1 Et il leur dit aussi une parabole, pour [montrer] qu’ils devaient toujours prier et ne pas se lasser, 2 disant : Il y avait dans une ville un certain juge qui ne craignait pas Dieu et qui ne respectait pas les hommes ; 3 et dans cette ville-là il y avait une veuve, et elle alla vers lui, disant : Venge-moi de mon adversaire. 4 Et il ne le voulut pas pour un temps. Mais après cela, il dit en lui-même : Quoique je ne craigne pas Dieu et que je ne respecte pas les hommes, 5 néanmoins, parce que cette veuve m’ennuie, je lui ferai justice, de peur que, revenant sans cesse, elle ne me rompe a 5a ou : qu’elle ne vienne perpétuellement me rompre. la tête. 6 Et le Seigneur dit : Écoutez ce que dit le juge inique b 6b ailleurs : injuste.. 7 Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et il use de patience [avant d’intervenir] pour eux ? 8 Je vous dis que bientôt il leur fera justice. Mais le fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre ?
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 18. 1 à 8
La parabole du juge inique.
v. 1-3 · Godet · 18/10/2026
Et il y avait une[1] veuve dans cette ville-là, et elle venait vers lui disant : Fais-moi justice de ma partie adverse.
Notes
[1] T. R. lit τις avec A seulement et versions.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
En ces termes , grec disant .
Cette parabole se trouve dans un rapport intime avec le discours prophétique qui précède. C'est ce que Luc indique par l'expression qui lui est familière : Il leur disait aussi .
De plus la nécessité de la prière , de la prière persévérante et sans découragement , résulte des dangers qui environneront l'Eglise et chaque âme individuelle dans le dernier combat qui précédera l'avènement du Sauveur.
La position des chrétiens dans le monde leur fait du reste éprouver en tout temps ce pressant besoin de la prière ; sans elle chacun d'eux serait semblable à cette pauvre veuve, opprimée et destituée de toute protection. (verset 3)
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Ainsi, d'une part, un juge qui n'a aucune crainte de Dieu et aucun égard pour aucun homme , qui, par conséquent, sera sans conscience et sans cœur dans ses procédés ; d'autre part, une pauvre veuve affligée dans ses affections les plus intimes, et, en outre, opprimée par sa partie adverse , tels sont les personnages en présence.
Ce que la veuve demande, ayant le droit de l'attendre d'un juge, ce n'est pas une vengeance , comme le disent nos anciennes versions et même celle de Lausanne, mais (grec) sa délivrance par la justice . (Il en est de même aux versets 7,8)
Et l'évangéliste, en mettant le verbe à l'imparfait : elle venait à lui, indique qu'elle avait réitéré souvent et longtemps sa prière. (verset 4) Ce fut là le moyen de sa délivrance. (verset 5)
v. 4 · Godet · 18/10/2026
pas ; mais après cela il dit en lui-même :
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : me frapper sous les yeux .
Ce mot se retrouve une seule fois encore dans le Nouveau Testament, (1Corinthiens 9.27) dans le sens général de traiter rudement . Les interprètes modernes prennent le mot au propre et supposent que le juge exprime ironiquement la crainte qu'elle ne finisse par se livrer à des voies de fait.
Il est pourtant plus naturel de l'entendre au figuré : me tourmenter, me rompre la tête .
On peut traduire aussi : qu'elle ne vienne jusqu'à la fin .
Le motif égoïste invoqué par le juge est bien en harmonie avec son cynisme : il avoue n'avoir ni crainte de Dieu, ni égard pour personne.
