1 Ayant dit ces choses, Jésus s’en alla avec ses disciples au-delà du torrent du Cédron, où était un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples. 2 Et Judas aussi, qui le livrait, connaissait le lieu ; car Jésus s’y était souvent assemblé avec ses disciples. 3 Judas donc, ayant pris la compagnie [de soldats], et des huissiers, de la part des principaux sacrificateurs et des pharisiens, vient là, avec des lanternes et des flambeaux et des armes. 4 Jésus donc, sachant toutes les choses qui devaient lui arriver, s’avança et leur dit : Qui cherchez-vous ? 5 Ils lui répondirent : Jésus le Nazaréen. Jésus leur dit : C’est moi. Et Judas aussi qui le livrait était là avec eux. 6 Quand donc il leur dit : C’est moi, ils reculèrent, et tombèrent par terre. 7 Il leur demanda donc de nouveau : Qui cherchez-vous ? Et ils dirent : Jésus le Nazaréen. 8 Jésus répondit : Je vous ai dit que c’est moi ; si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci, 9 – afin que fût accomplie la parole qu’il avait dite : De ceux que tu m’as donnés, je n’en ai perdu aucun. 10 Simon Pierre donc, ayant une épée, la tira et frappa l’esclave du souverain sacrificateur et lui coupa l’oreille droite ; et le nom de l’esclave était Malchus. 11 Jésus donc dit à Pierre : Remets l’épée dans le fourreau : la coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ?
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Quatrième partie. Ch. 18 à 20 La mort et la résurrection du Fils de Dieu consommant l'incrédulité des Juifs et la foi des disciples. La Passion Chapitre 18. 1 à 11
Jésus se livre à ses ennemis.
Grec : Jésus sortit au delà du torrent . C'est, selon toute apparence, alors seulement qu'il quitta la salle où il avait célébré La Pâque et prononcé tous les discours qui précèdent, jusqu'à Jean 17. On peut, il est vrai, sous-entendre : (il sortit ) de la ville. […]
v. 1-3 · Godet · 18/10/2026
Le verbe ἐξῆλθε, il sortit , est ordinairement appliqué au départ de la salle du repas. Voir à 14.31. A nos yeux, lié directement, comme il l'est, au régime πέραν τοῦ χειμάρρου, au-delà du torrent , ce verbe signifie plutôt : « Il sortit de la ville pour passer le torrent. » C'est ce que reconnaît de Wette, lors même qu'il admet avec tant d'autres que les discours ch. 13 à 17 ont été prononcés dans la salle du repas. - La leçon reçue qui est celle du Vaticanus , de la plupart des Mjj. et Mnn. et d'Origène, est τῶν Κέδρων et signifierait : « le torrent des cèdres ; » ce serait évidemment une erreur de Jean : car le nom de Cédron vient de קדרון (Kidron ), noir (eau noire). […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette remarque de l'évangéliste prépare le récit de la trahison de Judas. Pendant ses séjours à Jérusalem, Jésus s'était réuni souvent avec ses disciples dans ce lieu solitaire. (Comparer Luc 21.37 ; 22.39)
- C'est à ce moment que se place le combat moral du Sauveur raconté par les synoptiques et omis par Jean. La critique négative explique cette omission en prétendant que les profondes souffrances morales de Jésus en Gethsémané ont paru à notre évangéliste incompatibles avec le caractère divin du Christ, tel qu'il nous le représente.
Que faut-il taire alors de la scène si semblable à celle de Gethsémané qu'il nous raconte au Jean 12.20-23 de son évangile ? […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer ces mots : de la part des principaux sacrificateurs et des pharisiens , qui nous montrent ces deux classes d'hommes comme les instigateurs de toute cette scène. Judas ne faisait que servir de guide à la troupe envoyée par eux.
- La cohorte était probablement un détachement de la légion romaine qui occupait la citadelle Antonia et non, comme le prétendent plusieurs exégètes, la garde lévitique du temple. (Matthieu 27.27 ; Actes 21.31)
Le sanhédrin avait obtenu du gouverneur que cette cohorte, commandée par le tribun lui-même, (verset 12) prêtait main forte à ses huissiers , non qu'il s'attendît à une résistance sérieuse de la part de Jésus et de ses disciples, mais parce qu'il redoutait que l'arrestation du prophète galiléen ne suscitât quelque tumulte parmi le peuple. (Matthieu 26.5)
- Ces lanternes , ces flambeaux et ces armes trahissent les précautions exagérées de la peur chez les ennemis du Sauveur.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Il le savait , non seulement parce qu'il le concluait de ce qui se passait sous ses yeux, mais par sa science divine. (Jean 2.25 ; 6.64 ; 19.28)
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est au moment où Jésus s'avança (grec sortit ) hors du cercle de ces disciples ou de l'intérieur du jardin, que Judas, qui précédait la troupe, (Matthieu 26.47) lui donna son perfide baiser.
