Au nombre des arrivants Luc range quelques-uns des grands sacrificateurs. Quoi qu'en disent Meyer et Bleek, de tels hommes pouvaient fort bien, par haine ou curiosité, accompagner la troupe chargée de l'arrestation ; le reproche suivant s'adresse plutôt aux chefs qu'aux subordonnés. - Sur les capitaines du temple, voir à 22.4. Sur les huissiers, comp. Jean.7.45 ; Act.5.22,26. Jean parle en outre de la cohorte, Jean.18.3,12 ; ce mot, surtout accompagné du terme de χιλίαρχος, tribun (v. 12), et déterminé par l'antithèse de τῶν Ἰουδαίων ne peut désigner qu'un détachement de la cohorte romaine, ce qui s'accorde, comme l'observe Langen, avec un article de la législation des provinces, d'après lequel aucune arrestation ne devait avoir lieu sans l'intervention des Romains. - Le sens du reproche de Jésus est celui-ci : « Vous n'avez pas osé m'arrêter au grand jour. » Les deux autres synoptiques continuent, comme Luc, par un mais ; seulement ce mais, c'est chez eux la nécessité de l'accomplissement des prophéties, tandis que, chez Luc, c'est l'accord entre le caractère de l'œuvre et celui de cette heure nocturne. L'obscurité est favorable au crime ; car l'homme a besoin de se cacher, non seulement des autres, mais de lui-même, pour pécher. C'est pourquoi la nuit, est le temps où Satan déploie tout son pouvoir sur l'humanité : c'est son heure. Dès lors, ajoute Jésus, c'est aussi la vôtre, puisque vous êtes ses instruments dans l'acte que vous accomplissez ; comp. Jean.8.44 ; 14.30. Il ne me paraît pas qu'il soit nécessaire de voir dans le pronom αὕτη, une attraction de ἡ ὥρα, au lieu de τοῦτο, cela : L'œuvre que vous faites est… Le sens est : « Cette heure-ci est la vôtre, et en même temps la puissance du mal, qui peut se déployer librement en ce moment. » - Luc omet le fait de la fuite des apôtres, raconté ici par Matthieu et Marc. Est-ce encore une preuve de sa malveillance à l'endroit des Douze ? - Marc raconte de plus, avec des détails très particuliers, le trait du jeune homme qui s'enfuit dépouillé du drap dont il était enveloppé. Comme, d'après Act.12, la mère de Marc possédait une maison à Jérusalem, que cette maison était le lieu où l'Eglise se rassemblait en temps de persécution et qu'elle était ainsi probablement située à l'écart, il n'est pas impossible qu'elle se trouvât dans le vallon de Gethsémané et que ce jeune homme fût (comme on l'a supposé dès longtemps) Marc lui-même, qui avait été attiré par le bruit de la troupe, et qui parce petit récit a mis là, aussi modestement que possible, sa signature au coin du tableau évangélique qu'il a composé.
2. Le jugement de Jésus. (22.54 à 23.25)
Jésus a passé par deux procédures, l'une ecclésiastique, l'autre séculière ; la première devant le Sanhédrin, la seconde devant le gouverneur romain.
A. Versets 54 à 71. Le procès religieux.
Ce récit comprend les faits suivants : 1o le reniement de Pierre, v. 54-62 ; 2o les mauvais traitements dont Jésus fut l'objet de la part des Juifs, v. 63-65 ; 3o la sentence capitale prononcée par le Sanhédrin, v. 66-71.
1o Versets 54 à 62. Le reniement de Pierre.
Verset 54 à 57. Le premier reniement :