1 Alors donc Pilate prit Jésus et le fit fouetter. 2 Et les soldats, ayant tressé une couronne d’épines, la mirent sur sa tête, et le vêtirent d’un vêtement de pourpre, 3 et vinrent à lui et dirent : Salut, roi des Juifs ! Et ils lui donnaient des soufflets. 4 Et Pilate sortit encore et leur dit : Voici, je vous l’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime. 5 Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre. Et il leur dit : Voici l’homme ! 6 Quand donc les principaux sacrificateurs et les huissiers le virent, ils s’écrièrent, disant : Crucifie, crucifie-le ! Pilate leur dit : Prenez-le, vous, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve pas de crime en lui. 7 Les Juifs lui répondirent : Nous avons une loi, et selon notre loi il doit mourir, car il s’est fait Fils de Dieu .
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 19.
Donc , sa dernière tentative pour libérer Jésus étant restée sans succès, (Jean 18.33,39) Pilate (grec) prit Jésus et le battit de verges .
Sur l'horrible supplice de la flagellation , voir Matthieu 27.26, note.
Chez les Romains, la règle était que cette peine précédât toujours le crucifiement d'un criminel ; elle était le premier acte du supplice ; (Matthieu 20.19) et c'est ainsi que la flagellation de Jésus est présentée par (Matthieu 27.26) et par (Marc 15.15) […]
v. 1-3 · Godet · 18/10/2026
Pilate était monté sur son tribunal pour prononcer la libération de Barabbas. Ce fut alors qu'il reçut le message de sa femme (Matthieu 27.19). Hengstenberg croit devoir placer aussi à ce moment le lavement des mains. Mais cet acte doit avoir accompagné le prononcé de la condamnation qui n'eut lieu que plus tard (v. 13 à 16). Après les deux efforts impuissants qui ont été décrits. Pilate a recours à un troisième et dernier moyen. D'après le code criminel romain la flagellation devait nécessairement précéder le supplice du crucifiement. C'est ce que prouvent une foule de passages de Josèphe et des historiens anciens[1]. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ce récit, Matthieu 27.28,29, notes.
Le texte reçu omet à tort ce détail qui se lit dans Sin., B, majuscules, versions : les soldats s'approchaient de lui pour le saluer dérisoirement comme roi.
Matthieu dit : "ils s'agenouillaient devant lui." Ce qui pouvait donner à ces soldats romains l'idée de railler ainsi le Sauveur sur sa royauté, ce sont, sans doute, ses propres paroles, (Jean 18.36,37) qu'ils avaient entendues, ou l'accusation que les principaux sacrificateurs portaient contre lui.
Le mot que nous rendons par coups de bâton pourrait signifier des soufflets . C'est le sens qu'il a certainement dans Matthieu 5.39 et que nous lui avons donné dans Jean 18.22. […]
v. 4-6 · Godet · 18/10/2026
La flagellation avait eu lieu dans la cour du prétoire (Marc 15.15-16), ainsi que les mauvais traitements qui avaient suivi. Dès que cette scène est terminée, Pilate sort avec Jésus. Ce spectacle ne pouvait manquer, dans sa pensée, de provoquer une intervention favorable du peuple et de lui fournir le moyen de tenir tête à la haine sacerdotale. Etrange manière cependant de prouver qu'il ne trouve en Jésus aucune faute que de lui infliger une pareille peine ! Au v. 4, Pilate veut dire : « Eh bien, vous devez le comprendre : c'en est assez maintenant. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces mots devenus si célèbres : Voici l'homme ! furent sans doute prononcés par Pilate avec un mélange de mépris et de compassion. Il espérait faire partager aux Juifs ce dernier sentiment et voulait leur faire entendre qu'il n'irait pas plus loin.
Mais cette apparition émouvante du Sauveur portant son manteau de pourpre et sa couronne d'épines , se montrant ainsi au peuple dans les profondeurs de son humiliation et de ses souffrances, cette apparition est restée gravée dans les souvenirs les plus religieux de l'Eglise ; et la parole du gouverneur romain : Voici l'homme ! (Ecce homo ! ) a pris une signification sainte et profonde que Pilate ne songeait pas à lui donner.
Comme Caïphe, il a prophétisé sans le savoir ; (Jean 11.50,51) et c'est bien l'homme , l'homme idéal, se menant à la place de l'homme pécheur, qu'il a présenté à son peuple.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Pilate avait compté sans la haine sacerdotale : quand donc ils le virent , bien loin d'éprouver quelque compassion, les principaux sacrificateurs et les huissiers firent entendre ce cri sauvage : Crucifie ! crucifie !
- La plupart des critiques retranchent le pronom le après crucifie . Ce pronom se lit cependant dans Sin., A, D, majuscules, versions.
Il ne faut pas, avec Stier, MM. Weiss et Godet, prendre cette parole de Pilate à la lettre, comme s'il voulait exceptionnellement permettre aux Juifs de crucifier eux-mêmes Jésus à leurs risques et péril.
M. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
En général, les Romains laissaient aux peuples vaincus leur législation nationale. Les Juifs s'en prévalent avec une sorte d'orgueil : Nous , disent-ils, nous avons une loi .