v. 5 · Godet · 18/10/2026
Ἔλεγε δὲ καί : « Ecoutez encore ceci. » - Il faut se garder de retrancher, avec le Cantabrigiensis et quelques byz. postérieurs, le αὐτοῖς, eux, qui rattache étroitement cette parabole à l'enseignement précédent. C'est cette omission dans le T. R. qui fait que le v. 1 a paru à plusieurs n'annoncer qu'une exhortation générale à la prière. - Le πρός, que nous avons traduit par sur, signifie : en rapport avec ce que, ou : au sujet de ce que. […]
v. 6-8 · Godet · 18/10/2026
« Si révoltant que soit le langage de ce juge, écoutez-le pourtant ; vous avez une leçon à en tirer. » Cette forme rappelle tout à fait l'explication de la parabole de l'économe infidèle : si injuste que fût sa conduite, son exemple renfermait cependant quelque chose à considérer (16.8). - Cette parole d'un homme aussi dur renferme l'hommage le plus éclatant qui puisse être rendu à la puissance de la prière persévérante. Combien plus l'Eglise ne fléchira-t-elle pas par ce même moyen le cœur d'un Dieu qui de toute éternité a résolu de la conduire à la gloire ! - Ses élus, ceux que dans sa prescience il a de toute éternité contemplés et aimés comme siens, en tant que croyants. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Ecoutez ! faites attention : ce juge injuste (grec juge de l'injustice , comparez Luc 16.8), dans son égoïsme, a pourtant fini par accorder à la veuve ce qu'elle demandait.
Et Dieu ! le Dieu juste et miséricordieux, fera-t-il moins pour ses élus , ses enfants bienaimés, qui, du sein de l'oppression, crient à lui jour et nuit ! Tel est le point de comparaison qu'il faut bien saisir pour comprendre la parabole.
Ici, comme dans d'autres similitudes, Jésus enseigne, non par analogie, mais par contraste. (Luc 11.5 et suivants ; Luc 16.1 et suivants) Aussi la conclusion ressort-elle d'autant plus vive par un raisonnement à fortiori : à plus forte raison... […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est la réponse à la question du verset précédent. L'idée d'un prompt retour de Christ pour la délivrance des élus est exprimée en divers endroits des Ecritures dans les mêmes termes. (Romains 16.20 ; Apocalypse 1.1 ; 3.11 ; 22.20, etc.)
Si de telles déclarations semblent au premier abord n'avoir pas été réalisées par l'événement, nous devons nous souvenir, d'une part, que ce temps d'attente et d'épreuve qui parait très long à ceux qui souffrent, est pourtant très court aux yeux de Celui pour qui "mille ans sont comme un jour" et qui veut accomplir les desseins de sa miséricorde envers tous ses élus ; (2Pierre 3.8,9) d'autre part, que cette promesse d'une prompte délivrance s'applique, […]
9 Et il dit aussi cette parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s’ils étaient justes, et qui tenaient le reste des hommes pour rien : 10 Deux hommes montèrent au temple pour prier, l’un pharisien, et l’autre publicain. 11 Le pharisien, se tenant à l’écart, priait en lui-même en ces termes : Ô Dieu , je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont ravisseurs, injustes, adultères ; ou même comme ce publicain. 12 Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. 13 Et le publicain, se tenant loin, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant : Ô Dieu , sois apaisé envers moi, pécheur c 13c litt. : le pécheur. ! 14 Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève, sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Enseignements divers. 9 à 14
Parabole du pharisien et du péager.
Cette parabole, particulière à Luc, comme la précédente, est sans relation apparente avec l'enseignement renfermé dans celle-ci. Elle fut provoquée sans doute par quelque manifestation de propre justice qui attira l'attention du Sauveur et de son entourage.
Il est inutile de se demander qui étaient ces quelques-uns à qui Jésus l'adresse plus spécialement. Luc ne le dit pas. Ce n'étaient pas les pharisiens du Luc 17.20, qui paraissent s'être éloignés, tandis que Jésus s'adressait aux disciples. (verset 22) Il est peu probable que Jésus eût mis en scène l'un des leurs en leur présence. […]
v. 9-12 · Godet · 18/10/2026
Qui sont ces τίνες, quelques-uns, dont parle le v. 9 ? Difficilement des pharisiens, comme le croit Reuss. Jésus eût trouvé une autre image pour les représenter, qu'eux-mêmes. Bleek pense que c'étaient des disciples de Jésus. Mais Luc les eût désignés comme tels (16.1). C'étaient plutôt des membres du cortège de Jésus, qui ne s'étaient pas encore ouvertement déclarés pour lui et qui manifestaient un éloignement hautain pour certains pécheurs, péagers ou autres, qui l'accompagnaient ; comp. 19.7. - Le terme σταθείς, se tenant là debout (v. […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur les pharisiens , Matthieu 3.7, note, et, sur les péagers , Matthieu 5.46, note.
