "grand mystère de piété," auquel ces faits se rattachent tous, "Dieu manifesté en chair." (1Timothée 3.16)
"Au moment où la Parole éternelle s'unissait à notre humanité (Jean 1.1,14) devaient se produire ces manifestations du monde des esprits qui ne sont point nécessaires en des temps ordinaires." Olshausen.
On voit du reste, par ces détails précis, qu'un témoin oculaire seul peut avoir conservés, que l'évangéliste raconte, non une vision, mais un fait réel : l'ange lui apparut, se tenant debout, au côté droit de l'autel .
- Au coté droit , c'est-à-dire au sud, entre l'autel et le chandelier, à la gauche de Zacharie qui entrait dans le sanctuaire.
v. 11-12 · Godet · 18/10/2026
Il n'y a pas de raison de traduire « l'ange du Seigneur, » malgré le manque d'article, et d'identifier cet ange avec le personnage appelé dans l'A. T. l'Ange de l'Eternel. Ce n'est qu'après avoir été introduit comme un ange quelconque, qu'il sera désigné par l'article (v. 13) comme l'ange connu. D'après l'Ecriture, nous sommes entourés du ciel et de ses habitants (2Rois.6.17 ; Ps.34.8). Jésus proclame ce fait Luc.15.7,10. Il en a fait lui-même l'expérience au désert et à Gethsémané (Marc.1.13 ; Luc.22.43). […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Bien que l'ange vint annoncer à Zacharie une grâce immense, celui-ci éprouve cette crainte qui saisit l'homme pécheur, chaque fois que quelque manifestation du monde invisible lui donne le sentiment de la présence immédiate de Dieu. (Luc 1.29 ; 2.9 ; Genèse 28.17 ; Esaïe 6.5 ; Apocalypse 1.17)
Aussi la première parole que Dieu, dans l'Evangile, adresse au pécheur, c'est cette parole de compassion et d'amour : Ne crains point . (verset 13 ; comparez Luc 2.10)
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Les interprètes se demandent quel était l'objet de cette prière de Zacharie, maintenant exaucée .
Les uns, d'après le contexte, pensent qu'il avait demandé à Dieu la bénédiction de posséder un fils.
Les autres objectent qu'il eût été peu digne du sacrificateur en fonctions de songer à un intérêt de famille, qu'il ne pouvait prier que pour l'accomplissement des promesses de Dieu relatives au salut.
Mais les mots : ta femme Elisabeth t'enfantera un fils , désignent l'exaucement d'une requête personnelle. Toute la question est de savoir quand Zacharie fit à Dieu cette requête. […]
v. 13-14 · Godet · 18/10/2026
L'ange répond d'abord à ce sentiment de trouble ; il n'apporte point un message de jugement, mais de grâce : il annonce un fils (v. 13 et 14), et quel fils (v. 15-17) ! Strauss a demandé si cet ange parlait hébreu. Mais nous devons répéter par rapport au sens de l'ouïe ce que nous venons de dire par rapport à celui de la vue. Nous avons ici le récit, non du fait en lui-même et dans sa nature cachée, mais de la manière dont il a été perçu par Zacharie ; et il est bien certain que pour comprendre ce message, il a dû l'entendre dans sa langue. Nous ne saurions pénétrer au-delà de l'aperception du témoin. […]
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
On comprend cette joie et même cette allégresse pour le cœur du père et de plusieurs en Israël ; mais l'ange dans les paroles qui suivent, élève l'objet de cette joie bien au-dessus des sentiments paternels.
En effet, il décrit d'abord le caractère de celui dont il annonce la naissance ; (verset 15) puis son action sur son peuple ; (verset 16) enfin, son rapport avec le Sauveur. (verset 17)
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces mots : devant le Seigneur , indiquent pleinement de quelle grandeur il s'agit ici. (Comparer verset 6, note.) L'homme est en lui-même exactement ce qu'il est aux yeux de Dieu, ni plus, ni moins. Jésus confirma plus tard cette grandeur de son précurseur. (Matthieu 11.9-11)
Ne boire ni vin, ni cervoise (liqueur fermentée faite de divers fruits, autres que le raisin), était l'une des abstinences que s'imposait le nazir ou naziréen , c'est-à-dire celui qui était séparé , ou mis à part, et consacré au service de Dieu.
Cette consécration pouvait être temporaire, ou à vie, comme dans le cas de Samson et de Samuel. […]
v. 15 · Godet · 18/10/2026
La grandeur ici promise n'est pas celle d'une gloire terrestre et passagère ; c'est celle que Dieu lui-même reconnaît comme telle (devant le Seigneur) ; c'est la grandeur morale, avec le divin ascendant qu'elle procure. Elle est décrite en deux traits : l'austérité extraordinaire de la conduite et le principe de cette vie exceptionnelle, l'impulsion de l'Esprit de Dieu. - Le καί, et : et en effet. - Jean est rangé dans cette classe d'hommes spécialement consacrés, qui, en dehors du sacerdoce, cherchaient à réaliser l'idéal de la sainteté israélite. On les appelait Naziréens, de Nazir, consacré. C'était une espèce de sacerdoce laïque réglementé déjà par Nomb.6.1 et suiv. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Il fera retourner, convertira .
Ce qui suppose que, comme tous les hommes, ils s'étaient détournés de lui par leurs péchés.
v. 16-17 · Godet · 18/10/2026
En premier lieu, il produira un mouvement religieux puissant ; comme on dirait aujourd'hui, un grand réveil au milieu du peuple. De la vie d'éloignement de Dieu où est plongé Israël, il le ramènera par la repentance aux pieds de l'Eternel ; ἐπιστρέφειν, faire retourner, dans le sens où nous disons convertir.
Verset 17. Par là, en second lieu, il préparera l'époque messianique ; ce sera le couronnement de son œuvre. La leçon προσελεύσεται, il s'approchera, dans le Vatic. et quelques alex., est une faute évidente. […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Devant lui ; ce pronom ne peut se rapporter qu'au sujet qui précède, le Seigneur leur Dieu ; ce qui est en harmonie avec Malachie 3.1, où l'Eternel dit : "Voici, j'envoie mon messager, et il préparera la voie devant moi ," d'où il résulte que celui qui précède le Messie, précède Jéhova lui-même, qui vient vers son peuple et vers notre humanité en son Fils bien-aimé. (Comparer Jean 12.41 avec Esaïe 6.1 et suivants)
- C'est encore dans Malachie (Malachie 4.5) que le précurseur est annoncé comme un second Elie . Le peuple à l'époque du Sauveur, se fondant sur cette prophétie, attendait la réapparition du prophète. (Matthieu 17.10 ; Marc 6.15 ; Jean 1.21) […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : avancée en ses jours . (Voir, sur cet hébraïsme et sur l'âge que pouvait avoir Zacharie, verset 7, note.)
La question du sacrificateur, toute semblable à celle d'Abraham, (Genèse 15.8) trahit un doute sur l'accomplissement de ce qui lui est annoncé. (verset 20)
Il demande un signe auquel il puisse en reconnaître la vérité. (Comparer Juges 6.17 ; 2Rois 20.8 ; Esaïe 7.10 et suivants)
v. 18 · Godet · 18/10/2026
Cette demande d'un signe est traitée comme une faute digne de punition. Et cependant Abraham (Gen.15.8), Gédéon (Juges.6.36,39, par trois fois), Ezéchias (2Rois.20.8) font des demandes semblables, sans être jugés coupables. Dieu va même jusqu'à donner à Moïse deux signes que celui-ci ne lui a pas demandés (Ex.4.2,6) et Esaïe en offre un à Achaz de la part, de Dieu (Es.7.11). Pourquoi ce qui était légitime dans tous ces cas ne l'est-il pas dans celui de Zacharie ? C'est sans doute parce que celui-ci venait après eux et qu'il avait derrière lui toute cette série de révélations et d'interventions divines que, comme sacrificateur, il devait parfaitement connaître. […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces premières paroles de l'ange sont destinées à affirmer la vérité de sa mission et à relever sa dignité de messager céleste, à laquelle le doute de Zacharie porte atteinte ; elles impliquent un blâme et préparent l'annonce du châtiment. (verset 20)
Le nom de Gabriel signifie l'homme fort de Dieu ou encore Dieu est ma force .
