1 Or il arriva, comme la foule se jetait sur lui pour entendre la parole de Dieu , qu’il se tenait sur le bord du lac de Génésareth. 2 Et il vit deux bateaux qui étaient au bord du lac. Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 3 Et montant dans l’un des bateaux qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre ; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus le bateau. 4 Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche. 5 Et Simon, répondant, lui dit : Maîtrea 5a celui qui est au-dessus des autres. , nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole je lâcherai le filet. 6 Et ayant fait cela, ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. 7 Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre bateau de venir les aider ; et ils vinrent et remplirent les deux bateaux, de sorte qu’ils enfonçaient. 8 Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus, disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. 9 Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la prise de poissons qu’ils venaient de faire ; 10 de même que Jacques et Jean aussi, fils de Zébédée, qui étaient associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes. 11 Et ayant mené les bateaux à terre, ils quittèrent tout et le suivirent.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Premiers disciples et premiers opposants. Chapitre 5. 1 à 11
Vocation des premiers disciples.
v. 1-3 · Godet · 18/10/2026
L'A. T. parle quelquefois de la mer de Kinnéreth (Nomb.34.11 ; Deut.3.17). C'était aussi le nom d'une ville située dans cette contrée (Josué.19.35). C'est peut-être de ce nom qu'est venu celui de Génézareth donné ici, ainsi que dans Josèphe (Bell. Jud. III, 10, 7), à la mer de Galilée ou de Tibériade (comme l'appellent Matthieu.4.18 et Jean.6.1 ; 21.1). Ce nom de Génézareth était aussi celui de la plaine admirable qui borde la rive occidentale du lac sur une longueur d'une lieue environ. Ce nom peut signifier jardin des princes, ou jardin de la richesse. On aura peut-être modifié ainsi avec intention le nom cananéen primitif de Kinnéreth. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Matthieu 4.18-22 ; Marc 1.14-20.
- Luc n'établit pas de lien chronologique entre le fait qu'il va raconter et ceux qui précèdent. Jésus était au bord du lac de Génézareth ; (comparez Matthieu 4.18, note) la foule le pressait et écoutait . (Le texte reçu, avec C. D, Itala, version syr., porte : pour écouter .)
Il monta sur une barque qui se trouvait là et qui était à Simon ; il le pria de s'éloigner à une petite distance du rivage, de manière à pouvoir être vu et entendu de toute la foule assemblée.
Et de la barque (Sin., D, portent : "assis dans la barque"), dont il fait sa chaire, il annonce la parole divine. (Voir sur une scène toute semblable Matthieu 13.2, note.)
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
L'ordre : avance en pleine eau (au singulier) s'adresse à Simon, patron de la barque sur laquelle se trouvait Jésus, et que l'événement qui va suivre concernait en première ligne.
Les mots : jeter vos filets , s'adressent aux autres pêcheurs qui étaient avec lui (versets 2,9) et qui auront aussi leur part dans l'action symbolique qui va s'accomplir.
Il n'y a pas de doute, en effet, que ce récit ne rapporte le même fait que celui de Matthieu (Matthieu 4.18-22) et celui de Marc, (Marc 1.16-20, voir les notes) c'est-à-dire qu'il ne renferme la vocation des premiers disciples de Jésus.
Seulement, les deux premiers évangélistes ne font que rapporter brièvement le fait de la vocation, tandis que Luc raconte le miracle qui devait symboliser d'une manière saisissante cette parole de Jésus : "Je vous ferai pêcheurs d'hommes." (Luc 5.10 ; Matthieu 4.19 ; Marc 1.17)
v. 4-5 · Godet · 18/10/2026
La 2de du singulier avance s'adresse à Pierre seul, comme chef de l'embarcation ; la 2de du pluriel lâchez est un ordre donné à tous. La nuit étant le moment le plus favorable pour la pêche, le raisonnement de Pierre était naturel ; mais la foi part d'autres prémisses que la raison : Sur ton ordre ! - Le terme ἐπιστάτης, préposé, est plus général que ῥαββί ou διδάσκαλος ; il se rapporte à une surveillance quelconque. Luc l'emploie volontiers.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Variante de Sin., B. D : les filets ; de même au verset suivant.