Ils entendent par là Lévitique 26.16, qui condamne à mort le blasphémateur du nom de Dieu. Or, selon ces théologiens juifs, Jésus a blasphémé en se déclarant Fils de Dieu . Il l'avait fait cette nuit même, d'une manière solennelle, devant le sanhédrin. (Matthieu 26.64 ; Marc 14.62-64) Donc il doit mourir. (Comparer Jean 5.18 ; 10.33)
Il y avait, dans cette nouvelle tournure qu'ils donnent à l'accusation, autant de maladresse que de mauvaise foi. […]
v. 7-9 · Godet · 18/10/2026
Les Romains laissaient en général aux peuples vaincus la jouissance de leurs lois et de leurs institutions nationales, exactement comme le font aujourd'hui les Français à l'égard des Musulmans algériens, dit Renan. Les Juifs, se plaçant à ce point de vue, en appellent à l'article de leur code (Lévitique 24.16), qui condamne à mort les blasphémateurs, et ils réclament impérieusement de Pilate l'application de cet article. On peut ici toucher du doigt la différence, si souvent méconnue, entre le titre de Fils de Dieu et celui de Messie ou de Roi des Juifs. L'enquête sur la prétention messianique ou royale de Jésus est terminée : on passe maintenant à un tout nouveau grief. […]
8 Quand donc Pilate entendit cette parole, il craignit davantage, 9 et il entra de nouveau dans le prétoire, et dit à Jésus : D’où es-tu ? Et Jésus ne lui donna pas de réponse. 10 Pilate donc lui dit : Ne me parles-tu pas ? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoira 10a v. 10 et 11 : pouvoir, autorité. de te relâcher, et que j’ai le pouvoir de te crucifier ? 11 Jésus répondit : Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi, s’il ne t’était donné d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a plus de péché. 12 Dès lors Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs criaient, disant : Si tu relâches celui-ci, tu n’es pas ami de César ; quiconque se fait roi, s’oppose à César. 13 Pilate donc, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors, et s’assit sur le tribunal, dans le lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha ; 14 (or c’était la Préparation de la Pâque, c’était environ la sixième heure ;) et il dit aux Juifs : Voici votre roi ! 15 Mais ils crièrent : Ôte, ôte ! crucifie-le ! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n’avons pas d’autre roi que César. 16 Alors donc il le leur livra pour être crucifié ; et ils prirent Jésus, et l’emmenèrent.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Plus de crainte qu'on ne le forçât de condamner Jésus.
Quelle était la cause de cette crainte croissante ?
Les interprètes sont à peu près unanimes à penser que Pilate, en entendant ce mot de Fils de Dieu , et sous l'impression qu'il pouvait avoir reçue de la présence et des paroles de Jésus, voyait réellement en lui quelque être surnaturel, le fils d'un dieu. Sa crainte aurait eu ainsi un caractère superstitieux, qu'elle pouvait avoir revêtu à la suite de l'avertissement que la femme de Pilate venait de lui donner. (Matthieu 27.19) […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Il n'est pas possible que cette question signifie : Quel est ton pays ? ce qui n'aurait aucun sens dans ce contexte. D'ailleurs Pilate venait d'apprendre que Jésus était de la Galilée. (Luc 23.6) Sa question signifie donc : Prétends tu réellement que tu viens du ciel et que tu es le Fils de Dieu ? (Comparer versets 7,8)
Pourquoi Jésus refuse-t-il de répondre ? Il avait déjà dit à Pilate tout ce qu'il pouvait lui révéler sur sa personne en lui parlant de la nature céleste de son règne (Jean 18.36,37)
S'il lui avait répondu : Je suis venu du ciel, je suis le Fils de Dieu, cela aurait signifié pour le païen Pilate : le fils d'une divinité mythologique quelconque. […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Pilate est étonné et blessé du silence de Jésus, qui lui paraît manquer de respect envers lui. (Grec : à moi, tu ne parles pas ! )
De là l'expression hautaine et deux fois répétée de son pouvoir sur la liberté et sur la vie de Jésus.
Il n'est pas question de justice dans ces paroles de Pilate ; l'arbitraire du pouvoir doit tout décider.
Ainsi, comme l'observe M. Luthardtla crainte superstitieuse de Pilate le cède à son orgueil.
(Comparer sur le silence de Jésus, Matthieu 27.12 ; Luc 23.9)
v. 10-11 · Godet · 18/10/2026
Pilate sent un reproche dans ce silence. Il se redresse de toute sa hauteur de juge et de gouverneur romain. De là le ἐμοί, à moi , en tête (« à moi , si ce n'est aux autres »), et la répétition des mots : J'ai le pouvoir . - Le T. R. place le : de te crucifier , avant le : de te relâcher . Sans doute l'idée du supplice imminent est celle qui domine l'entretien ; mais la parole devient plus grave encore si elle se termine par ce mot terrible : te crucifier . Pilate croit disposer de Jésus ; il ne parle que de son pouvoir, sans penser à sa dépendance et à sa responsabilité. Jésus lui rappelle qu'en réalité il ne dispose de rien du tout ; car son pouvoir lui est donné. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus humilie d'abord en Pilate cet orgueil du pouvoir dont il se vante, en lui déclarant qu'il n'a point ce pouvoir par lui-même, mais qu'il lui a été donné par un plus puissant que lui, il lui vient d'en haut (voir sur ce mot Jean 3.3,27,31 ; Jacques 1.17), de Dieu, qui peut le lui ôter.
