1 Or la fête des pains sans levain, qui est appelée la Pâque, approchait. 2 Et les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient comment ils pourraient le faire mourir ; car ils craignaient le peuple.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Les souffrances et la mort de Jésus. Le complot contre Jésus. Chapitre 21. 1 à 6
La trahison de Judas.
Voir Matthieu 26.1-5, notes, et Marc 14.1,2, notes.
Luc se borne à dire que la Pâque approchait ; Matthieu et Marc indiquent d'une manière plus précise que cette fête allait avoir lieu "dans deux jours."
Quant à la date du jour où Jésus célébra la Pâque, l'évangile de Jean indique le 13 nisan, tandis que les synoptiques paraissent la fixer au 14 nisan.
Voir, sur cette question difficile, Jean 13.1, note.
v. 1-2 · Godet · 18/10/2026
Le mot approchait fait naturellement penser au mercredi, ce qui s'accorde avec l'expression dans deux jours de Matth.26.2 et de Marc.14.1, puisque, comme nous le verrons, le repas pascal devait avoir lieu cette année-là le vendredi soir. - La fête des pains sans levain comprenait proprement, d'après Ex.12.18 ; Lév.23.5-6, les sept jours du 15 au 21 nisan ; comp. Josèphe, Antiq. III, 10, 5 : « Au quinzième (nisan) la fête des pains sans levain succède à la Pâque » (au repas pascal célébré la veille, le soir du 14). […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu (Matthieu 26.3-5, notes) nous dit, avec plus de détails, quelle était la perplexité des chefs de la théocratie.
Déjà ils avaient résolu dans un conseil solennel de faire mourir Jésus ; (Jean 11.47 et suivants) mais ils cherchaient de quelle manière ils le feraient mourir (grec le comment ) à cause de la crainte qu'ils avaient du peuple, empressé à écouter le Sauveur, (Luc 21.38) et parmi lequel Jésus avait une foule d'adhérents.
Ils craignaient qu'il ne se fit quelque sédition parmi les foules immenses qui remplissaient la ville à ce moment. L'autorité romaine serait alors intervenue et aurait fait avorter leurs desseins. Il fallait donc éviter de les exécuter pendant la fête ; mais l'offre de Judas (verset 3) les amena à se départir de ces prudentes résolutions et vint accomplir les desseins de Dieu.
3 Et Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote, qui était du nombre des douze ; 4 et il s’en alla et parla avec les principaux sacrificateurs et [les] capitaines sur la manière dont il le leur livrerait. 5 Et ils se réjouirent, et convinrent de lui donner de l’argent. 6 Et il s’engagea ; et il cherchait une bonne occasion pour le leur livrer sans que la foule y soit.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 26.14-16, notes, et Marc 14.10,11.
Outre les causes morales du crime de Judas, l'avarice et la haine, Luc et Jean s'accordent à l'attribuer à l'influence de Satan . Ce dernier évangéliste marque même une gradation dans cette influence en disant (Jean 13.2) que Satan lui avait "mis au cœur" de trahir Jésus, et en ajoutant (Jean 13.27) qu'au dernier moment Satan entra en lui .
Cette expression, dans laquelle se rencontrent les deux évangélistes, signifie que Satan finit par vaincre les derniers scrupules du disciple et déterminer sa résolution. Telle est l'histoire de toutes les chutes.
Le Sauveur lui-même voit une œuvre de la "puissance des ténèbres" dans le crime individuel et national que son peuple allait commettre. (verset 53)
- Les mots ajoutés au nom de Judas : qui était du nombre des douze apôtres , relèvent le contraste tragique entre la vocation et l'action de cet homme.
v. 3-6 · Godet · 18/10/2026
Luc attribue la démarche de Judas à une influence diabolique ; il dit même que Satan entra en lui. Il signale ainsi, d'une manière générale, l'intervention d'un agent supérieur dans ce forfait extraordinaire ; Jean, qui tient à caractériser les degrés du crime, distingue plus exactement le moment où Satan jeta dans le cœur de Judas la première pensée du crime (Jean.13.2), et celui où il entra en lui de manière à prendre entièrement possession de sa volonté (Jean.13.27). D'après l'intuition biblique, cette intervention de Satan n'exclut nullement la liberté de Judas. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est-à-dire que Judas, prenant l'initiative de sa trahison, alla offrir aux chefs du peuple de leur livrer son Maître. (Matthieu 26.15, note.) Puis il y eut entre eux et lui une convention mutuelle. (vers. 5.)
- Les officiers étaient les commandants de la garde du temple. (Luc 22.52 ; Actes 4.1) Ils assistaient à ce conciliabule, parce qu'ils devaient opérer l'arrestation de Jésus.
7 Et le jour des pains sans levain, dans lequel il fallait sacrifier la pâque, arriva. 8 Et il envoya Pierre et Jean, disant : Allez, et apprêtez-nous la pâque, afin que nous la mangions. 9 Et ils lui dirent : Où veux-tu que nous l’apprêtions ? 10 Et il leur dit : Voici, quand vous entrerez dans la ville, un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez-le dans la maison où il entrera. 11 Et vous direz au maître a 11a litt. : au maître de maison. de la maison : Le maître b 11b celui qui enseigne. te dit : Où est le logis où je mangerai la pâque avec mes disciples ? 12 Et lui vous montrera une grande chambre c 12c chambre à l’étage supérieur, servant de salle à manger. garnie ; apprêtez là [la pâque]. 13 Et s’en étant allés, ils trouvèrent [tout] comme il leur avait dit ; et ils apprêtèrent la pâque.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Dernière soirée de Jésus avec ses disciples. 7 à 23
La Pâque et la Cène.
Voir, sur ce récit, Matthieu 26.17-29, notes, et Marc 14.12-25, notes.
Luc est plus précis encore que les deux premiers évangélistes sur ce jour qui arriva, auquel il fallait (selon la loi) immoler la Pâque. Evidemment il désigne ainsi le 14 du mois de nisan. Seulement, comme chez les Juifs un jour de sabbat ou de fête commençait la veille à six heures du soir, au coucher du soleil, et durait toute la nuit et le lendemain, on a supposé qu'il pouvait s'agir ici de la veille du 14, c'est-à-dire le 13 au soir.
Cette question est importante dans la recherche d'une harmonie entre les synoptiques et saint Jean. (Voir Jean 13.1, note ; Marc 15.21, note.)
v. 7-9 · Godet · 18/10/2026
Il y a une différence marquée entre le ἦλθε, arriva, du v. 7 et le ἤγγιζε, approchait, du v. 1. Le terme approchait nous replaçait à un ou deux jours avant la Pâque ; le mot arriva désigne le commencement du jour de l'immolation de l'agneau, du 14. D'ordinaire on conclut de là que le moment ainsi désigné ne peut être que le 14 au matin. C'est à tort. D'après la manière de compter juive, le 14 commençait légalement la veille du jour précédent entre les deux soirs, à l'approche du coucher du soleil, de sorte que la soirée du jour que nous appelons le 13, ainsi que la nuit qui le suivait, appartenait déjà au 14. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après Matthieu et Marc, ce sont les disciples qui prennent l'initiative en demandant à Jésus : "Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ?"