- La nuit était le temps favorable à la pêche ; après un travail inutile, ces hommes avaient renoncé à la poursuivre de jour ; mais Pierre, dont la foi naissante avait sans doute été fortifiée par le discours qu'il venait d'entendre, (verset 3) n'hésite pas à obéir, se confiant en la parole de Jésus.
- Le titre qu'il lui donne, et que nous traduisons par Maître , signifie en général préposé, surveillant. Ce terme ne se trouve que dans l'évangile de Luc.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Commençait à se rompre , à se déchirer.
v. 6-7 · Godet · 18/10/2026
Ce prodige n'était pas sans doute un acte de création, mais de connaissance. Jésus pouvait savoir que cet immense banc de poissons se trouvait en cet endroit. Il peut aussi par un acte de volonté avoir amené ce résultat que les circonstances physiques produisent fréquemment[1]. Le mot κατένευσαν est un détail pris sur le fait : la voix ne suffisait pas. - Le terme μέτοχοι n'indique encore que la participation au même métier ; nous en trouverons un plus précis au v. 10. - D'après les deux autres synoptiques, Jacques et Jean raccommodaient leurs filets ; Luc ne renferme rien de contraire.
Notes
[1] Tristram, The natural history of the Bibel, p. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Il est évident, par les termes de ce récit et surtout par l'impression profonde qu'en reçut Pierre, (verset 8) que l'évangéliste croit à une action miraculeuse du Sauveur.
En mainte occasion, Jésus commande en maître à la nature.
Cependant il n'est pas probable que, dans cette circonstance, le miracle fut un acte créateur. Il consista plutôt dans la connaissance que Jésus eut de la présence d'un banc considérable de poissons, au moment et à l'endroit où il ordonna aux disciples de jeter le filet.
Ce phénomène est très fréquent, au dire des voyageurs, dans la mer de Galilée ; il se rencontre aussi dans les lacs de la Suisse.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Le verset suivant explique l'action et l'exclamation de Pierre. Il voit dans cette pêche miraculeuse une manifestation de la présence et de la puissance divines, qui fait un contraste douloureux avec sa conscience d'homme pécheur . (Comparer Luc 7.6)
Comme expression d'une profonde humilité, ces paroles sont d'une vérité saisissante ; mais une connaissance plus complète de la grâce que Jésus apportait, aurait amené le disciple à une conclusion tout opposée : "Seigneur, je suis pécheur, viens à moi, sauve-moi !"
v. 8-9 · Godet · 18/10/2026
Chaque fois que la puissance divine sort de l'abstraction et tombe pour nous dans le domaine des faits, elle réveille le sentiment du péché et par conséquent de la crainte. Le mot sors ne signifie pas précisément : sors de la barque, mais : sors de mon voisinage immédiat. A l'expression plus familière de Maître (v. 5), Pierre substitue ici celle de Seigneur qui répond mieux à l'émotion religieuse dont il est saisi. - Le mot ἀνήρ, un homme, accentue la notion de l'individualité. Si on lit ὧν avec le Vatic. le mot ἄγρα, la prise, doit être compris dans le sens actif qu'il a au v. 4 ; mais si on lit ἧ avec la plupart, ce substantif doit être pris dans le sens passif qu'a aussi quelquefois notre mot prise. Le terme μέτοχος, associé, indique une entreprise commune.
Versets 10b et 11 : La vocation.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Luc distingue d'une part ceux qui étaient avec lui (Pierre) dans sa barque, et d'autre part ses compagnons ou associés, les fils de Zébédée , qui étaient dans l'autre barque. (verset 7)
Tous avaient reçu la même impression d'une frayeur religieuse.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : désormais tu prendras vivants (terme de chasse ou de pêche) des hommes .
