1 Et il arriva après celaa 1a ou : dans la suite. , qu’il passait par les villes et par les villages, prêchant et annonçantb 1b litt. : évangélisant. le royaume de Dieu ; et les douze [étaient] avec lui, 2 et des femmes aussi qui avaient été guéries d’esprits malins et d’infirmités, Marie, qu’on appelait Magdeleinec 2c ou : de Magdala. , de laquelle étaient sortis sept démons, 3 et Jeanne, femme de Chuzas intendant d’Hérode, et Susanne, et plusieurs autres, qui l’assistaientd 3d litt. : le servaient. de leurs biens.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus parcourt le pays en enseignant et en opérant des miracles. Chapitre 8. 1 à 18
Jésus parcourt la Galilée. Parabole du semeur.
Ensuite ou dans la suite, quelque temps après les événements qui précèdent. (Luc 7.11)
Cette indication peu précise dont on ne peut rien conclure quant à la chronologie, marque pourtant un moment très important dans le ministère de Jésus. Il cesse d'habiter Capernaüm et voyage comme missionnaire, visitant chaque localité, grande ou petite, et (grec) évangélisant le royaume de Dieu . (Comparer Matthieu 3.2, notes.)
v. 1-3 · Godet · 18/10/2026
Luc fait ressortir ce moment comme une époque bien marquée dans le ministère du Seigneur. Il cesse de prendre Capernaüm, son ἰδία πόλις, sa ville (Matth.9.1), pour cenre de son activité ; il adopte un genre de vie complètement ambulant, et, à la lettre, n'a plus un lieu fixe où reposer sa tête. C'est ce changement dans son mode d'existence, accompli à cette époque, qui engage Luc à placer ici ce coup d'œil sur le mode de son entretien matériel. L'aoriste ἐγένετο, il arriva (v. 1), indique un moment bien déterminé. Le καί, devant αὐτός, signe de l'apodose, trahit une source araméenne. L'imparfait διώδευε, il cheminait à travers le pays, indique un mode de voyager lent et continu. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
C'était donc toute une caravane qui suivait Jésus dans ses voyages missionnaires : les douze apôtres et des femmes qui, guéries par lui de corps et d'âme, se dévouaient à son service. (verset 3, note.)
Pour les disciples, c'était une école d'évangélisation, où ils recueillaient, sous la direction du Maître, de précieuses expériences en vue de leur œuvre future.
Marie, surnommée Madeleine , parce qu'elle était de Magdala , ville située sur la côte occidentale du lac de Génézareth, au nord de Tibériade, ne doit pas être confondue avec la femme pénitente. (Luc 7.37, note.) […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est une preuve de l'originalité et de l'exactitude des sources où puisait Luc (Luc 1.2,3) que la mention du nom de ces femmes.
Chuza , dont la femme suivait Jésus, occupait une charge assez importante à la cour d'Hérode Antipas, puisqu'il était son intendant .
On a supposé qu'il était ce seigneur de la cour dont Jésus avait guéri le fils et qui avait "cru avec toute sa maison." (Jean 4.53)
On a supposé aussi que la femme de Chuza avait perdu son mari quand elle se mit à suivre Jésus.
Ce sont là des conjectures, qui n'ont en elles-mêmes rien d'inadmissible, mais qui ne se fondent sur aucune donnée des évangiles. […]
4 Et comme une grande foule s’assemblait, et qu’on venait à lui de toutes les villes, il dit en parabole : 5 Le semeur sortit pour semer sa semence. Et comme il semait, quelques [grains] tombèrent le long du chemin, et furent foulés aux pieds, et les oiseaux du ciel les dévorèrent. 6 Et d’autres tombèrent sur le roc ; et ayant levé, ils séchèrent, parce qu’ils n’avaient pas d’humidité. 7 Et d’autres tombèrent au milieu des épines ; et les épines levèrent avec eux et les étouffèrent. 8 Et d’autres tombèrent dans la bonne terre, et ils levèrent, et produisirent du fruit au centuple. En disant ces choses, il criait : Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. 9 Et ses disciples l’interrogèrent, disant : Qu’est-ce que cette parabole ? 10 Et il dit : À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais [il en est parlé] aux autres en paraboles, afin que voyant, ils ne voient pas, et qu’entendant, ils ne comprennent pas. 11 Or voici ce qu’est la parabole : La semence est la parole de Dieu ; 12 et ceux qui sont le long du chemin, sont ceux qui entendent [la parole] ; ensuite vient le diable, et il ôte de leur cœur la parole, de peur qu’en croyant, ils ne soient sauvés. 13 Et ceux qui sont sur le roc, sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; et ceux-ci n’ont pas de racine : ils ne croient que pour un temps, et au temps de la tentation ils se retirent. 14 Et ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu [la parole] et s’en étant allés, sont étouffés par les soucis et par les richesses et par les voluptés de la vie e 14e la vie comme telle dans ce monde., et ils ne portent pas de fruit à maturité. 15 Mais ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, la retiennent dans un cœur honnête et bon, et portent du fruit avec patience. 16 Or personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase, ni ne la met sous un lit ; mais il la place sur un pied de lampe, afin que ceux qui entrent voient la lumière. 17 Car il n’y a rien de secret qui ne deviendra manifeste, ni rien de caché qui ne se connaîtra et ne vienne en évidence. 18 Prenez donc garde comment vous entendez ; car à quiconque a, il sera donné, et à quiconque n’a pas, cela même qu’il paraît f 18f ou : croit. avoir sera ôté.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Une grande foule suivait Jésus ; mais en outre, de chaque ville , dans la contrée où il passait, (verset 1) de nouvelles troupes venaient à lui .