Jésus met en présence ces deux hommes dont les dispositions morales sont aux deux pôles extrêmes de la vie religieuse, et leur fait exprimer clairement leurs pensées.
En aucune occasion l'homme ne révèle plus distinctement ce qui remplit son cœur que dans la prière .
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Debout , avec assurance, la tête haute, tout l'opposé du péager. (verset 13)
- Grec : Il priait ces choses à lui-même . Ses pensées, s'arrêtant avec complaisance sur lui-même ne s'élevaient pas jusqu'à Dieu.
Les mots à lui-même manquent dans Sin. et l'Itala. La Peschito traduit : se tenant à part (pour lui-même ). L'ordre des mots dans A, D, majuscules favoriserait cette traduction, mais les commentateurs nient qu'on puisse donner ce sens à la préposition grecque, et les éditeurs du texte préfèrent en général la leçon de B, qui rattache les mots à lui-même au verbe il priait . […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Jeûner deux fois la semaine (le lundi et le jeudi), et donner la dîme de tous ses revenus, tel était le devoir de tout Israélite.
Le pharisien le remplissait, mais il s'en fait ici un titre de propre justice devant Dieu et de gloire devant les hommes. Il était monté au temple pour prier et il n'a rien demandé. Sa prière consiste à énumérer d'abord le mal qu'il ne fait pas, puis le bien qu'il fait ; mais tout cela considéré dans des actes purement extérieurs, dans lesquels ni la conscience ni le cœur n'ont de part.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Tout, dans ce péager, dénote la plus profonde repentance de ses péchés, son attitude aussi bien que ses paroles.
Il se tient à distance du sanctuaire ; il n'ose pas même lever ses regards vers le ciel, de peur d'y rencontrer son Juge ; il se frappe la poitrine , en signe de profonde douleur.
Quant à sa prière, elle est une humble confession et une ardente supplication. Elle n'use pas de beaucoup de paroles, elle est un cri de l'âme.
- Le mot que nous traduisons par sois apaisé signifie sois réconcilié ou propice , dans le sens que nous attachons au mot propitiation . C'est l'idée du pardon complet, accordé par la miséricorde de Dieu.
v. 13 · Godet · 18/10/2026
Les mots : se tenant éloigné (à une plus grande distance de l'autel des holocaustes), font évidemment antithèse au σταθείς, se tenant là, du v. 10. - Se frapper la poitrine : emblème du coup de mort que le pécheur sent avoir mérité de la part de Dieu. Le cœur est frappé, comme siège de la vie personnelle et du péché. Le pharisien ne voyait en lui-même que le juste ; lui ne voyait en lui-même que le pécheur.
Verset 14. Le résultat :
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mot justifié doit être entendu dans le sens que Paul lui donne toujours : être déclaré juste, tenu pour juste de la part de Dieu.
Le péager, en s'en retournant, emporta dans son cœur la douce assurance du pardon de tous ses péchés, avec la paix de Dieu.
