1 Or, quand il eut achevé tous ses discours, le peuple l’entendant, il entra dans Capernaüm. 2 Et l’esclave d’un certain centurion, à qui il était fort cher, était malade et s’en allait mourir. 3 Et ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui des anciens des Juifs, le priant de venir sauvera 3a ou : guérir. son esclave. 4 Et étant venus à Jésus, ils le priaient instamment, disant : Il est digne que tu lui accordes cela, 5 car il aime notre nation et nous a lui-même bâti la synagogue. 6 Et Jésus alla avec eux. Et déjà comme il n’était plus guère loin de la maison, le centurion envoya des amis vers lui, lui disant : Seigneur, ne te donne pas de fatigue, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ; 7 c’est pourquoi je ne me suis pas cru digne moi-même non plus d’aller vers toi ; mais dis une paroleb 7b litt. : par parole. et mon serviteur sera guéri. 8 Car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité [d’autrui], ayant sous moi des soldats ; et je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon esclave : Fais cela, et il le fait. 9 Et Jésus, ayant entendu ces choses, l’admira ; et se tournant vers la foule qui le suivait, il dit : Je vous dis que je n’ai pas trouvé, même en Israël, une si grande foi. 10 Et ceux qui avaient été envoyés, s’en étant retournés à la maison, trouvèrent bien portant l’esclave malade.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus guérit et délivre. Chapitre 7. 1 à 10
Le serviteur du centenier de Capernaüm.
Grec : accompli tous ses discours aux oreilles du peuple .
Il y a quelque chose de solennel dans cette expression ; elle signifie que l'enseignement de Jésus-Christ avait été complet, qu'il n'y manquait rien, et que tout le peuple l'avait bien entendu.
v. 1-5 · Godet · 18/10/2026
Le ἐπείδη de la leçon alex. se trouve dans le sens temporel chez Homère et d'autres écrivains, mais non dans le N. T. Cependant Tischendorf, Meyer, Weiss, Keil, etc., préfèrent cette leçon. - Il y a de la solennité dans ces expressions : ἐπλήρωσε, eut accompli, et εἰς τὰς ἀκοάς, aux oreilles du peuple. La proclamation qui vient d'avoir lieu est donnée comme quelque chose de complet. - La circonstance que ce miracle avait eu lieu précisément après ce discours, s'était gravée dans la tradition ; elle s'est conservée dans nos deux récits évangéliques. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce récit, Matthieu 8.5-13, notes.
Nous avons reconnu quelques différences notables qui existent entre ces deux narrations du même fait.
D'après Matthieu, qui, comme toujours, abrège, supprime les détails secondaires et va droit au fait principal ; le centenier de Capernaüm se présente personnellement à Jésus et lui adresse sa prière.
D'après Luc, il fait tout cela par l'intermédiaire d'anciens des Juifs, qui s'acquittent de leur mission avec une grande bienveillance. Et ensuite il envoie à Jésus des amis pour lui dire qu'il ne se sent pas digne de le recevoir sous son toit. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces anciens des Juifs étaient les magistrats urbains.
Ce terme désignait, à Jérusalem, les membres du sanhédrin. (Matthieu 26.3 ; comparez Nombres 11.16,24 ; 16.25 ; Deutéronome 27.1)
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Nous connaissions, d'après Matthieu, la tendre et active charité que portait à son pauvre esclave cet officier romain converti au Dieu vivant ; nous savions de quelle profonde humilité son cœur était rempli.
Luc, qui nous le peint sous les mêmes traits, nous fait connaître de plus son amour pour la nation au sein de laquelle il avait trouvé le vrai Dieu, et sa grande générosité, qui l'avait porté à bâtir à ses frais la synagogue de Capernaüm.
Et cependant, de tous ces beaux fruits de la grâce de Dieu en lui, Jésus ne relève et n'admire qu'un seul : la foi , source de tous les autres. (verset 9)
v. 6-8 · Godet · 18/10/2026
Le centurion voit, de sa maison, Jésus approcher avec le cortège. La vénération que lui inspire ce personnage mystérieux, fait qu'il redoute même de le recevoir sous son toit ; il envoie alors la nouvelle députation Strauss voit en cela une contradiction avec sa première démarche. Mais il n'y a là qu'un progrès dans le sentiment d'humilité et de foi qui lui avait dicté celle-ci. Peut-être le centurion partait-il de l'idée juive ordinaire qu'un Juif ne pouvait sans se souiller entrer dans une maison païenne. Il n'était certainement pas prosélyte de la justice et circoncis. Autrement il n'aurait pas parlé ainsi. Ἱκανός, désigne la dignité morale, comme 3.16 et ailleurs. […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu 8.8,9, notes.