On pourrait s'attendre à ce que Jésus tire de cette déclaration la conséquence que Pilate est d'autant plus coupable envers lui, puisqu'il est responsable de son pouvoir envers Celui qui le lui a confié.
Mais il voit, au contraire, dans la situation providentielle du gouverneur, qui ne fait qu'exercer envers lui l'autorité que Dieu a donnée aux Romains sur son peuple, une circonstance atténuante. […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Dès ceci , c'est-à-dire à cause de la parole prononces par Jésus. (verset 11) Sans doute Pilate avait déjà plusieurs fois cherché à le relâcher , mais, saisi par les dernières paroles de Jésus, il fit de nouveaux efforts pour cela. (L'imparfait cherchait indique une action persistante.)
L'évangéliste ne dit pas en quoi consistèrent ces efforts. Sans doute Pilate fit encore des tentatives pour fléchir les accusateurs ; mais ceux-ci, endurcis par la haine, couvrirent de leurs cris la voix du trop faible magistrat.
Grec : contredit César , lui résiste, est un rebelle. Si tu relâches un tel homme, tu n'es point ami de César , c'est-à-dire son adhérent, son serviteur fidèle. […]
v. 12 · Godet · 18/10/2026
Ἐκ τούτου : dès et en vertu de ce mot prononcé par Jésus ; comparez 6.66 - Jean semble dire que tous les efforts qu'avait faits précédemment Pilate dans le but de délivrer Jésus n'avaient rien été en comparaison de ceux qu'il fit dès maintenant, sous l'impression de cette dernière parole qu'il venait d'entendre. Weiss repousse ce sens et ne voit dans le il cherchait que cette idée : il se proposait d'en finir en le relâchant, quand la parole des Juifs l'en empêcha. Mais l'imparfait : il cherchait , implique une série d'efforts et de nouvelles tentatives auprès des Juifs. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Pilate, dont la résistance est brisée par la crainte, amène Jésus hors du prétoire et lui-même s'assied sur le tribunal ou siège judicial, afin de prononcer la sentence, qui devait se rendre publiquement, en présence de l'accusé.
Le lieu où ce tribunal était dressé, dans la cour du palais, s'appelait en grec lieu pavé de pierres , c'est-à-dire, couvert d'un parquet en mosaïque.
Le nom hébreu gabbatha , qui n'est point la traduction du précédent, signifie une place élevée , une éminence .
Ce trait de notre récit correspond à la scène décrite dans Matthieu 27.24.
v. 13-15 · Godet · 18/10/2026
Le pluriel τῶν λόγων τούτων, ces paroles , chez les alex. et autres, montre que le v. 12 n'a fait que résumer le discours des Juifs. Devant la menace qu'il impliquait, le juge, qui depuis si longtemps déjà reniait son rôle, baisse la tête et se résigne Sans dire un mot de plus, il fait amener Jésus hors du prétoire, car la sentence devait être prononcée en présence de l'accusé ; et il monte une seconde fois sur son tribunal. - Le nom Λιθόστρωτον signifie : lieu pavé en pierres . Devant le prétoire se trouvait un de ces pavés de mosaïque sur lesquels les magistrats romains avaient coutume de placer leur siège judicial. […]
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce moment, le plus important de l'histoire, où le Sauveur du monde va être livré et crucifié, est si solennel pour notre évangéliste, qu'il interrompt son récit pour en marquer le jour et l'heure . Mais, chose étrange, ce jour et cette heure sont l'un et l'autre devenus un sujet de controverse ! (Voir 13 : l, note.)
L'expression, la préparation de la Pâque , est traduite par les interprètes qui pensent que Jésus fut crucifié le 15 Nisan : "le vendredi de la semaine de Pâque," le mot préparation désignant parfois le vendredi, veille du sabbat.
La sixième heure , c'est-à-dire, en comptant depuis six heures du matin, midi. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ces mots pleins de haine : Ote, ôte ! ils demandent à Pilate de l'ôter du monde, ne le trouvant pas digne de vivre.
Le même verbe est employé au Jean 17.15, où il exprime un désir inspiré par un sentiment bien différent.
Paroles hypocrites dans la bouche d'hommes qui haïssaient la domination de l'empereur romain et n'en avaient jamais reconnu la légitimité !
Paroles tragiques, par lesquelles ils renient solennellement Dieu, leur seul vrai Roi, et le Messie qu'il leur avait envoyé !
C'est ainsi que l'incrédulité, dans laquelle ils ont dès le début repoussé le Fils de Dieu, se consomme, et qu'ils causent eux-mêmes la réprobation et la ruine de leur nation.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
16 à 37
Jésus crucifié.