Ce nom devait être connu à Zacharie par Daniel 8.16 ; 9.21. S'étonnerait-on de ce qu'un ange porte un nom et un nom hébreu ? (Comparer Daniel 10.13 ; 12.1 ; Apocalypse 12.7)
Mais Dieu lui-même ne s'appelle-t-il pas Jéhova ? Quand Dieu se révèle aux hommes, il faut bien qu'il emprunte leur langage pour être compris. […]
v. 19-20 · Godet · 18/10/2026
Les paroles du v. 19 font comprendre à Zacharie la gravité de sa faute. Il a méconnu et la dignité du messager et l'excellence du message. Le messager se fait connaître à lui comme un personnage connu de lui. : « Je suis Gabriel. » Ce nom signifie : « l'homme fort de Dieu, » vir Dei. La Bible ne désigne par leur nom que deux personnages célestes : Gabriel (Dan.8.16 ; 9.21) et Michaël, nom qui signifie : « Qui est comme Dieu ? » (Dan.10.13,21 ; 12.1 ; Jude.1.9 ; Apoc.12.7). Ces deux noms sont symboliques, exprimant le caractère et le rôle de ceux qui les portent. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : te taisant et ne pouvant parler ; ces derniers mots indiquent la cause de ce silence.
On se demande pourquoi Zacharie est puni du doute momentané qui l'avait porté à demander un signe, tandis que d'autres, dans le même cas, ne le sont pas. (verset 18, note.)
Cette question a été diversement résolue. Celui qui sonde les cœurs et en connaît les sentiments les plus intimes pourrait seul y répondre. Au reste, le signe donné à Zacharie, un mal physique, qui humilie la nature humaine, après une haute révélation dont elle pourrait s'enorgueillir, n'est pas sans analogies dans l'Ecriture, et renferme un profond enseignement. (Genèse 32.25-31 ; Actes 9.9 ; 2Corinthiens 12.7)
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
verset 10. L'apparition de l'ange et son entretien avec le sacrificateur avaient retenu celui-ci dans le temple beaucoup plus longtemps qu'à l'ordinaire.
v. 21-22 · Godet · 18/10/2026
Un passage du Talmud (Hiéros. Joma, 43, 2) dit : « Le grand sacrificateur fait une courte prière dans le sanctuaire…, il ne prolonge pas sa prière de peur d'inspirer de l'inquiétude au peuple. » L'officiant pouvait en effet avoir été frappé de Dieu pour quelque faute. Cette remarque rabbinique s'applique spécialement à l'entrée du grand sacrificateur dans le Lieu très saint le jour des expiations ; mais elle peut s'appliquer aussi à l'entrée journalière du sacrificateur dans le Lieu saint. - Le peuple attendait dans le parvis que Zacharie sortît pour lui donner la bénédiction ordinaire. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Le peuple, voyant que Zacharie ne pouvait pas lui parler , en conclut qu'il lui était arrivé quelque chose d'extraordinaire, et comme c'était dans le sanctuaire, il conclut encore à une vision .
Lui-même confirma cette pensée par des signes .
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : les jours de son service dans le culte , c'est-à-dire lorsque sa classe, qui était la huitième, eut achevé sa semaine, et fut relevée par la classe suivante. (Comparer verset 5. seconde note ; versets 8,9, note.)
v. 23-25 · Godet · 18/10/2026
La conduite et la parole d'Elisabeth ont été expliquées très diversement. Origène pensait qu'elle éprouvait une sorte de honte de devenir mère à un âge si avancé ; de Wette supposait que c'était une précaution hygiénique ; d'autres croyaient qu'elle voulait avant tout s'assurer de la réalité de son état ; la plupart, Bleek, Oosterzee, Keil, Weiss, Schanz, expliquent cette conduite par le besoin d'un temps de recueillement et d'action de grâces. […]
24 Or après ces jours, Élisabeth sa femme conçut, et elle se cacha cinq mois, disant : 25 Le ✶Seigneur m’a ainsi fait aux jours où il m’a regardée, pour ôter mon opprobre parmi les hommes.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : elle se cacha elle-même , terme qui, avec le verbe actif, exprime la volonté positive de se soustraire ainsi aux regards des hommes pendant les cinq premiers mois de sa grossesse.
Par quel motif ? Elle nous le dit elle-même ; (verset 25) mais ses paroles, aussi bien que son action, ont été diversement interprétées. Celle de ces interprétations qui s'offre tout d'abord à l'esprit, c'est que pénétrée de reconnaissance envers Dieu, elle veut se retirer dans une solitude profonde, soit pour se recueillir et méditer sur les voies de Dieu envers elle, soit pour se soustraire à de vains propos, jusqu'à ce qu'elle fût sûre de l'accomplissement de la promesse du Seigneur. […]
26 Et au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, nommée Nazareth, 27 à une vierge, fiancée à un homme dont le nom était Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. 28 Et l’ange étant entré auprès d’elle, dit : Je te salue, toi que [Dieu ] fait jouir de sa faveur ! Le ✶Seigneur est avec toi ; tu es bénie entre les femmes. 29 Et elle, le voyant, fut troublée à sa parole ; et elle raisonnait en elle-même sur ce que pourrait être cette salutation. 30 Et l’ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu . 31 Et voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom Jésus. 32 Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-hauth 32h voir Marc 5:7 . ; et le ✶Seigneur Dieu i 32i c.-à-d. : Jéhovah Dieu. lui donnera le trône de David son père ; 33 et il régnera sur la maison de Jacob à toujoursj 33j litt. : pour les siècles. , et il n’y aura pas de fin à son royaume. 34 Et Marie dit à l’ange : Comment ceci arrivera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? 35 Et l’ange répondant, lui dit : L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu . 36 Et voici, Élisabeth ta parente, elle aussi a conçu un fils dans sa vieillesse, et c’est ici le sixième mois pour celle qui était appelée stérile ; 37 car rien ne sera impossible à Dieu . 38 Et Marie dit : Voici l’esclave du ✶Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. Et l’ange se retira d’auprès d’elle.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
26 à 38
Annonce de la naissance de Jésus.
Le sixième mois : cinq mois s'étaient écoulés depuis l'événement raconté au verset 24 ; c'est le moment où Elisabeth sort de sa retraite et où se manifeste aux yeux de tous le fait qu'elle est enceinte. (Comparer verset 36)
- Sur l'ange Gabriel , voir verset 19, et sur Nazareth Matthieu 2.23, note.
"La prophétie touchant la naissance de Jean a été faite au temple, et publiée à tout le peuple, mais la promesse de la naissance de Christ est faite à une vierge en une bien petite ville, et demeure comme ensevelie au cœur d'une jeune fille." Calvin.
v. 26-27 · Godet · 18/10/2026
De Jérusalem et du temple, le récit nous transporte dans une petite ville de province, dans l'appartement d'une jeune fille ignorée du monde. Plus rien de sacerdotal ; c'est ici le milieu tout, simple de la vie Israélite et humaine. - La date du sixième mois correspond aux cinq mois du v. 24. Le moment est venu où Elisabeth peut sortir de sa retraite et être reconnue comme ce qu'elle est. Dieu a attendu cette heure pour rattacher à cette première œuvre l'œuvre plus grande qu'il a en vue. - Le nom de Galilée, venant du mol Galil, cercle, désignait proprement le cercle ou district le plus septentrional de la Terre-Sainte, voisin de la Phénicie. […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Les mots : de la maison de David , peuvent se rapporter à Marie ou à Joseph, ou à tous les deux. Si, comme le prétendent plusieurs interprètes, ces mots ne concernent que Joseph, il n'en reste pas moins évident qu'aux yeux de notre évangéliste la mère du Sauveur descendait de David. (versets 32,69. Comparer Luc 3.23, note.)
Ainsi, de même que Dieu rattachait la nouvelle alliance à l'ancienne en faisant naître Jean-Baptiste de la race sacerdotale d'Aaron, de même il fait surgir le Sauveur annoncé par les prophètes du sein de l'ancienne famille royale israélite. (Comparer verset 32, note.)
- Luc, en racontant que Marie était alors fiancée à Joseph, est pleinement d'accord avec Matthieu. […]
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : toi qui es graciée , qui es l'objet de la grâce, de la faveur de Dieu.
C'est le même mot qui est appliqué à tous les croyants, Ephésiens 1.6, où quelques versions le rendent par : "il nous a reçus en grâce," d'autres : "rendus agréables en son bien-aimé."
Ce sens est sans aucun doute applicable à Marie, qui, comme tous les hommes, ne pouvait être sauvée que par grâce ; mais on peut admettre que l'ange lui promettait en ces termes la grande bénédiction spéciale qui allait lui être accordée. (Comparer verset 30)
C'est pourquoi l'ange ajoute : le Seigneur est avec toi .
