Chez Luc, trois envois d'un serviteur seulement, puis des mauvais traitements, de la part des vignerons, qui vont en s'aggravant (frapper, frapper et outrager, transpercer). Chez Marc de même, avec une différence dans les mauvais traitements (frapper, blesser à la tête, tuer) et l'adjonction de plusieurs serviteurs dans le troisième envoi. Dans Matthieu, deux envois seulement, mais à chaque fois une pluralité de serviteurs ; et, pour les traitements, frapper, tuer, lapider. On peut comprendre aisément que la tradition ait ainsi sans intention modifié le récit. Il faut remarquer chez Luc l'expression προσέθετο πέμψαι il continua d'envoyer, qui est un pur hébraïsme (Gen.4.2 etc), comme le reconnaît Weiss, et qui indique par conséquent une source différente des synoptiques, dans les passages parallèles desquels cet hébraïsme ne se trouve point. - Il est évident que les serviteurs, ou groupes de serviteurs, représentent les prophètes réclamant du peuple et de ses chefs la consécration à Dieu et tous les devoirs qui en découlent. Sur les mauvais traitements de la part des chefs, comp. la parole d'Elie 1Rois.19.14 ; puis les meurtres commis par Manassé, 2Rois.21.10-16 ; spécialement les exemples d'Esaïe, de Zacharie, de Jérémie, d'après l'Ecriture et la tradition juive ; enfin, pour les prophètes en général, Hébr.11.32-38.
Versets 13 à 15. La conduite présente des autorités théocratiques :