Ces paroles si caractéristiques, adressées à des pêcheurs, expriment toute la pensée de notre récit. Prendre, saisir du milieu du monde, par la prédication de l'Evangile, des âmes vivantes, et les amener dans le royaume de Dieu, telle sera la belle et sainte vocation des disciples.
Dans Matthieu (Matthieu 4.19) et Marc, (Marc 1.17) Jésus se contente de leur conférer ce grand privilège en paroles ; ici, il le leur révèle en action.
- Et cet enseignement par lequel Jésus voulait inspirer a Pierre la foi en sa vocation apostolique, il le renouvellera plus tard, (Jean 21.3 et suivants) afin de lui rendre la confiance qu'il aura perdue par sa chute. C'est donc arbitrairement qu'on prétend identifier ces deux événements, en accusant les évangélistes de les avoir confondus.
v. 10-11 · Godet · 18/10/2026
Si Jésus n'adresse cet appel qu'à Pierre, c'est qu'il ne fait que continuer l'entretien commencé. Il serait aussi faux de prétendre que Luc a voulu le restreindre au seul Simon qu'il le serait de soutenir que le : Avance en pleine eau, n'était valable que pour lui. Le résultat décrit au v. 11 montre bien que moralement Jésus s'adressait à tous. D'après Matthieu et Marc, la vocation est expressément adressée aux quatre disciples. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces disciples avaient déjà fait une première connaissance avec Jésus et avaient même travaillé sous sa direction (Jean 1.35 et suivants ; comparez Luc 3.22 ; 4.2), mais revenus en Galilée, ils étaient retournés à leurs occupations ordinaires : (verset 5) maintenant ils les abandonnent pour consacrer leur vie au Sauveur. (Matthieu 4.20)
C'est ainsi que Jésus fonda en fait et en droit le ministère de la Parole.
12 Et il arriva, comme il était dans une des villes, que voici un homme plein de lèpre ; et voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia, disant : Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. 13 Et étendant la main, il le toucha, disant : Je veux, sois net. Et aussitôt la lèpre se retira de lui. 14 Et il lui commanda de ne le dire à personne : mais va et montre-toi au sacrificateur, et offre pour ta purification selon ce que Moïse a ordonné, pour que cela leur serve de témoignage. 15 Et sa renommée se répandait de plus en plus ; et de grandes foules s’assemblèrent pour l’entendre et pour être guéries de leurs infirmités ; 16 mais lui, se tenait retiré dans les déserts et priait.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
12 à 36
Guérison d'un lépreux et d'un paralytique
Une des villes , sous-entendu : de la Galilée. Il s'agit d'une des "autres villes" mentionnées Luc 4.43. Comparer ci-dessous verset 17, note.
Grec : plein de lèpre , expression qui indique le plus haut degré dans cette maladie incurable et mortelle. La phrase sans verbe dépeint la surprise causée par l'arrivée inattendue du lépreux : il violait les ordonnances en pénétrant dans la ville et en s'approchant de Jésus.
- Voir, sur cette guérison, Matthieu 8.1-4, notes ; Comparer Marc 1.40-44, notes.
Matthieu place ce récit immédiatement après le sermon sur la montagne, en en indiquant avec précision le temps et le lieu.
Luc l'intercale ici sans aucune détermination pareille.