On a prétendu (de Wette) que puisque ce signal convenu avait déjà été donné, il devenait inutile pour Jésus de faire cette question : Qui cherchezvous ? et de se désigner lui-même par ce mot : C'est moi .
Ainsi on met le récit de Jean en contradiction avec celui des premiers évangiles. […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Les exégètes se divisent sur la question de savoir si ce fut là un effet naturel psychologiquement explicable par la situation, en ce moment tragique, ou si ce fut un miracle par lequel Jésus prouvait qu'il avait la puissance de rester libre, et qu'il se livrait volontairement, parce que son heure était venue. (Jean 17.1)
Sans aucun doute, ce fut la majesté divine de son regard et de sa parole qui eut cet effet. (Comparer Jean 2.13-17 ; 7.44-46)
Mais que cet effet fût accidentel, ou voulu de celui qui le produisit, c'est ce que le texte ne dit pas et ce qu'il est vain de conjecturer.
v. 8-9 · Godet · 18/10/2026
En s'avançant spontanément et le premier au-devant de la troupe, Jésus a une intention que la suite expliquera. Il veut, en se livrant lui-même, pourvoir à la sûreté de ses disciples. Le mot il sortit pourrait signifier : du fond du jardin, ou du milieu de ses disciples : mais il est plus naturel d'entendre : du jardin même. Il s'avance hardiment jusqu'au-devant de la porte, tandis que ses disciples restent groupés derrière lui dans le jardin : ainsi s'explique aisément la parole du v. 26. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
On le voit, Jésus veut se livrer seul au danger et en préserver ses disciples.
Quoi qu'en dise Meyer, ces mots : laissez aller ceux-ci , font supposer que les huissiers avaient déjà mis la main sur quelques-uns d'entre eux.
Aussi Jean voit-il dans cette délivrance un dernier accomplissement de la parole de son Maître. (Jean 17.12) Non qu'il limite le sens de cette parole à une préservation toute corporelle, mais il sait bien que si les disciples avaient dû, alors, subir le jugement et le supplice de leur Maître, la foi de plusieurs aurait défailli et ne se serait pas relevée comme celle de Pierre.
De leur sauvegarde matérielle dépendait donc à ce moment le salut de leur âme.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce récit, Matthieu 26.51 ; Marc 14.47 ; Luc 22.50.
Cette action de Pierre dénote chez lui un grand courage, beaucoup d'amour pour son Maître, la résolution de tenir la parole qu'il avait donnée peu auparavant, (Jean 13.37) mais aussi un zèle charnel, qui courait le risque de compromettre la cause de Jésus ; aussi Jésus repousse-t-il ce moyen de la défendre. (verset 11)
- Notre évangéliste consigne ici les noms de Simon Pierre et de Malchus , que les synoptiques avaient prudemment passés sous silence.
Un tel fait, ainsi que ce petit détail : l'oreille droite , montre le témoin oculaire et la vérité historique du récit.
"Comment, demande M. […]
v. 10-11 · Godet · 18/10/2026
Jean ne fait-il point allusion au caractère naturel de Pierre, en le désignant par son nom de Simon ? Comparez 21.15-17. - Luc 22.38 prouve que les apôtres avaient, en effet, apporté des armes. - Ce fait avait déjà été rapporté par les synoptiques : pourquoi Jean le mentionne-t-il ? Il veut sans doute lui rendre la précision qu'il avait perdue dans la narration orale : le nom de Pierre avait été omis, très probablement à dessein ; celui de Malchus, oublié.
On impute de nouveau à l'auteur l'intention de rabaisser Pierre ; mais en quoi ? Son action ne manque certainement ni de courage, ni de foi, ni d'amour. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , à la vue du danger que le faux zèle de Pierre allait faire courir à sa cause, Jésus l'arrête et le désapprouve.
Que de maux épargnés à l'Eglise et à l'humanité si l'on n'avait pas si souvent oublié ou méprisé ce saint enseignement !
Après avoir ainsi réprouvé l'emploi des armes charnelles dans son règne, Jésus accepte humblement toute la volonté de Dieu, la coupe qu'il lui a donnée .
Cette image douloureuse de ses souffrances et de sa mort, la coupe , est certainement ici un écho de la prière de Jésus en Gethsémané. (Comparer Matthieu 26.39,46, note.)