Nous voyons par ce passage que la grande vérité de la justification du pécheur sans les œuvres de la loi n'était point exclusivement propre à l'apôtre Paul. Jésus la révèle clairement ici ; bien plus, elle était connue aux fidèles de l'Ancien Testament. (Genèse 15.6 ; Esaïe 53.11 ; Jérémie 23.6) […]
v. 14 · Godet · 18/10/2026
Dans les quatre autres cas où le verbe δικαιοῦν, justifier, se retrouve dans notre évangile (8.29,35 ; 10.2,9 ; 16.15), il signifie évidemment déclarer juste et non rendre juste. Il en est de même ici où cet acte divin est la réponse au ἱλάσθητι, sois apaisé, du péager et fait contraste avec le : se confier en sa justice propre, du pharisien (v. 1). Il est faux d'appeler paulinien cet emploi du mot δικαιοῦν ; il est déjà en usage dans l'A. T. ; comp. Es.50.8 ; 53.11 ; Ps.143.2 ; et cela sur le fondement du λογισθῆναι εἰς δικαιοσύνην, relatif à Abraham (Gen.15.6). […]
15 Et on lui apporta aussi les petits enfants, afin qu’il les touche ; et les disciples, le voyant, reprirent ceux [qui les apportaient]. 16 Mais Jésus, les ayant appelés, dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car à de tels d 16d litt. : car de tels. est le royaume de Dieu . 17 En vérité, je vous dis : Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
15 à 17
Jésus bénit les petits enfants.
Voir, sur ce récit, Matthieu 19.13-15 ; Marc 10.13-16, notes.
C'est ici que Luc rejoint la narration de Matthieu et de Marc, après avoir suivi son récit du voyage de Jésus depuis le Luc 9.51 (voir la note). Jésus se trouve encore dans la Pérée, s'avançant vers Jérusalem.
- L'expression de Luc : on lui présentait même les petits enfants (grec les nourrissons ), montre qu'alors l'influence de Jésus était telle, que des parents, après avoir reçu de lui de grandes bénédictions, désiraient qu'elles s'étendissent jusqu'à leurs petits enfants.
Le verbe à l'imparfait, comme dans Marc, semblerait indiquer que ce fait se produisit plus d'une fois.
v. 15-17 · Godet · 18/10/2026
Par l'expression : « les enfants aussi, » ou « même les enfants, » Luc veut certainement indiquer que la considération dont on entourait Jésus était arrivée à un tel point que… - τὰ βρέφη : les nourrissons. - Il paraissait aux apôtres que c'était abuser de la bonté et du temps de leur maître. La leçon ἐπετίμων, ils reprenaient, pourrait être tirée de Marc, mais la leçon ἐπετίμησαν, ils reprirent, peut aussi l'être de Matthieu. La première indique que l'acte des disciples fut interrompu par l'intervention de Jésus.
Verset 16 Luc, qu'on accuse de malmener les Douze, les traite ici bien moins sévèrement que Marc qui parle de l'indignation de Jésus (ἠγανάκτησε). […]
18 Et un des chefs [du peuple] l’interrogea, disant : Bon maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ? 19 Et Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un [seul], Dieu . 20 Tu sais les commandements : Ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. 21 Et il dit : J’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse. 22 Et quand Jésus eut entendu cela, il lui dit : Une e 22e Une seule. chose te manque encore : vends tout ce que tu as, et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; et viens, suis-moi. 23 Et lui, ayant entendu ces choses, devint fort triste ; car il était extrêmement riche. 24 Et Jésus, voyant qu’il était devenu fort triste, dit : Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! 25 Car il est plus facile qu’un chameau entre par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu . 26 Et ceux qui entendirent cela, dirent : Et qui peut être sauvé ? 27 Et il dit : Les choses qui sont impossibles aux hommes, sont possibles à Dieu . 28 Et Pierre dit : Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. 29 Et il leur dit : En vérité, je vous dis, qu’il n’y a personne qui ait quitté maison, ou parents, ou frères, ou femme, ou enfants, pour l’amour du royaume de Dieu , 30 qui ne reçoive beaucoup plus en ce temps-ci, et, dans le siècle qui vient, la vie éternelle.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce trait, Matthieu 19.16-22, notes ;
Marc 10.17-22, notes.
v. 18-21 · Godet · 18/10/2026
Le terme d'ἄρχων, chef, désigne probablement un chef de synagogue ; comp. Matth.9.18 (ἄρχων) avec Marc.5.22 et Luc.8.41 (ἀρχισυνάγωγος, ἄρχων τῆς συναγωγῆς). Matthieu et Marc disent ici tout simplement εἷς ; plus tard le premier l'appelle ὁ νεανίσκος, le jeune homme (v. 20). Ces différences font dire à Reuss lui-même : Rédactions plus ou moins libres et indépendantes l'une de l'autre. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
18 à 30
Le jeune homme riche. Danger des richesses. La récompense.