Le verbe : ils prirent a pour sujet les chefs du peuple juif, auxquels Jésus fut livré par Pilate pour être crucifié .
Eux sont les vrais auteurs du crime dont les soldats romains ne furent que les instruments aveugles. (verset 23 ; comparez Matthieu 27.26,27 ; Actes 2.23 ; 3.15)
- Le texte reçu ajoute : et l'emmenèrent . Ces mots, empruntés peut-être à Matthieu 27.31, manquent dans B, et sont remplacés dans d'autres manuscrits par diverses variantes.
- S'ils étaient authentiques, le sujet de toute la proposition serait : les soldats romains.
v. 16-18 · Godet · 18/10/2026
Ces deux versets, 17 et 18, résument très sommairement le récit synoptique. Le sujet de ils prirent est : les Juifs (v. 16a) ; c'étaient eux qui exécutaient la sentence par les mains des soldats. Il en serait autrement si les mots suivants : et l'emmenèrent , dans le T. R., étaient authentiques. Car alors le sujet serait : les soldats. - D'après d'anciens témoignages, les condamnés devaient porter eux-mêmes leur croix, du moins la pièce de bois horizontale. C'est ce que suppose d'ailleurs l'expression figurée employée par Jésus dans les synoptiques : « Si quelqu'un veut venir après après moi…, qu'il se charge de sa croix » (Matthieu 16.24 et parallèles). […]
17 Et il sortit portant sa croix, [et s’en alla] au lieu appelé [lieu] du crâne, qui est appelé en hébreu Golgotha, 18 où ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. 19 Et Pilate fit aussi un écriteau, et le plaça sur la croix ; et il y était écrit : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs. 20 Plusieurs des Juifs donc lurent cet écriteau, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la villeb 20b ou : parce que le lieu de la ville, où Jésus fut crucifié, était près. ; et il était écrit en hébreu, en grec, en latin. 21 Les principaux sacrificateurs des Juifs donc dirent à Pilate : N’écris pas : Le roi des Juifs ; mais que lui a dit : Je suis le roi des Juifs. 22 Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. 23 Les soldats donc, quand ils eurent crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. [Ils prirent] aussi la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée tout d’une pièce depuis le haut [jusqu’en bas]. 24 Ils dirent donc entre eux : Ne la déchirons pas, mais jetons-la au sort, à qui elle sera, – afin que l’écriture fût accomplie, qui dit : « Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ils ont jeté le sort sur ma robe »c 24c Psaume 22:19 . . Les soldats donc firent ces choses.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Portant lui-même sa croix !
Jean seul nous a conservé ce trait émouvant qui était resté gravé dans son souvenir de témoin oculaire. Chez les Romains l'usage voulait que le condamné portât sa croix ou du moins, suivant certains auteurs, la pièce transversale, qui formait les bras de la croix, le montant de celle ci étant planté d'avance sur le lieu de l'exécution.
Jésus fut soumis à cette humiliation profonde, jusqu'au moment où, le voyant épuisé et succombant sous l'instrument de son supplice, on en chargea Simon de Cyrène. (Comparer Matthieu 27.32, note.)
C'est ici qu'il faut méditer avec recueillement la parole de Jésus Matthieu 10.38.
Voir, sur ces noms, Matthieu 27.33, note.
Il sortit ...de la ville. (Lévitique 24.14 ; Hébreux 13.12,13)
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le supplice de la croix, Matthieu 27.35, 1e note, et sur le crucifiement de deux malfaiteurs, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, Matthieu 27.38, note.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Matthieu 27.37, note.
C'était l'usage, chez les Romains, de suspendre sur le poteau de la croix, au-dessus du criminel, un écriteau indiquant la cause de sa condamnation.
Ce fut là encore une dernière moquerie et une dernière vengeance de Pilate, irrité contre les chefs du peuple juif. Il déverse sur eux son mépris, en leur donnant pour roi ce crucifié et, en même temps, tourne en ridicule l'accusation qu'ils avaient portés contre lui. Mais sans le vouloir, il donna ainsi à Jésus son vrai titre, car sur cette croix même Jésus fonda son éternelle royauté dans le cœur de ses rachetés.
v. 19-22 · Godet · 18/10/2026
Jean complète ici le récit très abrégé des synoptiques. D'après la coutume romaine, le cruciarius portait lui-même ou l'on portait devant lui, sur le chemin du supplice, un écriteau (titulus , τίτλος, ἐπιγραφή, σανίς, αἰτία) renfermait l'indication de son crime et qui était ensuite fixé à la croix. Pilate profita de cet usage pour stigmatiser les Juifs, en proclamant encore une dernière fois ce malfaiteur leur roi. - Tholuck, de Wette ont pensé qu'il fallait expliquer le ἔγραψε le sens de avait écrit : Meyer et Weiss admettent que Pilate fit écrire pendant et placer l'inscription après le crucifiement. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
L'hébreu était la langue sacrée, la langue nationale des Juifs, le latin , la langue des Romains, qui dominaient le monde ; le grec , la langue universellement connue, l'organe de la culture la plus avancée de l'antiquité.