12 La compagnie [de soldats] donc, et le chiliarque, et les huissiers des Juifs, se saisirent de Jésus et le lièrent, 13 et l’amenèrent premièrement à Anne ; car il était beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-làa 13a ou : de cette année-là. . 14 Or Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs le conseil, qu’il était avantageux qu’un seul homme périsse pour le peuple. 15 Or Simon Pierre suivait Jésus, et l’autre disciple [aussi] ; et ce disciple-là était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans le palaisb 15b ou : la cour. du souverain sacrificateur ; 16 mais Pierre se tenait dehors à la porte. L’autre disciple donc, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, et parla à la portière, et fit entrer Pierre. 17 La servante qui était portière dit donc à Pierre : Et toi, n’es-tu pas des disciples de cet homme ? Lui dit : Je n’en suis point. 18 Or les esclaves et les huissiers, ayant allumé un feu de charbon, se tenaient là, car il faisait froid, et ils se chauffaient ; et Pierre était avec eux, se tenant là et se chauffant. 19 Le souverain sacrificateur donc interrogea Jésus touchant ses disciples et touchant sa doctrine. 20 Jésus lui répondit : Moi, j’ai ouvertement parlé au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue, et dans le temple où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai rien dit en secret. 21 Pourquoi m’interroges-tu ? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m’ont entendu ; voilà, ils savent, eux, ce que moi j’ai dit. 22 Or comme il disait ces choses, un des huissiers qui se tenait là donna un soufflet à Jésus, disant : Réponds-tu ainsi au souverain sacrificateur ? 23 Jésus lui répondit : Si j’ai mal parlé, rends témoignage du mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? 24 Anne donc l’avait envoyéc 24c selon d’autres : l’envoya. lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
12 à 27
Jésus devant Anne. Reniement de Pierre.
Jean nomme avec une intention marquée tous ceux qui coopérèrent à l'arrestation de Jésus : la cohorte , le tribun , les huissiers , puis il ajoute (grec) : prirent ensemble Jésus et le lièrent .
M. Luthardt fait observer que cette expression peint l'effet de la terreur que tous ces gens venaient d'éprouver ; (verset 6) ils croient devoir réunir toutes leurs forces pour s'assurer d'un seul homme ; et, en outre, ils le lient . Jésus lié est resté dans le souvenir de son Eglise comme l'image touchante du sacrifice complet de la volonté.
v. 12-14 · Godet · 18/10/2026
Le mot πρῶτον, d'abord , renferme une rectification tacite des synoptiques, d'après lesquels Jésus aurait été conduit directement chez Caïphe ; comparez une remarque toute pareille 3.24 - On a supposé que ce d'abord ou premièrement faisait allusion à l'envoi postérieur de Jésus à Pilate ; mais voir à v. 24 et v. 28. D'après ces versets le secondement sons-entendu est certainement l'envoi chez Caïphe. - Anne avait été lui-même souverain sacrificateur dans les années 6 à 15 de notre ère, soit environ quinze ans auparavant. On voit dans Josèphe que c'était un homme influent de l'époque. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur Anne (en hébreu Chanan , en grec Annas ou Ananos ), Luc 3.2, note.
Jean indique ici la raison (car ) de cette comparution de Jésus devant Anne, omise par les premiers évangiles : c'est qu'il était beau-père de Caïphe , le souverain sacrificateur, et qu'ayant lui-même revêtu longtemps cette charge, on crut que cette marque de déférence était due à son âge et à son influence.
Il devait donc, pendant qu'on assemblait le sanhédrin chez Caïphe, préparer l'audience qui allait suivre et peut-être, en interrogeant Jésus, lui arracher quelque parole dont on pût profiter. (verset 19)
- Sur cette expression : sacrificateur de cette année-là , voir Jean 11.49, note, et, quant à la différence du récit de Jean avec celui des synoptiques, comparez verset 16, note.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Jean 11.49-51.
Notre évangéliste rappelle cette parole inique de Caïphe pour montrer ce que Jésus avait à attendre d'un juge dont le parti était ainsi pris d'avance. La prophétie involontaire de Caïphe allait s'accomplir.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Les manuscrits se partagent entre un autre (Sin., B, A) et l'autre disciple (avec l'article). Même en admettant la première leçon, Il n'y a pas lieu de penser que ce disciple soit un inconnu, citoyen de Jérusalem (Augustin, Calvin, Grotius) ou Jacques, frère de Jean (Godet).
C'est notre évangéliste lui-même, qui, selon son habitude, évite de se nommer. (Jean 20.2,3,4,8. Voir l'introd.)