- Luc seul nomme Pierre et Jean. Il importait à Jésus d'envoyer les deux disciples en qui il avait le plus de confiance. (Voir la note suivante.)
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mystère dont Jésus entoure leur mission s'explique par les dangers de la situation où il se trouvait. (Voir Marc 14.15, note.)
v. 10-13 · Godet · 18/10/2026
Pourquoi Jésus ne désigne-t-il pas nommément, l'hôte qu'il a en vue ? Il n'y a qu'une réponse : il veut que la maison où il compte célébrer le repas reste inconnue à ceux qui l'entourent. Et dans quel but ces mesures mystérieuses ? Jésus connaissait les projets de Judas ; tout le récit du repas qui va suivre le démontre. Il voulait donc, en agissant de la sorte, prévenir les empêchements que la perfidie de son disciple aurait pu lui susciter dans l'emploi de cette dernière soirée. - Entre le signe indiqué et les usages juifs, il y a peut-être une relation remarquable. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette préparation consistait à se procurer avant le soir tout ce qui, selon la loi, était nécessaire pour le repas de la Pâque : un agneau rôti, des herbes amères, du vin, etc.
14 Et quand l’heure fut venue, il se mit à table, et les [douze] apôtres avec lui. 15 Et il leur dit : J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre ; 16 car je vous dis que je n’en mangerai plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu . 17 Et ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez ceci et distribuez-le entre vous, 18 car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. 19 Et ayant pris un pain, [et] ayant rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ; 20 – de même la coupe aussi, après le souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous ; 21 mais voici, la main de celui qui me livre est avec moi à table. 22 Et le fils de l’homme s’en va bien, selon ce qui est déterminé ; mais malheur à cet homme par qui il est livré ! 23 Et ils se mirent à s’entre-demander l’un à l’autre, qui donc serait celui d’entre eux qui allait faire cela.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
L'heure , celle que Jésus avait fixée à ses disciples et qui était l'heure ordinaire du repas pascal.
- Le texte reçu porte : les douze apôtres ; le mot souligné est emprunté à Matthieu et Marc, qui disent simplement : avec les douze .
Les évangélistes insistent sur le fait que Jésus célébra la Pâque et la cène avec les apôtres seuls.
v. 14-18 · Godet · 18/10/2026
Dans les trois synoptiques le récit de ce repas contient ces trois éléments : d'abord l'expression des sentiments personnels de Jésus - c'est par la que Luc commence, que Matthieu et Marc finissent ; - puis l'institution de la sainte Cène - elle forme le centre du récit dans les trois récits ; - et la révélation de la trahison et du traître - c'est par là que Luc finit, que Matthieu et Marc commencent. On voit comment les faits eux-mêmes s'étaient profondément gravés dans la mémoire des témoins, mais combien était secondaire l'intérêt attaché par la tradition à l'ordre chronologique. Le mythe, au contraire, aurait tout créé d'une pièce, et l'ordre du récit serait identique. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : J'ai désiré avec désir : locution par laquelle les Septante rendent souvent un hébraïsme destiné à marquer l'intensité de l'action ou du sentiment. Comparer les expressions similaires : se réjouir avec joie ; (Jean 3.29) menacer avec menace . (Actes 4.17, etc.)
Qu'est-ce qui inspirait au Sauveur cet ardent désir ? C était son amour pour les siens, pour notre humanité que ses souffrances allaient sauver, pour Dieu son Père que la rédemption du monde devait glorifier.
Jésus s'oublie, se sacrifie entièrement lui-même. Il n'avait qu'une crainte : c'est qu'au milieu des embûches de ses ennemis, il ne pût célébrer avec les siens la Pâque et instituer la cène.
Les mots : avant que je souffre trahissent ce sentiment délicat et profond. Luc seul nous a conservé cette parole.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le sens de ces paroles et du Luc 22.18,Matthieu 26.29, note.
D'après Matthieu et Marc, Jésus aurait exprimé cette pensée profonde, non en célébrant la Pâque , mais après avoir institué la cène, ce qui parait plus naturel.
Mais, au fond, comme Jésus envisageait ces deux institutions dans leur sens spirituel le plus élevé, elles pouvaient se confondre dans sa pensée. N'allait-il pas substituer à l'agneau pascal "l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde," et qui est le vrai objet de la cène ?
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : ayant reçu , accepté, une coupe (qu'on lui présentait), non la coupe , comme disent nos versions ordinaires, mais l'une des coupes qui servaient an repas de la Pâque, et qui circulaient plusieurs fois pendant ce repas. (Matthieu 26.16, 1e note.)
Ce n'est qu'à verset 20 que Jésus donne la coupe de la cène.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces deux expressions : accomplie dans le royaume de Dieu (verset 16) et le royaume de Dieu venu , sont synonymes ; elles indiquent l'état de perfection où les symboles auront fait place aux réalités éternelles.
On peut conclure de ces paroles "je ne boirai plus désormais (grec dès maintenant ) du produit de la vigne" que Jésus n'a pas bu de la coupe de la cène. (verset 20)
Matthieu, qui place cette parole après l'institution de la cène, affirmerait au contraire la participation de Jésus à la coupe ; mais c'est peut-être presser un peu trop les termes du premier évangile.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur l'institution de la cène, Matthieu 26.26-28, notes, et Marc 14.22-25, notes.
Les deux premiers évangiles disent simplement : ceci est mon corps ; les mots : qui est donné pour vous , sont particuliers à Luc, dont la relation est conforme à celle de Paul, (1Corinthiens 11.24) sauf qu'elle substitue le mot donné à celui de rompu .
Ce dernier terme correspondait exactement à l'action symbolique que Jésus accomplissait alors en rompant le pain ; et il annonçait que le corps du Sauveur allait être brisé dans les souffrances et la mort. […]
v. 19-20 · Godet · 18/10/2026
L'institution de la sainte Cène forme dans les trois évangiles le centre du récit. Cet acte solennel paraît, correspondre à la seconde et à la troisième phases du repas pascal réunies. A l'explication que le père de famille donnait du sens de la cérémonie, Jésus rattacha sans doute celle qu'il avait à donner sur la substitution de sa personne à l'agneau pascal comme moyen de salut, et sur la différence entre les deux délivrances ainsi accomplies. Puis, prenant le pain, il le consacra par l'action de grâces pour être désormais le mémorial du salut obtenu par sa mort. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce de même aussi reporte la pensée sur le verset précédent et signifie : "Il prit la coupe et, avant rendu grâce, il la leur donna," ce qui se trouve expressément dans Matthieu et Marc.
