1 Or il arriva, en ces jours-là, qu’un décret fut rendu de la part de César Auguste, [portant] qu’il soit fait un recensement de toute la terre habitée. 2 (Le recensement lui-même se fit seulementa 2a litt. : premièrement. lorsque Cyrénius eut le gouvernement de la Syrie.) 3 Et tous allaient pour être enregistrés, chacun en sa propre ville. 4 Et Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, dans la villeb 4b ou : une ville. de David qui est appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, 5 pour être enregistré avec Marie, la femme qui lui était fiancée, laquelle était enceinte. 6 Et il arriva, pendant qu’ils étaient là, que les jours où elle devait accoucher s’accomplirent ; 7 et elle mit au monde son fils premier-né, et l’emmaillota, et le coucha dans la crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 2.
1 à 20
Naissance de Jésus.
En ces jours-là , expression un peu vague, désignant l'époque qui suivit la naissance de Jean-Baptiste ; celle-ci eut lieu six mois avant la naissance de Jésus. (Luc 1.36)
- Grec : toute la terre habitée être enregistrée .
Cette expression désigne l'empire romain, qu'on appelait souvent le monde romain , ou simplement le monde , parce qu'il renfermait tout le monde civilisé.
Un tel recensement consistait dans l'enregistrement de la population de chaque province, de chaque ville, ainsi que des biens des habitants. Il était destiné à faciliter la perception des impôts. […]
v. 1 · Godet · 18/10/2026
Les parents de Jésus demeurant à Nazareth, Luc explique ce qui les amena à Bethléem au moment de la naissance de Jésus. La construction ἐγένετο… ἐξῆλθε est hébraïque. - Les mots : en ces jours-là, nous reportent non à 1.80, qui renfermait une anticipation, mais à 1.65-66, c'est-à-dire aux temps qui suivirent la naissance de Jean. Cette date doit être prise dans un sens large ; car il s'agit d'un fait appartenant à l'histoire du monde (un décret d'Auguste) ; on pourrait traduire : à cette époque. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette remarque, incidemment jetée dans le récit, a donné lieu à un reproche adressé à Luc. Il aurait commis une double erreur : d'abord, en confondant le recensement dont il parle avec un autre qui eut lieu dix ans plus tard, sous le gouvernement de Quirinius , et ensuite, en admettant que ce personnage était déjà gouverneur de Syrie à l'époque dont il parle.
Il y a là, en effet, une sérieuse difficulté et l'on remplirait des volumes de tout ce qui a été écrit pour l'aplanir.
Mais il faut remarquer que la première de ces erreurs, c'est-à-dire la confusion des deux recensements, n'existe pas. […]
v. 2 · Godet · 18/10/2026
La notion de premier, dans ce verset, ne saurait se rapporter à cette idée : un recensement de la terre entière ; car, le fait dont il s'agit étant rattaché au gouvernement, de Quirinius en Syrie, il ne peut être question du premier recensement que relativement à la Terre-Sainte. Mais on peut encore se demander si dans cette application restreinte le terme de premier est pris au sens absolu : « Ce fut pour la Palestine le premier recensement ; » ou si ce mot premier porte sur la seconde partie de la phrase : « Ce fut le premier recensement qui fut fait sous le gouvernement de Quirinius. » Dans ce sens, ce premier dénombrement en supposerait un second sous ce même Quirinius. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Non celle de son domicile, mais celle de son origine.
- Ceci aussi prouve que le recensement se fit, non par des employés romains, qui l'auraient effectué pour chacun au lieu de son domicile, mais par des Juifs, serviteurs d'Hérode, qui inscrivaient les habitants dans leur tribu et à leur lieu d'origine. (Voir verset 4)
v. 3-5 · Godet · 18/10/2026
Le recensement romain n'aurait pas exigé un déplacement aussi général ; car le lieu d'inscription était la localité principale de chaque district (Schürer, N.-T. Zeitgesch., p. 265).
Verset 4. Joseph en particulier n'eût pu être appelé en Judée par un cens romain, qu'autant que lui ou Marie aurait possédé des biens-fonds à Bethléem. Car les propriétés foncières payaient l'impôt dans la localité où elles étaient situées (Schürer, ibid.). Or cette supposition n'est guères probable ; voir à 2.24. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir sur Nazareth Matthieu 2.23, note, et sur Bethléhem Matthieu 2.1, note et 1Samuel 16.1 ; 17.12.
- Les mots : maison et famille de David ne sont pas synonymes.
Tous les descendants de chacun des douze fils de Jacob formaient une tribu ; les fils de ces patriarches, divisés en branches diverses, formaient les familles ; enfin, les diverses familles provenant de chaque branche étaient les maisons .
Par les deux termes dont il se sert, Luc veut marquer que Joseph appartenait à la famille de David et descendait directement de lui.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Marie était bien alors la femme de Joseph ; (Matthieu 1.24) Sin., B, D omettent : sa femme , mais il est plus probable que ce mot ait été retranché qu'ajouté postérieurement : "sa femme qui lui avait été fiancée ," ou "sa femme fiancée ."
Luc, par ces termes, exprime exactement et délicatement la pensée de Matthieu. (Matthieu 1.25)
v. 6-7 · Godet · 18/10/2026
Son terme arriva ; littéralement : les jours qui devaient s'écouler jusqu'à l'enfantement s'accomplirent. - Le terme de premier-né suppose naturellement que Marie a eu d'autres enfants après celui-ci ; comp. Matth.1.25. Au point de vue du dogme de la virginité perpétuelle de Marie, on explique ce terme en disant qu'il peut être employé lorsqu'on ignore encore s'il naîtra plus tard d'autres enfants. - De ce fait que Marie emmaillotte et couche elle-même l'enfant, les interprètes catholiques ont conclu qu'elle enfanta sans rupture ni douleur. - L'article τῇ, la , dans le T. R., doit être retranché. Il suppose à tort que le récit a déjà mentionné l'habitation dans l'étable. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
L'accord de Luc avec Matthieu dans l'emploi de ce terme : fils premier-né , est remarquable. (Matthieu 1.25, note.) Ce terme implique que Marie a eu d'autres enfants après celui-ci.