Matthieu et Marc décrivent plus exactement que Luc le lieu et la scène de ce grand rassemblement de peuple et de la prédication de Jésus.
Celle-ci eut lieu surtout en parabole . Luc emploie ce mot au singulier parce qu'il n'en rapporte qu'une.
Voir, sur ce mode d'enseignement, Matthieu 13.3, note, et, sur la parabole du semeur qui va suivre, Matthieu 13.1-23, notes, et Marc 4.1-20, notes. Nous ne relèverons que ce qui est particulier à Luc.
v. 4-8 · Godet · 18/10/2026
Matthieu et Marc placent cette parabole après la visite de la mère et des frères de Jésus (Matth.13.1 ; Marc.4.1). Chez Luc, elle précède immédiatement ce récit (v. 19 et suiv.). Cette connexion peut être le résultat d'une relation chronologique réelle, ou bien aussi celui d'une relation morale ; comp. v. 15 : « ceux qui retiennent la parole et portent du fruit, » avec v. 21 : « ceux qui écoutent la parole et qui la mettent en pratique. » - On pourrait faire de τῶν ἐπιπορευομένων, ceux qui accouraient à lui, le complément de ὄχλου, une multitude, en donnant à καί le sens de : même. Mais cette construction est forcée. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
"Il y a dans ces termes accumulés quelque chose de familier et de solennel à la fois qui excite l'attention." Meyer.
Voir, sur ces premiers mots de la parabole, Marc 4.3, note.
Les grains de semence tombés le long du chemin devaient être foulés par les passants.
Luc seul a relevé ce trait, que Jésus n'explique pas ensuite, (verset 12) mais qui n'en est pas moins l'une des causes pour lesquelles cette partie de la semence reste improductive.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Le roc recouvert d'une légère couche de terre. C'est ce que les deux autres évangélistes appellent des "endroits rocailleux."
Le manque d'humidité , expression particulière à Luc, que Matthieu et Marc remplacent par celle de manque de profondeur , et par celle-ci : n'avoir point de racine . (verset 13)
Ces trois causes de stérilité, qui se complètent, se trouvaient réellement dans la nature du sol.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Luc indique par ce mot au centuple le plus haut degré de productivité, tandis que Matthieu et Marc signalent aussi les degrés inférieurs : cent, soixante, trente .
Selon les trois évangélistes, Jésus ajoute immédiatement à la parabole ce sérieux avertissement ; mais Luc seul remarque qu'il le fait à haute voix : il s'écriait , il élevait la voix
v. 9-10 · Godet · 18/10/2026
La question des disciples se rapportait uniquement au sens de la parabole précédente. Mais Jésus en profite pour leur donner une explication générale sur ce mode d'enseignement. Il en est de même dans Marc, qui ajoute seulement ces détails : « ceux qui l'accompagnaient avec les Douze, » et : « quand ils furent seuls avec lui. » Dans Matthieu, la question des disciples est tout à fait générale : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Cette forme de la question est moins naturelle. La réponse de Jésus est plus développée dans Matthieu, qui cite in extenso la prophétie d'Es.7, à laquelle Luc fait une simple allusion. Marc la fait entrer dans le discours de Jésus lui-même. […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette réponse, beaucoup plus développée dans le premier évangile, Matthieu 13.11-17, notes.
- Dans les récits de Marc et de Luc, Jésus prononce des paroles qui ne répondent point à la question des disciples.
Ceux-ci lui demandaient simplement l'explication de la parabole, (verset 9) explication qu'il leur donne, en effet, plus tard. (verset 11)
Mais Matthieu nous apprend que les disciples lui avaient posé une autre question encore : "Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?" C'est à cette première question importante que Jésus répond d'abord : après quoi, revenant à la seconde, il leur indique le sens de la parabole.
v. 11-15 · Godet · 18/10/2026
L'expression : Voici la parabole (v. 11), signifie que l'essence du tableau n'est pas le tableau, mais l'idée. - Le point de comparaison entre la Parole et la semence est la puissance de vie renfermée sous une enveloppe sans apparence. - En disant : la parole, Jésus parle sans doute avant tout de son enseignement, mais en y comprenant toute prédication qui le reproduira fidèlement. - Jésus discernait dans la foule quatre espèces de figures : des visages inintelligents et distraits, des physionomies enthousiastes et ravies, des figures à l'expression grave, mais préoccupée, enfin des regards d'une joyeuse sérénité, qui annonçaient un plein abandon à la vérité enseignée. […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Luc identifie la parole divine avec les effets produits par elle, et ceux-ci avec les personnes en qui le phénomène s'accomplit. De là ces expressions inusitées : ceux qui sont (ensemencés) le long du chemin ; (verset 12) ceux qui sont sur le roc ; ils n'ont point de racine ; (verset 13) ils sont étouffés ; (verset 14) et ce n'est qu'au verset 15 que l'évangéliste fait ressortir le sens spirituel de l'image.