Cette seconde démarche n'est pas en contradiction avec la première, par laquelle le centenier sollicitait Jésus de venir chez lui. (verset 3) Elle marque seulement, dit M. Godet,"un progrès dans le sentiment d'humilité et de foi qui lui avait dicté celle-ci."
Le scrupule qu'éprouve le centenier provenait peut-être de l'idée que Jésus, comme Juif, contracterait une souillure en entrant dans une maison païenne. Mais il lui était aussi inspiré par le sentiment profond de son péché.
Au verset 6, Sin., B omettent vers lui . Au verset 7, B et un autre majuscules portent : "Que mon serviteur soit guéri ."
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu 8.10-13, notes.
Le premier évangile, d'après lequel le centenier est présent auprès de Jésus, renferme cette précieuse parole : "Va, et qu'il te soit fait selon que tu as cru."
A sa remarque pleine de tristesse qu'il n'a pas trouvé en Israël la foi du centenier, Jésus ajoute, d'après Matthieu, un sérieux avertissement adressé à ce peuple. (Matthieu 8.11,12)
Cette parole se trouve, chez Luc, dans un autre contexte. (Luc 13.28,29)
v. 9-10 · Godet · 18/10/2026
Les paroles sévères relatives aux Juifs, que Jésus ajoute, dans Matthieu, à la louange donnée à la foi du centurion, prouvent que Matthieu emploie une source différente de celle de Luc. Ces paroles se trouvent chez Luc dans un tout autre contexte (13.28), à un moment plus avancé et où elles ont plus d'à-propos.
Plusieurs critiques anciens et modernes identifient cette guérison avec celle du fils de l'employé royal (Jean.4.46). […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu, avec A, C, majuscules porte : trouvèrent le serviteur malade en bonne santé .
- De l'un et de l'autre évangile ressort le fait que Jésus accomplit cette guérison par sa seule parole, et à distance.
11 Et le jour suivantc 11c ou : Et après cela. , il arriva que [Jésus] allait à une ville appelée Naïn, et plusieurs de ses disciples et une grande foule allaient avec lui. 12 Et comme il approchait de la porte de la ville, voici, on portait dehors un mort, fils unique de sa mère, et elle était veuve ; et une foule considérable de la ville était avec elle. 13 Et le Seigneur, la voyant, fut ému de compassion envers elle et lui dit : Ne pleure pas. 14 Et s’approchant, il toucha la bière ; et ceux qui la portaient s’arrêtèrent ; et il dit : Jeune homme, je te dis, lève-toi. 15 Et le mort se leva sur son séant, et commença à parler ; et il le donna à sa mère. 16 Et ils furent tous saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu , disant : Un grand prophète a été suscité parmi nous, et Dieu a visité son peuple. 17 Et le bruit de ce faitd 17d litt. : Et cette parole. se répandit à son sujet dans toute la Judée et dans tout le pays d’alentour.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
11 à 17
Le fils de la veuve de Naïn.
Le texte reçu, avec Sin., C, D, porte : le jour suivant ; B. A : le temps suivant , quelque temps après.
- Naïn , petite ville de Galilée, qui existe encore, et qui est située à huit lieues au sud-ouest de Capernaüm, au pied du petit Hermon.
Luc seul a conservé le trait touchant qui va suivre.
v. 11-12 · Godet · 18/10/2026
La leçon ἐν τῷ ἑξῆς (χρόνῳ), dans le temps qui suivit, rattache moins étroitement ce récit au précédent, que la leçon ἐν τῇ ἑξῆς (ἡμέρᾳ), le jour suivant. C'est ce qui peut faire préférer la première formule ; on aura substitué la liaison plus précise à la moins serrée. Quand Luc emploie l'expression τῇ ἑξῆς, il le fait sans mettre la préposition (9.37[1] et 3 fois dans les Actes). Robinson a trouvé un hameau du nom de Neïn à huit lieues au sud-ouest de Capernaüm, au pied nord du petit Hermon, près des sources du Kison. C'est aussi dans cette localité qu'Eusèbe et Jérôme placent la ville de Naïn. Il fallait à Jésus une journée de voyage pour arriver là depuis Capernaüm. […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Tout un cortège nombreux qui, au moment d'entrer dans la ville, rencontre un autre cortège, qui en sort. C'est la vie qui vient audevant de la mort.