Les termes de Luc sont littéralement empruntés à l'apôtre Paul. (1Corinthiens 11.25) Luc dit que Jésus prit la coupe après avoir soupé , exactement comme Paul. (1Corinthiens 11.25)
On a voulu conclure de cette indication que Jésus n'institua la cène qu'après l'achèvement complet du souper pascal. Mais elle ne se rapporte qu'à la distribution de la coupe. Elle marque plutôt qu'un certain temps s'écoula entre le moment où Jésus rompit le pain et celui où il donna la coupe. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir sur la désignation du traître, Matthieu 26.21-25, notes, et comparez Marc 14.18-21 et Jean 13.21-30.
Il ne paraît pas que Luc observe ici l'ordre dans lequel les faits se succédèrent. Il semble bien plutôt se proposer de mettre en contraste l'amour du Sauveur, l'élévation sublime de ses pensées, avec les desseins odieux de Judas et même avec les sentiments encore si égoïstes des autres disciples. (verset 24)
En effet, il place l'incident relatif à Judas immédiatement après la célébration de la cène, en sorte que le traître, que Jésus allait dévoiler, l'aurait reçue de sa main, avec les autres. […]
v. 21-23 · Godet · 18/10/2026
A la vue de cette coupe qui passe entre les disciples, l'attention de Jésus se fixe sur Judas. Parmi ces cœurs qu'unit désormais un lien si étroit, il en est donc un qui fait disparate, qui reste en dehors du salut commun et qui court, à sa ruine ! Ce contraste déchire le cœur de Jésus. Πλήν, excepté, annonce précisément l'exception que forme Judas dans ce cercle d'amis ; ἱδού, voici, a trait à la surprise qu'une révélation si inattendue doit produire chez les disciples. Ainsi, d'après Luc, Judas a assisté à la célébration de la sainte Cène. Les narrations de Matthieu et de Marc ne conduisent pas au même résultat. Celle de Matthieu le contredit même positivement. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce qui a été déterminé par Dieu même. Matthieu et Marc disent : "selon qu'il est écrit de lui." Jésus voit donc dans sa mort, qu'allait amener le crime de Judas, l'accomplissement de la volonté de Dieu son Père.
Ce malheur ! est accompagné, dans les deux premiers évangiles, de l'énoncé de la triste condition dans laquelle Judas se place. Le traître demande alors, comme les autres disciples : Est-ce moi, rabbi ? Sur quoi Jésus lui répond : Oui, tu l'as dit .
Et ces paroles du Sauveur auraient été prononcées immédiatement après que Judas aurait reçu la cène de sa main !
24 Et il arriva aussi une contestation entre eux [pour savoir] lequel d’entre eux serait estimé le plus grand. 25 Et il leur dit : Les rois des nations les dominent, et ceux qui exercent l’autorité sur elles sont appelés bienfaiteurs ; 26 mais il n’en sera pas ainsi de vous ; mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui conduit comme celui qui sert. 27 Car lequel est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. 28 Mais vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations. 29 Et moi, je vous confère un royaume comme mon Père m’en a conféré un, 30 afin que vous mangiez et que vous buviez à ma table dans mon royaume ; et que vous soyez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d’Israël.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
24 à 38
Derniers entretiens.
Ce n'était pas la première fois que les disciples étaient occupés de ces pensées d'orgueil et d'ambition. (Luc 9.46 ; Matthieu 18.1 ; Marc 9.35, voir les notes.)
La raison de la nouvelle contestation , qui s'éleva au moment où l'on se mettait à table (verset 21 note) pouvait être la place d'honneur à laquelle chacun prétendait, ou encore le fait que nul ne voulait se charger des soins relatifs à l'ablution des pieds, qui était en usage chez les Juifs avant chaque repas. Si telle était la cause de leur dispute, l'acte de profonde humilité qu'accomplit Jésus en lavant lui-même les pieds de tous était encore plus propre à les couvrir de confusion.
Quoi qu'il en soit, ce débat si inconvenant à cette heure avait ses vraies causes dans le pauvre cœur de l'homme ; il a constamment reparu dans l'Eglise et a puissamment contribué à la corrompre.
v. 24-27 · Godet · 18/10/2026
La transition δὲ καί est très peu précise ; elle rattache simplement la discussion suivante à la précédente (v. 23), mais non chronologiquement. Luc ignorait sans doute à quel moment elle avait eu lieu ; il savait seulement qu'elle appartenait à ce repas. La comparaison des paroles de Jésus v. 26 et 27 avec le récit de Jean ne me paraît pas laisser de doute sur la relation de cette querelle avec le fait du lavement des pieds. Elle a donc eu lieu plutôt, comme vraisemblablement celui-ci, au commencement du repas. A quelle occasion ? On a supposé que ce qui y donna lieu, fut la question de savoir qui laverait les pieds du Maître et ceux des autres disciples. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces paroles, Matthieu 20.25-28, notes ; Marc 10.42-45.
Dans les deux premiers évangiles, cette exhortation s'adressait aux fils de Zébédée : elle était destinée à réprimer leur ambition. N'estil pas tout naturel de penser que Jésus en fit dans une situation analogue une application nouvelle à tous ses disciples ?
- Le terme de bienfaiteur était un titre souvent donné par flatterie à des princes qu'on voulait distinguer comme ayant bien mérité de leur pays et de leur peuple.
- Le mot que nous traduisons par le plus petit signifie proprement le plus jeune , et l'on peut, avec plusieurs interprètes, l'entendre dans ce sens, parce que c'est ordinairement le plus jeune qui doit respecter les plus âgés et les servir.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Quelle puissance il y avait dans l'exemple d'humilité et de dévouement que Jésus donnait à ses disciples !
Dans toute sa vie, il fut comme celui qui sert ; (comparez Matthieu 20.28 ; Philippiens 2.7) mais il est probable qu'ici il fait une allusion particulière au service d'esclave qu'il venait de rendre aux siens, en leur lavant les pieds.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Après avoir humilié ses disciples, Jésus les relève en approuvant leur fidélité à rester auprès de lui dans ses épreuves , et en leur annonçant la haute position qu'il leur destine dans son royaume. (versets 29,30)
Ce que le Sauveur appelle ses épreuves ou ses tentations (le mot original a les deux sens), ce sont toutes les persécutions, les mépris, les haines, les souffrances qu'il dut essuyer de la part du monde, et que ses disciples partagèrent avec lui. (Hébreux 2.18 ; 4.15)
v. 28-30 · Godet · 18/10/2026
Peut-être, en insistant sur le mot vous, Jésus pense-t-il à Judas qui, lui, n'avait pas persévéré, il y a de la reconnaissance dans ce mot : Vous avez tenu bon avec moi ! - Les épreuves ou tentations sont les privations, la vie de foi, les calomnies, les embûches, le rejet de la part du peuple et de ses chefs. Ce n'était pas peu de chose, de la part de ces pauvres Galiléens, d'avoir persévéré dans leur attachement à Jésus en dépit de cette antipathie générale et de la haine des directeurs de la conscience nationale.
Versets 29 et 30. Le κἀγώ, et moi, répond au ὑμεῖς, vous , du v. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Toutes ses prérogatives, le Fils de Dieu les partage avec ses disciples.