N'y a-t-il point dans cette manière irrégulière de s'exprimer : l'intention de faire remonter jusqu'à l'homme la responsabilité de l'action diverse qu'exerce la parole divine ? C'est lui qui consent à être sauvé par elle, ou qui reste volontairement dans la stérilité et la mort.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Les deux premiers évangiles indiquent, comme sens moral des épines , les inquiétudes et les richesses ; Luc y ajoute les plaisirs , qui sont certainement l'une des principales causes de l'inefficacité de la parole sainte.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Deux traits sont particuliers à Luc : c'est d'abord ce cœur honnête et bon , dans lequel ces derniers auditeurs reçoivent et retiennent la parole ; c'est ensuite cette persévérance (grec patience ) avec laquelle ils portent du fruit.
Il ne faut pas soulever la question dogmatique de savoir si un homme peut, avant d'avoir entendu et reçu la parole divine, porter en lui un cœur honnête et bon.
Les hommes présentent, à des degrés très divers, des dispositions bonnes ou mauvaises à l'égard de la vérité.
D'ailleurs, la bonne terre qui produit du fruit a déjà subi une préparation par le labourage, l'engrais, etc. avant les semailles.
Ainsi il y a toute une œuvre prévenante de la grâce de Dieu qui éclaire une âme sur ses besoins, sa pauvreté, la rend humble, sincère, altérée de justice et de lumière, et la prépare pour le moment où l'Evangile lui sera annoncé.
v. 16-18 · Godet · 18/10/2026
Cette conclusion est un avertissement donné aux disciples. Bleek n'aperçoit aucune liaison entre ces paroles et ce qui précède. Mais le flambeau que quelqu'un allume peut-il représenter ici autre chose que la vérité sur le royaume divin, que Jésus fait briller dans le cœur de ses auditeurs par la parabole et l'explication qu'il en a donnée ? Cette lumière, il ne l'allume pas en eux pour qu'ils la gardent pour eux, mais pour qu'ils la répandent dans le monde ; comp. Marc.4.21-25. Le λύχνος désigne la soucoupe remplie d'huile et pourvue d'une mèche, qui est le moyen d'éclairage ordinaire en Orient. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Marc Marc 4.21,22, (notes), aussi bien que Luc, place ces avertissements à la suite de la parabole du semeur, et les mots : Prenez garde comment vous écoutez , ne laissent aucun doute sur le rapport qu'il y a entre ces deux instructions.
La lumière que Jésus apporte à ses disciples par ses enseignements ne doit pas être mise sous un vase, ni sous un lit (divan sur lequel on se couchait à demi pour prendre le repas), mais doit resplendir dans le monde.
Jésus emploie fréquemment cette image dans des applications diverses. (Luc 11.33 ; Matthieu 5.15 ; Marc 4.21) Il en est de même de la déclaration du verset 17. (Luc 12.2 ; Matthieu 10.26,27,note) (Marc 4.22, note.) […]
19 Or sa mère et ses frères vinrent auprès de lui ; et ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule. 20 Et cela lui fut rapporté par [quelques-uns] qui disaient : Ta mère et tes frères se tiennent dehors, désirant te voir. 21 Mais lui, répondant, leur dit : Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après B, D, il faudrait traduire : "Or sa mère vint vers lui avec ses frères." (Voir Marc 3., note.)
v. 19-21 · Godet · 18/10/2026
Verset 20. Le mot dehors pourrait fort bien signifier ici : « hors du cercle qui entourait Jésus. » Mais Marc parle en toute lettre à cette occasion de la maison où il recevait l'hospitalité (v. 20 et 21) et d'une grande foule « qui était là assise autour de lui » (v. 32 et 34). - Par les frères de Jésus faut-il entendre des frères aînés de Jésus, nés d'un premier mariage de Joseph, ainsi que le dit une très antique tradition ? Ou bien des cousins-germains de Jésus, enfants de Clopas, le frère de Joseph, et élevés dans la maison de leur oncle et de leur tante, Joseph et Marie, comme on l'a admis depuis Jérôme ? Ou enfin tout simplement des fils de Joseph et de Marie, cadets de Jésus ? […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce récit, Matthieu 12.46-50, notes ; Marc 3.31-35, notes.
Ce dernier évangéliste est le seul qui motive cette visite de la mère et des frères de Jésus et qui en indique la vraie signification, au verset 21 du même chapitre.