Les mots du texte reçu : tu es bénie entre les femmes ne sont pas authentiques, bien qu'ils se lisent dans A, C, D et la plupart des majuscules Ils ont été transférés ici du verset 42.
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
Le verbe χαριτοῦν signifie accorder une faveur, faire grâce (Eph.1.6). Il ne s'agit donc pas de grâces extérieures, comme pourrait le faire supposer la traduction : pleine de grâce. Ce terme est expliqué par les mots suivants : Le Seigneur est avec toi. L'ange connaît le sentiment de Dieu envers Marie par le message qu'il lui apporte. Les mots suivants dans le texte reçu : « Tu es bénie…, » sont une glose tirée du v. 42.
Verset 29. Omis par cinq alexandrins, le mot ἰδοῦσα, voyant, est une glose tirée peut-être du v. 12. Avec ce retranchement tout devient plus simple. Marie n'a rien vu ; c'est la salutation qui la tire de son recueillement et lui fait, lever les yeux. - Le trouble qu'elle éprouve vient de la surprise, non de la crainte ; car elle se croyait seule. Le mot ποταπός, quelle, porte étymologiquement sur l'origine (ποῦ τὸ ἀπό) puis de là sur la nature de la chose : « d'où venait et quelle était cette salutation. »
Versets 30-33 : Le message.
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : "Mais elle voyant (l'ange) fut troublée de sa parole." Les mots soulignés sont omis par la plupart des critiques modernes, d'après Sin., B, D.
La cause du trouble bien naturel qu'éprouve Marie, c'est la parole , ou le discours de l'ange : elle se demandait , ou raisonnait, ce que pouvait être (littér., d'après l'étymologie du mot grec : d'où venait et quelle était) cette salutation , dont les termes si élevés embarrassaient sa modestie.
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ces mots : Ne crains point , l'ange apaise le trouble de la jeune fille, puis il lui réitère l'assurance de la grâce de son Dieu.
Trouver grâce devant Dieu est un hébraïsme fréquent dans l'Ancien Testament. (Genèse 6.8 ; 18.3 ; Exode 33.12,13 ; Juges 6.17 ; 2Samuel 15.25 ; Actes 7.46)
v. 30-31 · Godet · 18/10/2026
Le trouble de Marie en se prolongeant serait devenu de la crainte ; l'ange prévient ce sentiment pénible en lui disant : Ne crains point. L'expression : trouver grâce, est hébraïque (matsa chen ). Ces mots indiquent une faveur particulière qui lui est accordée en conséquence de l'état de grâce dans lequel elle se trouve auprès de Dieu (v. 28).
Verset 31. Le mot ἰδού, voici, indique le caractère, inattendu de ce message. Les termes employés par l'ange rappellent ceux d'Esaïe.7.14 : « La vierge est enceinte et elle enfante un fils et elle l'appelle du nom d'Emmanuel. […]
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Et voici marque le caractère inattendu de la communication.
Les termes de celle-ci rappellent Esaïe 7.14.
Jésus, en hébreu Joschouah ou, pleinement écrit Jehoschouah , signifie Jéhovah sauve .
Voir Matthieu 1.16, note, et verset 21, où l'ange, après avoir annoncé que tel serait le nom du Sauveur, en indique ainsi la signification : "Car c'est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés."
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
eGrec : "Celui-là sera grand ."
Ce titre Fils du Très-Haut , (verset 35, note) est la cause de la grandeur de Celui qu'annonce l'ange. Mais il sera grand , même en présence des hommes, par sa sainteté, sa puissance, son amour. (Comparer verset 15)
v. 32-33 · Godet · 18/10/2026
Au v. 32 sont décrites les qualités personnelles de ce fils. Le pronom οὗτος est emphatique : celui-ci, comme aucun autre. Le terme de grand est pris dans le même sens qu'au v. 15. Il caractérise l'enfant comme devant exercer le plus glorieux des pouvoirs, celui de la sainteté, d'où procède l'influence spirituelle et finalement la souveraineté. - Le titre de fils du Très-Haut n'est point synonyme de celui de Messie. Il s'applique, non à son rôle historique, mais à la nature de sa personne. Il est clair qu'il ne s'agit point de caractériser l'enfant comme la seconde personne de la Trinité ; Marie n'aurait rien compris à une pareille révélation. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles concernant la royauté de Jésus-Christ annoncent l'accomplissement de nombreuses prophéties de l'Ancien Testament : Esaïe 9.6 ; 2Samuel 7.12,13 ; Psaumes 89.5 ; Daniel 7.14.
Elles durent donc inspirer à Marie la pensée que l'enfant qui lui était promis serait le Messie ; car, en pieuse Israélite, elle connaissait les Ecritures.
Les termes du verset 33, en particulier, ne peuvent s'appliquer à nul autre qu'au Messie annonce par les prophètes.
"La promesse :il n'y aura pas de fin à son règne , n'est pas en contradiction avec 1Corinthiens 15.24-28. Car le règne de Jésus, en s'absorbant dans celui du Père, n'est pas annulé, mais accompli. Seulement, à un degré plus avancé de l'œuvre divine, l'apôtre Paul a reçu une révélation dépassant celle que renfermait le message de l'ange."**Godet.
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Connaître n'est point pris ici dans son sens ordinaire, mais exprime par un hébraïsme très usité (Matthieu 1.18,25 ; Genèse 4.1) la consommation du mariage.
Marie, quoique fiancée à Joseph, ne porte pas sa pensée sur le temps où elle sera sa femme, parce qu'elle comprend par les paroles de l'ange que ce qu'il annonce va s'accomplir immédiatement.
Aussi, sa question n'implique pas le doute, comme celle de Zacharie, (verset 18) mais un étonnement plein de candeur et peut-être le besoin de saisir mieux la nature d'une révélation si inattendue. C'est à ces sentiments que va répondre le discours de l'ange.
v. 34-35 · Godet · 18/10/2026
La question de Marie n'est point l'expression d'un doute, comme celle de Zacharie. Dans le sentiment de sa pureté, elle demande simplement comment sera possible une pareille naissance. Jusqu'alors en effet l'histoire sainte ne présentait aucun exemple analogue. Cette question est donc l'expression légitime de l'étonnement d'une conscience sans tache. Plusieurs écrivains catholiques ont cru voir dans ces mots : « Je ne connais pas d'homme, » l'expression, non d'un fait seulement, mais d'un vœu. Marie se serait engagée ou s'engagerait en ce moment à une virginité perpétuelle (voir Schanz ). […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
L'Esprit-Saint et la puissance du Très-Haut sont deux expressions qui indiquent une seule et même chose, avec cette distinction que la première désigne l'essence, la seconde l'action créatrice du Saint-Esprit.
De même les verbes viendra sur toi et te couvrira de son ombre expriment un fait unique, le premier désignant l'acte initial, le second impliquant une notion de durée. L'image que celui-ci retrace est une allusion aux théophanies de l'Ancien Testament, qui s'annonçaient par la présence d'une nuée. (Exode 40.34 ; Nombres 9.15 ; 1Rois 8.10, et ailleurs. Comparer Luc 9.34, où se retrouve le même terme que dans notre verset.) […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette révélation de la grossesse d'Elisabeth est donnée à Marie comme un encouragement à croire ce qui lui est annoncé.
- On ignore par quelle relation de famille Elisabeth était la parente de Marie ; mais c'est à tort qu'on en a conclu que cette dernière appartenait, comme la femme de Zacharie, à la tribu de Lévi. Le père de Marie pouvait être de la tribu de Juda et avoir épousé une femme de race sacerdotale.
v. 36-37 · Godet · 18/10/2026
Et voici : le et indique la relation étroite entre ce fait et le précédent, et le mot voici le caractère complètement inattendu pour Marie du premier de ces faits. - La forme συγγενίς, qui est celle des plus anciens Mss., au lieu de συγγενής ; appartient au grec postérieur ; la forme γήρει, au lieu de γήρᾳ, vient du nominatif ionien γῆρος, εος ; elle se trouve dans les LXX. - La leçon συνειληφυῖα est une forme beaucoup plus hébraïque que le parfait συνείληφεν dans les plus anciens Mss. ; celui-ci est évidemment une correction alexandrine ; il est rejeté par Tischendorf lui-même. […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : aucune parole ne sera impuissante ou aucune chose ne sera impossible de la part de Dieu .
Plusieurs interprètes retiennent le sens ordinaire de parole et l'appliquent aux paroles mêmes que l'ange vient de prononcer.