Le verbe à l'imparfait : suivait Jésus , peint la situation.
v. 15-18 · Godet · 18/10/2026
Tandis que les synoptiques racontent d'une manière suivie les trois reniements de Pierre, probablement parce que dans l'évangélisation orale le récit de ce fait formait un petit tout particulier, un ἀπομνημόνευμα, Jean répartit les trois actes du reniement dans le cours de sa narration, passant alternativement de Pierre à Jésus et de Jésus à Pierre. Ce récit, plus articulé reproduit certainement le vrai cours des choses, et rien ne révèle mieux dans l'auteur de notre évangile le témoin des faits qui, par ses souvenirs, dominait la tradition reçue. « Même supériorité, dit avec raison Renan, dans le récit des reniements de Pierre. Tout est plus circonstancié, mieux expliqué. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Comment Jean était connu dans la maison du souverain sacrificateur , c'est ce qu'on ignore et sur quoi il n'y a que des conjectures.
Mais ici se pose une question plus importante. Quel est ce souverain sacrificateur dans la maison duquel les deux disciples viennent d'entrer ? Est ce Anne chez qui Jésus a d'abord été conduit (verset 13) et qui portait encore ce titre ? ou bien est-ce Caïphe, que l'évangéliste vient de désigner expressément comme le "souverain sacrificateur de cette année là ?" (versets 13,14) […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le reniement de Pierre : Matthieu 26.69-75 ; Marc 14.66-72 ; Luc 22.55-62, notes.
Cette servante , qui remplissait l'office de portière , savait sans doute que Jean était disciple de Jésus, (verset 15) et comme c'est à sa demande qu'elle laisse entrer Pierre, elle en conclut que ce dernier doit l'être aussi, de là sa question : N'es-tu pas, toi aussi ?
Il y a du mépris dans les mots : disciple de cet homme .
- Jean place le premier reniement pendant la comparution de Jésus devant Anne ; les deux autres eurent lieu après qu'il eut été conduit à Caïphe. (versets 25-27)
Luc confirme indirectement le récit de Jean en rapportant "qu'environ une heure" s'écoula entre les deux premiers reniements et le dernier. (Luc 22.59)
Cette circonstance aggrave singulièrement le péché de ce pauvre disciple, puisqu'il eut, entre la première attaque et la troisième, tout le temps de la réflexion.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean, si exact en tous ces détails distingue ici les serviteurs de la maison et les huissiers du sanhédrin.
Même cette remarque qu'il faisait froid , dénote le témoin oculaire.
Pierre se mêlait à cette foule, moins, sans doute, pour se chauffer que pour n'être pas aperçu, et peut-être aussi pour apprendre quelque chose de ce qui se passait dans le palais à l'égard de son Maître.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Par cette particule donc l'évangéliste reprend son récit du verset 13.
C'est donc Anne qui interroge Jésus (verset 16, note) et, en effet, il n'y a pas le moindre rapport entre ses questions et l'interrogatoire que Caïphe fit subir au Sauveur devant le Sanhédrin. (Matthieu 26.59 et suivants ; Marc 14.55 et suivants ; comparez verset 16, notes.)
- Les questions posées à Jésus par Anne concernent d'abord ses disciples , leur nombre, leur caractère, peut-être aussi la manière dont il se les était attachés, puis sa doctrine , c'est à dire les principes qu'il professait dans son enseignement.
La réponse de Jésus peut jeter quelque lumière sur la nature et le but de ces questions qui avaient sûrement une intention insidieuse.
v. 19-21 · Godet · 18/10/2026
On admet généralement que, comme l'enquête avait lieu chez Anne, c'était lui qui dirigeait l'interrogatoire. Mais cela supposerait que le grand-sacrificateur des v. 13 à 16 était Anne, ce que nous avons reconnu contraire au sens naturel du récit de Jean. Cette séance n'était pas purement privée ; elle avait, comme nous l'avons vu, sa place obligée dans le cours du procès ; la présence de l'huissier au v. 22 en implique le caractère officiel. Le devoir de la présider incombait donc d'office au grand-sacrificateur. On a supposé qu'Anne aurait fonctionné ici en qualité de Ab-beth-din (chef de la cour de justice). Mais cette dignité appartenait au grand-sacrificateur lui-même (Schürer, II, p. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette réponse de Jésus indique assez clairement qu'il remarquait, dans les questions qu'on lui adressait, l'intention de lui faire avouer qu'il formait avec ses disciples quelque société secrète, dans laquelle il enseignait des principes subversifs de l'ordre religieux social ou politique.
De là, ces termes multipliés pour exprimer la parfaite franchise, la liberté et la publicité de son enseignement. Il a parlé ouvertement , librement, au monde , devant tout le peuple, il a toujours enseigné (grec) en synagogue , c'est-à-dire en pleine synagogue, et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent . […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
En effet, interroger ses auditeurs, les témoins de tout son ministère, c'était le plus sûr moyen de connaître la vérité.
Et comment Jésus aurait-il pu faire, devant ce sadducéen, une exposition de sa doctrine , qui ne se laissait point enfermer dans quelques formules ? Il y a donc, dans cette réponse, un refus tacite.