Peut-être n'y avait-il à Bethléhem qu'une seule hôtellerie , qui se trouvait remplie d'étrangers, par la même cause qui y avait amené Joseph et Marie ; ou bien, s'il y en avait plusieurs, ils avaient dû, dans leur pauvreté, choisir la plus modeste. Le terme employé par Luc peut désigner aussi un logement dans une maison amie. (Luc 22.11)
De ce que le petit enfant fut couché dans une crèche , on a conclu, avec assez de vraisemblance, que ses parents habitaient l'étable où elle se trouvait. […]
8 Et il y avait dans la même contrée des bergers demeurant aux champs, et gardant leur troupeau durant les veilles de la nuit. 9 Et voici, un ange du ✶Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du ✶Seigneur resplendit autour d’eux ; et ils furent saisis d’une fort grande peur. 10 Et l’ange leur dit : N’ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joiec 10c litt. : je vous évangélise une grande joie. qui sera pour tout le peuple ; 11 car aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et ceci en est le signe pour vous, c’est que vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche. 13 Et soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu , et disant : 14 Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! 15 Et il arriva, lorsque les anges s’en furent allés d’avec eux au ciel, que les bergers dirent entre eux : Allons donc jusqu’à Bethléhem, et voyons cette chose qui est arrivée que le ✶Seigneur nous a fait connaître. 16 Et ils allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. 17 Et l’ayant vu, ils divulguèrent lad 17d litt. : touchant la. parole qui leur avait été dite touchant ce petit enfant. 18 Et tous ceux qui l’entendirent s’étonnèrent des choses qui leur étaient dites par les bergers. 19 Et Marie gardait toutes ces choses par-devers elle, les repassant dans son cœur. 20 Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de toutes les choses qu’ils avaient entendues et vues, selon qu’il leur en avait été parlé.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : qui veillaient les veilles de la nuit sur leur troupeau . La nuit était divisée en quatre veilles de trois heures. (Matthieu 14.25 ; Luc 12.38)
L'usage de passer la nuit en plein air avec les troupeaux existe encore en Orient.
v. 8-9 · Godet · 18/10/2026
Les déclarations rabbiniques postérieures prouvent qu'à la profession des gardiens de moutons était attaché chez les Juifs un certain mépris. D'après le traité Sanhédrin, ils ne doivent pas être employés comme témoins ; le traité Aboda Zara autorise à ne point les secourir. Nous ne savons si de pareils préjugés existaient déjà au temps de Jésus. - Ἀγραυλεῖν, proprement : faire de son champ (ἀγρός) sa demeure (αὐλή). D'après Columelle (De re rustica ), les enclos qui servaient de bergeries étaient environnés d'un mur élevé ; ils étaient tantôt à ciel ouvert, tantôt abrités. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mot grec que nous traduisons par : se présenta à eux , signifie littéralement : se trouva là avec eux .
Il s'applique à des apparitions d'anges, (Luc 24.4 ; Actes 12.7) mais il se dit aussi (Luc 20.1) d'hommes qui surviennent inopinément.
- Par la gloire du Seigneur , il faut entendre une lumière céleste, symbole de celle que Jésus apportait à la terre.
"En toute humiliation de Christ se produit quelque grande protestation de sa gloire divine." Bengel.
Sur la crainte des bergers, voir Luc 1.12, note.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : je vous évangélise une grande joie , termes dont le sens est rendu dans notre version. Cette grande joie, joie du salut, est destinée par Dieu à tout le peuple ; le peuple d'Israël d'abord, qui, tout entier, aurait pu la recevoir ; le peuple de Dieu ensuite, recueilli du sein de toutes les nations.
v. 10-12 · Godet · 18/10/2026
Pour rassurer les bergers effrayés, l'ange commence par affirmer la nature favorable de son message. - Htiç : « qui, en raison de sa grandeur, est destinée non seulement à vous, mais au peuple entier. »
Verset 11. Le titre de Sauveur est en l'apport avec l'état de l'humanité déchue. Ce mot exprime la compassion qu'éprouvent les anges à la vue des misères humaines. Le titre de Christ ou oint est en rapport spécial avec le peuple juif qui seul attend ce personnage promis. Enfin le titre de Seigneur exprime la relation de Jésus avec l'univers entier vis-à-vis duquel il sera un jour le représentant de la souveraineté divine. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Un Sauveur , voilà le mot principal de ce message de l'ange, le sujet de la grande joie qu'il annonce. Les bergers doivent savoir encore que ce Sauveur est Christ, Oint de Dieu, le Messie qu'ils attendaient avec tous les Israélites pieux (Comparer Matthieu 1.16, note.) Il est enfin Seigneur , "le Seigneur de tous," (Actes 10.36) celui que toute langue doit confesser comme tel. (Philippiens 2.11)
Il ne faut jamais oublier que, dans la version grecque des Septante, d'où le langage du Nouveau Testament est tiré, le mot de Seigneur est la traduction constante du nom de Jéhova .
La juxtaposition des termes : Christ Seigneur, sans et , paraît étrange. […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce signe était bien suffisant pour que les bergers trouvassent, dans le village de Bethléhem et dans une crèche , un petit enfant qui venait de naître. (aujourd'hui , verset 11)
Par là aussi le Sauveur nouveau-né se trouvait à leur portée ; il leur était accessible dans leur humble position. Si on leur avait annoncé sa naissance dans le palais d'Hérode, ils n'y seraient pas allés ou n'y auraient pas été admis.
- Un petit enfant , c'est le signe de notre humanité ; une crèche , c'est le signe de la pauvreté : double abaissement du Fils de Dieu et du Fils de l'homme !