22 Et il arriva, l’un de ces jours, qu’il monta dans un bateau, et ses disciples [avec lui]. Et il leur dit : Passons à l’autre rive du lac. Et ils prirent le large. 23 Et comme ils voguaient, il s’endormit ; et un vent impétueux fondit sur le lac, et [le bateau] s’emplissaitg 23g litt. : ils s’emplissaient. , et ils étaient en péril. 24 Et ils vinrent et le réveillèrent, disant : Maître, maîtreh 24h celui qui est au-dessus des autres. , nous périssons ! Et lui, s’étant levé, reprit le vent et les flots ; et ils s’apaisèrent, et il se fit un calme. 25 Et il leur dit : Où est votre foi ? Mais eux, saisis de crainte, étaient dans l’étonnement, disant entre eux : Qui donc est celui-ci, qui commande même aux vents et à l’eau, et ils lui obéissent ?
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
22 à 25
Jésus apaise une tempète.
Voir, sur ce récit, Matthieu 8.23-27, notes ; Marc 4.35-41, notes.
- D'après Matthieu et Marc, (Marc 4.35) c'était au soir d'une journée que Jésus avait passée à enseigner les foules et à opérer de nombreuses guérisons. (Matthieu 8.16)
Luc indique d'une manière moins précise le moment de ce départ : il arriva un jour . Mais chez lui, comme chez Matthieu et chez Marc, l'apaisement de la tempête fait partie d'une série de récits, la même dans les trois évangiles, qui comprend la guérison du démoniaque, (verset 26 et suivants) la guérison d'une femme malade, (verset 43 et suivants) la résurrection de la fille de Jaïrus. (verset 41 et suivants) […]
v. 22-23 · Godet · 18/10/2026
Remarquez le cachet entièrement hébraïque des premiers mots (vajehi, hajom, vajéred… vajjomer… ). Et Luc aurait pour source l'un des deux autres qui ne présentent rien de semblable ! D'après le récit de Matthieu.8.18, cette excursion aurait eu lieu le soir du jour où fut prononcé le sermon sur la montagne. Mais ne s'était-il pas passé trop de choses en ce jour-là, d'après Matthieu lui-même, pour une seule journée ? Comp. Matth.8. Marc, (Marc.4.35) place ce départ le soir du jour où Jésus raconta la parabole du semeur ; cette date est plus vraisemblable. Celle de Luc, plus vague : en un de ces jours-là, ne la contredit point. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : et un tourbillon de vent descendit (des gorges de la montagne) sur le lac, et ils s'emplissaient (d'eau, métonymie par laquelle les navigateurs sont mis au lieu de la barque).
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette exclamation des disciples. Marc 4.38 note.
v. 24-25 · Godet · 18/10/2026
Le v. 24 retrace l'un des spectacles les plus sublimes que la terre ait contemplés : l'homme, calme en Dieu, dominant, par l'union entière de sa volonté avec celle du Tout-Puissant, le déchaînement des forces aveugles de la nature. Luc dit selon son habitude : ἐπιστάτα ; Marc : διδάσκαλε ; Matthieu : κύριε. - Le terme ἐπετίμησε, littéralement tança, fait allusion au caractère hostile de cette puissance dans sa manifestation actuelle. Jésus s'adresse non seulement au vent, mais à l'eau ; car l'agitation des flots (κλύδων) persiste encore après que l'ouragan est calmé.
Dans Marc et Luc, Jésus commence par sauver, puis il réprimande. Dans Matthieu, c'est le contraire. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette question qui étonne au premier abord, Matthieu 8.26, note ; Marc 4.40, note.
- La faible foi des disciples grandit à la vue de ce miracle même, car ils sont remplis d'admiration pour Celui qui commande à la nature, et elle lui obéit ! (verset 25)
26 Et ils abordèrent dans le pays des Gadaréniens, qui est vis-à-vis de la Galilée. 27 Et quand il fut descendu à terre, un homme de la ville vint à sa rencontre, qui depuis longtemps avait des démons, et ne portait pas de vêtements, et ne demeurait pas dans une maison, mais dans les sépulcres. 28 Et ayant aperçu Jésus, et s’étant écrié, il se jeta devant lui, et dit à haute voix : Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-haut ? Je te supplie, ne me tourmente pas. 29 Car [Jésus] avait commandé à l’esprit immonde de sortir de l’homme ; car depuis longtemps il s’était saisi de lui, et [l’homme] avait été lié et gardé dans les chaînes et avec les fers aux pieds ; et brisant ses liens, il était emporté par le démon dans les déserts. 30 Et Jésus lui demanda, disant : Quel est ton nom ? Et il dit : Légion ; car beaucoup de démons étaient entrés en lui. 31 Et ils le priaienti 31i ou : il le priait. pour qu’il ne leur commande pas de s’en aller dans l’abîme. 32 Et il y avait là un grand troupeau de pourceaux paissant sur la montagne, et ils le priaient de leur permettre d’entrer en eux ; et il le leur permit. 33 Et les démons, sortant de l’homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se rua du haut de la côte dans le lac, et fut étouffé. 34 Et ceux qui le paissaient, voyant ce qui était arrivé, s’enfuirent, et le racontèrent dans la ville et dans les campagnes. 35 Et ils sortirent pour voir ce qui était arrivé, et vinrent vers Jésus, et trouvèrent assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus, l’homme duquel les démons étaient sortis ; et ils eurent peur. 36 Et ceux qui avaient vu [ce qui s’était passé], leur racontèrent aussi comment le démoniaque avait été délivré. 37 Et toute la multitude du pays environnant des Gadaréniens, pria Jésusj 37j litt. : le pria. de s’en aller de chez eux, car ils étaient saisis d’une grande frayeur : et lui, étant monté dans le bateau, s’en retourna. 38 Et l’homme duquel les démons étaient sortis, le supplia [de lui permettre] d’être avec lui ; mais il le renvoya, disant : 39 Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu t’a fait. Et il s’en alla, publiant par toute la ville tout ce que Jésus lui avait fait.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
26 à 39
Guérison du démonique de Gadara.