"Bonne leçon, observe de Wettepour tous les inquisiteurs en matière de foi et d'opinion."
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mot que nous traduisons par un soufflet signifie aussi un coup de bâton ou de verge ; (Marc 14.65) mais nous préférons le premier sens, qui nous paraît analogue à Matthieu 5.39 et Actes 23.2.
Cette action et ces paroles trahissent, dans cet huissier , un vil adulateur qui pensait se rendre agréable au souverain sacrificateur .
v. 22-23 · Godet · 18/10/2026
La réponse de Jésus renfermait certainement un reproche tacite à l'adresse de celui qui l'interrogeait de la sorte. Un huissier qui voulait faire la cour à son chef, en prend occasion de rappeler Jésus au respect du prince d'Israël. Le mot ῥάπισμα signifie proprement : un coup de verge. Sans doute, Matthieu 5.39, le verbe ῥαπίζειν est pris dans le sens de souffleter. Cependant le sens propre est ici le plus naturel ; comparez le terme δέρειν, écorcher (v. 23). - Μαρτυρεῖν : prouver par un témoignage régulier. - Jésus n'accomplit pas ici littéralement son propre précepte Matthieu 5.39 ; mais, par cette réponse pleine de dignité et de douceur, il cherche à faire rentrer cet homme en lui-même, ce qui est précisément l'accomplissement moral de ce précepte.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Témoigne touchant le mal .
Quelle dignité, quel calme, quelle douceur dans ces paroles, en présence d'un odieux outrage ! Elles sont le meilleur commentaire de Matthieu 5.39.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc (cette particule doit être maintenue, d'après B, C, Itala) Anne , n'ayant rien obtenu de Jésus qui pût le faire accuser, et n'étant pas compétent pour prononcer une sentence, l'envoya lié (verset 12) à Caïphe , qui seul avait le droit de le juger, et qui, dans l'intervalle, avait assemblé le sanhédrin durant la nuit. (Voir Luc 22.66, note.)
En rapportant cet envoi de Jésus à Caïphe, l'évangéliste distingue nettement sa comparution devant Anne de l'audience officielle qui allait avoir lieu en présence du sanhédrin. […]
v. 24 · Godet · 18/10/2026
Ce verset a de tous temps embarrassé ceux qui admettent que, dès le v. 15, Jésus est conduit chez Caïphe et que la séance que Jean vient de décrire est la grande séance du sanhédrin racontée par les synoptiques. C'est cette double erreur qui a produit dans quelques documents la transposition de ce verset après le v. 13 (voir à ce verset la note critique 2). C'est là également ce qui a porté plusieurs interprètes, tels que Calvin, Lücke. Tholuck, de Wette, Langen, à prendre ἀπέστειλεν dans le sens du plus-que-parfait, avait envoyé . Mais quand l'aoriste a ce sens du plus-que-parfait, le contexte l'indique clairement. Ici c'est précisément le contraire. […]
25 Et Simon Pierre se tenait là, et se chauffait ; ils lui dirent donc : Et toi, n’es-tu pas de ses disciples ? Il le nia, et dit : Je n’en suis point. 26 L’un d’entre les esclaves du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, dit : Ne t’ai-je pas vu, moi, dans le jardin avec lui ? 27 Pierre donc nia encore ; et aussitôt le coq chanta.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer verset 16, note, et verset 18, note.
v. 25-27 · Godet · 18/10/2026
Jusqu'au v. 18, d'après Jean, tout s'était passé chez Anne et comme le v. 23 nous replace expressément dans la situation du v. 18, il est évident que les faits suivants se passent encore chez lui : ce sont la même cour, le même feu, les mêmes personnes ; de sorte que ceux qui, comme Weiss, ne veulent pas admettre que Caïphe et Anne habitaient deux appartements différents du même palais sacerdotal, sont obligés de dire que Matthieu et Marc ont fait erreur en plaçant le reniement de Pierre chez Caïphe. Quant à nous, nous avons déjà indiqué les raisons qui nous paraissent appuyer l'opinion contraire. - L'envoi de Jésus chez Caïphe, mentionné déjà au v. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans notre récit, comme dans les synoptiques, la première question fut adressée à Pierre par une servante, (verset 17) les auteurs de la seconde attaque sont ici indiqués d'une manière vague : Ils lui dirent donc ; (verset 25) l'auteur de la troisième l'est, au contraire, avec beaucoup de précision : c'est l'un des serviteurs de la maison, parent de celui que Pierre avait blessé, ce qui rendait plus dangereuse encore la situation de ce disciple, cette circonstance fait aussi mieux comprendre sa crainte et son reniement.
