Cette justice était réelle, puisque Dieu la reconnaissait comme telle ; mais elle n'excluait pas la présence du péché, comme le montre la conduite de Zacharie dans la scène suivante. L'expression irréprochables se rapporte à l'accomplissement des obligations extérieures, lévitiques ou morales. C'est ce qu'expriment bien les termes de commandements et de statuts, ἐντολαί et δικαιώματα. Ce sont là des expressions souvent réunies dans l'A. T. pour désigner tout l'ensemble des ordonnances morales ou rituelles renfermées dans la loi. Il serait arbitraire de rapporter, avec Calvin, le premier terme aux commandements moraux, le second aux ordonnances rituelles. Il vaut mieux sans doute voir, avec Hofmann, dans ces expressions deux aspects de la loi, en tant que, d'un côté, manifestant la volonté divine et, de l'autre, fixant ce qui est juste et ce par quoi l'on peut devenir juste. Paul s'attribue aussi l'irréprochabilité au point de vue légal, Philip.3.6 ; c'est le thamim hébreu, Gen.17.1. Cette description sert à montrer qu'ils étaient dignes d'être les instruments de l'œuvre sainte qui allait commencer.
Verset 7. C'était une grande affliction et même un opprobre pour une femme juive de ne pas devenir mère ; comp. v. 25. Il y avait là comme un signe de l'absence de la bénédiction divine prononcée Genèse.1.28. La conjonction καθότι appartient au style classique ; dans le N. T. elle est propre à Luc. Le récit fait remarquer que c'était du côté d'Elisabeth que venait la stérilité ; là est la clef du récit suivant. La dernière proposition : Et tous deux…, est envisagée par Meyer, Weiss et d'autres comme une proposition principale, liée par καί à la première propos, du verset. Mais on se demande pourquoi dans ce cas Luc, qui met ordinairement le verbe au commencement de la proposition, le renvoie ici à la fin. Ne vaut-il pas mieux faire dépendre encore cette proposition de attendu que ? Sans doute pour cela il faut sous-entendre une idée intermédiaire : « Ils n'avaient pas d'enfant et ils n'espéraient plus d'en avoir. » Mais cette ellipse est indispensable même dans le premier sens, seulement elle doit se placer comme conséquence à la fin du verset. L'expression προβεβηκότες ἐν τῖς ἡμεραις ; est hébraïque (Gen.18.11, etc.).
Versets 8-22 : Le message divin.