Voir, sur cette guérison d'un démoniaque, Matthieu 8.28-34, notes et Marc 5.1-20, notes.
- Il est presque impossible de fixer la vraie leçon de ce nom propre qui, suivant les manuscrits, varie entre Gadaréniens (texte reçu, A, majuscules), Gergéséniens , (Sin., version égypt.) et Geraséniens (B, D, Itala). Voir Matthieu 8.28,note.
v. 26-27 · Godet · 18/10/2026
Les trois leçons, relatives au nom des habitants, se retrouvent aussi chez les deux autres synoptiques, quoique avec une répartition un peu différente des autorités[1]. Epiphane mentionne déjà les formes suivantes : Γεργεσηνῶν chez Marc et Luc (mais il est probable que, quant à Luc, il faut lire chez ce Père Γερασηνῶν) ; Γαδαρηνῶν chez Matthieu (Γεργεσαίων, dans quelques manuscrits). D'un passage d'Origène (ad Joh. T. VI, c. 24) il paraît résulter que la leçon la plus répandue de son temps était Γερασηνῶν, que la leçon Γαδαρηνῶν ne se lisait que dans un petit nombre de manuscrits, et que Γεργεσηνῶν n'est qu'une conjecture de sa part. […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Sin., B portent : "un homme...ayant des démons ; et depuis un long temps , il ne revêtait point d'habit."
- Le texte reçu parait avoir conservé la leçon originale.
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
C'est ici l'un des plus grands périls qu'ait sans doute courus Jésus durant sa vie ; il est en face d'une force brutale sans contrôle. Mais la vue de son calme parfait, de sa majesté sainte et de la compassion profonde qui s'exprime dans son regard imposent à ce forcené ; le sentiment du contraste réveille même chez lui celui de sa dégradation morale. Il se sent à la fois attiré et repoussé par cet homme qui le tient sous la puissance de son regard souverain. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
B et quelques majuscules portent : Car il commanda ou avait commandé à l'esprit impur. Sin., A, C et la plupart des majuscules ont ce verbe à l'imparfait, commandait (dans Marc, il lui disait ), ce qui indique une action répétée, prolongée.
Le démon n'obéit pas aux premiers ordres de Jésus, mais en fut exaspéré. De là son cri et sa supplication. (verset 28)
L'Evangile accumule les détails relatifs à la condition physique et morale de ce malheureux, dans l'intention, sans doute, de faire ressortir la difficulté que présentait sa guérison. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces derniers mots sont une remarque de l'évangéliste destinée à expliquer ce terme de légion .
Dans Marc, (Marc 5.9) c'est le démoniaque lui-même qui dit : "Car nous sommes plusieurs." (Voir la note.)
De là aussi l'expression de Luc : (verset 27) qui avait des démons .
v. 30-31 · Godet · 18/10/2026
Dans cette prière, la victime se faisait involontairement l'avocat de son bourreau. Jésus veut rompre cette monstrueuse solidarité : il demande au malade son nom. Rien comme une question parfaitement calme, n'est propre à ramener à lui-même un forcené. Mais surtout il n'y a pas de moyen plus efficace de réveiller, chez l'homme qui n'a plus la conscience de lui-même, le sentiment de sa personnalité, que de lui rappeler et de lui faire redire son nom. Notre nom n'est-il pas l'expression de notre caractère et le sommaire de notre histoire ? Tous les souvenirs de notre passé se réveillent en l'entendant, surtout quand nous le prononçons nous-mêmes. […]
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer ces mots au pluriel ils le priaient, leur commander. Ce sont donc les démons qui parlent. L'abîme où les démons redoutent de retourner parait être le lieu où ils sont retenus et punis. (Apocalypse 9.1,2,11 ; 11.7 etc. ; comparez 2Pierre 2.4 ; Jude 1.13)
Marc (Marc 5.10, note) leur attribue cette demande : "de ne pas les envoyer hors de la contrée."