Voici (grec et voici , hébraïsme) marque ce qu'il y avait de surprenant dans la rencontre inopinée de ces deux cortèges.
Que de douleurs décrites en quelques mots ! Ce mort qu'on portait dehors (chez les Juifs, les lieux de sépulture ôtaient toujours hors des villes) était un jeune homme, (verset 14) fils unique de sa mère, qui était veuve .
Ainsi cette femme accompagnait au tombeau ce qu'il lui restait de plus cher, son dernier appui sur la terre. Il n'en fallait pas tant pour émouvoir la tendre compassion de Jésus. (verset 13)
Preuve que cette veuve était considérée et aimée dans sa ville.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Le Sauveur découvre immédiatement la pauvre veuve au milieu de la foule ; et, à sa vue, il est (grec) ému dans ses entrailles : expression d'un vif et profond sentiment de sympathie. Cette tendre charité lui fait accomplir un de ses plus grands miracles.
Ici, comme à la résurrection de Lazare, nous voyons en Jésus-Christ la grandeur divine, unie aux sentiments humains les plus vrais.
- Ce mot d'une profonde compassion : Ne pleure point , ne serait qu'une ironie si Jésus n'avait pas eu conscience dés ce moment de ce qu'il allait faire.
v. 13-15 · Godet · 18/10/2026
En tête du cortège funèbre marchaient les pleureuses, les joueurs de flûtes et, de cymbales ; puis venait la mère, pleurant en silence ; elle marchait devant le cercueil, une bière sans couvercle, portée sur les épaules de quatre hommes ; sur celle-ci reposait le mort, le corps enveloppé d'un linceul, mais la figure à découvert ; enfin venait la foule des amis et des voisins (voir Edersheim ). - Le terme de Seigneur ne se rencontre dans le récit synoptique que chez Luc (7 fois), et de préférence dans les morceaux qui lui sont propres : 10.1 ; 11.39 ; 12.42 ; 13.15 ; 17.5-6 ; 18.6 ; 22.31,61 (Bleek ). - Tous les traits énumérés v. […]
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Le cercueil était ouvert ; le mort y était couché, enveloppé d'un linceul. Jésus s'en approche ; il touche la bière sans crainte de la souillure résultant du contact d'un mort.
C'était une invitation aux porteurs à s'arrêter . Ceux-ci obéissent à ce geste hardi du Prince de la vie.
Quelle assurance et quelle majesté dans ces mots : je te le dis !
Jésus adresse la parole à un mort, certain que celui-ci lui obéira, comme s'il était en vie.
Lève-toi ! parole créatrice "qui fait vivre les morts et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient." (Romains 4.17 ; comparez Luc 8.54 ; Jean 11.43).
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : il le donna à sa mère. Quel don ! Ce mot correspond à celui-ci : "Ne pleure point." (verset 13)
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
La crainte était l'effet de cette éclatante manifestation de la puissance divine.
Aussi tous glorifiaient Dieu et reconnaissaient à haute voix la présence d'un prophète , par lequel Dieu avait visité son peuple .
Bien que les miracles de Jésus eussent toujours pour but immédiat de faire du bien, comme ici de rendre à une pauvre veuve son fils unique, ils avaient aussi pour résultat de manifester la puissance de Dieu et de disposer les âmes à entendre la parole qui leur apportait le salut.
C'est ainsi, en effet, que Jésus se révélait comme le Sauveur. […]
v. 16-17 · Godet · 18/10/2026
Sur ce sentiment de crainte, voir à 5.8. - Un grand prophète : un plus grand que Jean-Baptiste lui-même, un prophète de premier ordre, comme Elie, Moïse. D'autres expriment la même pensée plus énergiquement encore : Dieu a visité … ; cette parole fait entendre plus qu'elle n'exprime : une heure décisive a sonné pour Israël. - L'expression : cette parole, se rapporte certainement aux deux exclamations précédentes (v. 16) : « Cette manière de penser et de parler se répandit sur le compte de Jésus. » C'est un progrès que Luc signale dans le développement de son œuvre. Pour expliquer le : dans la Judée, Keim (I, p. 72) dit : Luc fait tout simplement de Naïn une ville de Judée. […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette parole est celle que les témoins du miracle prononçaient avec enthousiasme. (verset 16)
Elle se répandit non seulement dans la Galilée, où se trouvait Jésus, mais dans toute la Judée et même dans les contrées d'alentour , entre autres dans la Pérée, où JeanBaptiste était en prison, en sorte que le bruit de ce miracle sert d'introduction au récit qui va suivre. (verset 18 et suivants)
Il était sans doute dans la pensée de Luc d'établir une relation entre ces deux traits de son récit.