Heureusement pour lui, cet homme n'était pas sûr de le reconnaître, comme l'indique sa question : Ne t'ai-je pas vu dans le jardin ? Jean a seul conservé ce détail qui dénote le témoin oculaire. (Voir, sur le reniement de Pierre, les récits et les notes indiqués au verset 17, et sur les diverses questions qui lui furent adressées, Luc 22.58, note.)
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean ne raconte ni les imprécations de Pierre contre lui-même, qui donnent à sa chute tant de gravité, ni sa repentance par laquelle commença le relèvement.
Il suffit à son but d'avoir remis ces trois reniements à leur vraie place par le récit de la comparution devant Anne, et surtout d'avoir montré l'accomplissement de la triste prédiction de Jésus à son disciple. (Jean 13.38)
28 Ils mènent donc Jésus de chez Caïphe au prétoire (or c’était le matin) ; et eux-mêmes, ils n’entrèrent pas au prétoire, afin qu’ils ne soient pas souillés ; mais qu’ils puissent manger la pâque. 29 Pilate donc sortit vers eux, et dit : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? 30 Ils répondirent et lui dirent : Si cet homme n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. 31 Pilate donc leur dit : Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre loi. Les Juifs donc lui dirent : Il ne nous est pas permis de faire mourir personne ; 32 afin que fût accomplie la parole que Jésus avait dite, indiquant de quelle mort il devait mourir. 33 Pilate donc entra encore dans le prétoire, et appela Jésus, et lui dit : Toi, tu es le roi des Juifs ? 34 Jésus lui répondit : Dis-tu ceci de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? 35 Pilate répondit : Suis-je Juif, moi ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? 36 Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici. 37 Pilate donc lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis que moi je suis roi. Moi, je suis né pour ceci, et c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix. 38 Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité ? Et ayant dit cela, il sortit encore vers les Juifs ; et il leur dit : Moi, je ne trouve aucun crime en lui ; 39 mais vous avez une coutume, que je vous relâche quelqu’un à la Pâque ; voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? 40 Ils s’écrièrent donc tous encore, disant : Non pas celui-ci, mais Barabbas. Or Barabbas était un brigand.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
18 :28 à 19 :16
Jésus devant Pilate.
Israël a rejeté et condamné à mort son Messie, son Sauveur, et, comme depuis que ce peuple est sous la domination romaine, il a perdu le droit d'exécuter des sentences capitales, (verset 31) il a la honte de le livrer à l'autorité païenne alors représentée par Pilate.
Le prétoire (Matthieu 27.27) était à Rome le lieu où le prêteur rendait la justice. Dans les provinces, on appelait de ce nom le palais du gouverneur. A Jérusalem, c'était, selon les uns, l'ancien palais d'Hérode dans la partie occidentale de la ville haute ; selon d'autres, un édifice attenant à la citadelle Antonia, où logeait la garnison romaine, à l'angle nord-ouest du temple. […]
v. 28 · Godet · 18/10/2026
Le prétoire était à Rome le local où siégeait le préteur quand il rendait la justice. On avait appliqué ce nom aux palais des gouverneurs romains dans les provinces. La plupart des interprètes admettent que ce terme désigne ici le palais des Hérodes qui se trouvait dans la partie occidentale de la ville haute[1]. On cite en preuve le passage de Josèphe Bell, jud. II, 14, 8, où il est dit que « Florus habitait alors (τότε) le palais royal ; » mais ce passage prouve précisément que le gouverneur romain n'habitait pas là d'ordinaire. Il est plus probable que Pilate occupait un palais attenant à la citadelle Antonia, où stationnait la garnison romaine, à l'angle nord-ouest du temple[2]. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , en conséquence de ce que les chefs du peuple ne voulaient pas entrer dans le prétoire.
Cette condescendance pour des scrupules qui devaient lui paraître absurdes et peu respectueux pour lui, montre, dès l'abord, chez ce gouverneur, une certaine crainte qu'il avait des Juifs, à cause des accusations qu'ils pouvaient porter à Rome contre lui ; et c'est cette crainte qui finit par triompher de sa conscience. (Jean 19.12-16)
Voir, sur Pilate, Matthieu 27.2, note.
v. 29-32 · Godet · 18/10/2026
La résidence ordinaire du gouverneur était Césarée ; mais il se rendait à Jérusalem dans les temps de fête. Pilate aimait à déployer en ces occasions, aux yeux du peuple, le faste de la majesté romaine. Philon (Leg. ad Caïum ) le représente comme un homme orgueilleux, opiniâtre, intraitable. Cependant, il est probable que le fanatisme des Juifs fut aussi pour beaucoup dans les démêlés qu'ils ne cessèrent d'avoir avec lui. « Tous les actes de Pilate qui nous sont connus, dit Renan, le montrent comme un bon administrateur. » Ce portrait est un peu flatté ; mais il est confirmé en partie par le tableau que Josèphe lui-même a tracé de son gouvernement, Antiq . XVIII, 2-4. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Rien n'était plus naturel que la question de Pilate, (verset 29) mais les membres du sanhédrin le trouvent encore trop exigeant, ils entendent que le gouverneur les croie sur parole et ratifie leur sentence sans examiner leur cause.
