Rien de plus naturel que le changement subit qui s'opère dans la conduite de la multitude, aussitôt qu'elle remarque la disposition favorable de Jésus ; c'est là un trait bien authentique conservé par Marc. A remarquer aussi tous les détails de son récit, v. 49. - Avec une majesté vraiment royale, Jésus semble ouvrir au mendiant les trésors du pouvoir divin : « Que veux-tu que je te fasse ? » Il lui donne, si l'on peut dire ainsi, carte blanche. Ce n'est pas un homme qui ne dispose que de simples moyens psychiques toujours bien problématiques, qui pourrait répondre de cette manière. L'aveugle avait entendu parler des nombreuses guérisons opérées par Jésus, et sans doute aussi de la résurrection de Lazare qui avait eu lieu à quelques lieues de distance. De là la foi qui s'exprime si simplement dans sa réponse. - En répondant à la demande de l'aveugle, v. 42, Jésus dit : ta foi, non : ma puissance, pour lui faire sentir le prix de cet acte moral, et cela certainement en vue du miracle spirituel, plus important encore, qu'il reste à opérer chez lui.