Mais, par un hébraïsme très fréquent, ce mot signifie une chose , et cela par la raison que, pour Dieu, la parole et la chose sont identiques : "il dit et la chose a son être."
Et c'est probablement dans ce sens qu'il faut entendre ici ce terme : aucune chose, rien ne sera impossible à Dieu .
Le verbe au futur, parce qu'il s'applique à la promesse qui vient d'être faite à Marie. Forte parole qui devait achever de convaincre la jeune vierge. (Comparer Psaumes 135.6 ; Jérémie 32.17 ; Matthieu 19.26 ; Marc 9.23)
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Admirable expression de candeur, de confiance, d'abandon à la volonté de Dieu dans cette humble et pieuse Israélite, appelée à une si haute destinée ! Quand il plaît à Dieu d'accomplir ses grands desseins, il sait lui-même en préparer les instruments.
v. 38 · Godet · 18/10/2026
Il y a plusieurs sortes d'héroïsmes féminins ; celui de Marie les surpasse tous. Elle offre à Dieu en sacrifice ce qui est plus cher à la jeune fille que la vie, son honneur. Nous voyons ici quels fruits avait produits chez les vrais Israélites le long travail de l'Esprit divin durant le cours de l'ancienne alliance. Le mot voici n'exprime point dans cette parole la surprise ; c'est l'offrande de tout son être, comme lorsqu'Abraham répond à Dieu, au moment du plus grand des sacrifices : « Me voici » (Gen.22.1). Le présent γίνοιτο eût signifié : « Que cela m'arrive en ce moment même ! » L'aoriste laisse à Dieu le choix du moment. […]
39 Et Marie, se levant en ces jours-là, s’en alla en hâte au pays des montagnes, dans une ville de Juda. 40 Et elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. 41 Et il arriva, comme Élisabeth entendait la salutation de Marie, que le petit enfant tressaillit dans son ventre ; et Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, 42 et elle s’écria à haute voix et dit : Tu es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton ventre ! 43 Et d’où me vient ceci, que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ? 44 Car voici, dès que la voix de ta salutation est parvenue à mes oreilles, le petit enfant a tressailli de joie dans mon ventre. 45 Et bienheureuse est celle qui a cru ; car il y aura un accomplissement des choses qui lui ont été dites de la part du ✶Seigneur.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
39 à 56
La visite de Marie à Elisabeth.
En ces jours-là , c'est-à-dire immédiatement après le fait qui vient d'être raconté. Marie, sous l'impression de la révélation qu'elle a reçue, portant dans son âme ces précieuses espérances, devait éprouver le plus vif désir de revoir Elisabeth, sa parente, qui venait de faire des expériences analogues ; (verset 36) de là cette expression elle s'en alla avec hâte .
Le lieu où habitait Elisabeth n'est désigné que par deux termes très vagues : pays des montagnes et une ville de Juda .
On a supposé que cette ville était Hébron, située à vingt-deux milles romains au sud de Jérusalem. […]
v. 39-40 · Godet · 18/10/2026
Ce récit est comme la synthèse des deux précédents ; les deux femmes divinement privilégiées se rencontrent et s'ouvrent leur cœur. Il y avait dans la dernière communication de l'ange à Marie une invitation indirecte à se rendre chez Elisabeth. - Le terme grec ἀναστᾶσα, se levant, est la reproduction de l'hébreu Vajjakom. Le mot ὀρεινή, la montagne, désigne les plateaux montueux situés à l'ouest de la mer Morte ; comp. Josué.15.48 (LXX). Πόλις, sans l'article, ne peut désigner qu'une ville quelconque de Juda, trop peu connue pour que Luc en indique le nom. On ne saurait donc penser ni à Jérusalem, ni à Hébron, la ville sacerdotale la plus importante de la contrée. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Moment solennel pour ces deux femmes ! Les mêmes expériences de la miséricorde de Dieu, la même foi, les mêmes espérances, le même amour unissent leurs âmes dans une communion intime. Marie, saluant Elisabeth dans cette rencontre unique, met tout son cœur dans le schalom des Hébreux : Que la paix soit avec toi ! Et quant à Elisabeth, le trait qui va suivre (verset 41) trahit sa profonde émotion.
v. 41 · Godet · 18/10/2026
Un mouvement de sympathie se produit aussitôt entre ces deux femmes associées toutes deux à l'œuvre divine qui se prépare. Au premier regard jeté sur Elisabeth, Marie constate la réalité du fait qui lui a été annoncé par l'ange, et sa salutation prend un accent d'élévation particulière. D'autre part, l'arrivée imprévue de cette jeune fille et cette salutation pleine de gravité émeuvent profondément Elisabeth. Elle se rappelle ce que l'ange a dit à Zacharie de l'enfant qui est dans son sein : « Il marchera devant le Seigneur, leur Dieu, » devant le Messie. L'émotion qu'elle éprouve se communique à l'enfant dont la vie est encore une avec la sienne. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
La sainte joie dont tressaillit Elisabeth dans son être le plus intime se communique à l'enfant qu'elle porte en son sein. Il n'est point nécessaire de voir en cela un fait miraculeux.
L'extraordinaire ici, c'est l'action de l'Esprit-Saint dont Elisabeth fut remplie et qui lui révéla en ce moment ce qui concernait Marie.
**"Le caractère de toute action de l'Esprit-Saint est d'élever l'homme au-dessus de ses impressions personnelles pour faire prédominer en lui la préoccupation des intérêts divins. C'est là le trait saillant de l'allocution d'Elisabeth. […]
v. 42-43 · Godet · 18/10/2026
Le caractère de toute action de l'Esprit saint est d'élever l'homme au-dessus de ses impressions personnelles pour faire prédominer en lui la préoccupation des intérêts divins. C'est là le trait saillant de l'allocution d'Elisabeth. Avant tout, Marie et le fils de Marie (v. 42 et 43) ; après cela seulement, elle-même et son enfant (v. 44), pour revenir aussitôt à Marie et à son bonheur (v. 45). Nous retrouverons une marche analogue dans le cantique de Zacharie. […]
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Expression d'une humilité profonde. Elle appelle Marie la mère de son Seigneur , c'est-à-dire du Sauveur. S'étonnerait-on de voir le regard de la foi chez Elisabeth pénétrer jusqu'à la connaissance de ce mystère ?
Mais il ne faut pas oublier que cette pieuse Israélite parle à la lumière du Saint-Esprit dont elle est remplie ; que la naissance du Sauveur a été annoncée à ces deux femmes par un message divin ; (versets 17,31) que l'une et l'autre avaient été préparées à ces hautes révélations par leur connaissance des Ecritures, aussi bien que par leur attente de "la consolation d'Israël ;" et qu'enfin ce même Esprit prophétique donna à un Zacharie, (verset 68 et suivants) à un Siméon (Luc 2.27 et suivants) une connaissance plus lumineuse encore du règne prochain du Sauveur.
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Le "car " se rapporte à toute la salutation qu'Elisabeth a adressée à Marie et par laquelle elle l'a proclamée la mère du Messie.
Elle voit dans l'émotion qu'elle a ressentie et dans le tressaillement de son enfant (verset 41, note) la confirmation de ce qu'elle a reconnu à l'égard de Marie.
v. 44-45 · Godet · 18/10/2026
Le mot voici annonce un fait inattendu, extraordinaire : l'enfant lui-même semble avoir reconnu la présence de celui qu'il devra servir.
Verset 45. Son dernier mot, comme le premier, est, pour Marie. Cette épithète de μακαρία, bienheureuse, Elisabeth la lit sans doute en ce moment même sur le visage de Marie. Elle comprend tout ce qu'il y a d'héroïque dans sa foi. La plupart des interprètes modernes, Bengel, de Wette, Meyer, Weiss, Keil, Schanz, à l'exemple de Grotius, interprètent le ὅτι dans le sens de que : « Heureuse est celle qui a cru qu'il y aura accomplissement des choses qui lui ont été dites. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Les paroles d'Elisabeth prennent le ton et l'élévation d'un hymne ; elle chante le bonheur de Marie qui a cru à ce qui lui a été annoncé (verset 38) de la part du Seigneur .
Elle sait que toutes ces grandes promesses auront leur accomplissement (grec leur consommation ).
C'est jusque-là que s'élève la foi qui est commune à ces deux saintes femmes.
- On peut traduire ce verset comme nous l'avons fait dans le texte : heureuse, parce que tout sera accompli ; ou bien de cette manière : heureuse celle qui a cru que tout aura son accomplissement. La première de ces deux constructions est plus en harmonie avec l'élévation et l'énergie de la pensée.