La plupart des manuscrits portent : "emmailloté et couché dans une crèche." Les mots soulignés manquent dans Sin., D ; ils ont été ajoutés d'après le verset 7.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
L'armée céleste , ce sont les anges, intelligences pures et heureuses, dont Dieu a rempli le monde invisible et dont il fait ses messagers. (1Rois 22.19 ; 2Chroniques 18.18 ; Psaumes 103.21 ; Matthieu 26.53)
Ces anges prennent part avec amour à la grande œuvre de notre rédemption ; (Luc 15.10 ; Hébreux 1.14) ils se retrouvent, exerçant un saint ministère, dans les moments les plus solennels de la vie du Sauveur. (Luc 1.19,26 ; Matthieu 4.11 ; Luc 22.43 ; 24.4 ; Actes 1.10)
Ici, des anges sont les premiers prédicateurs de l'Evangile ; des bergers en sont les premiers auditeurs. Petitesse et grandeur, tels sont les deux caractères de ces inimitables récits. (verset 9, note.)
v. 13-14 · Godet · 18/10/2026
Le génitif στρατιᾶς, de l'armée, est partitif : un groupe faisant partie de cette multitude céleste qui forme l'armée de l'Eternel ; comp. Jos.5.15.
Verset 14. Il y a deux manières principales de construire cet hymne. On peut le diviser en deux ou en trois propositions, et cette différence de construction se lie à une différence de leçon, selon qu'on lit. avec les byz. εὐδοκία ou avec les alex. εὐδοκίας. Si on lit le génitif εἰδοκίας, il n'y a que deux propositions : « Au ciel, gloire à Dieu ! Sur la terre, paix aux hommes [objets] de la bonne volonté [divine]. […]
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
En conservant la leçon du texte reçu, ce magnifique cantique se divise naturellement en trois sentences, dont les deux premières sont parallèles, et dont la troisième indique la cause ou le fondement des deux autres.
Par la rédemption du monde que chantent les anges, Dieu s'est glorifié dans les lieux très hauts , aux yeux des anges et des justes ; (Luc 19.38 ; Ephésiens 3.10) la paix est faite sur la terre , car les hommes se sont réconciliés avec Dieu et les uns avec les autres.
Enfin, il en est ainsi, grâce à la manifestation de la miséricorde infinie de Dieu, de sa bienveillance envers les hommes ; tel a été son bon plaisir. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu avec A, D, majuscules porte ici : les hommes aussi, les bergers, se dirent , etc. Si cette leçon est authentique, elle établit un contraste entre les anges et les hommes ; les anges se retirent ; et les hommes s'empressent de suivre la révélation qu'ils viennent de recevoir.
Grec : "voyons cette parole qui est arrivée , ou accomplie, et que le Seigneur nous a fait connaître."
Il est possible qu'il ne faille voir dans les termes soulignés qu'un hébraïsme, signifiant la chose qui vient de nous être annoncée ; mais comme c'est la parole des anges qui importe aux bergers, et qu'ils veulent vérifier en allant à Bethléhem, il est possible aussi que Luc prenne le mot dans ce sens.
v. 15-16 · Godet · 18/10/2026
Le sujet de ἐγένετο est la proposition : les bergers se dirent ; c'est un pur hébraïsme ; comp. v. 6 ; 1.8. - Le T. R. présente une. expression singulière : « Et il arriva que, lorsque les anges se furent retirés…, les hommes, les bergers se dirent… » Ces mots : les hommes, avec le et qui précède et qui est la reproduction littérale du vav hébreu indiquant l'apodose, sont omis par les alex. Cette omission me paraît sans nul doute due à l'étrangeté de l'expression. Cette locution rend parfaitement l'impression des bergers, lorsqu'après la disparition des anges, ils se retrouvèrent seuls entre hommes. Personne n'aurait songé à inventer une telle glose. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Le verbe : ils trouvèrent est composé d'une particule grecque qui indique une découverte successive : ils aperçurent Marie, puis Joseph, puis le petit enfant.
- Peut-être aussi Marie est-elle nommée avant Joseph, parce que c'était la mère qui, avec le petit enfant , importait le plus aux bergers.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans l'original, ayant vu n'a pas de régime.
- Ainsi les bergers furent les premiers d'entre les hommes à annoncer ce que Dieu venait de révéler.
v. 17-20 · Godet · 18/10/2026
En grec, le participe ἰδόντες est sans objet. C'est l'acte de voir comme confirmant le parler de l'ange. - Le verbe γνωρίζειν, ainsi que son composé διαγνωρίζειν, peut signifier connaître ou faire connaître ; le second sens est réclamé par le contexte. - Le mot ῥῆμα est plutôt ici dans le sens de parole ou de nouvelle. S'agit-il uniquement de la publication dans l'étable aux oreilles des quelques personnes qui pouvaient s'y trouver, ou bien des récits que les bergers firent à ceux qu'ils rencontrèrent après être sortis de l'étable ? Schanz insiste sur le second sens à cause du πάντες, tous, v. […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer ce : Mais Marie, effacé par la plupart de nos versions ; il indique le contraste entre ce qui se passe en elle et l'étonnement encore très extérieur et superficiel de ceux qui entendirent les récits des bergers.
Pour elle, elle conservait toutes ces choses sans en rien perdre, et elle les méditait (grec les comparait ) dans son cœur .
Elle comparait ce qui lui avait été divinement annoncé, neuf mois auparavant, avec ce qui lui arrivait et son cœur était pénétré de la fidélité de Dieu dans l'accomplissement de sa parole. M. Godet voit dans cette remarque du verset 19 l'indice que tout ce récit a pour auteur Marie elle-même.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Les bergers aussi savent maintenant qu'il y a pleine harmonie entre ce qui leur a été dit et ce qu'ils ont entendu et vu .
Le premier de ces verbes se rapporte sans doute au récit qu'on leur a fait des circonstances extraordinaires qui ont précédé la naissance de Jésus ; le second, à ce qu'ils ont pu contempler de leurs propres yeux. Voilà pourquoi ils glorifient et louent Dieu.