Ainsi cette inscription était une prophétie de la royauté de Jésus-Christ qui devait s'étendre sur le monde entier.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces principaux sacrificateurs redoutent, même sur la croix, le titre donné au Messie qu'ils ont rejeté.
Ils disaient donc , ce verbe à l'imparfait indique l'insistance qu'ils mirent à leur demande, et la particule donc signifie que la cause de cette demande se trouvait dans le fait rapporté au verset 20, que beaucoup de gens lisaient l'inscription. Le refus péremptoire de Pilate décèle enfin quelque fermeté et, en même temps, sa mauvaise humeur.
v. 23-24 · Godet · 18/10/2026
Encore ici, Jean complète ses devanciers, quant à la description de la tunique et quant à l'accomplissement de la prophétie. La loi romaine De bonis damnatorum adjugeait aux exécuteurs les vêtements des condamnés. On admet ordinairement que le détachement tout entier se composait de quatre hommes[1]. Keim pense que chaque croix avait son détachement particulier[2]. Les soldats firent deux opérations. Ils répartirent entre eux soit les différentes pièces d'habillement des trois condamnés, telles que les bonnets, les ceintures, les vêtements de dessus, les sandales et les tuniques des deux malfaiteurs, soit les vêtements de Jésus seul (αὐτοῦ, de lui , v. […]
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , c'est par ce mot que Jean reprend son récit interrompu au verset 18.
Il raconte le fait du partage des vêtements avec plus de détails que les trois premiers évangélistes. (Matthieu 27.35, 2e note ; Marc 15.24 ; Luc 23.34)
Les vêtements d'un condamné appartenaient aux exécuteurs.
Les quatre soldats chargés de cette fonction en firent d'abord autant de parts, une pour chacun ; mais estimant sans doute que la tunique, d'un seul tissu , était trop précieuse pour être la part d'un seul, et qu'il était dommage de la déchirer, ils la tirèrent au sort . l'évangéliste voit dans ces faits l'accomplissement d'une prophétie.
Psaumes 22.19, cité exactement d'après les Septante. […]
25 Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère, et la sœur de sa mère, Marie, [femme] de Clopas, et Marie de Magdala. 26 Jésus donc voyant sa mère, et le disciple qu’il aimait se tenant là, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. 27 Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. 28 Après cela Jésus, sachant que toutes choses étaient déjà accomplies, dit, afin que l’écriture fût accomplie : J’ai soif. 29 Il y avait donc là un vase plein de vinaigre. Et ils emplirent de vinaigre une éponge, et, l’ayant mise sur de l’hysope, ils la lui présentèrent à la bouche. 30 Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli. Et ayant baissé la tête, il remit d 30d ailleurs : livra. son esprit.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
A cette scène de brutale indifférence dans laquelle des soldats romains furent les acteurs, succède (versets 25-27) un trait que Jean seul nous a conservé et qui nous permet de plonger un regard dans l'exquise délicatesse et le tendre amour qui remplissaient l'âme de Jésus, même au sein de son agonie. C'est une perle dans l'histoire de la Passion.
- Voir, sur les femmes ici mentionnées, Matthieu 27.56, note. Jean nomme d'abord la mère de Jésus, pour laquelle s'accomplit en ce moment la prophétie de Siméon : "une épée te transpercera l'âme," (Luc 2.35) et à laquelle Jésus va donner un dernier et émouvant témoignage de sa tendresse filiale. […]
v. 25-27 · Godet · 18/10/2026
Ce trait nous a été conservé par Jean seul. Matthieu et Marc disent bien qu'un certain nombre de femmes galiléennes se trouvaient présentes, mais « regardant de loin. » Il résulte du récit de Jean, soit que quelques-unes d'entre elles, particulièrement la mère de Jésus, se tenaient plus près de la croix, - ce détail a pu aisément être omis dans la tradition synoptique, - soit que au moment de la mort de Jésus, elles s'étaient retirées à l'écart pour observer ce qui allait se passer : car c'est seulement alors que la présence de ces femmes est mentionnée dans les synoptiques. - Παρά ne veut pas dire au pied , mais auprès de ; la croix était peu élevée (v. 29). […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Le disciple qu'il aimait , c'est Jean, notre évangéliste. (Jean 13.23, note ; Jean 20.2,21.7,20)
Il ne présume pas de luimême en se désignant ainsi, pas plus que Paul ne fait preuve d'orgueilleuse satisfaction dans 1Corinthiens 15.10. Les deux apôtres parlent ainsi dans un sentiment d'humble gratitude envers Celui à qui ils doivent tout ce qu'ils sont. (Comparer Introduction.)
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce mot : femme n'avait dans la langue que Jésus parlait rien de rude ni d'irrespectueux, et il fut prononcé sans doute avec une infinie tendresse. (Comparer Jean 2.4 ; 20.15)
- Jésus, en donnant à Marie le disciple qu'il aimait, avec cette parole suprême : voilà ton fils , voulait combler en quelque mesure le vide immense et douloureux que son départ allait faire dans le cœur de sa mère ; mais on ne peut pas en conclure, avec quelques exégètes, qu'elle n'eût point d'autres enfants. […]
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Après cela , doit être pris dans un sens large. Le cri d'angoisse : "Mon Dieu mon Dieu, pourquoi m'as tu abandonné ?" et d'autres paroles peut-être encore furent proférées après celles que Jésus adressa à sa mère.