Etre assis à sa table, dans son royaume , c'est l'image d'une communion intime avec lui et de la plénitude de la vie et de la joie célestes. (verset 16, note ; Luc 13.29 ; Matthieu 8.11, note.)
Etre assis sur des trônes et prendre part au jugement du monde, c'est être associé à la puissance et à la gloire du Sauveur lui-même. (Matthieu 19.28, note.)
Ici, Jésus ne dit plus douze trônes ; Judas était déchu de sa dignité d'apôtre.
31 Et le Seigneur dit : Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; 32 mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères. 33 – Et il lui dit : Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort. 34 – Et il dit : Pierre, je te dis : le coq ne chantera point aujourd’hui, que premièrement tu n’aies nié trois fois de me connaître.
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Matthieu 26.31-35 ; Marc 14.27-31.
- Si les mots : Mais le Seigneur dit sont authentiques (ils manquent dans B et quelques manuscrits, et dans les versions égyptiennes, Tischendorf et Westcott et Hort les suppriment), ils indiquent que Jésus commence ici un nouveau discours pour dévoiler aux disciples les dangers qui les menacent ; et, par la particule mais, ces dangers sont opposés aux magnifiques destinées que Jésus venait d'ouvrir à leurs yeux. (versets 29,30)
- Luc seul nous a conservé ces paroles profondes et émues de Jésus à Pierre. […]
v. 31-34 · Godet · 18/10/2026
Que les mots : Et le Seigneur dit, soient authentiques ou non, il est difficile de trouver une relation entre cet avertissement donné à Pierre et la promesse qui a précédé. Hofmann suppose que Pierre avait été froissé par la discussion sur la question : « Qui est le plus grand ? » qui lui paraissait toute résolue, et que Jésus veut, effacer ce léger froissement par une tristesse plus sérieusement motivée. On pourrait penser que la sortie de Judas, qui avait eu lieu peu d'instants auparavant, l'avait conduit à penser au rôle que le tentateur allait, jouer auprès de tous les autres disciples, de Pierre en particulier. […]
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Quel contraste entre ces paroles et celles qui précèdent Satan veut vous perdre, mais moi qui le sais, qui veille sur vous, qui suis plus puissant que lui, j'ai prié pour toi !
Quand ? Si l'on admet, avec Matthieu et Marc, que cet entretien eut lieu sur le chemin de Gethsémané, on peut penser que Jésus fait allusion à la prière sacerdotale ; (Jean 17.9 et suivants) si, comme le rapportent Luc et Jean, ces paroles ont été prononcées encore dans la salle du souper, Jésus indique une prière spéciale qui s'est élevée de son cœur à Dieu pour la délivrance de son disciple. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces versets, (versets 33,34) Matthieu 26.33-35 ; Marc 14.29-31, notes ; comparez Jean 13.37,38.
Ni l'avertissement du Sauveur, ni la prédiction si précise de sa chute ne purent dissiper la présomptueuse confiance du disciple en ses propres forces. Il apprendra à ses dépens à se connaître lui-même.
35 Et il leur dit : Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac et sans sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? Et ils dirent : De rien. 36 Il leur dit donc : Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, et de même [celui qui a] un sac, et que celui qui n’a pas [d’épée] vende son vêtement et achète une épée. 37 Car je vous dis, qu’il faut encore que ceci qui est écrit, soit accompli en moi : « Et il a été compté parmi les iniques » d 37d Ésaïe 53:12 .. Car aussi les choses qui me concernent vont avoir leur fin. 38 Et ils dirent : Seigneur, voici ici deux épées. Et il leur dit : C’est assez.
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
La fin du discours, (versets 35-38) que Luc seul a conservée, est bien en harmonie avec les avertissements qui précèdent, et les images saisissantes dont Jésus revêt sa pensée sont de nature à les faire pénétrer plus profondément dans le cœur des disciples.
Il leur rappelle d'abord les temps plus faciles de leur première mission où, étant encore avec eux, il les avait envoyés sans provisions de voyage, et où Dieu avait pourvu à tout pour eux, tellement qu'ils confessent avec joie qu'ils n'ont manqué de rien, (Luc 9.3 ; 10.4 ; Matthieu 10.9 ; Marc 6.8)
Mais maintenant qu'il leur sera ôté, ils vont entrer dans une période beaucoup plus rude et plus dangereuse de leur vocation, et ils doivent se munir de tout ce qui leur sera nécessaire dans leurs privations et leurs combats. On trouve une idée analogue exprimée par d'autres images dans Matthieu 9.15 et dans Luc 5.34.
v. 35-38 · Godet · 18/10/2026
Jusqu'alors les apôtres, couverts par la faveur dont jouissait Jésus auprès d'une partie du peuple, avaient mené une vie relativement facile. Mais le conflit suprême entre lui et les autorités juives, qui allait éclater, devait changer absolument cette position favorable ; et comment, pendant tout, le reste de leur carrière, les apôtres ne subiraient-ils pas le contre-coup de ce qui allait se passer ? C'est la pensée qui en ce moment préoccupe le Seigneur. Il l'individualise fortement dans les images suivantes. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Prenne sa bourse et son sac dans ses voyages, afin de se rendre, autant qu'il est possible, indépendant des hommes, quand ceux-ci lui seront hostiles.
Depuis Théodore de Bèze, nos versions ordinaires rendent ainsi cette dernière phrase : "et que celui qui n'a point d'épée vende son manteau et en achète une."
Et plusieurs interprètes soutiennent ce sens, qui n'est point inadmissible. Le tour que nous adoptons, avec un grand nombre de traducteurs et d'interprètes, est plus conforme au texte original et plus naturel, car celui-là seul qui n'a ni bourse ni sac (point d'argent) se trouve dans la nécessite de vendre son manteau pour acheter une épée . […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Esaïe 53.12. Jésus, en citant cette prophétie, motive l'exhortation qui précède (car ) ; les disciples d'un Maître compté parmi les iniques ou les transgresseurs de la loi, les malfaiteurs, ne doivent pas s'attendre à être traités mieux que lui dans le monde.
Et non seulement cette prophétie va s'accomplir en lui , mais tout ce qui le concerne , tout ce qui a été écrit de lui, toute sa destinée sur la terre touche à sa fin .
Le texte reçu avec quelques majuscules et les anciennes versions (syriaque, Itala) ont : "doit encore s'accomplir en moi." Le mot souligné manque dans Sin., A, B, D, M. Godet, Weiss et d'autres le maintiennent parce qu'on s'explique difficilement qu'il ait été introduit s'il n'est pas authentique.
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans leur naïve ignorance, les disciples produisent deux épées , dont ils s'étaient pourvus en prévision des dangers qui les attendaient durant la nuit ; et Jésus, avec une douloureuse ironie, leur dit : Cela suffit !
On a prétendu que cette dernière parole ne renfermait aucune allusion aux deux épées ; qu'elle avait ce sens : Assez de ces pensées auxquelles vous n'entendez rien, n'en parlons plus. Mais il est plus naturel d'admettre que Jésus a voulu dire : Ces deux épées sont plus que suffisantes, puisque ce n'est pas avec des armes de ce genre que vous défendrez la vérité et établirez mon règne dans le monde !
