1 Et il arriva, l’un de ces joursa 1a litt. : un des jours ; comme 5. 17 ; 8. 22. , comme il enseignait le peuple dans le temple et évangélisait, que les principaux sacrificateurs et les scribes survinrent avec les anciens. 2 Et ils lui parlèrent, disant : Dis-nous par quelle autorité tu fais ces choses, ou qui est celui qui t’a donné cette autorité ? 3 Et répondant, il leur dit : Je vous demanderai, moi aussi, une chose, et dites-moi : 4 Le baptême de Jean était-il du ciel, ou des hommes ? 5 Et ils raisonnèrent entre eux, disant : Si nous disons : Du ciel, il dira : Pourquoi ne l’avez-vous pas cru ? 6 Et si nous disons : Des hommes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était un prophète. 7 Et ils répondirent qu’ils ne savaient pas d’où [il était]. 8 Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
La lutte dans le temple. Chapitre 20. 1 à 19
La question posée par le sanhédrin. La parabole des vignerons.
v. 1-4 · Godet · 18/10/2026
Depuis le soir précédent, les membres du Sanhédrin s'étaient consultés (le ζητεῖν, 19.47), et ils étaient parvenus à formuler une série de questions propres à embarrasser Jésus ou à lui arracher une réponse qui le compromettrait, soit auprès du peuple, soit auprès des autorités juives ou païennes. L'interrogatoire du v. 2 est le premier résultat, de ces conciliabules. Le v. 1 énumère les trois classes de membres dont se composait le Sanhédrin ; c'était une députation en forme ; comp. Jean.1.19 et suiv. Les anciens ne sont mentionnés que comme personnages secondaires, à côté des sacrificateurs et des scribes. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce récit, Matthieu 21.23-27 ; Marc 11.27-33, notes.
La députation du sanhédrin vint à Jésus l'un de ces jours , c'est-à-dire un jour de cette dernière semaine, comme il enseignait dans le temple . Luc seul ajoute : et évangélisait .
Sachant ce qui allait arriver, le Sauveur emploie encore les derniers moments de sa vie à avertir ce peuple qui allait le rejeter, et à lui offrir le salut.
- Les trois évangélistes sont d'accord pour rapporter la question très précise des adversaires : par quelle autorité ? et qui t'a donné cette autorité ? (Voir Matthieu 21.23, note.) Luc a fait observer (Luc 19.47) que les membres du sanhédrin, irrités d'une parole de Jésus, cherchaient à le faire périr. Ils se sont concertés sur les moyens d'y parvenir, et se sont décidés à lui poser des questions insidieuses, destinées à le compromettre et à ébranler la confiance que le peuple avait en lui.
v. 5-8 · Godet · 18/10/2026
Cette question de Jésus suffit pour les désarmer ; elle lui était pourtant dictée par la leur propre. Eux, les savants, les experts, qui prétendent juger de tout dans la théocratie, ils se récusent honteusement en face d'un fait aussi capital que celui de l'apparition de Jean ! - Il y a tout à la fois de l'indignation et du mépris dans le : et moi non plus, de Jésus (v. 8) : « Si vous vous déclarez incompétents pour juger du ministère de Jean, vous ne l'êtes pas moins pour juger du mien. » Mais lui, Jésus, il n'est pas incompétent pour les juger, et il va leur dire ce qu'ils sont aux yeux de Dieu : des prévaricateurs et des rebelles. Seulement c'est au peuple entier (πρὸς τὸν λαόν, v. […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Selon Matthieu et Marc, les chefs du peuple disent simplement ici : "Nous craignons le peuple."
Luc leur fait dire plus explicitement : Le peuple nous lapidera , dans quelque émeute qu'il ne manquera pas de faire.