- De la mention de la Judée, où se répandit naturellement le bruit d'un si grand miracle, certains critiques ont conclu que Luc plaçait Nain dans cette province, mais le terme se répandit (littéralement : sortit ) indique que la renommée de l'acte accompli par Jésus dépassa le domaine habituel et retentit au loin.
18 Et les disciples de Jean lui rapportèrent toutes ces choses. Et ayant appelé deux de ses disciples, Jean 19 les envoya vers Jésus, disant : Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? 20 Et les hommes, étant venus à lui, dirent : Jean le baptiseur nous a envoyés auprès de toi, disant : Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? 21 (En cette heure-là, il guérit plusieurs personnes de maladies et de fléaux et de mauvais esprits, et il donna la vue à plusieurs aveugles.) 22 Et Jésus, répondant, leur dit : Allez, et rapportez à Jean les choses que vous avez vues et entendues : que les aveugles recouvrent la vue, que les boiteux marchent, que les lépreux sont rendus nets, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent, et que l’évangile e 22e ou : la bonne nouvelle. est annoncé aux pauvres. 23 Et bienheureux est quiconque n’aura pas été scandalisé en moi.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
18 à 35
Message de Jean-Baptiste et discours de Jésus sur Jean.
Voir Matthieu 11.2-19, notes.
Toutes ces choses , c'est-à-dire les deux miracles qui précèdent (verset 1 et suivants ; verset 11 et suivants) et d'une manière générale, les faits caractéristiques de l'activité de Jésus, les disciples de Jean en firent rapport à leur maître.
Matthieu (Matthieu 11.2) dit que Jean "dans sa prison, ouït parler des œuvres de Christ."
Ainsi, quoique les récits de Matthieu et de Luc n'occupent pas chronologiquement la même place, ils s'accordent en ceci que la question de Jean-Baptiste à Jésus fut provoquée par les miracles qu'il accomplissait. C'est précisément là ce qui étonne. […]
v. 18-19 · Godet · 18/10/2026
L'expression : ὁ ἐρχόμενος, celui qui vient, est empruntée à Malachie.3.1 : « Voici, il vient, dit l'Eternel. » La leçon ἕτερον est certaine dans Matthieu ; elle l'est moins dans Luc où elle peut avoir été importée. Le pronom ἕτερον, un second, attribue indirectement à Jésus la qualité de Christ.
Versets 20 à 23. La réponse :
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : celui qui vient . (Voir Matthieu 11.3, note.)
B et quelques autres documents portent : "les envoya vers le Seigneur ."
v. 20-23 · Godet · 18/10/2026
Matthieu ne parle pas de miracles opérés en présence des messagers ; et la critique a soupçonné Luc d'avoir inventé lui-même la scène du v. 21. Cette conclusion est logique, dès que l'on admet qu'il travaille sur Matthieu ou sur le même document, que Matthieu. Mais de quel droit accuse-t-on de la sorte un historien dont le récit trahit à chaque pas l'exactitude de ses renseignements et l'excellence de ses sources ? Ne voyons-nous pas sans cesse Matthieu resserrer le cadre historique, pour s'attacher uniquement aux paroles de Jésus ? Les mots : « Ce que vous entendez et voyez, » se trouvent aussi dans Matthieu et supposent que quelque chose s'est passé en présence des envoyés. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : il donna par grâce le voir .
La réponse que Jésus va faire aux envoyés de Jean est la même que dans Matthieu ; mais Luc seul rapporte ce trait que Jésus accomplit tous ces miracles à cette heure même et sous leurs yeux.
La critique s'est empressée d'en conclure que c'était là une amplification de la tradition postérieure, recueillie par Luc.
Mais n'est-il pas très naturel de se représenter que les envoyés de Jean trouvèrent Jésus entouré de la foule, (comparez Matthieu 11.7) occupé à ces œuvres de bienfaisance, et qu'ils furent témoins de quelques guérisons ?
Dans le message de Jésus à Jean, tel que l'a consigné Matthieu, il est dit d'ailleurs : "Allez et rapportez ce que vous entendez et voyez ." (Matthieu 11.4)
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : qui ne se sera pas scandalisé en moi .