21 Et quand huit jours furent accomplis pour le circoncire, son nom fut appelé Jésus, nom duquel il avait été appelé par l’ange avant qu’il soit conçu dans le ventre.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
21 à 40
La circoncision et la présentation de l'enfant dans le temple.
Tout enfant israélite mâle devait être circoncis le huitième jour . (Genèse 17.12 ; Lévitique 12.3)
C'était là le signe distinctif de l'alliance que Dieu traita avec Abraham et qui, comme le baptême, était le symbole de la purification. C'est dans cette cérémonie qu'on donnait son nom au petit enfant. (Luc 1.59 et suivants)
- Jésus, dès son entrée dans la vie, entre dans l'alliance de son peuple ; il est soumis à la circoncision. Il est "né de femme" et "né sous la loi." (Galates 4.4, note.) C'est par là qu'il a commencé à réaliser son nom de Jésus , ou Sauveur .
v. 21 · Godet · 18/10/2026
C'était sous la forme de l'existence juive que Jésus devait réaliser l'idéal de la vie humaine. La théocratie était le milieu divinement préparé pour le développement terrestre du Fils de l'homme. Aussi à sa naissance succède, huit jours après, son entrée dans l'alliance par la circoncision. Né d'une femme, mis sous la loi, dit Paul dans le même sens (Gal.4.4). Jésus devient par là, selon l'expression du même apôtre Rom.15.8 : διάκονος περιτομῆς ; serviteur de la circoncision, assujetti à la loi Israélite pour tout le cours de son existence terrestre. […]
22 Et quand les jours de leur purification, selon la loi de Moïse, furent accomplis, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au ✶Seigneur 23 (selon qu’il est écrit dans la loi du ✶Seigneur, que tout mâle qui ouvre la matrice sera appelé saint au ✶Seigneur)e 23e voir Exode 13:2 , 12 , 15 . , 24 et pour offrir un sacrifice, selon ce qui est prescrit dans la loi du ✶Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce pronom pluriel leur (grec d'eux ) purification a embarrassé les copistes, comme il embarrasse encore les interprètes.
Le texte reçu, avec quelques minuscules seulement, le remplace par le pronom féminin d'elle , se rapportant à Marie seule, et D par le pronom masculin singulier de lui , se rapportant à l'enfant.
Quelques interprètes ont pensé que ce pronom pluriel devait s'appliquer aux Juifs en général, à leur usage relatif à la purification des nouvelles accouchées. Mais le contexte oblige à le rapporter soit d'une manière indéterminé à toute la famille qui devait se rendre à Jérusalem pour une double cérémonie religieuse, soit à Marie et à Joseph qui sont le sujet du verbe. […]
v. 22-24 · Godet · 18/10/2026
Deux actes sont, mentionnés ici, et tous deux comme accomplis en observation de la loi ; l'un est la présentation de l'enfant comme, premier-né (v. 23) ; l'autre, le sacrifice offert pour la purification de la mère (v. 24). - La purification de la mère est indiquée dès l'abord, v. 22. D'après Lév.12.2 et suiv., à la suite de l'accouchement, la mère restait lévitiquement souillée pendant sept jours si c'était un garçon, le double si c'était une fille. Puis, au bout de trente-trois jours dans le premier cas, de soixante-six dans le second, elle devait offrir dans le tabernacle (plus tard, dans le temple) un sacrifice de purification. - Les mots : selon la loi, v. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : sera appelé saint au Seigneur , c'est-à-dire lui sera consacré, sera mis à part pour son service. (Exode 13.2 ; Nombres 3.12)
D'après ce dernier passage, tout premier-né appartenait à l'Eternel et devait être exclusivement consacré à son service ; mais la tribu de Lévi ayant été choisie pour ce service, il fallait que tous les premiers-nés des autres tribus fussent rachetés à prix d'argent, (Nombres 8.16 ; 18.15-18) afin que le droit divin fût constaté, et que le futur chef de famille se souvînt toujours de ses saintes obligations.
C'est là aussi le sens de cette expression : le présenter au Seigneur . En ceci, comme dans sa circoncision, (verset 21) comme plus tard dans son baptême, il fallait que Jésus "accomplît toute justice." (Matthieu 3.15)
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Après avoir dit (verset 23) ce qui concernait l'enfant, Luc revient à la mère et à sa purification. (verset 22)
Elle devait offrir un agneau en holocauste et un jeune pigeon ou une tourterelle pour le péché ; mais, si ses moyens ne le lui permettaient pas, elle pouvait remplacer ce sacrifice par celui de deux tourterelles ou de deux jeunes pigeons . (Lévitique 12.6,8)
Luc ne mentionne ici que ce dernier sacrifice, celui des pauvres, parce que ce fut celui de Marie. Alors déjà s'accomplit une parole profonde de saint Paul. (2Corinthiens 8.9)
25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon ; et cet homme était juste et pieux, et il attendait la consolation d’Israël ; et l’Esprit Saint était sur lui. 26 Et il avait été averti divinement par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort, que premièrement il n’ait vu le Christ du ✶Seigneur. 27 Et il vint par l’Esprit dans le temple ; et comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour faire à son égard selon l’usage de la loi, 28 ilf 28f ou : lui aussi. le prit entre ses bras et bénit Dieu et dit : 29 Maintenant, Seigneurg 29g maîtred’un esclave ; ailleurs : souverain. , tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole ; 30 car mes yeux ont vu ton saluth 30h plutôt ce qui sauveque le salut en lui-même ; comp. 3. 6 ; Actes 28:28 ; Éphésiens 6:17 . , 31 lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples : 32 une lumière pour la révélation des nations, et la gloire de ton peuple Israël. 33 Et son père et sa mère s’étonnaient des choses qui étaient dites de lui. 34 Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira 35 (et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Siméon est inconnu dans l'histoire ; son nom signifie "exaucement." Il était juste (comparez Luc 1.6, note) et pieux (ce mot a aussi le sens de prudent, circonspect, intelligent) ; il attendait la venue du Sauveur, ici désignée par ce terme si beau et si intime : la consolation d'Israël .