Cette différence montre, comme beaucoup d'autres, la complète indépendance des évangélistes les uns à l'égard des autres.
v. 32-33 · Godet · 18/10/2026
Marc dit : « de ne pas les renvoyer hors de la contrée ; » ce qui peut signifier : au désert, où les esprits impurs non captifs étaient censés habiter, ou : dans l'abîme, d'où ils étaient sortis pour habiter momentanément sur la terre. La suite montrera qu'il faut préférer le second sens. - Jésus ne répond pas à cette prière. L'on envisage ordinairement ce silence comme une réponse affirmative. Mais le silence de Jésus signifie tout simplement qu'il persiste dans l'ordre qu'il vient de donner. Quand il veut répondre affirmativement, comme à la fin du v. 32, il le fait nettement. […]
v. 34-37 · Godet · 18/10/2026
L'effet produit d'abord sur les gens de la contrée (34-37), puis sur le malade (38-39). - Les propriétaires du troupeau habitaient la ville et les campagnes environnantes. Ils viennent se convaincre par leurs propres yeux de la catastrophe que les gardiens leur avaient, annoncée. En arrivant, ils sont témoins d'un spectacle qui les saisit profondément. Le démoniaque était connu dans toute la contrée, et il était pour elle un objet de terreur. Ils le trouvent calme et rendu à lui-même. Un tel miracle leur révèle la puissance de Dieu et réveille leur conscience. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : sauvé . Voir, sur toute cette scène, Marc 5.12-15, notes. Cet évangéliste la raconte avec les mêmes détails que Luc.
v. 38-39 · Godet · 18/10/2026
Le malade guéri sentait son existence morale comme liée à la personne de Jésus ; il tremble d'être séparé de lui ; car il craint une rechute. Jésus, qui était déjà dans la barque (Marc), n'agrée point cette demande. En Galilée, où il fallait se garder d'accroître l'effervescence populaire, il interdisait, aux malades de publier leur guérison. Mais dans cette contrée reculée, si rarement visitée par lui et qu'il devait si brusquement quitter, il avait besoin d'un missionnaire qui rendit témoignage de la grandeur de l'œuvre messianique que Dieu accomplissait en ce moment pour son peuple. […]
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Marc ajoute ici : "et comment il a eu pitié de toi." Quant aux motifs du refus que Jésus fait à cet homme de le suivre, et à l'ordre qu'il lui donne, voir Marc 5.19, note.
Au lieu de : par toute la ville , Marc dit plus exactement : dans la Décapole . (Voir, sur ce nom, Matthieu 4.25, note.)
Il faut remarquer la différence entre l'ordre donné : "Raconte les choses que Dieu t'a faites," et son exécution : "il publia les choses que Jésus lui avait faites."
-"Jésus rapporte tout à Dieu, mais le malade ne saurait oublier l'instrument." Godet.
40 Et quand Jésus fut de retour, il arriva que la foule l’accueillit, car tous l’attendaient. 41 Et voici, un homme dont le nom était Jaïrus, – et il était chef de la synagogue, – vint, et se jetant aux pieds de Jésus, le supplia de venir dans sa maison, 42 car il avait une fille unique, d’environ douze ans, et elle se mourait. Et comme il s’en allait, les foules le serraient. 43 – Et une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans, et qui, ayant dépensé tout son bien en médecins, n’avait pu être guérie par aucun, 44 s’approcha par-derrière et toucha le bord de son vêtement ; et à l’instant sa perte de sang s’arrêta. 45 Et Jésus dit : Qui est-ce qui m’a touché ? Et comme tous niaient, Pierre dit, et ceux qui étaient avec lui : Maître k 45k celui qui est au-dessus des autres., les foules te serrent et te pressent, et tu dis : Qui est-ce qui m’a touché ? 46 Et Jésus dit : Quelqu’un m’a touché, car je sais qu’il est sorti de moi de la puissance. 47 Et la femme, voyant qu’elle n’était pas cachée, vint en tremblant, et, se jetant devant lui, déclara devant tout le peuple pour quelle raison elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie instantanément. 48 Et il lui dit : Aie bon courage l 48l qqs. omettent : Aie bon courage., [ma] fille ; ta foi t’a guérie m 48m litt. : sauvée. ; va-t’en en paix. 49 – Comme il parlait encore, il vient quelqu’un de chez le chef de synagogue, lui disant : Ta fille est morte, ne tourmente pas le maîtren 49n celui qui enseigne. . 50 Et Jésus, l’ayant entendu, lui répondit, disant : Ne crains pas, crois seulement, et elle sera sauvée. 51 Et quand il fut arrivé à la maison, il ne permit à personne d’entrer, sinon à Pierre et à Jean et à Jacques, et au père de la jeune fille et à la mère. 52 Et tous pleuraient et se lamentaient sur elle ; et il leur dit : Ne pleurez pas, car elle n’est pas morte, mais elle dort. 53 Et ils se riaient de lui, sachant qu’elle était morte. 54 Mais lui, les ayant tous mis dehors, et l’ayant prise par la main, cria, disant : Jeune fille, lève-toi. 55 Et son esprit retourna [en elle], et elle se leva immédiatement ; et il commanda qu’on lui donne à manger. 56 Et ses parents étaient hors d’eux ; et il leur enjoignit de ne dire à personne ce qui était arrivé.