Allusion à Esaïe 8.14
Voir Matthieu 11.4-6. notes.
24 Et lorsque les messagers de Jean s’en furent allés, il se mit à dire de Jean aux foules : Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? 25 Mais qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de vêtements précieux ? Voici, ceux qui sont vêtus magnifiquement et qui vivent dans les délices, sont dans les palais des rois. 26 Mais qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. 27 C’est ici celui dont il est écrit : « Voici, j’envoie mon messager devant ta face, lequel préparera ton chemin devant toi » f 27f Malachie 3:1 . ; 28 car je vous dis : Parmi ceux qui sont nés de femme, il n’y a aucun prophète plus grand que Jean le baptiseur ; mais le moindre dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. 29 (Et tout le peuple qui entendait cela, et les publicains, justifiaient Dieu , ayant été baptisés du baptême de Jean ; 30 mais les pharisiens et les docteurs de la loi rejetaient contreg 30g ou : quant à. eux-mêmes le conseil de Dieu , n’ayant pas été baptisés par lui.) 31 À qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils ? 32 Ils sont semblables à des petits enfants qui sont assis au marché et qui crient les uns aux autres et disent : Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes et vous n’avez pas pleuré. 33 Car Jean le baptiseur est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a un démon. 34 Le fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : Voici un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs. 35 Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le but de ce discours, Matthieu 11.7 note.
v. 24-28 · Godet · 18/10/2026
Ἤρξατο, il se mit à ; ce terme fait ressortir la solennité du discours qui va suivre (4.21). - Le peuple lui-même, en accourant au baptême de Jean, a montré qu'il reconnaissait en lui un personnage extraordinaire ; et il ne s'est pas trompé. - On a vu dans le roseau agité du vent l'emblème de l'instabilité morale de Jean (Ewald) ; dans ce sens la réponse à la question serait affirmative. Ou bien l'on pense (Meyer, Néander, Bleek ) que la réponse est négative : « Non, vous ne devez pas, à l'occasion de ce qui vient de se passer, porter sur Jean un jugement semblable. » Mais il est plus naturel de voir dans ce roseau battu par le vent l'emblème de quelque chose de tout ordinaire. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces mots : et qui vivent dans les délices , sont particuliers à Luc et forment un contraste encore plus frappant avec l'austérité et les renoncements de la vie de Jean-Baptiste. (Voir Matthieu.)
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Celui qui est l'objet de la prophétie est plus grand qu'un prophète.
Ce qu'il y a de très remarquable dans cette citation de Malachie 3.1, c'est que dans les trois évangiles, (Matthieu 11.10 ; Marc 1.2) elle n'est faite exactement ni d'après l'hébreu, ni d'après les Septante, mais modifiée de manière à ce que la venue de Jéhova, annoncée par cette prophétie, se trouve accomplie en la personne du Sauveur.
(Voir Matthieu 11.10, note.)
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : Jean-Baptiste . Sin., B. majuscules, Itala omettent le mot prophète . Tischendorf, Meyer et d'autres critiques le maintiennent, estimant que sa suppression est une imitation de Matthieu.
Si ce terme est authentique, il confirme la déclaration de Jésus que Jean est plus qu'un prophète .
Si, au contraire, il doit être supprimé, Jean serait comparé, non aux autres prophètes, mais à ceux qui sont nés de femme , c'est-à-dire aux hommes en général, et spécialement à tous les fidèles de l'ancienne alliance, auxquels il serait déclaré supérieur. Dans l'un et l'autre cas, c'est la plus grande louange que Jésus ait faite d'aucun homme.
Voir, sur cette parole souvent mal traduite et mal comprise, Matthieu 11.11, note.