Ce mot est emprunté aux promesses de Dieu données par les prophètes, et sur lesquelles reposait toute l'espérance de ce saint vieillard. (Esaïe 40.1,2 ; 49.13 ; 51.3,12 ; 61.1-3) […]
v. 25-26 · Godet · 18/10/2026
Aux époques de dégénérescence spirituelle, quand le clergé officiel ne cultive plus que la forme, l'Esprit se retire dans les profondeurs de la communauté religieuse et se crée des organes extra-officiels, souvent dans les classes les plus inférieures. Siméon, Anne, sont des représentants de ce sacerdoce spontané. On a supposé que Siméon pourrait, bien être le rabbin de ce nom, fils du fameux Hillel et père de Gamaliel. Ce Siméon devint président du Sanhédrin en l'an 13 de notre ère. Mais ce nom était très commun, et le caractère de membre influent du Sanhédrin ne convient guères au rôle que va jouer le Siméon dont parle Luc. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Le Christ du Seigneur , terme de l'Ancien Testament qui signifie le Messie ou l'Oint de l'Eternel, le Sauveur que l'Eternel avait promis à son peuple et qu'il venait de lui donner. (Sur le mot que nous traduisons par "divinement averti," voir Matthieu 2.12,22 ; Hébreux 11.7 ; Actes 10.22)
Il faut remarquer cette antithèse : "ne pas voir la mort avant d'avoir vu le Christ ."
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
"Il vint dans le temple dans l'Esprit ," ou par l'Esprit, c'est-à-dire éclairé et conduit par l'Esprit, et c'est par cet Esprit qu'il reconnut aussitôt son Sauveur dans le petit enfant. (verset 30)
- Ce qui était en usage, selon la loi , a été décrit au verset 23.
v. 27-28 · Godet · 18/10/2026
Il y a dans la vie de chaque homme des moments décisifs où tout dépend pour son avenir de la docilité à une impulsion de l'Esprit. Les mots ἐν πνεύματι, « en ou par l'Esprit, » n'indiquent point un état d'extase ; il s'agit d'une simple direction intérieure. Meyer a conclu du terme γονεῖς, parents, que Luc employait ici un autre document que précédemment, document qui n'était plus écrit, au point de vue de la naissance surnaturelle de Jésus. Mais ce terme indique tout simplement la qualité en laquelle Joseph et Marie paraissaient et fonctionnaient en ce moment dans le temple. - Le καί du v. […]
v. 29-32 · Godet · 18/10/2026
Siméon décrit son rôle comme celui d'une sentinelle que son maître aurait placée en un lieu élevé avec la mission d'attendre l'apparition d'un astre et de l'annoncer au monde. Cet astre désiré, il le voit, il publie son lever, et il demande d'être relevé du poste d'attente occupé par lui si longtemps. Ainsi, dans Eschyle, à l'ouverture d'Agamemnon, la sentinelle postée pour observer l'apparition du feu qui doit annoncer à la Grèce la prise de Troie, contemplant enfin le signal attendu, célèbre à la fois sa propre délivrance et la victoire de la patrie. Le νῦν, maintenant, enfin, rappelle la longueur de l'attente. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Chaque mot de ce beau cantique a une signification profonde :
Maintenant que ta parole est accomplie, (verset 26) que mes yeux ont vu ton salut, tu laisses aller ton serviteur (grec) ; tu le délies de toutes les servitudes de la vie, tu le mets en liberté pour qu'il s'en aille jouir de la pleine possession de la lumière et de la paix ! (Genèse 15.15 ; 2Rois 22.20)
Il faut remarquer ce verbe au présent qui exprime l'attente prochaine de cette délivrance ; Siméon sent que rien ne le retient plus sur la terre. Mais il s'en remet à Dieu qu'il appelle Maître , souverain dominateur de sa vie et de toutes choses.
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Par l'Esprit qui est en lui, (verset 26) Siméon devient prophète ; il ne parle plus de lui, sa pensée s'élève jusqu'à ce salut que Dieu a préparé pour tous les peuples , et que tous verront (grec devant la face de ).
Cette préparation a eu lieu durant des siècles par toutes les révélations de l'ancienne alliance. Ce grand salut destiné à tous se répartit en deux courants divers. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu, avec la plupart des majuscules (Sin., B. D exceptés) et l'Itala, porte Joseph , au lieu de son père ; correction dictée par une préoccupation dogmatique, bien inutile, puisque Luc lui-même vient de parler des parents du petit enfant. (verset 27)
Nul ne pouvait s'y méprendre, après le récit qui précède. (Luc 1.35) Le langage de l'évangéliste est conforme aux apparences et même à d'impérieuses convenances.
- Ils étaient dans l'étonnement ou l'admiration (le mot grec a les deux sens), malgré tout ce qu'ils savaient déjà concernant le petit enfant. C'est que, sous la forme d'une prophétie, les paroles de Siméon leur ouvraient des horizons plus vastes encore que ce qui leur avait été révélé jusque-là.
v. 33-35 · Godet · 18/10/2026
On pense ordinairement que c'est dans une intention dogmatique que les documents byzantins ont remplacé le mot son père par le nom Joseph. Mais pourquoi n'auraient-ils pas fait la même chose au v. 41 ? Cependant la leçon ὁ πατήρ reste la plus probable. - Strauss trouve étrange l'étonnement de Joseph et de Marie : ne savaient-ils pas déjà tout cela ? Mais, d'abord, ce que vient de dire Siméon du rôle de l'enfant par rapport aux païens dépasse tout ce qui leur avait été dit jusqu'alors. Et puis n'y avait-il pas de quoi s'étonner de voir un homme absolument inconnu, tel que Siméon, s'exprimer sur cet enfant comme étant initié au secret de sa haute destinée ?
Verset 34. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Les bénit, c'est-à-dire les parents ; il les bénit au nom de Dieu, implore sur eux la bénédiction divine.