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Puisque vous ne voulez pas produire vos raisons, chargez-vous seuls de la cause et juger vous-mêmes l'accusé selon votre loi, bien entendu dans les limites de votre compétence.
Le sanhédrin n'avait plus le droit de mettre à mort, mais il pouvait excommunier, condamner à la peine du fouet, à la prison.
Pilate saisit avec empressement l'occasion de se débarrasser de l'affaire, mais il n'autorise nullement les Juifs à mettre à mort Jésus sous leur responsabilité. La situation est autre Jean 19.6.
La concession de Pilate ne fait pas le compte des Juifs. Ils ont condamné Jésus à mort ils ont dans l'esprit le dessein arrêté de l'exécuter sans délai, ils sont donc forcés de se récuser, quelque pénible qu'il leur soit d'avouer tout haut et de reconnaître devant Pilate leur dépendance. (Comp verset 19 : I5.)
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus avait prédit, à diverses reprises, qu'il serait élevé sur la croix, crucifié , et cela par la main des païens. (Jean 3.14 ; 8.28 ; 12.32 ; Matthieu 20.19)
S'il avait été condamné par le sanhédrin, jouissant encore du droit de vie ou de mort, ou s'il avait été exécuté comme Etienne, contre l'ordre établi et à la faveur d'un mouvement séditieux, il aurait été lapidé, car c'était, d'après le Talmud le supplice réservé aux faux prophètes.
Le supplice de la croix, au contraire était d'institution romaine. Or, l'évangéliste voit, avec raison, dans ce fait que les Juifs doivent se reconnaître incompétents, une direction divine par laquelle la parole de Jésus était accomplie.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Toi, tu es le roi Les Juifs ?
Le ton de ces paroles était sans doute celui de l'étonnement et de l'ironie.
Mais cette question de Pilate que rien ne motive dans ce qui précède ne se comprend qu'en admettant que les Juifs, malgré leur prétention du verset 30, ont fini par articuler leur accusation (comparez Matthieu 27.11, 1e note) qui, en effet, est tout entière rapportée par Luc 23.2.
Le chef principal de cette accusation était que Jésus se disait être Messie, Roi .
L'iniquité du procédé des Juifs consistait à transformer le grief religieux pour lequel ils avaient condamné Jésus, (Matthieu 26.63-65, notes) en une accusation politique, qu'ils renforçaient encore de cette calomnie. "Il défend de payer le tribut à César." (Luc 23.2)
v. 33-35 · Godet · 18/10/2026
Le récit de Jean présente évidemment ici une lacune. Rien dans ce qui précède ne motive la question de Pilate à Jésus : Es-tu le roi des Juifs ? Une telle interpellation implique donc une parole des accusateurs qui y a donné lieu. Cette supposition se change en certitude quand nous comparons le récit des synoptiques, particulièrement celui de Luc. « Nous l'avons trouvé , disent les Juifs en abordant Pilate, troublant la nation, défendant de payer le tribut à César, se disant le Christ, le roi » (23.2). Luc, aussi bien que Marc et Matthieu, a donc omis toute la première phase de l'accusation que vient de raconter Jean. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
La question de Jésus a été diversement interprétée.
Meyer pense que Jésus faisait simplement usage du droit qu'a tout accusé de connaître ses accusateurs, car il ne pouvait supposer que Pilate prit le titre de roi dans un autre sens que son sens politique. Mais quel eut été le but d'une telle question ? demanderons-nous avec M. Godet. D'ailleurs, si Jésus voulait simplement se renseigner sur ses accusateurs, pourquoi demande-t-il à Pilate : Est-ce de toi-même que tu dis cela ? .
D'autres pensent que Jésus voulait rendre suspecte, aux yeux de Pilate, une accusation qui venait de ses ennemis.
Mais tout cela ne rend pas bien compte de la double question du Sauveur. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette réponse du fonctionnaire romain trahit quelque mépris pour le nom de Juif et signifie : Est-ce que je puis entendre la moindre chose à vos subtiles distinctions judaïques ?
Laissons cela, et puisque c'est ta nation et ses prêtres qui t'accusent, réponds nettement : qu'as-tu fait ? quel est ton crime ?
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Trois fois Jésus prononce avec solennité ce mot mon royaume , (comparez Matthieu 3.2, 2e note) ou mieux encore, ici, ma royauté ; et c'est pour déclarer trois fois que cette royauté n'est pas de ce monde, pas d'icibas .