39 Et sortant, il s’en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. 40 Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit : Priez que vous n’entriez pas en tentation. 41 Et il s’éloigna d’eux lui-même environ d’un jet de pierre, et s’étant mis à genoux, il priait, 42 disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. 43 Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. 44 Et étant dans [l’angoisse du] combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre. 45 Et s’étant levé de sae 45e litt. : la. prière, il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse ; 46 et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et priez afin que vous n’entriez pas en tentation.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Gethsémané. 39 à 53
L'agonie de Jésus.
Voir, sur les souffrances morales de Jésus en Gethsémané, Matthieu 26.36-46 ; Marc 14.32-42, notes.
Luc rapporte cette scène plus en abrégé que les deux premiers évangélistes ; mais il y ajoute quelques traits importants qui lui sont propres, et que nous devons relever.
- Etant sorti , de la maison et de la ville, il descendit dans la vallée du Cédron ; au delà du torrent s'élève la montagne des Oliviers . Au pied de cette montagne, se trouvait, dans un lieu solitaire, le jardin de Gethsémané, qu'on montre encore aux voyageurs. Il s'y rendit selon sa coutume , ajoute Luc, parce que, quand il était à Jérusalem, (comparez Luc 21.37,38) il se retirait dans cette solitude avec ses disciples. Il ne cherche donc pas à échapper à Judas.
v. 39-40 · Godet · 18/10/2026
Le mot étant sorti, (v. 39) comprend la sortie de la salle et celle de la ville. Le terme : la montagne des Oliviers, qu'emploient ici nos trois synoptiques, désigne, dans un sens large, le pied de la montagne qui commence dès qu'on a passé le Cédron ; comp. Jean.18.1. L'angle nord-ouest de l'enclos que l'on montre actuellement comme jardin de Gethsémané, est à une cinquantaine de pas seulement du lit du torrent. Le petit détail selon sa coutume signifie : sans chercher à échapper à Judas qui devait venir le chercher là. - Aussi : malgré le danger qui les menaçait.
Verset 40. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après Matthieu et Marc, Jésus adressa cette exhortation aux disciples un peu plus tard, après avoir prié lui-même, et lorsque, revenant à eux, il les trouva endormis.
Mais il est probable qu'il les exhorta plus d'une fois à la vigilance et à la prière, (verset 46) dans cette nuit terrible, où Satan allait les "cribler comme le blé." (verset 31)
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Lui-même , lui seul, en particulier, s'éloigna d'eux .
Ici se trouve un verbe au passif qui indique un mouvement violent : il fut arraché, entraîné loin d'eux par la force de l'angoisse, qui lui faisait éprouver l'impérieux besoin d'être seul, seul avec Dieu.
Et c'est devant Dieu, en effet, qu'il se mit à genoux et pria .
Matthieu dit ici qu'il "tomba sur son visage,"
Marc qu'il "tomba sur la terre."
v. 41-43 · Godet · 18/10/2026
[1]Et un ange du ciel lui apparut et le fortifiait.
Notes
[1] A B R T omettent les 2 versets 43 et 44 ; E et 4 Mjj. les marquent d'un signe de doute ; ils se lisent dans ℵ D et 10 Mjj. It. Syr. (avec Syrcur). Just. Ir. connaissent le v. 44. Voir, pour les autres Pères, Tischendorf.
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : si tu veux faire passer cette coupe loin de moi ! Après ce mot : si tu veux on attendrait l'impératif fais passer, et c'est ainsi que corrigent, d'après Marc, Sin., B, D et quelques autres manuscrits, mais il est naturel que dans la violence de l'émotion la phrase soit incorrecte.
A peine le Sauveur a-t-il prononcé son ardente supplication que, par un soudain retour sur lui-même et sur le sacrifice qui lui est assigné, il se livre tout entier à la volonté de son Père .
- Dans les trois synoptiques, la prière de Jésus est rendue en termes légèrement différents ; mais la pensée exprimée est la même.
L'image de la coupe est employée dans les trois récits pour désigner les indicibles souffrances du Sauveur.
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : le fortifiant .
Jésus aurait pu succomber dans la lutte ; son âme aurait pu être accablée sous le poids des péchés du monde et sous l'effort de la puissance des ténèbres. (verset 53 ; comparez Matthieu 26.38 ; Hébreux 5.7) Mais Dieu ne le permit pas.
Le fils vient de se livrer tout entier à la volonté du Père, (verset 42) le Père lui envoie du ciel un messager de paix et d'espérance, qui lui communique les "puissances du siècle à venir," et le fortifie de corps et d'âme pour achever le combat. Comment lui apparut cet ange du ciel, comment il lui communiqua ces forces nouvelles, ce sont des questions que l'exégèse n'a pas à discuter. On peut comparer ici Matthieu 4.11 ; Jean 12.28.
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
La lutte continue ; Jésus la soutient avec les forces nouvelles qu'il a reçues.
Le mot agonie signifie combat ; il désigne, plus spécialement, l'état de celui qui lutte contre la mort. Dans les circonstances où se trouve Jésus, ce mot a un sens insondable pour nous. L'arme du Sauveur, c'est la prière. Il priait plus instamment .
Et telle fut la violence de la lutte, que sa sueur, provoquée par l'angoisse physique et morale, était formée de grosses gouttes (grec caillots ) de sang descendant jusque sur la terre . […]
v. 44 · Godet · 18/10/2026
Le terme ἀπεσπάσθη indique un mouvement brusque et violent et en même temps une sorte de passivité ; il est comme emporté loin des siens par l'émotion qui le saisit (Act.21.1). Luc réunit ici deux moments que distinguent Marc et Matthieu ; chez ceux-ci Jésus se sépare d'abord des apôtres en emmenant avec lui Pierre, Jacques et Jean, à qui il confie l'angoisse où il est plongé ; puis il se sépare même de ceux-ci pour être absolument seul. - Luc seul a cette expression : comme d'un jet de pierre. Au lieu de : ployant les genoux, Marc dit : « il tomba sur la terre. » Matthieu : « sur sa face. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 26.40, note.
Luc seul indique la cause de ce sommeil des disciples, si peu naturel dans un pareil moment ; il l'attribue à la tristesse .
La douleur du Maître avait gagné les disciples ; n'étant point préparés et soutenus par la prière, (verset 46) ils ne purent résister au sommeil ; celui-ci, on le sait, est l'effet habituel d'une souffrance intense et prolongée.
v. 45-46 · Godet · 18/10/2026
Luc réunit les trois réveils en un. Puis il cherche à expliquer ce sommeil mystérieux qui accable les disciples, et il le fait dans le sens le plus bienveillant pour eux : la cause n'en est point l'indifférence, mais l'accablement de la douleur. Il est connu, en effet, qu'une douleur profonde dispose au sommeil par l'épuisement, surtout à la suite d'une longue et vive tension. Ce détail est complètement propre à Luc, et combien n'est-il pas opposé au sentiment hostile envers les disciples, qu'on lui attribue !