- Les promesses magnifiques qu'ils venaient d'entendre pouvaient faire naître dans le cœur de Joseph et de Marie des espérances charnelles, pleines d illusions ; Siméon les réprime en leur présentant l'aspect douloureux de l'avenir réservé à leur enfant. Il adresse les sérieuses paroles qui suivent à Marie, à la mère personnellement, parce que cette prophétie la concernait directement.
L'expression : celui-ci est (grec) mis pour , indique la destination d'une personne ou d'une chose, selon le dessein de Dieu. (Philippiens 1.16 ; 1Thessaloniciens 3.3) […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette contradiction ira jusqu'à clouer le Sauveur sur la croix ; c'est alors que, semblable à une épée tranchante, une douleur sans nom transpercera l'âme de sa mère témoin de son supplice. (Jean 19.25)
C'est aussi en présence de la croix que les pensées du cœur se révèlent , selon la foi ou l'incrédulité, l'amour ou la haine à l'égard du Crucifié.
- Il est possible que les mots : afin que les pensées du cœur de plusieurs soient révélées indiquent la raison pour laquelle cette grande douleur ne peut être épargnée à Marie ; mais il est plus naturel d'y voir la conclusion de toute la prophétie des versets 34,35 : la croix, couronnement de l'œuvre du Messie, manifestera dans toute sa profondeur l'opposition des hommes et mettra au jour leurs dispositions secrètes, en les contraignant à se prononcer pour ou contre le Sauveur. (1Corinthiens 1.23)
36 Et il y avait Anne, une prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser (elle était fort avancée en âge, ayant vécu avec un mari sept ans depuis sa virginité, 37 et veuve d’environi 37i pl. lisent : jusqu’à. 84 ans), qui ne quittait pas le temple, servant [Dieu ] en jeûnes et en prières, nuit et jour ; 38 celle-ci, survenant en ce même moment, louait le ✶Seigneur, et parlait de lui à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrancej 38j ou : la rédemption. .
v. 36-38 · Godet · 18/10/2026
Siméon est venu, poussé par l'Esprit ; Anne demeure habituellement dans le temple. Siméon, après avoir vu, n'aspire qu'au départ ; Anne semble recouvrer une nouvelle jeunesse pour publier la venue du Messie. Chaque apparition a son caractère propre et original. On peut construire les v. 36 et 37 de deux manières. On peut prendre au v. 36 le verbe ἦν dans le sens de était là, aderat, et ponctuer à la fin de ce verset. Mais il faut dans ce cas sous-entendre le même verbe ἦν au v. 37, ce qui est peu naturel. […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Anne , fille de Phanuel , n'est connue dans l'histoire évangélique que par ce trait.
Le mot de prophétesse indique que, comme Siméon, elle avait reçu l'esprit de prophétie, par lequel elle aussi reconnut dans le petit enfant le Sauveur promis, et en glorifia Dieu. (verset 38)
L'évangéliste rappelle encore à sa louange qu'après un temps assez court de mariage, elle avait vécu jusqu'à l'âge de quatre-vingt-quatre ans dans un long veuvage, ce qui était considéré comme très honorable chez les Juifs. M. Godet traduit : "veuve depuis déjà quatre-vingt-quatre ans." Cela justifierait l'affirmation du récit qu'elle était (grec) avancée en beaucoup de jours . […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Les mots : elle louait Dieu (texte reçu, le Seigneur ), pourraient se traduire : confessait ou glorifiait Dieu.
Ce verbe est composé d'une particule qui signifie à son tour ; allusion au cantique de Siméon, auquel Anne répondait par ses louanges.
Les paroles d'Anne ne sont pas rapportées, parce que sans doute elles exprimaient les mêmes pensées que celles de Siméon. (verset 29)
En outre, par l'esprit de prophétie qui l'animait, elle parlait de lui (de Dieu) et des glorieuses révélations qu'il venait d'accorder à son peuple.
Le texte reçu, porte : Ceux qui attendaient la délivrance (grec la rédemption ) dans Jérusalem. La leçon de Sin., B. versions et Pères, est admise par la plupart des critiques modernes. Ils considèrent celle du texte reçu comme une correction de cette expression insolite : délivrance de Jérusalem. Il faut supposer que la capitale est prise pour le pays entier. (Comparer Esaïe 40.2)
39 Et quand ils eurent tout accompli selon la loi du ✶Seigneur, ils s’en retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. 40 Et l’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur lui.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Luc 1.26 ; Matthieu 2.23.
Luc passe sous silence divers faits rapportés par Matthieu : la visite des mages, la fuite en Egypte, le meurtre des petits enfants de Bethléhem, soit que ces faits ne rentrassent pas dans son plan, soit qu'il les ait ignorés.
"Il est nécessaire d'admettre, dit M. Godet,que les deux évangélistes ont écrit chacun sans connaître le livre de l'autre."
La critique négative s'est hâtée de déclarer les deux récits inconciliables. Elle oublie que, pendant les quarante jours qui s'écoulèrent entre la naissance de Jésus et sa présentation dans le temple, bien des événements avaient pu s'accomplir à Bethléhem. […]
v. 39-40 · Godet · 18/10/2026
Le récit de Luc ne manque pas de faire ressortir en toute occasion la fidélité scrupuleuse à l'observance légale qui caractérise la conduite des acteurs du drame évangélique (1.6 ; 2.22-24 ; 23.56). C'est sous la sauvegarde de cette institution divine que s'est accomplie sans révolution la transition de l'économie de la lettre à celle de l'Esprit. - Le retour des parents de Jésus à Nazareth est évidemment considéré dans le document qu'emploie Luc comme quelque chose de tout naturel qui n'a besoin d'être expliqué par aucune circonstance particulière. C'est ce que prouve d'ailleurs le pronominal αὐτῶν, leur ville.
Verset 40. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ces quelques traits, Luc nous donne une idée du développement graduel qui s'accomplit en Jésus durant son enfance. C'est ce qu'il avait fait pour Jean-Baptiste. (Luc 1.80)
Pour Jésus il répétera plus loin cette esquisse. (verset 52)
- Il grandissait ; ce mot indique le développement physique, tandis que les termes : il se fortifiait , complétés par ceux-ci : étant rempli de sagesse , décrivent les progrès intellectuels, spirituels et religieux.