46 Et Marie dit : Mon âme magnifie le ✶Seigneur, 47 et mon esprit s’est réjoui en Dieu mon Sauveur, 48 car il a regardé l’humble état de son esclave ; car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse ; 49 car le Puissant m’a fait de grandes choses, et son nom est saint ; 50 et sa miséricorde est de générations en générations sur ceux qui le craignent. 51 Il a agi puissamment par son bras ; il a dispersé les orgueilleux dans la pensée de leur cœur ; 52 il a fait descendre les puissants de leurs trônes, et il a élevé les petits ; 53 il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et il a renvoyé les riches à vide ; 54 il a pris la cause d’Israël, son serviteur, pour se souvenir de sa miséricorde 55 (selon qu’il avait parlé à nos pères) envers Abraham et envers sa semence, à jamais. 56 – Et Marie demeura avec elle environ trois mois ; et elle s’en retourna en sa maison.
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Marie chante les "grandes choses" (verset 49) que le Seigneur lui a faites, et, comme Elisabeth, (verset 41) bien que le récit ne le dise pas expressément, elle parle sous l'influence de l'Esprit-Saint.
Son cantique, qui se divise en quatre strophes (voir l'analyse), est tout pénétré de la poésie de l'Ancien Testament et en particulier de celle qui respire dans le cantique d'Anne, mère de Samuel. (1Samuel 2.1-10)
Il en devait être ainsi ; l'âme pieuse, dans les moments les plus solennels de sa vie intérieure, trouve toujours dans les paroles de l'Ecriture l'expression la plus vraie de ses sentiments.
Il y a même là une preuve de la vérité historique des récits de Luc. Un inventeur postérieur de ces scènes touchantes n'aurait pas manqué de mettre dans la bouche de Marie des paroles plus en harmonie avec l'esprit de la nouvelle alliance.
v. 46-48 · Godet · 18/10/2026
On ne comprend pas la raison de la leçon latine qui met ce cantique dans la bouche d'Elisabeth ; elle n'a en tout cas aucune valeur. Le terme εἶπε, dit, contraste fortement par sa simplicité avec les expressions éleva la voix et un grand cri, du v. 42. Le bonheur de Marie est un état constant et son expression a quelque chose de naturel, exempt de tout, caractère d'exaltation. Ce n'est que dans la troisième strophe que le ton de la voix s'élève et que le mouvement intérieur de l'âme produit dans la parole comme une sorte d'ondulation.
Les premiers mots de Marie se rapportent à son bonheur présent. Son âme magnifie Dieu ; c'est le higdil hébreu. […]
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
On peut remarquer, dès les premières phrases du cantique, cette forme de la poésie hébraïque, qu'on nomme le parallélisme, et qui consiste à rendre la même pensée par deux expressions différentes, mais avec une nuance délicate et importante.
- L'âme et l'esprit sont tour à tour le sujet de la phrase. (Voir, sur la différence de ces deux termes, selon la psychologie de l'Ecriture, 1Corinthiens 2.14,15.45, notes et comparez 1Thessaloniciens 5.23)
- Magnifier , mot que d'autres traduisent par célébrer, louer , est un hébraïsme dont il faut conserver le sens et qui signifie proprement grandir . […]
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
L'humiliation sur laquelle Dieu a bien voulu jeter les yeux (comparez verset 25) n'est pas l'humilité, comme disposition morale, mais l'abaissement, la pauvreté où se trouvait Marie, bien que descendant des rois de Juda. (verset 52)
Elisabeth venait de l'appeler bien-heureuse , (verset 45) et ces paroles, pleines d'un religieux enthousiasme, ont achevé d'affermir la foi de Marie en sa grande destinée, en sorte qu'elle voit ce mot de sa parente répété par les générations futures. (Comparer Genèse 30.13)
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Marie célèbre la puissance , la sainteté , la miséricorde de Dieu, trois perfections qui se sont manifestées dans les grandes choses qui lui ont été faites. La toute-puissance s'est déployée dans l'incarnation, qui a la sainteté pour caractère principal, et qui fait éclater la miséricorde de Dieu.
v. 49-50 · Godet · 18/10/2026
Elle énumère les trois perfections divines qui viennent d'éclater en sa faveur. D'abord la toute-puissance ; allusion à l'expression de l'ange, v. 35. Il s'agit d'un acte créateur tel qu'il ne s'en était produit aucun depuis la création du premier homme. La leçon du T. R. μεγαλεῖα répond à l'hébreu niphelaoth ; celle de quelques alexandrins, (μεγάλα, à l'hébreu guedoloth. La première est plus emphatique, et vient peut-être d'Actes.2.11. - La toute-puissance divine n'a pas agi uniquement comme force physique ; elle a été au service de la sainteté, Marie s'est sentie en contact avec cette perfection qui est l'essence même de Dieu. […]
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Psaumes 103.17. Ces mots : sur ceux qui le craignent , font transition à la strophe suivante, dans laquelle Marie chante la transformation causée par l'avènement du Christ.
v. 51-53 · Godet · 18/10/2026
Le parallélisme poétique est plus fortement marqué encore dans ces versets qu'auparavant ; c'est le signe de l'élévation croissante du sentiment. La plupart, des interprètes modernes (Bleek, Hofmann, Weiss, Keil, Schanz pensent que les six aoristes expriment la manière d'agir de Dieu dans son gouvernement en général. C'est probablement là le sens des paroles semblables dans le cantique d'Anne 1Sam.2.6-8. Mais l'événement célébré par cette femme était loin d'avoir une portée aussi décisive et universelle que celui qui remplit le cœur de Marie. La mère du Messie ne fait pas de vagues réflexions sur le mode du gouvernement divin. […]
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
Marie s'élève, à la manière des prophètes, jusqu'à la contemplation de la grande révolution qui s'accomplira par ce Messie dont elle sera la mère. Si Dieu l'a appelée, elle, la plus humble des filles de son peuple, (verset 48) à l'honneur de donner le jour au Messie, c'est qu'il rejette toutes les idées de grandeur humaine.
Le principe du règne qu'il veut établir, et qui transformera le monde, sera "d'élever quiconque s'abaisse et d'abaisser quiconque s'élève." (Luc 14.11 ; 18.14)
Comme les prophètes aussi, elle désigne, par tous ces verbes au passé, ces grands événements comme déjà accomplis, tellement ils sont certains à ses yeux. […]
v. 54-55 · Godet · 18/10/2026
Contre le sens que nous avons donné à la troisième strophe, Weiss et Schanz allèguent ce v. 54, qui, disent-ils, devrait en ce cas être placé avant cette strophe. Il n'en est rien ; car le relèvement d'Israël ici annoncé est précisément le fait décisif au moyen duquel se réalisera la grande révolution humanitaire décrite dans les v. 51-53. Ainsi s'explique l'asyndeton qui indique ordinairement la réaffirmation de la pensée précédente sous une nouvelle forme plus saillante. C'est donc comme s'il y avait : « Oui, ce renversement total des rapports humains s'accomplira : Dieu s'est levé pour secourir son peuple écrasé. […]
v. 55 · Bible annotée · 18/10/2026
L'Eternel, voyant Israël, son serviteur , c'est-à-dire le vrai Israël qui sert , qui craint , (verset 50) qui aime Dieu, accablé sous l'oppression de sa misère, l'a secouru , a pris sa cause , s'est chargé lui-même d'accomplir sa délivrance. (Esaïe 41.8,9)
Et, dans cette délivrance, Marie voit la fidélité de Dieu qui se souvient de sa miséricorde éternelle envers Abraham et sa postérité , selon qu'elle avait été annoncée aux pères par les prophètes.
Telle est la signification de ces deux versets (vers 54, 55), si on les construit comme nous l'avons fait dans le texte, et non selon la version d'Ostervald, qui présente un sens assez différent.