Verset 46. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Maintenant le Sauveur a vaincu !
Il a encore devant lui la voie douloureuse qui doit aboutir à la croix ; mais le sacrifice moral, pleinement accompli, lui a rendu la force et le calme avec lesquels il va se livrer à ses ennemis, et c'est lui qui réveille, exhorte, encourage ses disciples ; car eux aussi vont avoir leur part dans les dangers.
47 Comme il parlait encore, voici une foule, et celui qui avait nom Judas, l’un des douze, les précédait ; et il s’approcha de Jésus, pour l’embrasser. 48 Et Jésus lui dit : Judas, tu livres le fils de l’homme par un baiser ? 49 Et ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, lui dirent : Seigneur, frapperons-nous de l’épée ? 50 Et l’un d’entre eux frappa l’esclave du souverain sacrificateur et lui emporta l’oreille droite. 51 Mais Jésus, répondant, dit : Laissez [faire] jusqu’ici ; et lui ayant touché l’oreille, il le guérit. 52 Et Jésus dit aux principaux sacrificateurs et aux capitaines du temple et aux anciens qui étaient venus contre lui : Êtes-vous sortis comme contre un brigand avec des épées et des bâtons ? 53 Lorsque j’étais tous les jours avec vous, dans le temple, vous n’avez pas étendu vos mains contre moi ; mais c’est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres.
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur l'arrestation de Jésus, Matthieu 26.47-56, notes ; Marc 14.43-52, notes ; et comparez Jean 18.2-11, notes.
Les trois synoptiques s'accordent à marquer le moment précis de cette scène : Comme il parlait encore .
Luc dira plus loin (verset 52) de qui se composait la troupe. Judas marchait devant eux . Par ce trait, aussi bien que par les expressions le nommé Judas, l'un des douze , (verset 3) Luc fait ressortir d'une manière sinistre le rôle du traître dans cette scène.
Il mentionne aussi ce premier mouvement odieux par lequel Judas s'approcha de Jésus pour le baiser . C'était là le signe dont il était convenu avec les chefs de la troupe (voir Matthieu et Marc).
Le baiser était une forme respectueuse de salutation, naturelle de la part d'un disciple.
v. 47-48 · Godet · 18/10/2026
Le signe dont Judas était convenu avec la troupe avait pour but d'empêcher que Jésus ne s'échappât, tandis que l'un des siens serait saisi à sa place. Il n'y avait en soi dans le choix de ce signe, comme le remarque Langen, aucun raffinement d'hypocrisie. Le baiser était la forme ordinaire de salutation, spécialement de la part des disciples envers leur maître. Le but de cette salutation n'est pas mentionné par Luc ; il s'entendait de soi-même. Nous voyons chez Jean comment l'attitude franche de Jésus, qui s'avança de lui-même au-devant de la troupe, rendit ce signal superflu et presque ridicule. - La parole de Jésus à Judas, v. […]
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mot de baiser mis en tête de la phrase fait ressortir tout l'odieux de cet acte.
Luc seul rapporte ces paroles. Jésus les prononça sans doute à la suite de celles que rapporte Matthieu : (Matthieu 26.50) "Pour quel sujet es-tu ici ?"
Plusieurs interprètes se refusent à voir une interrogation dans le texte de Matthieu. Ils sous-entendent un verbe à l'impératif et traduisent : "Fais ce pourquoi tu es ici."
Si on lui donne ce sens, cette parole a été prononcée après celle que Luc nous a conservée.
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette question posée à Jésus, aussi bien que l'acte qui la suit, (verset 50) fut inspirée par la parole mal comprise des versets 36,38.
v. 49-51 · Godet · 18/10/2026
Avant que Jésus ait, répondu à la question qui lui a été adressée par les apôtres, Pierre agit de son chef. Il semble le faire au nom de tous : « Frapperons-nous ? » Les synoptiques ne nomment ni le disciple qui frappe, ni le serviteur frappe. Jean donne le nom de l'un et de l'autre. Pourquoi ? Tant que le Sanhédrin jouissait encore de son autorité, la prudence interdisait de prononcer le nom de Pierre. Et aussi la tradition orale avait-elle gardé le silence sur ce point. Mais après la mort de Pierre et la ruine de Jérusalem, Jean n'était plus retenu par les mêmes craintes. […]
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Sans attendre la réponse du Maître, l'un des disciples, bouillant d'impatience, tira son épée et frappa .
Jean nous apprend que ce disciple était Pierre et que celui qu'il blessa s'appelait Malchus ; à l'époque où il écrivait, le sanhédrin n'existait plus, et il n'y avait plus de danger à révéler ces noms.
- L'oreille droite , petit détail conservé par Jean (Jean 18.10) et par Luc, et qui, comme tant d'autres, atteste la vérité historique de nos récits.
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Laissez jusqu'à ceci , c'est-à-dire : Laissez-les procéder jusqu'à cette arrestation et à tout ce qui doit la suivre, car tel est le conseil de Dieu. (Comparer verset 22, note.)
Le mot : Jésus répondant montre que cette parole est adressée aux disciples et non à ceux qui venaient le saisir ; elle ne peut donc signifier : Laissez-moi aller jusqu'à cet homme blessé, afin que je le guérisse. Ni même : Laissez-moi libre pour ce moment-ci. Ce n'est qu'à verset 52 que Jésus adresse la parole à ses ennemis.
Cette guérison est rapportée par Luc seul ; plusieurs historiens la relèguent dans le domaine de la légende. Ils oublient que cette guérison était d'une immense importance pour la cause du Sauveur, compromise par l'acte imprudent de son disciple. Si ce mal n'avait pas été réparé, comment comprendre que les ennemis n'en eussent pas fait un chef d'accusation contre Jésus ?
v. 52 · Bible annotée · 18/10/2026
Luc seul signale, dans la troupe venue contre Jésus, non seulement des officiers du temple qui la commandaient, mais aussi des principaux sacrificateurs et des anciens .
Encore ici, le silence des autres évangélistes a paru suffisant pour accuser Luc d'inexactitude. La passion que les membres du sanhédrin apportaient à l'exécution de leurs desseins meurtriers, et qui se manifesta dans toute leur attitude pendant le procès et le supplice de Jésus, explique fort bien que plusieurs d'entre eux aient accompagné la troupe chargée de l'arrestation.
v. 52-53 · Godet · 18/10/2026
Au nombre des arrivants Luc range quelques-uns des grands sacrificateurs. Quoi qu'en disent Meyer et Bleek, de tels hommes pouvaient fort bien, par haine ou curiosité, accompagner la troupe chargée de l'arrestation ; le reproche suivant s'adresse plutôt aux chefs qu'aux subordonnés. - Sur les capitaines du temple, voir à 22.4. Sur les huissiers, comp. Jean.7.45 ; Act.5.22,26. Jean parle en outre de la cohorte, Jean.18.3,12 ; ce mot, surtout accompagné du terme de χιλίαρχος, tribun (v. […]
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces paroles, Matthieu 26.56, note.