L'évangéliste marque le moment douloureux et suprême de l'agonie du Sauveur par ces paroles : Jésus sachant que tout allait être consommé , c'est-à-dire toute son œuvre achevée par sa mort qui s'approchait.
A ce moment, le plus affreux tourment du supplicié était la soif brûlante de la fièvre, occasionnée par les plaies. Jésus exprime cette souffrance qu'il éprouve et manifeste le profond besoin de quelque soulagement. […]
v. 28-30 · Godet · 18/10/2026
Jean complète par quelques détails importants le récit déjà connu des derniers moments de Jésus. - Μετά τοῦτο, après cela , doit être pris dans un sens large, comme dans tout notre évangile. C'est entre le trait précédent et celui-ci que se place l'indicible angoisse du sein de laquelle Jésus s'écria : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » - L'expression : Tout est consommé , se rapporte à sa tâche de Rédempteur, telle qu'il pouvait l'accomplir durant son existence terrestre, et en même temps au tableau prophétique dans lequel cette tâche avait été tracée à l'avance. Cependant il restait un trait de la prophétie qui n'était pas accompli encore. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce sont les soldats, sans doute, qui avaient crucifié Jésus qui accomplissent maintenant cet acte d'humanité. (verset 23)
Le vinaigre était un vin acide, breuvage des soldats et des pauvres. Il paraît, puisque ce vin se trouvait là, ainsi qu'une éponge et une tige d'hysope , qu'on les avait apportés pour le soulagement des crucifiés.
L'hysope est une fort petite plante, (1Rois 4.33) sa tige atteint cependant une longueur de un pied à un et demi pied, elle pouvait suffire pour porter l'éponge jusqu'à la bouche du supplicié, car celuici n'était pas beaucoup élevé au-dessus du sol.
Il ne faut pas confondre ce trait avec celui rapporté Matthieu 27.34,Marc 15.23 ; mais il paraît être identique avec celui qui se lit Matthieu 27.48. (Voir la note)
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : C'est accompli ou consommé .
L'œuvre de Jésus, la rédemption du monde, était achevée. (Jean 17.4) Il y a dans ces paroles le sentiment d'une grande victoire, car, en succombant, le Sauveur triomphe, et sa mort sera pour des millions d'âmes la vie éternelle.
Le mot grec que nous traduisons par il rendit l'esprit , signifie littéralement : il donna, livra son esprit (à Dieu).
C'est la même pensée qui est exprimée par la dernière des paroles de la croix : Père, je remets mon esprit entre tes mains . (Luc 23.46)
On voit que Jean abrège considérablement le récit de la mort de Jésus, parce qu'il suppose connues, grâce aux trois premiers évangiles, toutes les autres circonstances qui s'y trouvent rapportées.
31 Les Juifs donc, afin que les corps ne demeurent pas sur la croix en un jour de sabbat, puisque c’était la Préparation (car le jour de ce sabbat-là était grand), firent à Pilate la demande qu’on leur rompe les jambes, et qu’on les ôte. 32 Les soldats donc vinrent et rompirent les jambes du premier, et de l’autre qui était crucifié avec lui. 33 Mais étant venus à Jésus, comme ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; 34 mais l’un des soldats lui perça le côté avec une lance ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. 35 Et celui qui l’a vu rend témoignage ; et son témoignage est véritable ; et lui sait qu’il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez. 36 Car ces choses sont arrivées afin que l’écriture fût accomplie : « Pas un de ses os ne sera cassé »e 36e Exode 12:46 ; Psaume 34:21 . . 37 Et encore une autre écriture dit : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont percé »f 37f Zacharie 12:10 . .
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette remarque a été expliquée Jean 13.1, note.
Ce sabbat était grand , solennel, parce que c'était aussi le premier jour de la fête de Pâque.
Les Juifs d'après Deutéronome 21.22,23 ne devaient point laisser un criminel passer la nuit sur le gibet.
Les Romains de leur côté, avaient l'usage, très anciennement déjà, d'abréger le supplice des crucifiés en leur brisant les jambes ou en les tuant à coups de bâton.
C'est l'exécution de cette mesure que demandent à Pilate ces mêmes chefs du peuple qui, avec l'odieuse hypocrisie dont ils ont donné tant de preuves dans cette histoire, observent les prescriptions de leur loi, tout en commettant le plus grand des crimes.
v. 31 · Godet · 18/10/2026
Jean retrace ici une série de faits providentiels, omis par ses devanciers, qui se sont passés coup sur coup et qui ont concouru à imprimer à la personne de Jésus dans l'état de son plus profond abaissement le sceau messianique. Les Romains laissaient ordinairement les corps des condamnés sur la croix ; ils devenaient la proie des bêtes sauvages ou de la dissolution. Mais la loi juive voulait que les corps des suppliciés disparussent avant le coucher du soleil, afin que, dans la journée suivante, la Terre-Sainte ne fût pas souillée par la malédiction attachée à ce corps inanimé, monument d'une condamnation divine (Deutéronome 21.23 ; Josué 8.29 ; 10.26 ; Josèphe, Bell. jud. IV, 5, 2). […]
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Les soldats vinrent , c'est-à-dire s'approchèrent des crucifiés (comme au verset 33), car c'étaient probablement les mêmes soldats qui avaient procédé à l'exécution.