v. 29-30 · Godet · 18/10/2026
Ces versets sont la transition du témoignage que Jésus vient de rendre à Jean, à l'application qu'il en veut faire aux assistants. Il constate ce double résultat du ministère de Jean : un mouvement primitif favorable, chez les classes inférieures du peuple, v. 29 ; mais une résistance déclarée chez les chefs, dont l'attitude finit par décider de celle de la nation, v. 30. Plusieurs interprètes (Knapp, Néander, Stier, Bleek ) ont été conduits par la forme historique de ces versets à y voir une réflexion de l'évangéliste intercalée dans le discours de Jésus. Mais cette remarque historique placée au milieu d'un discours serait sans exemple. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Tout le peuple qui avait écouté Jean, dont la prédication avait excité l'attention universelle, et particulièrement les péagers qui avaient humblement reçu son baptême, ont justifié Dieu , c'est-àdire rendu hommage à sa justice et démontré par leur conduite l'excellence de ses voies pour le salut des hommes, en confessant leurs péchés et en recourant aux moyens de grâce qu'il leur offrait. (Comparer verset 35)
Les pharisiens , au contraire, et les légistes , ou docteurs de la loi, ayant repoussé la prédication et le baptême de Jean, ont anéanti ou rendu nul le dessein de la miséricorde de Dieu à leur égard . Dieu voulait les sauver, ils ne l'ont pas voulu. […]
v. 31-35 · Godet · 18/10/2026
Nous avons déjà vu que les mots : Et le Seigneur dit, sont une interpolation. - Il ne s'agit plus maintenant du ministère de Jean seulement. Jésus apprécie la conduite de la génération contemporaine à l'égard des deux grands messages divins, si intimement liés, qui lui sont adressés à cette époque même. La double question du v. 31 a quelque chose de poignant. Jésus cherche à quoi il peut comparer une conduite aussi absurde que celle dont il est le témoin. Première question : « Quel point de comparaison trouverai-je ? » Seconde question : « Y en a-t-il réellement un ? » Enfin son esprit s'arrête sur une image qui répond à sa pensée. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 11.17-19, notes.
Les deux évangélistes rendent à peu près dans les mêmes termes cette parabole si humiliante pour la génération qu'elle concernait. C'est avec une ironie pleine de tristesse que Jésus la compare à des enfants mécontents et boudeurs, que rien ne peut intéresser.
- Dans Matthieu, Jésus décrit l'austérité de la vie de Jean en ces termes : "ne mangeant ni ne buvant," expression évidemment hyperbolique. Luc y a substitué celle-ci : ne mangeant point de pain et ne buvant point de vin , ce qui était rigoureusement vrai. (Matthieu 3.4)
- Matthieu (Matthieu 11.19, voir la 2e note) rapporte ainsi la dernière parole de ce discours, que Jésus dut prononcer avec une joie profonde : "Mais la sagesse a été justifiée de la part de ses enfants."
Luc ajoute ce mot significatif : "tous ses enfants."
Sin. porte : "œuvres" au lieu de enfants .
36 Et un des pharisiens le pria de manger avec lui. Et entrant dans la maison du pharisien, il se mit à table. 37 Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre [plein] de parfum ; 38 et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à lesh 38h litt. : ses pieds. arroser de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum. 39 Et le pharisien qui l’avait convié, voyant cela, dit en lui-mêmei 39i litt. : parla en lui-même, disant. : Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme qui le touche, car c’est une pécheresse. 40 Et Jésus, répondant, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Et il dit : Maître, dis-le. 41 Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait 500 deniers, et l’autre 50 ; 42 et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre. Dis donc lequel des deux l’aimera le plus. 43 Et Simon, répondant, dit : J’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit : Tu as jugé justement. 44 Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison ; tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. 45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, n’a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers. 46 Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum. 47 C’est pourquoi je te dis : Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu. 48 Et il dit à la femmej 48j litt. : à elle. : Tes péchés sont pardonnés. 49 Et ceux qui étaient à table avec lui, se mirent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? 50 Et il dit à la femme : Ta foi t’a sauvée, va-t’en en paix.
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
36 à 50
La pécheresse chez Simon le pharisien.
Ce pharisien , (voir Matthieu 3.7, note) qui invite Jésus avait moins de préventions contre lui que les autres représentants de son parti. Frappé de sa sainteté et de ses miracles, il hésitait à reconnaître en lui un envoyé de Dieu. (verset 39)
Il l'avait invité pour l'observer, peut-être aussi pour se procurer l'honneur de recevoir à sa table un rabbi devenu célèbre dans tout le pays. Jésus accepte son invitation, certain qu'il pourra à la table du pharisien aussi bien qu'ailleurs, faire son œuvre, sauver les âmes, glorifier Dieu. […]
v. 36-38 · Godet · 18/10/2026
Nous sommes encore à l'époque de transition, où la rupture entre le Seigneur et les pharisiens, quoique déjà bien avancée, n'était pas consommée. Aussi l'un des membres de ce parti pouvait-il encore l'inviter sans difficulté. On a attribué à cette invitation du pharisien une intention hostile. Mais sa propre réflexion, v. 39, trahit son état, moral. Il hésitait entre l'impression sainte que lui faisait Jésus et l'antipathie que sa caste éprouvait pour lui. Jésus lui parle, v. 40, sur un ton si amical et si familier qu'il est difficile de le supposer animé de dispositions malveillantes. Bien plus, le v. […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Il ressort évidemment de cette histoire, et surtout du verset 39, que les péchés de cette femme avaient acquis une notoriété publique. C'est ce que nos versions ordinaires ont rendu par cette périphrase : une femme de mauvaise vie .