Jésus s'élève bien haut au-dessus des instruments de sa mort, auxquels pourtant il laisse toute leur terrible responsabilité, et il leur déclare que si jusqu'ici ils n'ont pas mis la main sur lui, bien qu'ils en eussent tous les jours l'occasion, c'est qu'ils ont été arrêtés dans leurs desseins par une volonté supérieure, et que si maintenant ils viennent contre lui avec une troupe armée, comme s'il s'agissait d'arrêter un brigand , c'est qu'ils obéissent à la puissance des ténèbres , dont ils sont les aveugles instruments. (verset 3, note.) […]
54 Et se saisissant de lui, ils l’emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Or Pierre suivait de loin. 55 Et lorsqu’ils eurent allumé un feu au milieu de la courf 55f cour entourée des bâtiments du palais. et qu’ils se furent assis ensemble, Pierre s’assit au milieu d’eux. 56 Et une servante, le voyant assis auprès de la lumière, et l’ayant regardé fixement, dit : Celui-ci aussi était avec lui. 57 Mais il le renia, disant : Femme, je ne le connais pas. 58 Et peu après, un autre le voyant, dit : Et toi, tu es de ces gens-là. Mais Pierre dit : Ô homme, je n’en suis point. 59 Et environ une heure après, un autre affirma, disant : En vérité, celui-ci aussi était avec lui ; car aussi il est Galiléen. 60 Et Pierre dit : Ô homme, je ne sais ce que tu dis. Et à l’instant, comme il parlait encore, le coq chanta. 61 Et le Seigneur, se tournant, regarda Pierre ; et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit : Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. 62 Et Pierreg 62g pl. omettent : Pierre. , étant sorti dehors, pleura amèrement.
v. 54 · Bible annotée · 18/10/2026
Caïphe . Comme les deux premiers évangélistes, Luc passe sous silence l'interrogatoire de Jésus devant Anne. La tradition avait réuni en une seule les deux comparutions, et cela d'autant plus facilement qu'Anne, beau-père de Caïphe, habitait avec lui le même palais sacerdotal. (Voir 3 : 2, note, et Jean 18.13, note.)
v. 54-57 · Godet · 18/10/2026
D'après Luc, Jésus fut conduit chez le grand sacrificateur, où il subit les mauvais traitements de ceux qui le détenaient (v. 64 et suiv.). Puis, au matin, eut lieu la séance du Sanhédrin où il fut condamné : lorsqu'il faisait jour (v. 66). Cette séance matinale est mentionnée également par Matthieu.27.1 : le matin étant venu et Marc.15.1 : aussitôt, vers le matin . Mais d'après ces deux évangélistes, il y avait eu déjà pendant la nuit une séance chez Caïphe, dont, ils nous donnent le tableau détaillé (Matth.26.57-66 ; Marc.14.53-64). Et même, d'après Jean, cette séance de nuit avait été précédée d'une autre préparatoire qui avait eu lieu chez Anne, beau-père de Caïphe. […]
v. 55 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le reniement de Pierre, Matthieu 26.58, notes ; Marc 14.54, notes ; comparez Jean 18.15-18, notes.
Les quatre évangélistes sont d'accord sur les trois reniements de Pierre et sur les circonstances dans lesquelles ils se produisirent. Le disciple, intimidé, cherchait à se dissimuler dans la foule des serviteurs et des soldats qui entouraient un feu allumé dans la cour du palais.
La scène, qui dura assez longtemps, (verset 59) se passa en partie pendant que Jésus était chez Anne, en partie pendant son jugement devant Caïphe. (Jean 18.17,25)
v. 58 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après les quatre évangélistes, la première interpellation qui surprit Pierre fut le fait d'une femme. Jean nous apprend qu'elle était portière du palais.
Selon Matthieu et Marc, la seconde attaque serait venue aussi d'une femme, la même ou une autre.
Luc l'attribue à un homme ; d'après Jean, plusieurs auraient parlé à la fois.
Enfin, d'après Jean, la troisième interrogation aurait été faite par un serviteur de Caïphe, parent de ce Malchus auquel Pierre avait coupé l'oreille, ce qui rendait la position de celui-ci plus critique encore, tandis que Matthieu et Marc font simplement parler "ceux qui étaient présents," et Luc un autre . (verset 59)
Ces divergences s'expliquent d'autant mieux que, dans cette scène tumultueuse, plusieurs des assistants parlaient à la fois.
Les rédacteurs de nos évangiles ont reproduit fidèlement les diverses versions des sources où ils puisaient. Leur accord sur les faits essentiels en ressort d'autant mieux.
v. 58-60 · Godet · 18/10/2026
Après sa première dénégation, Pierre, comme effrayé de lui-même, s'était retiré vers le portail (πυλών, Matthieu), ou vers l'avant-cour (προαύλιον, Marc) située devant le portail. Là, quoique plus à l'écart, il est encore l'objet d'une petite persécution de la part de la portière qui l'avait introduit (Marc), d'une autre servante (Matthieu), d'un autre individu (ἕτερος, Luc), des assistants en général (εἶπον, ils dirent, Jean). L'accusation partit probablement de la portière qui connaissait sa relation intime avec le disciple qui l'avait introduit : elle le trahit auprès d'une autre servante ; et celle-ci le signala aux domestiques. […]
v. 59 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est à son accent galiléen que ces Juifs de Judée reconnaissaient Pierre et ils en concluaient qu'il était disciple de Jésus.
- Ce mot : une heure s'étant écoulée , nous montre que la terrible tentation du pauvre disciple dura longtemps.
Tourmenté sans doute dans sa conscience, il est pourtant incapable d'échapper aux pièges qui lui sont tendus. Ce trait met le récit de Luc en harmonie avec celui de Jean. (Comparer verset 66, note.)
v. 60 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu, avec quelques minusc. seulement, porte : "Le coq ..."
Luc et Jean passent sous silence les serments et les imprécations de Pierre rapportés par les deux premiers évangélistes.
v. 61 · Bible annotée · 18/10/2026
Pierre était dans la cour ; on a supposé que Jésus subissait son jugement dans une salle élevée seulement de quelques marches, d'où l'on pouvait voir et entendre ce qui se passait dans la cour.
Cependant l'expression de Marc : "Pierre était en bas dans la cour" est peu favorable à cette hypothèse.
Il vaut mieux admettre que Jésus traversait à ce moment la cour, étant conduit d'Anne chez Caïphe. (Jean 18.24)
D'après Jean, le reniement de Pierre eut lieu pendant l'interrogatoire de Jésus par Anne et non, comme le donneraient à entendre les deux premiers évangiles, pendant sa comparution devant le sanhédrin réuni chez Caïphe.
