Jean complète ici le récit très abrégé des synoptiques. D'après la coutume romaine, le cruciarius portait lui-même ou l'on portait devant lui, sur le chemin du supplice, un écriteau (titulus, τίτλος, ἐπιγραφή, σανίς, αἰτία) renfermait l'indication de son crime et qui était ensuite fixé à la croix. Pilate profita de cet usage pour stigmatiser les Juifs, en proclamant encore une dernière fois ce malfaiteur leur roi. - Tholuck, de Wette ont pensé qu'il fallait expliquer le ἔγραψε le sens de avait écrit : Meyer et Weiss admettent que Pilate fit écrire pendant et placer l'inscription après le crucifiement. Mais le δὲ καί, or aussi est une liaison assez lâche pour permettre de placer ces actes au moment même du crucifiement, ce qui est plus naturel. La mention des trois langues dans lesquelles était rédigée cette inscription, se trouverait aussi dans Luc selon la leçon ordinaire ; mais cette leçon est incertaine. L'hébreu était la langue nationale, le grec la langue universellement comprise, et le latin celle des maîtres. Pilate voulait ainsi donner à l'inscription la plus grande publicité possible. Jésus, au degré le plus profond de son abaissement, a donc été proclamé Roi-Messie dans la langue des trois principaux peuples du monde. - L'expression : les grands-sacrificateurs des Juifs, v. 21, est remarquable. Elle ne se retrouve nulle part. Hengstenberg l'explique par un contraste intentionnel avec le terme de roi des Juifs. C'était bien, en effet, entre ces deux puissances théocratiques qu'était la lutte. Cependant cette explication est recherchée ; cette expression signifie plus simplement qu'ils agissaient ici comme défenseurs de la cause du peuple théocratique. - L'imparfait ils disaient caractérise la tentative qui échoue. Le présent n'écris pas est celui de l'idée. Pilate répond par le parfait deux fois répété : j'ai écrit ; c'est le temps du fait accompli. Nous retrouvons ici Pilate tel que le caractérise Philon : inflexible de caractère (Hengstenberg).
Le partage des vêtements :