v. 12-13 · Godet · 18/10/2026
La phrase est absolument hébraïque (Vajehi… vehinné… ). Rien de semblable dans les deux autres. Marc : « Un lépreux vient. » Matthieu : « Et voici un lépreux venant se prosterne. » Et Luc copierait son récit de l'un d'eux et y introduirait ce préambule hébraïque pour des lecteurs grecs ! - La phrase de Luc décrit bien la surprise causée par cette arrivée subite et effrayante. Pas de verbe ! Cet homme est là sans qu'on l'ait vu arriver. C'est une surprise ; il a violé les prescriptions légales. - Il est rempli de lèpre, c'est-à-dire que le mal est déjà arrivé à un degré très avancé. Son visage est d'une blancheur livide. […]
v. 14 · Godet · 18/10/2026
Le récit de Marc a conservé d'une manière beaucoup plus pittoresque le ton sévère et même menaçant avec lequel furent donnés cet ordre et cette défense. Weiss et Holtzmann ont conclu du terme ἐξέβαλεν, il le poussa dehors, dans cet évangile, que la scène se passait dans une synagogue ou dans une maison. Mais l'emploi du terme ἐξέβαλλειν Marc.1.12 (où il s'agit de l'impulsion de l'Esprit chassant Jésus au désert), montre que cette conclusion est mal fondée ; elle contredit d'ailleurs ouvertement le récit de Matthieu. Le hors de se rapporte au cercle qui entourait Jésus. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : guéries par lui , complément qui manque dans Sin., B. C, D, Itala, et qui s'entend de soi-même.
v. 15-16 · Godet · 18/10/2026
Jésus veillait à préserver son activité de toute altération spirituelle en consacrant une partie de son temps au recueillement et à la prière. Comme nous, il puisait en Dieu la force qu'il déployait ensuite dans ses heures d'activité. Il travaillait par le même moyen à lutter contre la surexcitation populaire produite par sa prédication et surtout par ses miracles. La prière était le contrepoids qu'il opposait à tous les dangers d'altération, intérieurs ou extérieurs, qui menaçaient sans cesse son œuvre. Cette peinture du recueillement de Jésus, si étroitement uni à son travail, se rattache à la fois à ce qui précède et à ce qui suit. C'est ici l'un de ces points de repos qui caractérisent le récit de Luc : 1.66,80 ; 2.40,52 ; 3.18 ; 4.15 ; ils se distinguent de la narration proprement dite par l'imparfait descriptif qui remplace les aoristes.
3. - Versets 17 à 26 : La guérison du paralytique.
Versets 17 à 19. L'arrivée :
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer le contraste indiqué par ces mots : Mais lui .
Tandis que sa renommée se répandait parmi les foules, que sa popularité s'accroissait, lui cherchait la solitude dans les déserts et priait . (Grec : il était se retirant et, priant : tournée qui marque une action prolongée et fréquemment répétée).
Jésus déployait tant de forces physiques et morales, qu'il devait souvent venir retremper son âme dans la communion de son Dieu. Ces temps de retraite permettaient en même temps à l'agitation produite par la vue de ses miracles de se calmer.
Luc est celui des évangélistes qui relève le plus fréquemment ce côté intime de la vie de Jésus. (Luc 3.21 ; 6.12 ; 9.18,29 ; 11.1 ; 22.41,44)
17 Et il arriva, l’un de ces joursb 17b litt. : un des jours. , qu’il enseignait. Et des pharisiens et des docteurs de la loi, qui étaient venus de chaque bourgade de Galilée, et de Judée, et de Jérusalem, étaient assis [là], et la puissance du ✶Seigneur était [là] pour les guérir. 18 Et voici des hommes portant sur un lit un homme qui était paralysé ; et ils cherchaient à l’introduire et à le mettre devant lui. 19 Et ne trouvant pas par quel moyen ils pourraient l’introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et le descendirent par les tuiles, avec son petit lit, au milieu, devant Jésus. 20 Et voyant leur foi, il dit : Homme, tes péchés te sont pardonnés. 21 Et les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner, disant : Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes ? Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul ? 22 Et Jésus, connaissant leurs pensées, répondant, leur dit : Pourquoi raisonnez-vous dans vos cœurs ? 23 Lequel est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi et marche ? 24 Or, afin que vous sachiez que le fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés (il dit au paralytique) : Je te dis, lève-toi, et, prenant ton petit lit, va dans ta maison. 25 Et à l’instant, s’étant levé devant eux, il prit [le lit] sur lequel il était couché, et s’en alla dans sa maison, glorifiant Dieu . 26 Et ils furent tous saisis d’étonnement, et glorifiaient Dieu ; et ils furent remplis de crainte, disant : Nous avons vu aujourd’hui des choses étranges.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Matthieu 9.1-8, notes, et Marc 2.1-12, notes.