Toutefois Olshausen, MM. Weiss et Godet trouvent que le verbe : vinrent , s'explique plus naturellement si l'on admet que ce furent d'autres soldats, envoyés par Pilate avec les instruments nécessaires pour accomplir l'opération prescrite.
v. 32-34 · Godet · 18/10/2026
Le mot : ils vinrent , s'explique plus naturellement si l'on admet avec Storr, Olshausen, Weiss, Wahle, que c'étaient d'autres soldats que ceux qui avaient accompli le crucifiement. Ils avaient été envoyés spécialement dans ce but avec les instruments nécessaires. - Si le but pour lequel on rompait les membres des condamnés était celui que nous avons dit, cette opération devenait inutile à l'égard de Jésus par le fait de sa mort. Le coup de lance du soldat ne fut donc que comme une compensation de l'opération omise : il signifiait : Si tu n'es pas déjà mort, voici de quoi t'achever. Il serait absurde de réclamer des exemples pour un fait pareil qui n'avait rien de juridique. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean constate avec bonheur que Jésus ne fut point mutilé, que cette dernière barbarie, ce dernier outrage lui furent épargnés ; et qu'ainsi une prescription de l'Ecriture fut accomplie d'une manière admirable. (verset 36)
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Les soldats virent que Jésus était déjà mort ; (verset 33) mais l'un d'eux voulut élever cette présomption jusqu'à la certitude.
C'est pourquoi il perça de sa lance le côté de Jésus (probablement le côté du cœur), en sorte qu'il ne pût lui rester absolument aucun doute.
- On vit alors sortir de cette plaie du sang et de l'eau .
Ce fait a singulièrement occupé les interprètes.
Les uns y voient un phénomène naturel et se livrent à des dissertations physiologiques pour en démontrer la possibilité ; les autres, depuis les Pères jusqu'à nos jours, prétendant que le fait ne peut être ainsi expliqué, lui attribuent un caractère miraculeux et en déduisent diverses conclusions dogmatiques. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour donner plus de solennité à cette déclaration, Jean parle de luimême à la troisième personne, comme d'un témoin oculaire : Celui qui l'a vu , puis il affirme à deux reprises la vérité de son témoignage . Comparer Introduction, p. 34.
Enfin, il déclare que le but de son récit est d'amener ses lecteurs à la foi, ou d'y affermir ceux qui déjà ont cru : Afin que vous croyiez .
Croire a ici son sens absolu ; il s'agit de la foi au Christ Sauveur. (Comparer Jean 20.31)
D'où il résulte que cette solennelle déclaration ne se rapporte point à l'apparition du sang et de l'eau, (verset 34) mais aux deux faits que Jean vient de rapporter, et qui, accomplissant d'une manière remarquable les deux prophéties rappelées aux versets 36,37, étaient propres à confirmer la foi en la messianité de Jésus chez un Israélite attaché aux Ecritures.
v. 35-37 · Godet · 18/10/2026
Plusieurs, Weisse, Schweizer, Hilgenfeld, Weizsäcker, Keim, Bæumlein, Reuss, Sabatier, prétendent que dans ces paroles, v. 35, l'auteur de l'évangile se distingue expressément de l'apôtre et qu'il se donne uniquement comme le rédacteur du témoignage oral de ce dernier. Il déclarerait aux lecteurs de l'évangile que Jean l'apôtre a vu cela, qu'il en a rendu témoignage , et qu'il a eu la conscience intime de dire une chose vraie en racontant ce fait. Ainsi cette parole, que l'on avait toujours envisagé comme l'une des plus fortes preuves de la composition johannique de notre évangile, se transformerait en une dénégation formelle de son origine apostolique. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces choses sont les deux faits racontés aux versets 33,34 et dans lesquels Jean voit un accomplissement de l'Ecriture .
Selon les prescriptions de la loi relatives à l'anneau pascal, (Exode 12.46 ; Nombres 9.12) aucun de ses os ne devait être rompu .
Cet agneau, dont le sang avait sauvé Israël de la destruction, était consacré à l'Eternel, il ne devait, en aucune manière, être profané. […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
La parole de l'Ecriture que Jean cite comme accomplie par le coup de lance du soldat romain et comme devant s'accomplir encore dans la suite est Zacharie 12.10.
L'évangéliste applique directement au Messie, représentant de Dieu, ce qui, dans l'Ancien Testament, est dit de Jéhovah, l'Eternel.