Le septième commandement est cité avant le sixième. La même interversion se trouve dans Marc 10.19 ; Romains 13.9. L'ordre habituel est suivi dans Matthieu 19.18.
Dans Exode 20.13-15, quelques manuscrits des Septante portent les commandements dans l'ordre suivant : 7e, 8e, 6e.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : il te reste encore une chose (à faire).
Cette manière de parler ne signifie pas que Jésus approuve son interlocuteur quand il se vante d'avoir gardé tous les commandements de Dieu ; (verset 21) il n'entre point en discussion avec lui sur ce point ; il se contente de lui proposer la seule chose nécessaire : le suivre, en renonçant à tout. Cet ordre sera l'épreuve qui fera tomber ses illusions.
v. 22-23 · Godet · 18/10/2026
A l'ouïe de la réponse du jeune homme (ἀκούσας αῦτα), Jésus prend une résolution subite, celle d'appeler cet homme au nombre de ses disciples permanents, à la condition toutefois qu'il consente à rompre le lien qui pourrait l'empêcher de donner suite à cet appel, la possession de ses biens. Suivre Jésus, c'était bien là le τί, du v. 19, qui pouvait lui assurer la vie éternelle. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu et Marc disent : il s'en alla tout triste.
En effet, le riche n'était sûrement plus présent quand Jésus prononça le discours qui va suivre.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce discours, Matthieu 19.23-26 ; Marc 10.23-27, notes.
Une variante de Sin., B supprime les mots : qu'il était devenu tout triste , et porte simplement : Jésus, le voyant .
v. 24-25 · Godet · 18/10/2026
Marc dit ici en parlant de Jésus : περιβλέψαμενος, ayant promené son regard tout à l'entour de lui ; on sent le récit du témoin. - Ce n'est pas le fait même de la propriété qui empêche l'âme de prendre son essor vers les biens spirituels ; c'est le sentiment de sécurité qui s'y rattache. Aussi, dans Marc, du moins d'après la leçon reçue, Jésus explique-t-il sa première déclaration par une seconde : « Combien il est difficile que ceux qui se confient aux richesses, entrent… » Les Arabes et aussi les rabbins aiment à désigner une chose impossible par l'image d'un chameau pesamment chargé, arrivant, à une porte de ville basse et étroite, par laquelle il devrait passer. […]
v. 26-27 · Godet · 18/10/2026
Jésus, d'après Matthieu et Marc, jette alors sur les disciples un regard plein de gravité (ἐμβλέψας αὐτοῖς, les ayant regardés) : « Ce que vous dites n'est que trop vrai ; mais il y a une sphère où l'impossible devient possible, la sphère de la grâce et de la puissance divines. » Ainsi Jésus élève en un clin d'œil l'esprit de ses auditeurs de l'œuvre humaine, à laquelle seule pensait le jeune homme, à cette œuvre divine de la régénération radicale, qui procède du seul Bon, et dont Jésus est l'instrument. Comp. une ascension d'idée semblable et aussi rapide Jean.3.2-5. - Qu'eût-il mieux valu pour ce jeune homme : abandonner ses biens pour devenir le compagnon d'œuvre des saint Pierre et des saint Jean, ou garder ces propriétés que devaient bientôt dévaster les légions romaines ?
3o Versets 28 à 30. L'entretien au sujet de la personne des disciples.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cet entretien, Matthieu 19.27-29 ; Marc 10.28-30, notes.