Grec : un des jours du voyage d'évangélisation dont le début est rapporté 4 : 43. Cette expression correspond à celle du verset 12 "une des villes."
D'autres interprètes voient dans cette tournure un hébraïsme qu'ils traduisent par un jour, dans une ville , et nient quelle établisse un lien entre notre passage et Luc 4.43.
- Ce grand concours des adversaires du Sauveur, venus de divers lieux de la Galilée et de la Judée , avait certainement été provoqué par un mot d'ordre émané de Jérusalem . […]
v. 17-19 · Godet · 18/10/2026
Le premier évangile (Matt.9.1 et suiv.) place ce récit dans le cycle du voyage à Gadara, après le retour à Capernaüm et avant la vocation de Matthieu. Marc (Marc.2.3 et suiv.) le place, comme Luc, après la guérison du lépreux et, comme Matthieu, avant la vocation du péager Lévi. On voit que, si dans la tradition orale il s'était formé certaines séries de récits, il se produisait cependant entr'elles des interversions, avant que la tradition eût été fixée par écrit. - De nouveau, au commencement du récit, plusieurs hébraïsmes frappants (μία τῶν ἡμερῶν, καὶ devant αὑτός, la construction ἦσαν οἱ ἦσαν et l'expression δύναμις ἦν εἰς). […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
A le faire entrer dans la maison où Jésus enseignait. (versets 17,19)
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette action, Marc 2.4, note.
Ce que Luc appelle les tuiles , c'étaient les briques ou les dalles dont était recouverte la terrasse qui, en Orient, sert de toit aux maisons.
Cette expression par , (grec) à travers les tuiles , indique qu'ils pratiquèrent une ouverture dans la toiture même.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après Matthieu, Jésus adresse d'abord au pauvre malade cette parole pleine de compassion : Prends courage, mon fils .
Marc conserve également ce terme affectueux : Mon fils (grec mon enfant ).
Luc dit : O homme !
v. 20-21 · Godet · 18/10/2026
Chez Luc et Marc, l'expression leur foi s'applique surtout à la persévérance du malade et à celle de ses porteurs. Mais chez Matthieu, qui a omis tout ce qui vient d'être raconté, le terme de foi ne peut se rapporter qu'au simple fait, de leur venue. Cette explication toute différente du mot foi n'est compatible qu'avec la liberté de la tradition orale. - A la vue d'une telle persévérance, Jésus reconnaît dans cet homme, exactement comme plus tard dans la femme cananéenne, un de ceux que le Père lui amène (Jean.6.44), et il l'accueille avec la plus tendre compassion. L'idée juive ordinaire était que la maladie était en général le châtiment de quelque péché. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mot de Luc : se mirent à, commencèrent , marque le moment précis où les murmures éclatèrent : il fait penser que ceux-ci se prolongèrent quelque temps avant que Jésus intervint.
v. 22-24 · Godet · 18/10/2026
Le mot connaissant indique non une aperception de l'ouïe, mais une intuition de l'esprit (Jean.2.25). - Jésus ne veut pas dire qu'il est plus aisé de guérir que de pardonner, mais qu'il est plus facile d'être convaincu d'imposture quand on prétend guérir miraculeusement que quand on s'arroge à tort le droit de pardonner. Le sens est : Vous dites que ce sont de vains mots que ceux-ci : « Tes péchés le sont pardonnés ; » eh bien, nous allons voir si ce sera aussi un vain mot que celui-ci : « Lève-toi et marche. »
Verset 24. La construction de la phrase a, si l'on veut, quelque chose d'incorrect ; mais elle est très dramatique. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : "il emporta ce sur quoi il avait été couché."