9 Et il se mit à dire au peuple cette parabole : Un homme planta une vigne, et la loua à des cultivateurs, et s’en alla hors du pays pour longtemps. 10 Et en la saison, il envoya un esclave aux cultivateurs, afin qu’ils lui donnent du fruit de la vigne ; mais les cultivateurs, l’ayant battu, le renvoyèrent à vide. 11 Et il envoya encore un autre esclave ; mais l’ayant battu lui aussi, et l’ayant traité ignominieusement, ils le renvoyèrent à vide. 12 Et il en envoya encore un troisième ; mais ils blessèrent aussi celui-ci, et le jetèrent dehors. 13 Et le maître de la vigne dit : Que ferai-je ? J’enverrai mon fils bien-aimé ; peut-être que, quand ils verront celui-ci, ils le respecteront. 14 Mais quand les cultivateurs le virent, ils raisonnèrent entre eux, disant : Celui-ci est l’héritier, tuons-le, afin que l’héritage soit à nous. 15 Et l’ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent. Que leur fera donc le maître de la vigne ? 16 Il viendra et fera périr ces cultivateurs, et donnera la vigne à d’autres. Et l’ayant entendu, ils dirent : Qu’ainsi n’advienne ! 17 Et lui, les regardant, dit : Qu’est-ce donc que ceci qui est écrit : « La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin » b 17b Psaume 118:22 . ? 18 Quiconque tombera sur cette pierre, sera brisé ; mais celui sur qui elle tombera, elle le broiera.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette parabole, Matthieu 21.33-46 ; Marc 12.1-12, notes.
Selon ces deux évangélistes, Jésus s'adresse encore aux membres du sanhédrin qui sont venus l'interroger.
D'après Luc, c'est au peuple qu'il parle.
Les deux indications ne s'excluent nullement, car Luc lui-même nous montre les adversaires encore présents ; (verset 19) mais Jésus, en parlant, se tourne vers le peuple, parce que cette instruction le concernait tout entier.
En effet, si le peuple d'Israël avait reçu avec foi les serviteurs que Dieu lui envoyait et le Fils de Dieu lui-même, (verset 13) ses conducteurs n'auraient pas pu les maltraiter et les mettre à mort.
v. 9 · Godet · 18/10/2026
L'image qu'emploie Jésus est tirée d'Es.5.1 et suiv. où la vigne représente le peuple de Dieu, auquel il a prodigué tous ses soins. Dans Esaïe, il n'est pas question des vignerons. - Luc omet les détails relatifs à la fondation de la théocratie, l'établissement du pressoir et de la tour (Matthieu et Marc). Le peuple une fois formé est confié à des autorités chargées de le diriger dans l'accomplissement de la loi divine (sacrificateurs, rois, anciens). La forme alex. ἐξέδετο provient de la substitution assez fréquente chez les Grecs postérieurs de la conjugaison des verbes en ημι à celle des autres verbes en μι. […]
v. 10-12 · Godet · 18/10/2026
Chez Luc, trois envois d'un serviteur seulement, puis des mauvais traitements, de la part des vignerons, qui vont en s'aggravant (frapper, frapper et outrager, transpercer). Chez Marc de même, avec une différence dans les mauvais traitements (frapper, blesser à la tête, tuer) et l'adjonction de plusieurs serviteurs dans le troisième envoi. Dans Matthieu, deux envois seulement, mais à chaque fois une pluralité de serviteurs ; et, pour les traitements, frapper, tuer, lapider. On peut comprendre aisément que la tradition ait ainsi sans intention modifié le récit. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : il ajouta d'envoyer un autre serviteur .
Hébraïsme destiné à faire sentir la longue patience du maître envers ces vignerons injustes et violents. Cet hébraïsme est propre au texte de Luc.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Chez Luc et chez Marc trois serviteurs sont envoyés, mais les mauvais traitements qui leur sont infligés diffèrent. Chez Matthieu il n'y a que deux envois, mais chacun comprend une pluralité de serviteurs.
Le trait ils le renvoyèrent à vide (versets 10,11) ne se trouve qu'une fois dans Marc et manque dans Matthieu. Ces petites divergences montrent que nos trois évangélistes n'ont pas eu un même document sous les yeux.
v. 13-15 · Godet · 18/10/2026
A ce moment le récit prend une solennité particulière qui ressort encore mieux dans le récit de Marc. En face de cette résistance obstinée, le maître délibère avec lui-même, et prend une suprême résolution. - Par le terme de Fils, Jésus établit une différence profonde entre lui-même et les prophètes, simples serviteurs. Un fils a en lui le sang paternel. Et qu'on ne se dise pas que c'est uniquement en tant que Messie, appelé à la suprême charge théocratique, qu'il se désigne comme le Fils. On voit ici clairement que c'est au contraire en tant que Fils qu'il est envoyé pour remplir la fonction d'agent suprême. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles sont prononcées par des auditeurs d'entre le peuple, (verset 9) qui, comprenant la parabole, se récrient à la pensée que le propre fils du maître puisse ainsi être mis à mort, et que les vignerons attirent sur eux le terrible châtiment qui est ici dénoncé !