Une variante dans l'ordre des mots, dans Sin., B, accentue cette idée : "Et voici, une femme qui était pécheresse dans cette ville," ce qui paraît vouloir dire qu'elle exerçait cette honteuse profession.
- La ville n'est point nommée. Des interprètes ont supposé que c'était Magdala et ont identifié la pécheresse avec Marie-Madeleine. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Quelle scène ! Pour se la représenter, il faut se souvenir que Jésus, ainsi que les autres convives, (verset 49) était à table, selon l'usage antique, à demi couché sur le bras gauche, appuyé sur les coussins d'un divan, et les pieds nus étendus en arrière. (Jean 13.23, note.)
La pécheresse put ainsi s'approcher et se tenir derrière lui, à ses pieds , agenouillée probablement. Elle ne prononce pas une parole, mais son cœur, plein d'humiliation et de douleur, se répand en larmes abondantes qui tombent sur les pieds de Jésus. Ses cheveux dénoués pendent épars en signe de deuil, et elle s'en sert pour essuyer les pieds du Maître, qu'elle baise avec vénération. […]
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Le pharisien, dans sa froide dignité, ne comprend rien à cette scène, ni à ce qui en faisait la profonde signification morale. Il en conclut que ce rabbi, qui se laissait approcher et toucher par une telle femme, ignorait ce qu'elle était et, par conséquent, ne pouvait être un prophète .
Moins aveuglé par le sentiment de sa propre justice, moins étranger aux saintes douleurs de la repentance, sa conclusion aurait été tout autre, et il se serait dit sans doute : Cet homme est le Sauveur, puisque, en recevant ainsi une âme pénitente, il représente sur la terre la miséricorde de Dieu même.
Mais loin de là, le blâme qu'il prononce tacitement sur Jésus retombe lourdement sur la femme qui pleure à ses pieds. Ces termes multipliés : qui elle est , quelle elle est (dans sa vie morale) et que c'est une pécheresse , expriment un profond mépris.
v. 39-43 · Godet · 18/10/2026
D'après la leçon de B Ξ, Simon penserait au prophète spécial attendu avant le Messie, ce qui est évidemment faux. - Le τίς, qui (v. 39), se rapporte au nom et à la famille, et le ποταπή, quelle, au caractère et à la conduite. - La preuve du don prophétique de Jésus, le pharisien la reçoit à l'instant même dans la parabole suivante, qui répond si exactement à ses pensées et à ses questions secrètes. Tout, dans l'entretien suivant, est pris sur le fait. La forme en est aimable, détendue, même légèrement, plaisante. C'est le ton de l'ironie socratique.
Verset 41. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Répondant à quoi ? A la pensée du pharisien que pourtant il n'a point exprimée, car "il se disait en lui-même ." (verset 39 ; comparez Jean 2.25)
Voir sur cet usage du verbe répondre , Matthieu 11.25, note.
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Cinq cents deniers , environ 400 fr. ; cinquante deniers, à peu près 40 fr.
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus lui-même va expliquer cette parabole. (verset 47)
Le créancier , c'est lui, le débiteur qui doit le plus, c'est la pécheresse. Celui qui doit le moins, c'est Simon. Mais il est débiteur pourtant, et même il n'a pas de quoi payer , aussi bien que la pécheresse.
En effet, la dette, ce sont les péchés de Simon et de la pécheresse, (verset 47) et non les bienfaits qu'ils auraient reçus de Jésus comme l'ont prétendu quelques interprètes. Or, ces péchés, nul ne saurait en acquitter un seul ; devant Dieu tous les hommes sont parfaitement insolvables. […]
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Le pharisien a mis une certaine gravité dans sa réponse à une question si simple. Aussi paraît-il y avoir une sorte de bienveillante ironie dans la réplique de Jésus. "Tu as droitement jugé."