v. 25-26 · Godet · 18/10/2026
On ne lui avait pas ouvert, le passage pour entrer ; on le lui ouvre sans peine pour sortir ! - Les paroles par lesquelles le peuple exprime son sentiment d'étonnement, d'extase, comme dit le texte, sont rendues très différemment chez les trois synoptiques, ce qui est aisé à comprendre s'ils puisent à la tradition orale. Matthieu emploie un terme remarquable : « Ils glorifiaient Dieu de ce qu'il avait donné un tel pouvoir aux hommes. » C'est sans doute une allusion au terme de Fils de l'homme dont s'était servi Jésus. Ce qui est donné à l'homme normal, est donné en lui à toute la race. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : des paradoxes , c'est-à-dire des choses contraires à l'opinion, inattendues, inouïes. (Marc 2.12, note.)
27 Et après cela il sortit ; et il vit un publicain nommé Lévi, assis au bureau de recette, et il lui dit : Suis-moi. 28 Et quittant tout, il se leva et le suivit. 29 Et Lévi lui fit un grand festin dans sa maison ; et il y avait une grande foule de publicains et d’autres gens qui étaient avec eux à table. 30 Et leurs scribes et les pharisiens murmuraient contre ses disciples, disant : Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? 31 Et Jésus, répondant, leur dit : Ceux qui sont en santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. 32 Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance. 33 Et ils lui dirent : Pourquoi les disciples de Jean jeûnent-ils souvent et font-ils des prières, pareillement aussi ceux des pharisiens, mais les tiens mangent et boivent ? 34 Et il leur dit : Pouvez-vous faire jeûner les fils de la chambre nuptiale c 34c ou : les compagnons de l’époux qui avaient la charge de fournir ce qui était nécessaire pour les noces. pendant que l’époux est avec eux ? 35 Mais des jours viendront, où aussi l’époux leur aura été ôté ; alors ils jeûneront en ces jours-là. 36 Et il leur dit aussi une parabole : Personne ne met un morceau d’un habit neuf à un vieil habit ; autrement il déchirera le neuf, et aussi la pièce [prise] du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. 37 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement le vin nouveau rompra les outres, et il se répandra, et les outres seront perdues ; 38 mais le vin nouveau doit être mis dans des outres neuves, et tous les deux se conservent. 39 Et il n’y a personne qui ait bu du vieux, qui veuille aussitôt du nouveau ; car il dit : Le vieux est meilleur.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
27 à 39
Vocation de Lévi. Questions sur le jeûne.
Il sortit de la maison où il enseignait (verset 17) et où il guérit le paralytique. (verset 19)
Il sortit même de la ville (de Capernaüm, verset 17 et suivants ; comparez Marc 2.1), pour se rendre au bord de la mer ; c'est là que se trouvait, selon toute apparence, le bureau des péages , d'où Lévi (Matthieu) fut appelé à suivre Jésus. (Marc 2.13)
- Voir, sur ce récit, Matthieu 9.9-17, notes, et Marc Marc 2.13-22, notes.
Voir, sur ce nom, Matthieu 9.9, note, et sur les péagers , Matthieu 5.46, note.
v. 27-28 · Godet · 18/10/2026
Capernaüm était située sur le chemin qui conduisait de l'intérieur de l'Asie à la Méditerranée ; cette ville devait donc avoir un bureau de douane considérable. Ce bureau se trouvait placé hors de la ville et dans le voisinage de la mer. Ainsi s'explique l'expression de Luc : il sortit, et celle de Marc : pour aller au bord de la mer. Cela est également conforme à la situation décrite par Matthieu. - Sur les péagers, voir à 3.12. Jésus devait avoir de fortes raisons pour introduire dans le cercle de ses intimes un homme de cette catégorie. […]
v. 29 · Godet · 18/10/2026
D'après Luc, le repas eut lieu dans la maison de Lévi. C'est naturel : le nouveau disciple cherche à mettre ses anciens amis en relation avec Jésus. C'est son premier acte missionnaire. Meyer voit ici une contradiction avec l'expression de Matthieu : « Jésus étant assis à table dans la maison. » Ce dernier mot doit, selon lui, désigner la demeure de Jésus ; et il tranche la contradiction en faveur du récit de Matthieu. Mais comment cette foule de péagers et de gens mal famés se trouverait-elle tout à coup à table dans la maison de Jésus ? Et où est-il jamais parlé de la maison de Jésus ? D'ailleurs la répétition du nom de Jésus à la fin du verset (v. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : leurs scribes et les pharisiens .