Abraham et sa postérité sont représentés comme étant également les objets de la miséricorde de Dieu dans l'accomplissement des promesses qui avaient été déjà faites à ce patriarche. (verset 73 ; comparez Michée 7.20 ; Esaïe 29.22 et suivants ; Jean 8.56)
v. 56 · Bible annotée · 18/10/2026
Si l'on rapproche ce terme de trois mois de celui qui est indiqué au verset 36, on voit que Marie resta avec Elisabeth jusqu'au moment de l'événement raconte au verset suivant. (verset 57)
La quitta-t-elle avant ce moment solennel ? Le fait qu'elle n'est pas nommée dans la suite du récit (verset 58) semble l'indiquer, et pourtant cela ne parait guère naturel, car la naissance du fils d'Elisabeth avait à ses yeux trop d'importance pour qu'elle ne désirât pas y assister.
v. 56 · Godet · 18/10/2026
Le départ de Marie eut-il lieu avant ou après la naissance de Jean-Baptiste ? Meyer, Bleek, Hofmann, Keil répondent avant, en alléguant le v. 57 où il n'est parlé que des voisins et des parents, non de Marie. Mais Marie a pu être omise parce qu'elle n'avait dans la scène suivante aucun rôle à jouer ou parce qu'elle a pu repartir entre la naissance de l'enfant et le jour de sa circoncision. Comment ne pas rapprocher cette expression : trois mois, des six mois du v. […]
57 Or le temps où elle devait accoucher fut accompli pour Élisabeth, et elle mit au monde un fils. 58 Et ses voisins et ses parents apprirent que le ✶Seigneur avait magnifié sa miséricorde envers elle, et ils se réjouirent avec elle. 59 Et il arriva qu’au huitième jour ils vinrent pour circoncire le petit enfant ; et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père. 60 Et sa mère, répondant, dit : Non, mais il sera appelé Jean. 61 Et ils lui dirent : Il n’y a personne dans ta parenté qui soit appelé de ce nom. 62 Et ils firent signe à son père [qu’il déclare] comment il voulait qu’il soit appelé. 63 Et ayant demandé des tablettes, il écrivit, disant : Jean est son nom. Et ils en furent tous étonnés. 64 Et à l’instant sa bouche fut ouverte et sa langue [déliée] ; et il parlait, louant Dieu . 65 Et tous leurs voisins furent saisis de crainte ; et on s’entretenait de toutes ces choses par tout le pays des montagnes de la Judée ; 66 et tous ceux qui les entendirent, les mirent dans leur cœur, disant : Que sera donc cet enfant ? Et la main du ✶Seigneur était avec lui.
v. 57 · Bible annotée · 18/10/2026
Le double accomplissement des promesses. 57 à 80
Naissance de Jean-Baptiste. Cantique de Zacharie.
v. 57-58 · Godet · 18/10/2026
L'auteur place ici sous nos yeux un gracieux tableau de genre tiré de la vie israélite. On voit arriver successivement les voisins, puis les parents, ceux-là placés les premiers comme ayant moins de chemin à faire. L'heureuse mère est le centre de la scène ; chacun, s'approchant d'elle à son tour, la félicite de la faveur signalée qui lui a été accordée et se réjouit avec elle. Le terme a magnifié désigne une manifestation toute nouvelle de la compassion divine, qui exalte le sentiment de la bonté de Dieu chez ceux qui en sont les objets ou les témoins. […]
v. 58 · Bible annotée · 18/10/2026
Magnifié , rendu grande , sa miséricorde envers elle ; c'est le même hébraïsme que nous avons remarqué au verset 46 et qui se trouve dans Genèse 19.19.
v. 59-60 · Godet · 18/10/2026
C'était par la circoncision que l'enfant était incorporé à l'alliance. Luc rappelle pour ses lecteurs païens que cette cérémonie avait lieu le huitième jour après la naissance. Dans les temps primitifs, le père ou la mère désignait le nom de l'enfant d'après quelque circonstance particulière qui avait accompagné sa naissance (Gen.4.1,25 ; 17.19 ; 19.37, etc.). Plus tard, on nomma l'enfant au moment de sa circoncision et en général d'après le nom de son père ou de l'un de ses ancêtres. L'imparfait ἐκαλοῦν, ils appelaient, qui a pour sujet les parents et voisins du v. 38, indique une tentative qui n'aboutit pas. […]
v. 60 · Bible annotée · 18/10/2026
Ils vinrent ; c'est-à-dire les voisins et les parents qui s'étaient réjouis avec Elisabeth et qui venaient maintenant prendre part à la fête de famille.
La circoncision avait lieu le huitième jour , (Genèse 21.3) et c'était alors aussi qu'on donnait son nom au petit enfant, ainsi que cela se fait maintenant au baptême.
Les parents et voisins (comparez Ruth 4.17) se disposaient à donner au petit enfant le nom de son père. Mais la mère s'y opposa, car elle savait par son mari qu'il devait porter le nom de Jean . (verset 13, note.) […]
v. 61 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette objection vient de ce que, chez les Juifs, on tenait beaucoup à conserver de père en fils les noms de la famille et de la tribu.
v. 61-63 · Godet · 18/10/2026
La leçon ἐκ τῆς… a de plus fortes autorités pour elle que ἐν τῇ… - Faudrait-il conclure, avec quelques Pères, du ἐνένευον, firent signe, que Zacharie était devenu sourd en même temps que muet ? Le récit précédent ne fait rien supposer de semblable ; mais il arrive souvent qu'avec ceux qui parlent par signe on adopte inconsciemment le même mode de communication. Bleek et Weiss préfèrent admettre que, comme Zacharie avait tout entendu, il suffit d'un signe interrogateur pour lui demander son avis. - L'article τό se place souvent devant une propos, prise comme substantif ; comp. Matth.19.18 ; Rom.8.26, etc. […]
v. 62 · Bible annotée · 18/10/2026
Pourquoi firent-ils signe ?
Plusieurs ont conclu de là que Zacharie était sourd aussi bien que muet, ce qui est contraire au verset 20.
On a expliqué cette manière d'agir par l'habitude que l'on contracte naturellement de parler par des signes à ceux qui s'expriment de cette manière.
D'autres ont pensé que Zacharie ayant tout entendu, il suffisait d'un signe pour lui demander son avis et que les membres de la famille l'interrogent de cette manière par égard pour la mère, qui venait de déclarer si positivement sa volonté à ce sujet.
v. 63 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : il écrivit disant , hébraïsme qui peut très bien s'entendre de l'écriture seule ; (2Rois 10.6) mais ne serait-il pas possible que ce fût en cet instant même que la parole lui fut rendue, (verset 64) en sorte que le premier mot qu'il prononça fut le nom de son fils ?
- Les tablettes des anciens étaient ordinairement des plaques en bois enduites de cire sur lesquelles on écrivait avec un style ou sorte de poinçon.
Zacharie n'écrit pas : Jean sera ou doit être son nom, mais très positivement est . Il en était ainsi, en effet, pour le père, depuis qu'il avait entendu la parole de l'ange. (verset 13)
- Cet étonnement était moins causé par l'accord entre le père et la mère de l'enfant que par la raison indiquée au verset 6.
v. 64 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : sa bouche fut ouverte et sa langue .
A quoi il faut suppléer déliée , mot qui se trouve en effet dans D et dans quelques minuscules.
- Il parlait , voilà le fait extraordinaire noté par l'évangéliste. Et aussitôt le pieux Israélite donne essor aux sentiments dont il était rempli, par un chant de louange et d'action de grâce. C'est ce qui est indiqué par ces mots : bénissant Dieu . Et ce fut sans doute en ce moment que Zacharie prononça son cantique.
Mais le narrateur achève son récit et réserve ce cantique pour le donner à part en entier. (verset 68 et suivants)
v. 64 · Godet · 18/10/2026
Le verbe fut ouverte n'est appliqué à la langue que par une incorrection (zeugma ), forme fréquente dans toutes les langues ; comp. 1Cor.3.2. L'accent est ici sur ἐλάλει, il parlait. L'incrédulité lui avait ôté la parole, l'obéissance la lui a rendue. Le εὐλογῶν, bénissant, dit l'usage qu'il fit aussitôt de cette faculté recouvrée. La question est de savoir si cette bénédiction n'est autre que l'action de grâces renfermée dans le cantique suivant (v. 67 et suiv.), qui serait seulement renvoyé à la fin pour ne pas interrompre le récit, ou si, comme le pensent Weiss et d'autres, le cantique suivant est une tout autre εὐλογία, que Zacharie a prononcée postérieurement. […]
v. 65-66 · Godet · 18/10/2026
A la vue de ce miracle, la surprise devient crainte. C'est le premier éveil des émotions messianiques. - Le τὰ ρήματα ταῦτα ne doit pas être appliqué aux paroles prononcées dans la cérémonie de la circoncision (v. 59 à 64), ainsi que le pensent Meyer et Weiss. Ce terme répond au hadevarim haellé de l'A. T. qui est employé dans le sens de : ces choses-là (Gen.15.1, etc.).