-"Et en jugeant si bien, tu t'es condamné toi-même. C'est letrès bien de Socrate quand il avait pris son interlocuteur dans ses filets. Mais ce qui établit entre Jésus et le sage grec une distance incommensurable, c'est la manière dont Jésus s'identifie, ici et dans ce qui suit, avec le Dieu offensé qui pardonne et qui devient en lui, Jésus, l'objet de l'amour du pécheur reconnaissant." Godet.
v. 44-47 · Godet · 18/10/2026
En appliquant, la parabole, Jésus suit la marche inverse de celle qu'il avait suivie dans la parabole elle-même. Dans celle-ci il était descendu de la cause, la remise de la dette, à l'effet, la reconnaissance éprouvée. Ici il remonte au contraire de l'effet à la cause. Cela est naturel : l'effet est le fait qui tombe sous les sens, - βλέπεις, tu vois, v. 44-46, - tandis que la cause est le sentiment intime à la connaissance duquel on ne peut parvenir qu'en remontant du fait sensible à la cause cachée. Durant la première partie de l'entretien, Jésus avait été tourné vers Simon. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce n'est pas sans une intention marquée que Jésus commence l'application de la parabole par ces mots : Je suis entré dans ta maison .
Par là, il avait fait au pharisien un honneur que celui-ci ne lui a pas rendu. A trois égards, en effet, il avait manqué à ces bienveillantes et respectueuses attentions avec lesquelles, dans les temps anciens, on recevait dans sa maison un hôte qu'on tenait à honorer.
D'abord, on lui faisait présenter par un esclave de l'eau pour se laver et se rafraîchir les pieds. (Genèse 18.4) La chaleur du climat et l'usage de ne porter que des sandales rendaient ce service bienfaisant et nécessaire. Le pharisien l'avait négligé. […]
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette conclusion renferme une difficulté grammaticale qui a donné lieu à beaucoup de discussions.
On s'attendait à ce que Jésus dirait : "Ses péchés lui sont pardonnés, et c'est pour cela ou à cause de cela qu'elle a beaucoup aimé."
Ce car paraît, au contraire, présenter l'amour comme la cause et non comme l'effet du pardon.
De là une controverse qui n'est pas près de finir, surtout entre catholiques et protestants, les premiers se servant de cette parole pour appuyer leur doctrine du pardon obtenu par des œuvres de piété ou de charité, les derniers s'efforçant de donner à cette particule car un sens qui soit en harmonie, non seulement avec l'histoire de la pécheresse et la […]
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette parole de miséricorde et de salut, la pauvre femme était venue la chercher aux pieds de Jésus. Elle la reçoit non comme un vœu que Jésus ferait pour elle, mais comme une déclaration expresse, elle y trouve la communication même du pardon qui descend dans son cœur et y produit un silencieux tressaillement de joie.
Une première rencontre avec Jésus lui avait révélé la miséricorde divine, lui avait donné l'espérance d'y avoir part, et tout son cœur s'était tourné vers ce Sauveur avec un amour qui lui avait fait tout braver pour parvenir jusqu'à lui. (verset 37 notes.)
Cet amour, elle le lui avait témoigné d'une manière touchante. […]
v. 48-50 · Godet · 18/10/2026
Bleek a conclu du v. 48 : Tes péchés te sont pardonnés, que cette femme n'avait point encore possédé le pardon jusqu'à ce moment. Cette supposition est exclue par tout ce qui précède. Bleek oublie que ἀφέωνται est un parfait qui indique un état actuel résultant d'un acte accompli depuis un temps indéterminé. En face des dénégations pharisaïques des membres de l'assemblée et des doutes qui pouvaient surgir dans le cœur de la pécheresse elle-même, Jésus lui renouvelle l'assurance du fait divin dont elle ressent une si vive reconnaissance. […]
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans leur ignorance, ces hommes se scandalisent de ce qui aurait dû les toucher profondément.
(Voir. Matthieu 9.3 ; Luc 5.21, notes.)
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus continue à s'adresser à la femme, sans se mettre en peine des pensées non exprimées des adversaires, qui pourtant ne lui ont pas échappé, comme le montre ce mot : Mais il dit.
- C'est une nouvelle assurance de son salut que Jésus donne à la pécheresse, par cette parole qui est le commentaire lumineux de tout le récit et qui aurait dû mettre fin à toutes les controverses sur ce sujet : Ta foi t'a sauvée .
- Par ces derniers mots : Va en paix , Jésus congédie la femme, afin de la soustraire aux observations blessantes des convives ; mais il la congédie avec le plus grand des biens dans son cœur, la paix de Dieu. (Luc 8.48)