La sagesse , comprenant la connaissance de Dieu et celle des hommes, dans son application pratique à la vie, fut le trait saillant du caractère de Jésus enfant. […]
41 Et ses parents allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. 42 Et quand il eut douze ans, comme ils étaient montés à Jérusalem, selon la coutume de la fête, 43 et qu’ils avaient accompli les jours [de la fête], comme ils s’en retournaient, l’enfant Jésus demeura dans Jérusalem ; et ses parents ne le savaient pas. 44 Mais croyant qu’il était dans la troupe des voyageurs, ils marchèrent le chemin d’un jour et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances ; 45 et ne le trouvant pas, ils s’en retournèrent à Jérusalem à sa recherche. 46 Et il arriva qu’après trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. 47 Et tous ceux qui l’entendaient s’étonnaient de son intelligence et de ses réponses. 48 Et quand ils le virent, ils furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait ainsi ? Voici, ton père et moi nous te cherchions, étant en grande peine. 49 Et il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? 50 Et ils ne comprirent pas la parole qu’il leur disait. 51 Et il descendit avec eux, et vint à Nazareth, et leur était soumis. Et sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur. 52 Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes.
v. 41-43 · Godet · 18/10/2026
D'après Ex.33.17 ; Deut.16.16, tous les hommes Israélites devaient se rendre au sanctuaire pour les trois fêtes annuelles de Pâques, de Pentecôte et des Tabernacles. Ceux qui étaient éloignés montaient au moins à l'une des trois fêtes. Quant aux femmes, la loi ne prescrivait rien ; mais elles accompagnaient ordinairement leur mari, à la fête de Pâques (1Sam.1.3 et suiv.). Hillel leur en faisait même un devoir. - Le τῇ ἑορτῇ, à la fête, n'est pas un datif de lieu, mais de temps ou de but.
Verset 42. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après la loi, (Exode 23.17 ; 34.23 ; Deutéronome 16.16) tous les Israélites hommes devaient se rendre chaque année à Jérusalem pour y célébrer les trois grandes fêtes de Pâque, de Pentecôte et des Tabernacles.
La loi ne prescrivait rien aux femmes, mais elles s'y rendaient fréquemment, quand leur piété leur en inspirait le désir ; ce fut le cas pour Marie. Quant aux jeunes gens, les préceptes rabbiniques ordonnaient qu'ils fussent conduits au temple un ou deux ans avant l'âge de treize ans, à partir duquel ils étaient tenus de remplir toutes les obligations légales et devenaient les fils de la loi .
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Les jours , peuvent être les sept jours prescrits par la loi pour la durée de la fête ou les quelques jours qu'ils s'étaient proposé de passer a Jérusalem, car la présence a la fête n'était obligatoire que les deux premiers jours. (Exode 12.15 ; Lévitique 23.6 ; Deutéronome 16.3)
v. 44-45 · Godet · 18/10/2026
Ce fut le soir, au moment du campement, où chaque famille se réunissait pour la nuit, que Marie et Joseph s'aperçurent de l'absence de l'enfant. Dès le lendemain ils repartirent, pour Jérusalem. Le participe le cherchant peut se rapporter à l'intention finale de ce voyage ou bien aussi à une investigation à laquelle ils se livraient en cheminant. Ils pouvaient supposer en effet que l'enfant avait voulu les suivre. Si on lit αvαζητοῦντες avec ℵ et les byz., ce second sens est le seul possible, ἀνά dans la composition du verbe indiquant le détail dans la recherche.
Versets 46-50 : La rencontre.
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Une journée de chemin .
Ce fut le soir, sans doute, remarque M. Godet, au moment où chaque famille se réunissait pour la nuit, que Marie et Joseph s'aperçurent de l'absence de l'enfant.
D'autres, insistant sur l'imparfait : ils le cherchaient , pensent qu'ils le cherchèrent déjà tout en faisant cette journée de marche.
Au premier abord, on a de la peine à comprendre que Jésus soit reste seul a Jérusalem, et que ses parents aient quitté la ville sans s'inquiéter de son absence. Aussi une certaine critique s'est-elle empressée d'accuser l'enfant d'un manque d'égards envers ses parents et ceux-ci de négligence. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ces trois jours il faut entendre la première journée de chemin qu'ils avaient faite, une seconde pour retourner à Jérusalem et la troisième, celle où ils le trouvèrent.
- Dans le temple , ou le lieu sacré , c'est-à-dire dans quelque salle dépendante de l'édifice, ou même sur la terrasse. Les membres des sanhédrins s'y réunissaient le jour du sabbat et à l'époque des fêtes et enseignaient.
L'expression : assis au milieu des docteurs , ne signifie point que Jésus occupas un siège au même rang qu'eux ; mais que, dans le cercle qu'ils formaient, il s'était placé parmi les auditeurs. […]
v. 46-47 · Godet · 18/10/2026
Les trois jours ont-ils pour point de départ le moment du départ de Jérusalem ou celui du retour à Jérusalem ? Le premier sens est plus naturel. Les parents n'auraient pas cherché trois jours sans trouver. Le premier jour fut celui du départ de Jérusalem (v. 44) ; le second, celui du retour des parents (v. 45) ; le troisième, celui de la rencontre. - Une fois resté seul, que fit l'enfant ? Se rendit-il dans la maison où il avait demeuré avec ses parents ? Il serait dans ce cas reparti le lendemain matin. Un enfant cherche son refuge dans la maison de son père ; Jésus se retira dans l'un des péristyles du temple. […]
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : ils étaient hors d'eux-mêmes .