Par son origine, par sa nature, par son esprit, par son but, elle n'a rien de commun avec les royautés de ce monde ; elle n'émane point de l'humanité déchue et corrompue, ni d'aucune force qui soit en elle ; mais elle vient d'en haut, du ciel. […]
v. 36-37 · Godet · 18/10/2026
Jésus ne répond pas directement ; mais la réponse ressort de ce qu'il va dire. Il possède certainement une royauté : toutefois cette royauté n'est pas de nature à inquiéter Pilate. - L'expression ἐκ τοῦ κόσμου, de ce monde , n'est pas synonyme de ἐν τῷ κόσμῳ, dans ce monde . Car le règne de Jésus se réalise et se développe certainement ici-bas ; mais il ne tire pas son origine d'ici-bas, de la volonté humaine et de la force terrestre. Jésus en donne pour preuve la manière dont il s'est lui-même livré aux Juifs. […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Pilate conclut des paroles qui précèdent que Jésus s'attribue réellement une royauté quelconque, dont il ne comprend pas la nature et il s'écrie avec étonnement : Tu es donc roi ?
Parle-t-il encore avec ironie, ou avec mépris ? ou bien, impressionné par les paroles et la dignité du Sauveur, est-il devenu plus sérieux, comme semble l'indiquer la suite de ces transactions ? Les interprètes sont partagés sur ce point, difficile à décider.
Tu le dis est une affirmation directe qui signifie : oui, comme tu le dis . (Matthieu 26.25,64)
Jésus ajoute avec solennité : Je suis roi , et il explique dans quel sens il l'est, en rendant témoignage à la vérité . […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Pilate, dans cette question qu'il jette avec une superbe indifférence, sans attendre de réponse, manifeste toute la présomptueuse légèreté de l'homme du monde, en même temps que la sagesse à courte vue de l'homme d'Etat, qui ne croit qu'au règne de la violence et de la ruse.
- Après cela, Pilate, ne voyant plus en Jésus qu'un exalté fort peu dangereux, le déclare innocent quant à l'accusation politique formulée contre lui.
Mais au lieu de le renvoyer libre, par crainte des Juifs, qu'il ne veut pas s'aliéner davantage, il recourt à divers expédients pour le délivrer. Le premier fut de renvoyer Jésus à Hérode ; (Luc 23.6 et suivants) le second fut d'offrir aux Juifs de leur relâcher Jésus, en prenant occasion du privilège qu'ils avaient de demander, à la fête de Pâque, la libération d'un prisonnier. (versets 39,40)
v. 38 · Godet · 18/10/2026
L'exclamation de Pilate n'est ni l'expression d'une âme avide de la vérité (les Pères), ni celle d'un cœur désespéré, qui l'a longtemps cherchée inutilement (Olshausen). C'est la profession d'un scepticisme frivole, tel qu'on le rencontre fréquemment chez l'homme du monde et particulièrement chez l'homme d'Etat, assez indifférent en général à cet ordre de questions ; qu'on se rappelle la manière dont Napoléon parlait des idéologues ! Si Pilate eût sérieusement cherché la vérité, c'eût été le moment de la trouver et de la saisir. En tous cas, ce dont il est convaincu maintenant, c'est que le personnage qu'il a devant lui, qu'il soit un rêveur ou un sage, n'est pas un rival de César. […]
v. 39-40 · Godet · 18/10/2026
Dans le récit très abrégé de Jean relatif à cet épisode, c'est Pilate qui paraît prendre l'initiative de la proposition vis-à-vis du peuple, tandis que, dans le tableau dramatique de Marc, c'est le peuple qui se précipite avec de grands cris et demande la libération d'un prisonnier. Evidemment il y a ici chez Jean une lacune semblable à celle que nous avons observée entre les v. 32 et 33. L'accord avec Marc est aisé à établir. Le peuple profite d'un moment favorable, peut-être de celui où Jésus avait été envoyé à Hérode, pour demander ce qui lui était toujours accordé. Et au retour de Jésus, Pilate essaie de le faire bénéficier de cette circonstance. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur cet incident relatif à Barabbas, Matthieu 27.15-21 ; Marc 15.6-15 ; Luc 23.17-19, notes ; comparez Actes 3.14.
Marc est celui qui le raconte avec le plus de détails. Selon lui c'est le peuple qui prit l'initiative, en réclamant le prisonnier que le gouverneur relâchait à la fête, et qui excité par ses chefs demanda la liberté de Barabbas.
Mais Pilate, désireux de libérer un accusé dont il reconnaissait l'innocence, saisit avec empressement l'occasion qu'on lui offrait ainsi.
- Sur le titre roi des Juifs , que Pilate donne à Jésus, voir Marc 15.10, note. […]