Ceux qui écoutaient alors le Sauveur ignoraient encore les desseins meurtriers des chefs du peuple ; s'ils les avaient connus, ils en auraient frémi d'indignation.
v. 16-18 · Godet · 18/10/2026
Si les anciens vignerons représentent les autorités théocratiques, les autres vignerons auxquels la vigne (le royaume de Dieu, Matthieu v. 43) sera confiée à l'avenir, ne peuvent être que les futurs chefs de l'Eglise, les apôtres et leurs successeurs. Sans doute ce sens ne paraît pas conforme à la parole Matthieu v. 43, où est clairement indiquée la translation de la vigne des Juifs aux païens, à une nation (ἔθνει) qui en rendra les fruits. Mais dans Matthieu lui-même, v. 42, les οἰκοδομεῦντες ne peuvent représenter que les chefs du peuple. Et par conséquent, si au v. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus jette un regard pénétrant sur ceux qui venaient de parler, et leur répond par une citation de l'Ecriture. C'est ce qu'indique la particule conclusive donc : si le malheur que vous voudriez conjurer ne vous atteignait pas, cette prophétie n'aurait donc aucun accomplissement.
Voir, sur cette citation, Matthieu 21.42,44, notes.
19 Et les principaux sacrificateurs et les scribes cherchèrent, en cette heure même, à mettre les mains sur lui ; et ils craignaient le peuple, car ils connurent qu’il avait dit cette parabole contre eux.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
La dernière phrase du verset motive la première (car ) et se rapporte aux scribes et aux sacrificateurs .
On a donc supposé à tort que c'était le peuple qui avait compris l'intention de la parabole.
Nous trouvons ici, dans les chefs du peuple, l'endurcissement qui va se manifester souvent dans le procès et la mort de Jésus. Ils ont compris que cette parabole les concerne, aussi bien que la terrible menace qui la termine, que Jésus les a prononcées (grec) par rapport à eux , et ils cherchent à mettre la main sur lui !
- Voir, sur le sens de la parabole, Matthieu 21.43, note.
v. 19 · Godet · 18/10/2026
Il y a, je pense, corrélation entre les deux καί (et… et …) d'un côté, ils cherchèrent à… ; de l'autre, ils furent arrêtés par… Le car, à la fin du verset, porte sur la première proposition ; le πρὸς αὐτούς signifie : en vue d'eux, comme v. 9 et 19.9. - Matthieu place ici la parabole du grand repas. Il me paraît peu vraisemblable que Jésus ait accumulé dans un seul moment tant de tableaux du même genre. En échange, l'association d'idées qui a pu conduire l'évangéliste à intercaler ici cette parabole se comprend facilement.
4. La question des pharisiens. (20.20-26)
La question officielle du Sanhédrin n'avait fait que préparer un triomphe à Jésus. Dès maintenant les différents partis opèrent contre lui séparément ; ils lui proposent dans ce but quelques questions captieuses, soigneusement préparées.
Versets 20 à 26. La question relative au tribut de César.
Versets 20 à 22. La question :
20 Et l’observant, ils envoyèrent des agents secrets, qui feignaient d’être justes, pour le surprendre en [quelque] parole, de manière à le livrer au magistrat et au pouvoir du gouverneur. 21 Et ils l’interrogèrent, disant : Maître, nous savons que tu dis et que tu enseignes justement, et que tu n’as point égard à l’apparence des personnes, mais que tu enseignes la voie de Dieu avec vérité. 22 Nous est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? 23 Et s’apercevant de leur perfidie, il leur dit : Pourquoi me tentez-vous ? 24 Montrez-moi un denier ; de qui a-t-il l’image et l’inscription ? Et répondant, ils dirent : De César. 25 Et il leur dit : Rendez donc les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu . 26 Et ils ne pouvaient le surprendre dans ses paroles devant le peuple ; et étonnés de sa réponse, ils se turent.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
20 à 40
Les questions sur le tribut et sur la vie future.
Voir, sur le fait suivant, Matthieu 22.15-22 ; Marc 12.13-17, notes.