Le texte reçu porte ici : nous avons tout quitté et nous t'avons suivi ; correction par laquelle on a voulu conformer les termes de Luc à ceux des deux premiers évangiles.
v. 28-30 · Godet · 18/10/2026
La leçon alex. : ayant tout quitté nous…, fait ressortir mieux que la leçon reçue : nous avons tout quitté et …, cette idée que l'abandon de tout n'a été que la condition de l'acte essentiel de suivre Jésus. - Il y avait eu en effet, dans la vie des disciples, un jour où une alternative toute semblable s'était posée pour eux. Ils l'avaient résolue dans un sens différent. Que devait-il résulter pour eux de cette conduite ? Pierre le demande naïvement au nom de tous. La forme de sa question dans Matthieu : Que nous en arrivera-t-il ? renferme plus positivement que celle de Luc et de Marc l'idée d'une récompense attendue. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Tel est l'ordre de cette énumération dans Sin., B.
Le texte reçu porte : ou parents ou frères ou femme .
31 Et prenant à lui les douze, il leur dit : Voici, nous montons à Jérusalem, et toutes les choses qui sont écrites par les prophètes touchant le fils de l’homme seront accomplies : 32 car il sera livré aux nations ; on se moquera de lui, et on l’injuriera, et on crachera contre lui ; 33 et après qu’ils l’auront fouetté, ils le mettront à mort ; et le troisième jour il ressuscitera. 34 Et ils ne comprirent rien de ces choses ; et cette parole leur était cachée, et ils ne comprirentf 34f litt. : connurent. pas les choses qui étaient dites.
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette annonce des souffrances de Jésus, Matthieu 20.17-19 ; Marc 10.32-34, notes.
C'est la troisième fois que Jésus prédit à ses disciples ce qui va lui arriver. (Luc 9.22,44,45)
Les mots : Voici, nous montons à Jérusalem indiquent que le Sauveur et ses disciples, qu'il avait pris à part pour leur faire cette douloureuse confidence, s'acheminaient alors définitivement vers la ville sainte. Ils en étaient même déjà assez rapprochés. (verset 35)
La fin du verset est susceptible de deux constructions : "les choses écrites pour le fils de l'homme seront accomplies" ou "les choses écrites seront accomplies pour le fils de l'homme."
v. 31-33 · Godet · 18/10/2026
Déjà deux fois Jésus avait annoncé à ses disciples ses prochaines souffrances (9.21 et suiv. ; 9.43 et suiv.). Cependant, comme le prouve la demande des deux fils de Zébédée (Matth.20.20 ; Marc.10.35), il n'avait pas été compris, et leurs espérances étaient toujours tournées vers un règne terrestre très prochain. C'est pourquoi Jésus sent le besoin de revenir une troisième fois sur ce sujet. En agissant ainsi, il travaillait en même temps à diminuer le scandale que cet événement leur causerait et même à en faire un appui de leur foi, lorsqu'ils rapprocheraient plus tard la catastrophe des paroles par lesquelles il les y avait préparés. Comp Matth.20.17 et suiv. ; Marc.10.32 et suiv. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Luc exprime ici en termes plus forts encore qu'ailleurs (comparez Luc 9.45) l'inintelligence des disciples, qui se refusaient à entrer dans la pensée des souffrances et de la mort de leur Maître.
Ils ne pouvaient pas ne pas comprendre le sens littéral de ces paroles ; mais c'est précisément ce sens littéral qu'ils ne voulaient ni croire ni admettre, parce qu'il confondait toutes leurs idées et leurs espérances terrestres. Ils cherchaient donc probablement quelque signification symbolique à la déclaration de Jésus, comme si elle eut été une parabole, et ils n'en trouvaient point.