Son intelligence des vérités religieuses paraissait, soit dans les questions qu'il faisait, soit dans ses réponses à celles qu'on lui adressait. Ainsi se vérifiait la parole de l'évangéliste. (verset 40)
Comparer sur l'éducation de Jésus et spécialement sur cette première visite à Jérusalem, Edersheim, La société juive, trad. par G. Roux, ch. VII
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
L'étonnement des parents vient de ce qu'ils ne s'étaient point attendus à le trouver dans un tel lieu et engagé dans de tels entretiens. Jamais encore Jésus ne s'était ainsi produit publiquement.
- Il y a dans les paroles de Marie un ton de reproche qui vient, sans doute, de l'inquiétude qu'elle avait éprouvée et qu'elle exprime vivement. Certains critiques prétendent que Luc, en nous montrant Marie inquiète, oublie les révélations qu'elle avait reçues.
Marie savait que son enfant était le Fils de Dieu, pouvait-elle dès lors éprouver de l'angoisse à son sujet ?
M. Godet répond :"La critique raisonne comme si le cœur de l'homme et de la mère fonctionnait à la façon d'un syllogisme."
v. 48 · Godet · 18/10/2026
La surprise des parents est d'autant plus grande que Jésus observait sans doute habituellement une modeste réserve. Le ton de reproche qu'on ne peut méconnaître dans la question de Marie provient en partie du désir de se justifier elle-même de la négligence dont elle et son mari semblent s'être rendus coupables. - La leçon du Sinaït. et du Vatic. ζητοῦμεν, nous te cherchons, est condamnée par Tischendorf lui-même. Elle a en effet contre elle, outre tous les autres Mjj., l'Itala et la Peschito. L'imparfait : nous te cherchions, convient mieux pour exprimer la durée de l'inquiétude et de l'attente qui ont précédé la rencontre. […]
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Qu'est-ce que cela que vous me cherchiez ? Quelle en est l'importance, en comparaison de ce que j'avais à faire ?
Sans cette version littérale, la question ne se comprend pas, car il est bien clair que le devoir de ses parents était de le chercher. La même tournure se retrouve dans Marc 2.16 ; Actes 5.9, en grec, et elle a partout le même sens. La question de Jésus est du reste expliquée par les paroles qu'il ajoute. (Comparer verset 45, note.)
Grec : Dans les choses de mon Père .
Un grand nombre d'anciennes versions et de Pères, et plusieurs commentateurs modernes traduisent : dans les demeures (la maison) de mon Père.
M. […]
v. 49-50 · Godet · 18/10/2026
Le Vatic. lui-même se joint ici aux Mss. qui lisent l'imparfait : ἐζητεῖτε, cherchiez-vous ? - Τί ὅτι, qu'est-ce, que cela que ? Act.5.9 ; Marc.2.16. Jésus veut-il dire : « Pourquoi donc êtes-vous venus me chercher ? Vous auriez dû continuer votre chemin et me laisser à Jérusalem[1] ? » Non, car Jésus ne pouvait ainsi préjuger les voies de Dieu à son égard. Puis l'explication suivante : Ne saviez-vous pas… ? ne signifie pas qu'ils n'auraient pas dû le chercher du tout, mais qu'ils auraient dû le chercher tout droit à la bonne place. […]
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette observation encore a donné prise à la critique.
Si les récits de Luc (Luc 1.32) sont vrais, a-t-on dit, comment Marie ne comprend -elle pas que son fils doit être consacré tout entier aux affaires de son Père ? C'est méconnaître la situation dans laquelle se trouvait Marie après ces douze années pendant lesquelles son fils s'était développé d'une manière insensible.
Tous les parents ne sont-ils pas surpris quand un jour ils découvrent que leurs enfants ont cessé d'être des enfants ? Les parents de Jésus, tout prévenus qu'ils étaient, durent éprouver cette surprise avec une force redoublée. […]
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce retour à Nazareth, verset 39, note.
- Par ce seul mot : il leur était soumis , Luc décrit toute l'adolescence de Jésus dans ses rapports avec sa famille. La forme du verbe grec exprime la continuité ou la permanence de cette soumission.
La conscience qu'il avait de son rapport unique avec son Père, (verset 49) loin d'être en opposition avec cette humble obéissance, en était bien plutôt la source. Jésus fut ainsi le modèle de l'enfance, comme il est resté, pour tous les âges, le type accompli d'une vie humaine sans péché et se développant dans le bien absolu.
Voir verset 19, note. […]
v. 51-52 · Godet · 18/10/2026
Ce cœur filial qui venait de déployer ses ailes, les replie à l'instant. L'idéal entrevu est sacrifié sans résistance à la plus accablante réalité. Au lieu du temple qui se referme, c'est l'atelier du charpentier qui s'ouvre aux regards du jeune homme. Il y entre humblement et consacre désormais son travail aux affaires de son père terrestre (Marc.6.3), en attendant patiemment que le Père céleste lui ouvre le sien (Jean.5.19). - La forme analytique ἦν ὑποτασσόμενος, il était se soumettant, indique une action sur soi-même libre et réfléchie, qui se renouvelle à chaque moment. Cette expression résume dix-huit ans de la vie de Jésus. […]
v. 52 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer verset 40, note.
Quand il s'agit du petit enfant, Luc dit "qu'il grandissait et se fortifiait ;" ici, l'adolescent fait des progrès , avance dans son développement physique et spirituel. Luc met la sagesse avant la stature , parce que c'était là le plus important à ses yeux, et peut-être aussi pour marquer le développement des rapports intimes avec Dieu, que Jésus venait de révéler, (verset 49) et qui étaient la source de toute sa sagesse.
Enfin Luc ajoute qu'il faisait des progrès, non seulement dans la faveur et l'amour de Dieu, mais qu'il inspirait aux hommes ce même sentiment.
"Tandis que Jean-Baptiste grandissait dans la solitude du désert, Jésus, destiné à une tout autre tâche, se développait sous le regard satisfait de Dieu et en contact avec les hommes que charmaient ses aimables qualités ; comparez Luc 7.33,34Ainsi cet être humain parfaitement normal était un commencement de réconciliation entre le ciel et la terre." Godet.