Le Sauveur se retourne et regarde Pierre, éclairé par la lueur du feu ; (verset 55) le disciple lui aussi voit le Maître arrêter sur lui son regard . Si le chant du coq le ramena à lui-même, ce regard le sauva.
v. 61-62 · Godet · 18/10/2026
Se réveillant comme d'un songe, Pierre, au moment où il lève la tête, rencontre le regard de Jésus (Luc). Comment le Seigneur pouvait-il se trouver là ? C'était le moment où, après l'interrogatoire chez Anne, on le conduisait à la séance du Sanhédrin chez Caïphe. Il traversait précisément la cour qui séparait les deux corps de logis ; et c'est ce que veut faire comprendre Jean, en introduisant à ce moment du récit la remarque Jean.18.24 : « Or Anne envoya Jésus lié chez Caïphe. » - On comprend l'effet profond que produisit sur le disciple la vue de son Maître lié et le regard qu'il lui jeta en passant. Marc omet ce détail ; Pierre ne le racontait pas, sans doute, dans ses prédications. […]
v. 62 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces derniers mots, Matthieu 26.75 ; Marc 14.72 notes.
63 Et les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient ; 64 et lui couvrant [les yeux], ils l’interrogeaient, disant : Prophétise ; qui est celui qui t’a frappé ? 65 Et ils disaient plusieurs autres choses contre lui, en l’outrageant.
v. 63-65 · Godet · 18/10/2026
Les mauvais traitements mentionnés ici sont, les mêmes que ceux qui sont racontés par Matthieu et Marc et placés par eux après la séance du Sanhédrin chez Caïphe. Δέροντες, le meurtrissant, le blessant.
3o Versets 66 à 71. Le jugement par le Sanhédrin.
v. 65 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce récit, Matthieu 26.67,68 ; Marc 14.65, notes.
Luc parait n'attribuer ces mauvais traitements qu'à ceux qui tenaient Jésus , c'est-à-dire aux soldats de la troupe.
Mais, d'après Matthieu et Marc, il n'y a pas de doute que quelques-uns des membres du sanhédrin eux-mêmes ne se soient abaissés jusqu'à injurier celui qu'ils venaient de condamner.
Selon notre évangéliste, cette horrible scène aurait précédé le jugement et la sentence de mort, ce qui n'est sûrement pas l'ordre dans lequel les faits se sont succédé. La différence vient probablement de ce que Luc omet ici une première délibération et ne rapporte que celle qui eut lieu au point du jour. (verset 66, voir la note.)
66 Et quand le jour fut venu, le corps des anciens du peuple, principaux sacrificateurs et scribes, s’assembla ; et ils l’amenèrent dans leur sanhédrin, 67 disant : Si toi, tu es le Christ, dis-le-nous. Et il leur dit : Si je vous le disais, vous ne le croiriez point ; 68 et si je vous interroge, vous ne me répondrez point [ou ne me laisserez point aller]. 69 Mais désormais le fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu . 70 Et ils dirent tous : Toi, tu es donc le Fils de Dieu ? Et il leur dit : Vous dites vous-mêmes que je le suis. 71 Et ils dirent : Qu’avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes nous l’avons entendu de sa bouche.
v. 66 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le jugement de Jésus, Matthieu 26.59-66, notes, et Marc Marc 14.55-64, notes.
Les anciens (grec le presbytère ), ou corps des anciens du peuple, mot propre à Luc, (Actes 22.5) désigne suivant les uns le sanhédrin tout entier, composé non seulement des anciens proprement dits, mais de ces deux autres ordres de personnes : les principaux sacrificateurs et les scribes .
Suivant d'autres, ce terme désignerait seulement la classe des anciens.
- Luc abrège considérablement le récit de l'audiences où Jésus fut jugé et condamné. […]
v. 66-69 · Godet · 18/10/2026
Le terme de πρεσβυτέριον τοῦ λαοῦ rappelle celui de οἱ πρεσβύτεροι τοῦ λαου (1Macc.1.26, etc.) et désigne non le Sanhédrin tout entier, qui serait subdivisé ensuite en deux éléments, les grands sacrificateurs et les scribes, mais uniquement les anciens proprement dits, envisagés comme corporation distincte et formant l'une des trois classes de membres de cette cour suprême de la nation. - Qu'on lise ἀνήγαγον, ils firent monter, ou ἀπήγαγον, ils emmenèrent, ce terme indique clairement un changement complet de localité. […]
v. 67 · Bible annotée · 18/10/2026
Le Christ , le Messie. Ce n'était pas la question capitale, car la prétention d'être le Messie n'aurait point constitué le crime de blasphème et entraîné la peine de mort.
Elle était destinée à introduire la vraie question (verset 70) et à provoquer la réponse de Jésus qui détermine la sentence. (Voir Matthieu et Marc.)
v. 68 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : et si même je vous interroge, vous ne me répondrez point ni ne me laisserez aller .
Ces derniers mots se lisent dans A, D, la plupart des majuscules, l'Itala, les versions syriaques.
M. Godet les maintient comme conclusion logique du raisonnement. D'autres y voient une très ancienne glose.
Cette réponse de Jésus est particulière à Luc. Elle signifie : Votre parti pris de haine et d'endurcissement vous rend incapables soit d'écouter la vérité, (comp Luc 20.9 et suivants) soit de répondre aux questions par lesquelles je chercherais à vous amener à la lumière. (Comparer Luc 20.3 et suivants ; Luc 20.41 et suivants)
v. 69 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cette déclaration, Matthieu 26.64, 2e note, Marc 14.62.
Selon les deux premiers évangélistes, ce fut la dernière parole que Jésus prononça devant le sanhédrin. Faisant suite à sa déclaration qu'il était le Fils de Dieu, elle mit le comble à l'indignation de ses juges et provoqua contre lui la sentence de mort. Luc a adopté un ordre différent, qui est moins naturel.
v. 70 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu 26.64, 1re note ; Marc 14.62, 1e note.
Vous-mêmes le dites , ou comme on peut traduire aussi : vous dites vous-mêmes que je le suis , est un hébraïsme qui signifie : A l'affirmation impliquée dans votre question, je donne mon plein assentiment et je la fais mienne.
v. 70-71 · Godet · 18/10/2026
La formule : vous le dites, tu le dis, n'est pas usitée en grec ; mais elle est fréquemment employée dans la langue rabbinique. En répondant ainsi, on accepte comme sa propre affirmation tout le contenu de la question posée. Weiss préfère prendre on dans le sens de parce que, ce qui me paraît peu naturel (voir mon Commentaire sur Jean, à Jean.18.32). Bien loin donc qu'il résulte de cet interrogatoire, comme on le prétend, que le terme de Fils de Dieu soit dans la pensée des Juifs ou dans celle de Jésus l'équivalent de celui de Christ, la gradation évidente entre la question du v. 67 et celle du v. 70, amenée par la réponse ferme de Jésus, v. […]
v. 71 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est-à-dire, selon les deux premiers évangiles, nous avons entendu de sa bouche son blasphème.
Luc ne rapporte pas l'issue du procès, la question solennelle posée par Caïphe sanhédrin : "Que vous en semble ?" et la réponse unanime de celui-ci : "Il est digne de mort !"