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
40 à 56
Résurrection de la fille de Jaïrus. Guérison d'une femme malade.
La foule , que Jésus avait laissée sur le rivage, s'était rassemblée de nouveau, dès qu'elle avait pu espérer son retour. (Marc 5.21)
Elle l'accueillit avec empressement, comme le fait sentir cette remarque de Luc : car tous l'attendaient .
Jésus, qui venait d'opérer une guérison difficile, trouve de nouveaux labeurs, d'autres délivrances à accomplir. Voir, sur les deux miracles qui suivent, Matthieu 9.18-26, notes, et Marc 5.21-43, notes.
v. 40-42 · Godet · 18/10/2026
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Le terme ἀποδέχεσθαι indique un accueil plein d'empressement. - Marc et Luc (v. 42) mentionnent l'âge de la jeune fille, qu'omet Matthieu. - Le trait : fille unique, qu'ajoute Luc, fait mieux comprendre la détresse du père. La critique ne manque pas de tirer des conclusions de ce que le même trait se trouve déjà 7.12. Comme s'il ne pouvait pas se trouver un fils et une fille uniques simultanément en Israël ! D'après Marc et Luc, la jeune fille se mourait. Dans Matthieu, elle est déjà morte. Cet évangéliste raconte, ici comme toujours, sommairement ; il réunit en une seule venue l'arrivée du père et celle du messager qui vient plus tard annoncer la mort. C'est le même procédé que nous avons déjà remarqué dans le récit de la guérison du serviteur du centenier. Ce qui seul importe à ses yeux, c'est le fait du miracle et les paroles dont Jésus l'a accompagné.
Versets 43 à 48 : L'interruption.
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer ce verbe à l'imparfait, qui exprime exactement le mot du père dans Marc : "Ma petite fille est à l'extrémité ."
D'après Matthieu qui, selon sa coutume d'abréger, réunit en un seul trait la prière du père et le message qu'il reçut ensuite, la jeune fille aurait été déjà morte.
- Marc et Luc nous font connaître l'âge de cette enfant, et ce dernier nous apprend qu'elle était fille unique , circonstance qui rendait plus cruelle la détresse du père.
Grec : les foules l'étouffaient . Marc (Marc 5.24) emploie une expression également énergique : "elles le foulaient ." (Comparer verset 45)
v. 43-44 · Godet · 18/10/2026
La préposition πρός dans προσαναλώσασα signifie qu'en outre de ces longues souffrances, elle se trouvait maintenant sans ressources. - Marc fait, ressortir avec un peu plus de force le mal que lui avaient fait les médecins. Hitzig et Holtzmann prétendent que Luc, médecin lui-même, a atténué, avec intention, ces détails du Proto-Marc ! Nous retrouvons simplement ici la prolixité ordinaire de Marc. - Le mal dont souffrait cette femme la rendait lévitiquement impure ; de là son désir d'obtenir cette guérison furtivement et sans avoir à déclarer publiquement sa maladie. […]
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Le bord inférieur ou probablement dans un sens plus précis, la frange ou la houppe que la loi ordonnait aux Israélites de porter aux quatre coins de leur vêtement de dessus. (Nombres 15.38 ; Deutéronome 22.12)
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : te foulent , c'est-à-dire : "te pressent jusqu'à t'écraser."
- La pensée de Pierre est suffisamment exprimée en ces termes. Le texte reçu la complète en ajoutant : "et tu dis : Qui est-ce qui m'a touché ?" Ces mots omis par Sin., B sont probablement empruntés à Marc.
v. 45-48 · Godet · 18/10/2026
Jésus ne reste pas inconscient de la vertu qui émane de lui. Il faut remarquer qu'il ne dit pas : « Qui m'a touché ? » Mais : « . Qui est celui qui m'a touché ? » comprenant bien, à ce qui s'est passé en lui, que cet attouchement a été un acte personnel accompli avec réflexion ; c'est au reste ce qu'implique le mot ἅπτεσθαι, proprement palper. - Si Jésus trouva bon de se livrer à cette espèce d'enquête, c'est que, comme le développe très bien Riggenbach (Leben Jesu, p. 442), il avait compris qu'à la foi du malade inconnu se joignait un alliage de superstition dont il fallait la purifier, et il devait pour cela connaître l'auteur du fait. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après le récit de Marc et de Luc, la malade a été guérie par le simple attouchement des vêtements de Jésus (verset 44) et sans une action consciente et voulue du Sauveur, qui pourtant a senti qu'une puissance ou une force salutaire était sortie de lui.
Marc (Marc 5.30) mentionne seulement l'impression que Jésus avait eue. D'après Luc, Jésus aurait énoncé cette impression et réfuté ainsi plus péremptoirement l'objection des disciples.
- La nature spéciale de ce miracle a été pour plusieurs interprètes une pierre d'achoppement. Voir, à ce sujet, Marc 5.30, note.