v. 34 · Godet · 18/10/2026
Voir à 9.45. Cette répétition de la même idée et cette double expression pour l'énoncer ici même montrent combien les apôtres se sont étonnés plus tard de cette inintelligence persistante. - Le terme τὸ ῥῆμα désigne le fait de la mort, comme annoncé. « Pour tout ce qui est contraire au cœur naturel, comme le dit Riggenbach , il se produit dans l'homme un aveuglement. » - Matthieu et Marc racontent ici la demande des fils de Zébédée et ce qui a suivi. Si Luc était aussi ennemi des Douze qu'on le prétend et s'il employait les synoptiques, comment aurait-il omis ce trait ? Volkmar (die Evang. , p. […]
35 Et il arriva, lorsqu’il fut venu dans le voisinage de Jéricho, qu’un aveugle était assis sur le bord du chemin et mendiait. 36 Et entendant la foule qui passait, il demanda ce que c’était. 37 Et on lui rapporta que Jésus le Nazaréen passait. 38 Et il cria, disant : Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! 39 Et ceux qui allaient devant le reprirent afin qu’il se taise ; mais il criait d’autant plus fort : Fils de David ! aie pitié de moi. 40 Et Jésus, s’étant arrêté, ordonna qu’on le lui amène ; et comme il s’approchait, il l’interrogea, [disant] : 41 Que veux-tu que je te fasse ? Et il dit : Seigneur, que je recouvre la vue. 42 Et Jésus lui dit : Recouvre la vue, ta foi t’a guéri g 42g litt. : sauvé.. 43 Et à l’instant il recouvra la vue et le suivit, glorifiant Dieu . Et tout le peuple, voyant cela, donna louange à Dieu .
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Jéricho. 35 à 43
L'aveugle guérit à Jéricho.
v. 35-39 · Godet · 18/10/2026
La ville de Jéricho (ce nom signifie ville des parfums) devait être à cette saison dans toute sa beauté. C'était, comme on l'a appelée, l'Eden de la Palestine (Edersheim : Un bosquet de palmiers, de rosés et d'arbres à baume). Elle était située à une demi-lieue au nord-ouest du misérable hameau actuel qui porte encore ce nom. - A remarquer la construction hébraïque du v. 35, qui ne se trouve ni dans Matthieu ni dans Marc ; ce serait donc Luc qui l'aurait introduite, s'il n'avait pas sa source propre ! - Le mot ἐγγίζειν, approcher, ne laisse aucun doute sur l'endroit où eut lieu le miracle. C'était avant d'entrer dans la ville. D'après Marc et Matthieu, ce fut en sortant de la ville. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur la guérison de cet aveugle, Matthieu 20.29-34 ; Marc 10.46-52, notes.
Sur Jéricho, voir Luc 19.1, note.
v. 40-42 · Godet · 18/10/2026
Rien de plus naturel que le changement subit qui s'opère dans la conduite de la multitude, aussitôt qu'elle remarque la disposition favorable de Jésus ; c'est là un trait bien authentique conservé par Marc. A remarquer aussi tous les détails de son récit, v. 49. - Avec une majesté vraiment royale, Jésus semble ouvrir au mendiant les trésors du pouvoir divin : « Que veux-tu que je te fasse ? » Il lui donne, si l'on peut dire ainsi, carte blanche. Ce n'est pas un homme qui ne dispose que de simples moyens psychiques toujours bien problématiques, qui pourrait répondre de cette manière. […]
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette double remarque, que l'aveugle guéri glorifiait Dieu et que tout le peuple , témoin de cette scène admirable, se joignait à lui pour donner louange à Dieu , est particulière à Luc.
v. 43 · Godet · 18/10/2026
Jésus permet à Bartimée de donner essor à sa reconnaissance, et à la foule d'exprimer hautement son admiration et sa joie. Le temps des ménagements est passé. Ces sentiments auxquels se livre la multitude sont le souffle avant-coureur de la Pentecôte anticipée qui s'appelle le jour des Rameaux. Δοξάζειν, glorifier, se rapporte plutôt à la puissance, ὁ αἶνος, la louange, à la bonté de Dieu (2.20).
La supériorité incontestable du récit de Marc force Bleek à renoncer ici, au moins en partie, à son insoutenable procédé par lequel il fait de Marc le compilateur des deux autres. Il reconnaît que, tout en usant du récit des deux autres. […]