Les instigateurs de cette nouvelle démarche faite auprès de Jésus (verset 2, note) sont toujours les sacrificateurs et les scribes, qui l'observent de près , l'épient, cherchant l'occasion de se saisir de lui. (verset 19)
Selon Matthieu et Marc, les agents secrets ou hommes apostés qui lui furent envoyés appartenaient aux deux partis opposés des pharisiens et des hérodiens ; les premiers, grands zélateurs des intérêts du peuple Juif ; les autres, partisans de la politique des Hérode et des Romains. […]
v. 20-22 · Godet · 18/10/2026
Le préambule présente dans nos trois synoptiques des différences d'expressions assez marquées, mais le sens est le même. Les adversaires se sont placés à l'écart, de manière à n'être pas observés, mais à pouvoir bien constater tous les termes de l'entretien suivant (παρατηρήσαντες observant, épiant). En ce moment arrivent des gens qui ont été dressés avec soin en vue du rôle qu'ils ont à jouer (ἐγκαταθέτους, apostés). Ils se présentent hypocritement comme justes, c'est-à-dire comme venant pressés par un scrupule de conscience ; en réalité, dans l'intention de tirer de lui un parole qui devienne sa perte. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Leur ruse ;
Matthieu dit leur malice , Marc leur hypocrisie .
Le texte reçu ajoute avec A, C, D : Pourquoi me tentez-vous ? paroles empruntées aux deux premiers évangiles.
v. 23-26 · Godet · 18/10/2026
La difficulté, en quelque sorte insoluble, de la question provenait de la contradiction entre l'état de droit du peuple de Dieu et l'état de fait dans lequel il se trouvait maintenant placé. L'état de droit, c'était l'indépendance nationale à l'égard de tout pouvoir païen. L'état de fait, c'était l'assujettissement actuel d'Israël à l'empire romain. Comment sortir de cette contradiction ? Judas le Galiléen l'avait résolue par la révolte ; il avait nié le fait au nom du droit, et sa tentative avait, échoué. Jésus devait-il renouveler cette aventure ? Il aurait eu le peuple et les pharisiens pour lui. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Ainsi, le but de la délégation était manqué (verset 20) et, devant le peuple , les adversaires, confus, étonnés , gardent le silence et s'en vont.
Le mot que nous traduisons par s'étonner signifie aussi admirer . On comprend que les adversaires, bien que remplis de haine contre Jésus, ne peuvent s'empêcher d'admirer la sagesse de sa réponse.
27 Et quelques-uns des sadducéens, qui nient qu’il y ait une résurrection, s’approchèrent, et l’interrogèrent, 28 disant : Maître, Moïse nous a écrit, que si le frère de quelqu’un meurt, ayant une femme, et qu’il meure sans enfants, son frère prenne la femme et suscite de la postéritéc 28c litt. : semence. à son frèred 28d voir Deutéronome 25. 5. . 29 Il y avait donc sept frères ; et le premier, ayant pris une femme, mourut sans enfants ; 30 et le second [prit la femme, et celui-ci aussi mourut sans enfants] ; 31 et le troisième la prit, et de même aussi les sept : ils ne laissèrent pas d’enfants et moururent ; 32 et après eux tous la femme aussi mourut. 33 Dans la résurrection donc, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme, car les sept l’ont eue pour femme ? 34 Et Jésus leur dit : Les fils de ce siècle se marient et sont donnés en mariage ; 35 mais ceux qui seront estimés dignes d’avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d’entre les morts, ne se marient ni ne sont donnés en mariage, 36 car aussi ils ne peuvent plus mourir ; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu , étant fils de la résurrection. 37 Or que les morts ressuscitent, Moïse même l’a montré, au [titre] : “Du buisson”, quand il appelle le ✶Seigneur : le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob e 37e voir Exode 3:6 .. 38 Or il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous vivent. 39 Et quelques-uns des scribes, répondant, dirent : Maître, tu as bien dit. 40 Et ils n’osèrent plus l’interroger sur rien.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
20 à 40
Les questions sur le tribut et sur la vie future.
Voir, sur ce récit, Matthieu 22.23-33 ; Marc 12.18-27, notes.
Luc lie ce trait à celui qui précède par la particule mais , indiquant que cette tentative des sadducéens est en relation avec la défaite des pharisiens (verset 26) En effet, Matthieu dit positivement qu'elle eut lieu le même jour. (Matthieu 22.23)
v. 27-33 · Godet · 18/10/2026
Les sadducéens argumentaient de la loi de lévirat donnée par Moïse (Deut.25.5) et conforme à un usage patriarcal plus ancien (Gen.38), qui se trouve encore chez plusieurs peuples de l'Orient. Naturellement l'histoire ici racontée avait été inventée à plaisir pour ridiculiser l'idée de la résurrection et par là Jésus lui-même, s'il ne parvenait pas à la défendre victorieusement. Il n'est pas besoin de faire de οἱ ἀντιλέγοντες un nominatif absolu, apposition irrégulière de σαδδουκαίων ; il porte sur τινές dans ce sens : « Quelques-uns d'entre les sadducéens, qui comme tels niaient… » - A la suite du verbe ἀντιλέγειν, le μή paraît superflu. Ce n'est pas ici le cas fréquent du pléonasme de la double négation ; il faut distinguer l'objet de λέγοντες du régime sous-entendu de ἀντί : qui soutiennent (λέγοντες), contre l'opinion admise (ἀντί), qu'il n'y a pas… - Toute la narration, v. 28-33, a quelque chose de sarcastique.