Verset 66. On n'écoutait pas seulement : on prenait à cœur. Le τιθέναι ἐν καρδίᾳ est le sim al lev hébraïque. - Le ἄρα, donc, signifie : « En conséquence de tout ce qui vient de signaler cette naissance. » La dernière proposition du verset a un sens tout simple dans la leçon du T. R. […]
v. 66 · Bible annotée · 18/10/2026
Description de l'impression produite dans tout le pays des montagnes de Judée , où habitait Zacharie. (verset 39)
L'étonnement d'abord éprouvé (verset 63) fait place à la crainte . (verset 11, note.) On faisait de ces choses (grec ces paroles, ces récits ) le sujet des entretiens, on les conservait pieusement dans son cœur, et on se demandait avec un religieux intérêt : Que sera ce petit enfant ?
Ces dernières paroles sont une observation faite par l'évangéliste, motivant et confirmant (car aussi ) l'attente de grandes choses, qui s'exprime par cette question des amis de la famille : Que sera donc ce petit enfant ? […]
67 Et Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint, et prophétisa, disant : 68 Béni soit le ✶Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité et sauvék 68k litt. : opéré la rédemption pour. son peuple, 69 et nous a suscité une corne de délivrance dans la maison de David son serviteur, 70 selon ce qu’il avait dit par la bouche de ses saints prophètes, qui ont été de tout temps, 71 une délivrance de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent ; 72 pour accomplir la miséricorde envers nos pères et pour se souvenir de sa sainte alliance, 73 du serment qu’il a juré à Abraham notre père, de nous accorder, 74 étant libérésl 74l ailleurs : délivrer, comme 1 Thessaloniciens 1. 10. de la main de nos ennemis, de le servir sans crainte, 75 en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours. 76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-haut : car tu iras devant la face du ✶Seigneur pour préparer ses voies, 77 pour donner la connaissance du salutm 77m délivrance, v. 69, 71. à son peuple, dans la rémission de leurs péchés, 78 par les entrailles de miséricorde de notre Dieu , selon lesquelles l’Orientn 78n propr. : lever, levant ; les Septanterendaient ainsi le Germede Jérémie 23:5 , etc. d’en haut nous a visités, 79 afin de luire à ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix.
v. 67 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour comprendre le beau cantique de Zacharie, cette effusion ardente de son âme, il faut donner à ces deux mots leur pleine signification biblique : rempli de l'Esprit-Saint et : il prophétisa .
En effet, l'Esprit de Dieu lui communiqua en ce moment le don de prophétie, par où il faut entendre à la fois le don de pénétrer dans l'avenir du règne de Dieu et la faculté d'en exprimer les mystères dans des discours pleins d'élévation et de lucidité (Voir les discours des prophètes et comparez 1Corinthiens 14.2, note.) […]
v. 67-70 · Godet · 18/10/2026
Ἐυλογητός, béni soit, rappelle le εὐλογῶν du v. 64. Le mot visiter est la traduction de l'hébreu pakad, qui désigne une intervention divine à la suite d'un temps d'apparent laisser-aller, quel que soit le but de cette intervention, grâce ou châtiment. Il faut en grec tirer l'objet de ce verbe du τῷ λαῷ suivant. - Λύτρωσις, délivrance par voie de rachat. La délivrance qu'attend Zacharie est certainement la délivrance politique du peuple de Dieu, mais comme reposant, sur sa transformation spirituelle, que doit opérer le Messie (v. 75 et, 77).
Verset 69. L'image de la corne est fréquente dans l'A. T. pour désigner la force qui renverse. […]
v. 68 · Bible annotée · 18/10/2026
Zacharie commence par un élan de reconnaissance et d'adoration de ce que Dieu a visité et racheté son peuple .
Le mot : visité (proprement inspecté ) désigne la manifestation divine accordée à Israël, après les quatre cents années pendant lesquelles la prophétie avait gardé le silence.
Racheté (grec fait un rachat , une rédemption au moyen d'une rançon , comparez Matthieu 20.28), est un terme qui ne saurait s'appliquer à la délivrance politique du peuple d'Israël, comme on l'a pensé, mais bien à la délivrance de sa servitude morale.
- Ces verbes au passé, ici et au verset suivant, montrent que pour Zacharie cette grande œuvre de Dieu était déjà accomplie, tant il en avait la certitude.
v. 69 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : il nous a suscité une corne de salut .
La corne dans laquelle réside la force de certains animaux est, dans le style de l'Ecriture, l'image de la puissance. (1Samuel 2.10 ; Psaumes 89.18 ; 132.17 ; 148.14)
Les autres explications qu'on a données de cette image (elle serait, par exemple, une allusion aux cornes de l'autel que cherchaient à saisir les criminels) sont inadmissibles.
Une corne de salut est une délivrance accomplie avec puissance, et, même, l'image désigne un puissant libérateur, le Messie. (Comparer Psaumes 132.17 ; Ezéchiel 29.21)
Ces mots : dans la maison de David , montrent que pour Zacharie, comme pour Luc, qui a rapporté le mystère de la naissance du Sauveur, (verset 35) Marie descendait réellement de David. (Comparer Luc 3.23, note.)
v. 70 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce qui affermit la foi de Zacharie, c'est que les grands événements qu'il célèbre dans son cantique ne sont que l'accomplissement des promesses de Dieu, toujours fidèle à sa parole.
Sa pensée embrasse tous les prophètes dans cette expression : "par la bouche des saints prophètes de tout temps ." (Grec : depuis le siècle de toute antiquité.) Comparer Actes 3.21.
v. 71 · Bible annotée · 18/10/2026
Zacharie revient, par une simple apposition, à sa grande pensée de la délivrance , (verset 69) dont il décrit les effets jusqu'au verset 75.
Nos ennemis et ceux qui nous haïssent , sont deux expressions synonymes.
Par là sont désignés tous les oppresseurs du peuple d'Israël, païens ou Juifs, les Romains, Hérode et ses adhérents, les chefs du peuple eux-mêmes, prêtres ou scribes, la plupart sadducéens. Tous ces puissants étaient les ennemis de la véritable théocratie. Zacharie entrevoit l'affranchissement de celle-ci.
v. 71-72 · Godet · 18/10/2026
Ces deux versets sont le développement de l'idée de corne du salut, v. 69 ; σωτηρίαν est l'apposition de κέρας σωτηρίας et non, comme l'ont pensé Bèze et Grotius, l'objet de ἐλάλησε. - Il m'est impossible de faire, avec tous les interprètes, de τῶν μισούντων, ceux qui nous haïssent, un pur synonyme de ἐχθρῶν ἡμῶν, nos ennemis. Le πάντων, tous, qui est ajouté ici, doit l'être dans le but d'élargir le cercle des adversaires auxquels pense Zacharie : « de nos ennemis et en général de la main de tous ceux qui… » Zacharie sait bien que le véritable Israël a d'autres ennemis que les païens, et il attend que les tyrans indigènes aussi soient supprimés par le Messie.
Verset 72. En délivrant les vivants, Dieu exerce sa miséricorde envers les morts, les pères qui, voyant tarder si longtemps l'accomplissement des promesses, pouvaient les croire oubliées de Dieu. Comp. v. 54 et 55.
v. 73 · Bible annotée · 18/10/2026
La miséricorde de Dieu, telle est la source unique du grand salut que chante Zacharie. (1Pierre 1.3)
Cette miséricorde s'exerce, dit-il, envers nos pères ; ils y ont leur part, puisqu'elle est la réalisation de tout ce qu'ils avaient cru et espéré. (versets 54,55)
Ainsi Dieu se souvient de son alliance sainte , manière humaine de parler, qui signifie que Dieu accomplit ce qu'il avait promis par cette alliance et qu'il prouve ainsi qu'elle était sainte , inviolable. (Genèse 15.1 et suivants) Cette alliance, Dieu l'avait confirmée par un serment (Genèse 22.16) dont Zacharie reconnaît maintenant aussi l'accomplissement.
Il y a proprement en grec : se souvenir de son alliance sainte, serment qu'il jura ; c'est l'alliance elle-même qui est appelée un serment, parce qu'elle a été conclue avec serment.
v. 73-75 · Godet · 18/10/2026
Après l'instrument du salut (v. 68-70) et le salut lui-même (v. 71-72), le but et le terme glorieux de ce salut. L'accusatif ὅρκον, le serment, ne peut dépendre ni d'ἐλάλησε (Grotius ), qui est trop éloigné, ni de μνησθῆναι (de Wette, Bleek ), qui dans le N. T. ne régit que le génitif ; c'est donc une apposition de διαθήκης ἁγίας : l'alliance sainte qui a été conclue avec serment. Seulement, dans ce cas, c'est le substantif qui subit l'attraction du pronom relatif (ὃν) dont il est l'antécédent, tandis qu'à l'ordinaire c'est l'inverse. - Δοῦναι, de donner, annonce le contenu du serment divin et le but que Dieu s'est proposé en le prononçant.