Le pronom leurs devrait, dans ce cas, se rapporter aux habitants du lieu et signifier : les scribes qui se trouvaient parmi eux.
Mais la leçon adoptée, d'après. Sin., B. C, D, Itala : les pharisiens et leurs scribes , se comprend beaucoup mieux. Elle signifie que ces scribes étaient ceux que les pharisiens avaient amenés avec eux. (verset 17)
- Les reproches que ces hommes adressent aux disciples , n'osant pas les faire directement au Maître, se fondaient sur ce que, dans les mœurs de l'Orient, manger et boire avec quelqu'un, c'était entrer avec lui dans des relations de familiarité et de confiance qui révoltent ici l'orgueil pharisaïques.
v. 30-32 · Godet · 18/10/2026
Le repas avait lieu sans doute au rez-de-chaussée ; et la communication était facile entre le dehors et l'appartement dans lequel la table était dressée. Tandis que Jésus est entouré de ses nouveaux amis, ses adversaires s'attaquent aux disciples. D'après le T. R., leurs scribes est placé avant les pharisiens. Ce sont, dans ce cas, les scribes de l'endroit ou ceux de la nation. Ces deux sens sont peu naturels. Il faut préférer l'autre leçon : les pharisiens et leurs scribes ; ces derniers sont les savants que l'on avait adjoints aux pharisiens à Jérusalem pour défendre avec eux l'observance stricte. […]
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette réponse de Jésus, Matthieu 9.12.
Les mots : à la repentance , manquent dans Matthieu et Marc.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Les pharisiens, confondus par la réponse de Jésus, portent la discussion sur un autre sujet : les jeûnes prescrits par la loi et les prières offertes à certaines heures fixes.
Pour donner plus de poids à leur objection, ils invoquent l'exemple des disciples de Jean.
De là vient que Matthieu attribue la question à ceux-ci, qui sans doute y prirent part, et que Marc la met dans la bouche des uns et des autres. (Voir Matthieu 9.14, note, et Marc 2.18, note.)
v. 33-35 · Godet · 18/10/2026
Chez Luc, se sont les mêmes interlocuteurs, en particulier les scribes, qui continuent l'entretien, et qui allèguent, en faveur de la pratique régulière du jeûne, l'exemple des disciples de Jean d'abord, puis celui des disciples des pharisiens. Les scribes s'expriment de cette manière, parce qu'eux-mêmes, comme tels, n'appartiennent pas à l'un de ces partis. Chez Matthieu, ce sont les disciples de Jean qui, apparaissant tout à coup au milieu de cette scène, interrogent Jésus en leur nom et en celui des pharisiens. Chez Marc, enfin, ce sont les disciples de Jean et les pharisiens réunis qui posent la question et qui la posent au nom des uns et des autres. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le sens de cette réponse, Matthieu 9.15, note, et Marc Marc 2.19,20, notes.
Sin., D, l'Itala portent : Les amis de l'époux peuvent-ils jeûner ? Leçon probablement tirée de Matthieu et de Marc.
- Luc rend cette pensée d'une manière pleine de solennité et de tristesse : "Les amis de noce ne peuvent pas jeûner maintenant ; mais des jours viendront ."
Quels sont ces jours ? On le pressent : cependant Jésus le dit expressément dans un second membre de phrase : et quand l'époux leur sera ôté, alors ils jeûneront en ces jours-là .