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
A tous ces termes, qui exprimaient la tendre compassion du Sauveur et étaient propres à consoler la femme, le texte reçu ajoute après : Ma fille, ce mot : prends courage qui est omis par Sin., B, D, et a été emprunté à Matthieu.
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu omet davantage . Ce mot se lit dans Sin., B, D, et exprime une idée nécessaire. Marc emploie un terme équivalent.
v. 49-50 · Godet · 18/10/2026
On peut se représenter ce que ce retard avait eu de pénible pour le père de l'enfant. Le message qu'il reçoit en ce moment, achève de le réduire au désespoir. Matthieu, dans son récit très sommaire, omet toutes ces phases, et les interprètes qui, comme de Wette, Keim, etc., prétendent faire de cet évangile la source des deux autres, sont obligés de ne voir dans les détails de Marc et de Luc que des enjolivements de leur invention ! Le présent πίστευε dans la leçon reçue signifie : « Persévère dans la foi que tu as montrée ; ne faiblis pas ! » Les alex. lisent πιστεῦσον : « Fais acte de foi ! Un dernier effort en face de l'obstacle ! » Cette seconde leçon est plus conforme à la position de μόνον, seulement, devant le verbe. L'autre est peut-être due à Marc.
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : "Et entrant dans la maison, il ne laissa entrer personne, sinon ;" par où il faudrait entendre qu'il interdit aux autres l'entrée même de la maison, ce qui supposerait que la mère de l'enfant était elle aussi venue à sa rencontre dans la rue.
Avec la leçon de Sin., A, B, C, majuscules, la situation est la suivante : Jésus étant arrivé dans la maison , ne laisse entrer dans la chambre mortuaire que les trois disciples et les parents de l'enfant.
v. 51-53 · Godet · 18/10/2026
Il faut sans le moindre doute lire ἐλθών, (étant arrivé ) ; au lieu d'εἰσελθων, entrant, que lit le T. R. ; les documents sont décisifs, et le contexte également ; ce mot en effet ne peut se rapporter au moment de l'entrée dans la maison ; car cela supposerait que la mère se trouvait dans la rue, ce qui est impossible. Cette leçon est provenue de Marc.5.37 où est raconté le renvoi des autres disciples et de la foule immédiatement avant l'entrée dans la maison. - Le εἰσελθεῖν, entrer, qui suit, se rapporte à l'entrée dans la chambre mortuaire. […]
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
Si l'évangéliste avait voulu raconter, non une mort réelle, mais une simple léthargie, comme on l'a conclu, à tort, de la parole de Jésus, (verset 52) il aurait dit : croyant que , et non sachant que .
v. 54 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu commence ce verset par ces mots : "Mais lui, les ayant tous fait sortir ," qui, omis dans Sin., B, D sont empruntés au récit de Matthieu.
Jésus emploie deux moyens pour rappeler à la vie cette enfant : l'attouchement et la parole (grec il éleva la voix, disant ).
L'un et l'autre étaient nécessaires. De pareils détails prouvent que les sources où Luc puisait provenaient de témoins oculaires. Marc, (Marc 5.41-43) qui tient ses renseignements de Pierre, raconte le fait d'une manière plus circonstanciée encore. (Voir les notes.)
v. 54-56 · Godet · 18/10/2026
Les mots : les ayant tous mis dehors et, dans le T. R., sont une glose tirée de Marc et Matthieu. Les copistes avaient appliqué à tort le mot entrer (εἰσελθεῖν), Luc v. 51, à l'entrée de Jésus dans la maison. On a donc cru devoir suppléer ici ce qui paraissait omis par Luc, le récit de ce qui s'était passé à l'entrée de la chambre mortuaire ; probablement on le fit en marge d'abord ; puis l'annotation fut importée dans le texte. - L'ordre de donner à manger à l'enfant (v. 55) est rapporté par Luc seul. Il fait ressortir le calme parfait du Seigneur en face de l'œuvre la plus prodigieuse. […]
v. 55 · Bible annotée · 18/10/2026
Luc caractérise par ces termes, qui lui sont propres, la résurrection de l'enfant. La mort est la séparation de l'esprit et du corps ; Jésus, par sa parole puissante, rappelle cet esprit, et l'enfant revit. (Comparer Actes 20.10)
v. 56 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur l'ordre que Jésus donne souvent de ne pas publier ses miracles, Matthieu 8.4 ; comparez Marc 7.36 ; 8.26.
-"Le récit de ce double miracle porte, à chaque trait, le sceau de la vérité, de la simplicité et de la grandeur. Cette angoisse du père et cette timidité craintive de la femme ; cette agitation du peuple et cette tranquillité majestueuse du Seigneur ; cet étonnement des disciples et cette déclaration positive et réitérée : Quelqu'un m'a touché ; ce rire incrédule des uns (verset 53) et cette explosion de douleur chez les autres ; (verset 52) cette majesté qui commande à la mort, et ce soin d'en cacher les effets miraculeux, tout cela forme un tableau inimitable d'une vivante réalité historique."Oosterzee.