Versets 34 à 36. La réponse :
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces versets versets 30,31 présentent, dans les manuscrits, diverses variantes, qui ne changent pas essentiellement le sens de la phrase. Le texte ici adopté est celui de Tischendorf.
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Les fils de ce siècle , ou de ce monde, de l'économie présente, c'est-à-dire les hommes mortels qui ne vivent que pour un temps, se marient et donnent leurs filles en mariage , parce qu'il le faut pour perpétuer leur race.
L'expression ce siècle est opposée au siècle à venir ; (verset 35) elle se retrouve aussi à Luc 16.8, mais dans une signification morale.
v. 34-36 · Godet · 18/10/2026
Au point de vue rabbinique, d'après lequel la résurrection est le rétablissement du corps actuel et de toutes les conditions de l'existence terrestre, seulement dans un monde meilleur, la contradiction que faisaient ressortir les sadducéens se produisait réellement. Jésus résout sans peine la difficulté, en transportant, comme dans le cas précédent, la question dans un domaine supérieur, où elle tombe d'elle-même. Dans Marc et Matthieu, la réponse est précédée d'une admonition sévère sur la grossière ignorance spirituelle que suppose une telle question, soit quant à la pensée scripturaire en général, soit plus particulièrement quant à la puissance divine. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Logiquement, la résurrection devrait être nommée avant le siècle à venir , dans lequel elle introduit l'homme ; mais aux yeux de Dieu, les deux ne sont qu'un même acte de sa grâce et de sa toutepuissance.
En parlant de ceux qui auront part à la résurrection et au siècle à venir, le Seigneur n'a en vue que les enfants de Dieu, (verset 36) ceux qui en auront été jugés dignes ou rendus dignes (le mot grec a les deux sens), par le renouvellement intérieur de tout leur être.
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset motive le précédent (car ) ; il donne une double raison de ce fait que le mariage n'existera plus : c'est d'abord, qu'étant immortels, les rachetés n'auront plus à perpétuer leur espèce, c'est, ensuite, qu'ils seront transformés en des êtres spirituels et célestes, semblables aux anges . (Comparer Matthieu 22.30)
La cause efficiente de cette transformation, c'est la résurrection elle-même, par laquelle Dieu crée de nouveau ses enfants à son image, en sorte que la régénération intérieure qui a lieu en eux ici-bas comprendra alors tout leur être, l'esprit, l'âme et le corps. (1Thessaloniciens 5.23)
C'est ce que le texte exprime par cet hébraïsme : être fils de la résurrection , d'où il suit que les ressuscités sont fils de Dieu , dans un sens spécial et complet. (Comparer 1Jean 3.2)
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Moïse même , et non seulement les prophètes, (Esaïe 26.19-21 ; Daniel 12.2) Moïse, la seule autorité reconnue par les sadducéens, a signifié que les morts ressuscitent ; le verbe employé veut dire indiquer, révéler par un signe quelque chose de caché ; c'est ce qui eut lieu par le nom que Dieu se donna dans son apparition à Moise près du buisson ardent . (Exode 3.6 ; comparez Marc 12.26, note.)
Il y a proprement en grec : "Moïse a signifié sur ou à l'occasion du buisson," ce qui veut dire : dans le passage où il raconte la vision du buisson ; cette traduction est confirmée par les mots : quand il nomme le Seigneur , qui montrent que Moïse est ici envisagé comme auteur de l'Exode.
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
La résurrection des morts avait bien été annoncée par Esaïe.26.19-21 et plus complètement, encore par Daniel.12.2. Mais les sadducéens devaient, si possible, être réfutés par une parole de Moïse. Les scribes du parti pharisien s'étaient, sans doute efforcés souvent de découvrir une trace de ce dogme dans le Pentateuque, mais sans y parvenir, pour découvrir ce diamant précieux, il fallait creuser plus profond qu'ils ne savaient le faire. - L'expression ἐπὶ τῆς βάτου, désigne le morceau biblique où se lit ce récit du buisson ardent (Ex.3). […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette citation et sur la conclusion que Jésus en tire, Matthieu 22.32, note.