Il faut remarquer la répétition de ces derniers mots : Jésus prévoit dans un prochain avenir ces jours redoutables pour ses pauvres disciples. Dans Sin., C, quelques majuscules et des versions, et , devant quand l'époux , est omis.
Il est authentique, mais sa vraie place est probablement celle qu'il occupe dans Matthieu 9.15 : et alors ils jeûneront .
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu omet : déchirant de .
La traduction est dès lors : "Personne ne met une pièce d'un habit neuf à un vieil habit."
Cette leçon a au fond le même sens, mais elle indique moins clairement qu'il faut déchirer l'habit neuf pour se procurer la pièce.
Matthieu et Marc disent : "une pièce de drap neuf ."
De ce procédé résulteraient deux maux : d'abord on déchire le neuf ; ensuite cette pièce prise du neuf ne s'accorde pas avec le vieux , elle fait avec lui une disparate désagréable à la vue.
Matthieu et Marc énoncent un autre inconvénient : "La pièce neuve emporte une partie de l'habit et la déchirure en devient pire."
Voir, sur le sens de cette parabole et de la suivante, Matthieu 9.16,17, notes.
v. 36 · Godet · 18/10/2026
L'expression ἔλεγε δὲ καί (ou quelque autre semblable) se rencontre chez Luc assez fréquemment lorsqu'après avoir traité le sujet particulier dicté par la situation, Jésus veut s'élever à un point de vue plus général qui domine la question ; comp. 4.25 ; 6.5 ; 9.23 ; 16.1 ; 18.1 ; Marc.2.27. On verra que c'est ici le cas. La grande difficulté que cette courte parabole a présentée à l'exégèse vient en partie de ce que cette relation entre ce qui suit, et ce qui précède n'a pas été comprise. L'image ne peut être expliquée naturellement qu'à la condition de ne pas enfermer trop étroitement la pensée de Jésus dans l'horizon de la question précédente.
La leçon alex. […]
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
Feine fait bien remarquer trois différences principales entre cette parabole et la précédente. Le vin nouveau ne représente pas seulement une partie du système nouveau, comme la pièce de drap neuf, mais ce système dans son ensemble. Le vin nouveau est perdu par le procédé employé, tandis que le vieil habit n'était que gâté davantage. Enfin Jésus ajoute ici l'indication de la vraie méthode : Mais il faut mettre… Ajoutons qu'à l'unité du vêtement neuf est substituée ici la pluralité des outres neuves. Et ce trait, comme on le verra, est précisément l'essentiel. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu avec A, C, D, ajoute : et tous deux se conservent . Ces mots ont été empruntés à Matthieu.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette troisième parabole, particulière à Luc, ne parait pas, au premier abord, être en harmonie d'idées avec les deux précédentes.
Aussi manque-t-elle dans D, et l'Itala. B. C omettent : aussitôt , mais c'est le mot essentiel de la parabole. Le texte reçu porte "le vieux est meilleur ," au lieu de "est bon ." C'est apparemment une correction des copistes.
- Mais quel est le sens de cette nouvelle comparaison, et quel est son rapport avec les deux précédentes ? Littéralement, le sens est bien simple. Tout le monde préfère le vin vieux, qui est plus doux, meilleur, au vin nouveau qui est plus fort, mais d'un goût plus acerbe. […]
v. 39 · Godet · 18/10/2026
Tandis que la conversion d'un péager s'accomplira souvent avec la promptitude de l'éclair, celle d'un scrupuleux observateur de la loi sera plutôt dans la règle une œuvre lente et progressive. Habitué à respecter le principe ancien, il ne s'ouvrira que peu à peu à l'esprit nouveau qui travaille à l'en dégager. Mais cela même doit mettre en garde les fidèles observateurs de la loi contre l'empire de l'habitude. Voilà sans doute ce qu'a voulu dire Jésus par cette troisième petite parabole qui n'appartient qu'à Luc et qui clôt admirablement cette scène.
L'image, aussi bien que celle de la parabole précédente, est empruntée à la situation actuelle, celle du repas. […]