Or, dans ce passage le prophète décrit un grand mouvement d'humiliation qui se produit parmi le peuple. Jean prévoit de même un jour où les Juifs repentants regarderont avec foi à Celui qu'ils ont percé . Ailleurs, le même apôtre nous montre un second et solennel accomplissement de la même prophétie. (Apocalypse 1.7)
38 Or, après ces choses, Joseph d’Arimathée, qui était disciple de Jésus, en secret toutefois par crainte des Juifs, fit à Pilate la demande d’ôter le corps de Jésus ; et Pilate le permit. Il vint donc et ôta le corps de Jésus. 39 Et Nicodème aussi, celui qui au commencement était allé de nuit à Jésus, vint, apportant une mixtion de myrrhe et d’aloès, d’environ 100 livres. 40 Ils prirent donc le corps de Jésus, et l’enveloppèrent de linges, avec les aromates, comme les Juifs ont coutume d’ensevelirg 40g ou, selon l’emploi du mot dans les Septante : embaumer ; comp. Genèse 50:2-3 . . 41 Or il y avait, au lieu où il avait été crucifié, un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été mis. 42 Ils mirent donc Jésus là, à cause de la Préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche.
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
38 à 42
La sépulture de Jésus.
Voir, sur la sépulture de Jésus, Matthieu 27.57 et suivants ; Marc 15.42 et suivants, Luc 23.50 et suivants
Après ces choses , c'est-à-dire après ce qui est raconté aux versets 31-34.
Un temps assez considérable s'écoula depuis la demande des Juifs à Pilate jusqu'à ce que les soldats eussent rempli leur triste mission et jusqu'à ce que les crucifiés, auxquels on avait rompu les jambes, fussent morts ; car, avant cela on ne pouvait les ôter de la croix.
C'est pendant ce temps que Joseph d'Arimathée demanda et obtint de Pilate le corps de Jésus . […]
v. 38-40 · Godet · 18/10/2026
La demande des Juifs, v. 31, se rapportait aux trois condamnés ; mais, comme Jean l'a fait remarquer, l'ordre de Pilate n'avait été exécuté que par rapport à deux d'entre eux. Joseph se présente alors devant lui avec une demande toute nouvelle qui ne s'applique qu'a Jésus seul. Bæumlein : « Quelquefois, surtout à l'occasion d'une fête le cadavre des suppliciés était livré aux parents. Philon, in Flacc. § 10. » Marc raconte que Pilate, en entendant cette demande, s'étonna de ce que Jésus fût déjà mort ; ce qui selon Strauss, contredit la permission qu'il venait de donner pour le brisement des jambes. […]
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Trois fois, dans son évangile, Jean met en scène cet honnête pharisien, Nicodème, membre du sanhédrin ; et, chaque fois, c'est pour marquer un progrès dans le courage avec lequel il manifeste sa conviction.
D'abord, il vient timidement de nuit vers Jésus. (Jean 3.1,2)
Ensuite, il prononce une parole de justice en sa faveur, au sein même du sanhédrin irrité contre lui. (Jean 7.50)
Enfin quand le Sauveur a succombé sous les coups de ses adversaires, Nicodème, comme Joseph, son collègue, se déclare ouvertement pour le crucifié.
Comme l'observe M. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur tous les soins pieux de cet ensevelissement, Matthieu 27. note.
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce sépulcre était celui de Joseph d'Arimathée. (Matthieu 27.60)
Trois évangélistes, Matthieu, Luc et Jean, font observer que ce sépulcre était neuf et que personne n'y avait été mis .
Ils voient, dans ce détail, non seulement une manière d'honorer d'autant plus le Sauveur, mais ils tiennent à montrer par là qu'il n'eut aucun contact avec des morts, ce qui, aux yeux des Juifs, eût été une souillure.
Faut-il ajouter, avec quelques exégètes, que, lorsque ce tombeau fut trouvé vide, il ne put y avoir aucun doute sur la résurrection de Jésus ?
v. 41-42 · Godet · 18/10/2026
D'après Matthieu le sépulcre appartenait à Joseph lui-même, et ce fut là la raison de l'emploi qui en fut fait. D'après Jean on choisit ce sépulcre à cause de sa proximité de Golgotha, parce que le sabbat allait commencer. Ces deux raisons, bien loin de se contredire, se complètent. A quoi eût servi la proximité du sépulcre, s'il n'eut pas appartenu à l'un des amis du Seigneur ? Et ce fut assurément la circonstance que Joseph possédait ce sépulcre près de l'endroit du crucifiement, qui fit naître chez lui l'idée de demander le corps de Jésus. - Jean et Luc 23.53 font remarquer que le sépulcre était neuf. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Le but de ce verset est de montrer la hâte avec laquelle Joseph et Nicodème remplirent leur saint devoir, à cause de la préparation , parce qu'on était au vendredi soir et que le sabbat allait commencer.
- Ce sabbat fut véritablement pour Jésus le grand sabbat, (verset 31) le jour de son repos . Ses membres fatigués et meurtris trouvèrent enfin ce repos dans la tombe qu'il a sanctifiée pour ceux qui l'aiment, comme il avait sanctifié leur vie par sa vie, par ses souffrances, par sa mort.
Il ne reste plus maintenant à l'évangéliste qu'à nous le montrer dans sa victoire, par laquelle il a brisé les liens de la mort et mis en évidence la vie et l'immortalité.