Luc seul ajoute ces mots remarquables : car tous vivent pour lui .
Tous , tous les croyants, et non seulement les trois patriarches ici nommés, vivent pour Dieu, en relation avec lui, bien que, pour les hommes et pour ce monde, ils soient morts.
v. 39-40 · Godet · 18/10/2026
A l'ouïe de cette réponse prompte et sublime, les scribes, qui avaient en vain cherché ce que Jésus venait de mettre si aisément au grand jour, ne peuvent s'empêcher de lui témoigner leur joyeuse surprise ; et comprenant dès ce moment que chaque piège qui lui sera dressé, sera l'occasion d'une manifestation nouvelle de sa sagesse, ils renoncent à continuer ce genre d'attaque. Sans doute Marc et Matthieu parlent encore d'un scribe qui interroge Jésus sur le premier et grand commandement (Marc.12.28 ; Matth.22.35). […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu rapporte que la foule fut frappée de cette profonde interprétation de l'Ecriture ; et Luc nous apprend que même quelques-uns des scribes , plus éclairés ou plus sincères que les autres, se sentirent pressés de l'approuver ; car (Sin. B), vaincus par lui, ils n'osaient plus lui adresser de question insidieuse.
41 Et il leur dit : Comment dit-on que le Christ est fils de David ? 42 Et David lui-même dit, dans le livre des Psaumes : « Le ✶Seigneur a dit à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, 43 jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour marchepied de tes pieds » f 43f Psaume 110:1 .. 44 David donc l’appelle seigneur ; et comment est-il son fils ?
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
41 à 47
La question posée par Jésus. Avertissement contre les scribes.
v. 41-44 · Godet · 18/10/2026
D'après Luc, c'est aux scribes, qui viennent d'exprimer leur admiration, que Jésus adresse cette question. Marc.12.35 n'indique pas d'auditeurs particuliers : « Jésus dit enseignant dans le temple. » D'après Matthieu.22.41, c'est aux pharisiens encore rassemblés que Jésus s'adresse, ce qui n'est pas en désaccord avec Luc, puisque les scribes présents devaient appartenir au parti pharisien (comp. leur καλῶς εἶπας, tu as bien dit, v. 39, en opposition aux sadducéens), ni avec Marc, puisque d'après lui Jésus interrogeait ainsi devant tout, le peuple (v. 45). […]
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces paroles de Jésus Matthieu 22.41-46 ; Marc 12.35-37, notes.
D'après Luc, Jésus aurait adressé sa question aux scribes qui venaient d'approuver sa réponse aux sadducéens, (verset 39) et cela immédiatement après celle-ci, tandis que Matthieu (Matthieu 22.34 et suivants) place, entre ces deux faits, un entretien avec des pharisiens, auxquels Jésus aurait ensuite posé sa question concernant le fils de David.
D'après Marc, Jésus interroge, d'une manière générale, la foule sur l'enseignement des scribes. Accord sur le fond, variété dans le détail des récits.
45 Et comme tout le peuple écoutait, il dit à ses disciples : 46 Soyez en garde contre les scribes, qui se plaisent à se promener en longues robes, et qui aiment les salutations dans les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les repas ; 47 qui dévorent les maisons des veuves, et pour prétexte font de longues prières ; – ceux-ci recevront une sentence plus sévère.
v. 45-47 · Godet · 18/10/2026
Ce court discours, ainsi que le passage parallèle Marc.12.38-40, n'est que le sommaire du grand discours Matth.23., dans lequel Jésus prononça la malédiction sur les scribes et les pharisiens. On peut l'appeler le jugement des autorités théocratiques ; c'est le prélude du grand discours eschatologique qui suit et qui annonce le jugement de Jérusalem, de l'Eglise et du monde (Matthieu ch. 24 et 25). - Dans le discours Matthieu ch. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 23.6,7, note ; et Marc 12.38, note.
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce dernier et sévère avertissement, concernant l'esprit et la conduite des scribes, se retrouve, à la même place et dans la même forme, Marc 12.38-40. (Voir les notes.)
Les mêmes paroles nous ont été conservées par Matthieu dans le grand discours contre les scribes et les pharisiens, qui remplit le chapitre 23. (Voir Matthieu 23.1,6,7, notes.)