Ce but, énoncé au v. […]
v. 75 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans ces versets, (versets 74,75) Zacharie chante les immenses bienfaits que Dieu avait promis aux pères par son alliance et son serment.
D'abord, la délivrance de la main , c'est-à-dire de la puissance, des ennemis ; (verset 71) puis, par là même, la possibilité de servir Dieu sans crainte dans une vie sainte.
Le mot grec que nous traduisons par servir Dieu, signifie lui rendre un culte , l'adorer ; (Hébreux 9.14) et c'est là ce qui doit caractériser la vie entière du peuple de Dieu dans lequel le sacrificateur Zacharie voit déjà la vraie "sacrificature royale." (1Pierre 2.9 ; Apocalypse 1.6 ; comparez Exode 19.6) […]
v. 76 · Bible annotée · 18/10/2026
Jusqu'ici la pensée du pieux sacrificateur ne s'est portée que sur les grands intérêts de la théocratie, dont il a chanté la délivrance et le renouvellement ; maintenant elle s'abaisse avec émotion sur le petit enfant qui remplira un rôle si important dans cette œuvre de Dieu.
Mais bientôt elle s'élèvera de nouveau, de celui qui ne sera que le précurseur, jusqu'au seul libérateur qui accomplira la grande délivrance.
- Jean sera prophète du Très-Haut , tandis que le Messie est Fils du Très-Haut ; (verset 32) mais Jésus, confirmant la parole de Zacharie, déclarera que le fils de ce sacrificateur est "plus qu'un prophète." (Matthieu 11.9)
Le Seigneur désigne ici le Messie dont Jean doit préparer les voies ; (Matthieu 3.3 ; Luc 3.4) mais Zacharie ne le nomme ainsi que parce qu'il voit en lui, d'après la révélation de l'ange, Jéhova qui avait dit : "Je vais envoyer mon messager, et il préparera le chemin devant moi ." Voir versets 16,17, notes.
v. 76-77 · Godet · 18/10/2026
Le δέ que lisent les alex., après καὶ σύ, et toi, ajoute à l'idée de la ressemblance (καί) celle du progrès, du contraste. Cette leçon a contre elle l'Itala et la Peschito. Peut-être donne-t-elle en effet trop d'importance à la personnalité secondaire qui est ici annoncée. Et toi, petit enfant, dit Zacharie. Il ne l'appelle pas même son fils, tant sa propre personnalité disparaît pour lui en présence de l'œuvre qu'il voit s'accomplir. - Tu seras appelé : « ce sera ton titre légitime. » C'est la reproduction du contenu des v. 16 et 17. - Pour préparer les voies : en ramenant les cœurs des fils d'Israël au Seigneur leur Dieu (v. 16).
Verset 77. […]
v. 77 · Bible annotée · 18/10/2026
Donner au peuple la connaissance du salut , de ce même salut dont Zacharie a déjà parlé, (versets 69,71) était la vraie manière de préparer les voies du Seigneur.
En effet, cette connaissance du salut était entièrement obscurcie dans la grande masse du peuple, qui n'attendait du Messie qu'une délivrance extérieure et politique, ou qui ne cherchait le salut que dans les vaines observances de la loi, tandis qu'il ne pouvait consister que dans la rémission ou le pardon de leurs péchés .
Voilà pourquoi Jean, dans sa prédication et son baptême, insista avec tant d'énergie sur la repentance et annonça Celui qui conférerait réellement le pardon, en baptisant du Saint-Esprit. (Matthieu 3.11)
v. 78 · Bible annotée · 18/10/2026
La cause unique du pardon pour le pécheur, c'est la tendre miséricorde de notre Dieu . (Grec : à cause des entrailles de miséricorde de notre Dieu)
Expression de tout ce qu'il y a de plus intime, de plus profond, de plus tendre dans l'amour. (Philippiens 1.8 ; 2.1 ; Colossiens 3.12 ; comparez Jean 3.16)
Sin., B portent : nous visitera . Ce futur est probablement une correction. C'est encore grâce à la tendre miséricorde de Dieu que le soleil levant nous a visités d'en haut , c'est-à-dire, que la lumière divine, "le soleil de justice," (Malachie 4.2) s'est levée sur nous. Cette aurore est personnifiée ; de là l'expression figurée : nous a visités . […]
v. 78 · Godet · 18/10/2026
Les entrailles (rachamim ) sont le siège des émotions profondes, et, chez les Hébreux, spécialement des émotions de compassion ou de tendresse. Le διά (avec l'accusatif), à cause de, porte sur l'idée du pardon des péchés qui précède, et indirectement sur tout le contenu des v. 76 et 77, puisque toute la venue de Jean est destinée à préparer ce pardon. - Le salut est attribué à la miséricorde de Dieu lui-même, comme dans la parole de Jésus : « Dieu a tant aimé le monde… » (Jean.3.16). - Au lieu de la leçon byz. et occidentale ἐπεσκέψατο, a visités, les alex. […]
v. 79 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 4.16, note.
Les images de ce verset, expression d'une triste réalité, sont empruntées à Esaïe 9.1, qui décrit à la fois les ténèbres et la lumière qui y resplendit.
Les ténèbres ne sont pas seulement, dans l'Ecriture, l'image de l'ignorance et de l'éloignement de Dieu, mais aussi de la corruption, de la misère, du malheur, de la mort , parce que Dieu est seul la source de la lumière et de la vie.
De là cette expression énergique : l'ombre de la mort . Et les malheureux que contemplait le prophète y sont assis dans l'abattement et le désespoir, n'essayant pas même de se relever. […]
v. 79 · Godet · 18/10/2026
Les expressions de ce verset sont, empruntées à Esaïe.9.1 et Esaïe.60.2. Les ténèbres sont l'emblème de l'éloignement de Dieu et de l'état de misère et d'ignorance qui en résulte ; et l'ombre de la mort, c'est-à-dire la nuit qui enveloppe les yeux du mourant, est l'expression de l'obscurité la plus épaisse. Telle est l'image de l'état misérable dans lequel se trouve, aux yeux de Zacharie, le monde juif et païen, au moment où apparaît ici-bas le Messie. Le mot assis fait allusion à l'état d'abattement et de désespoir auquel est réduite l'humanité. Semblable à une caravane qui a perdu son chemin et que la nuit a surprise au désert, elle est là assise n'attendant plus que la mort. […]
80 Et l’enfant croissait et se fortifiait en esprit ; et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestationo 80o manifestation publique. à Israël.
v. 80 · Bible annotée · 18/10/2026
Croissait indique le développement physique, tandis que se fortifiait en esprit décrit les progrès graduels et constants de tout son être intellectuel, religieux et moral, sous l'influence de l'Esprit de Dieu qui était en lui. (verset 15 et comparez 2 : 52.)
On peut étendre cette observation importante à toute l'adolescence de JeanBaptiste.
L'histoire évangélique ne parle plus de lui jusqu'au moment ici marqué de sa manifestation à Israël , c'est-à-dire jusqu'à son entrée dans son ministère. Ce moment lui fut indiqué par une révélation de Dieu. (Luc 3.2 ; Matthieu 3.1)
La remarque de Luc qu'il se tenait dans les déserts , s'applique à toute cette période et signifie qu'il vécut dans la solitude des lieux retirés qu'on appelait désert de Juda, à l'ouest de la mer Morte et non loin d'Hébron, demeure de Zacharie et d'Elisabeth. C'est dans cette retraite qu'il se prépara à sa sainte vocation.
v. 80 · Godet · 18/10/2026
C'est ici le tableau de l'adolescence de Jean ; et d'abord, au point de vue physique : il croissait ; puis, quant à son développement spirituel, c'est-à-dire religieux, moral et intellectuel : il se fortifiait en esprit. L'esprit n'est point ici l'Esprit divin. C'est l'esprit de Jean lui-même ; il faut seulement se rappeler que l'esprit, l'organe religieux dont est douée l'âme humaine, ne s'épanouit que sous l'action de l'Esprit divin, comme l'œil ne se développe qu'au contact de la lumière. Le terme de κραταιοῦσθαι, se fortifier, a trait à cette force morale par laquelle l'esprit avait chez lui la domination sur les instincts du corps et les penchants naturels. […]