1 En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y monte par ailleurs, celui-là est un voleur et un larron. 2 Mais celui qui entre par la porte, est le berger des brebis. 3 À celui-ci le portier ouvre ; et les brebis écoutent sa voix ; et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors. 4 Et quand il a mis dehors toutes ses propres [brebis], il va devant elles ; et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix ; 5 mais elles ne suivront point un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. 6 Jésus leur dit cette similitude ; mais ils ne comprirent pas ce que c’était qu’il leur disait.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 10. 1 à 21
Les faux bergers et le vrai berger.
Ce discours est en relation étroite avec les paroles et les faits rapportés au chapitre précédent. La conduite des Juifs qui cherchaient à annuler l'impression produite par la guérison de l'aveugle, soit en niant le miracle, soit en persécutant celui qui en avait été l'objet, obligea Jésus de leur dire de sévères vérités sur leur propre aveuglement. (Jean 9.39-41) Il s'efforce maintenant de faire sentir à ces orgueilleux persécuteurs qu'ils ne sont pas moins coupables comme conducteurs du peuple que comme individus. Ses premiers mots sont solennels : En vérité, en vérité . […]
v. 1-5 · Godet · 18/10/2026
Ce tableau mérite plutôt le nom d'allégorie que celui de parabole. Dans la parabole, l'image empruntée à la vie ordinaire est développée pour elle-même, de façon à mettre en pleine lumière une vérité qui trouve aussi son application dans la sphère du royaume de Dieu ; ce qui importe, c'est cette vérité, qui ressort de l'ensemble du récit, et il ne faut pas chercher l'application spéciale de chaque détail ; dans l'allégorie l'intention morale s'affirme dans tous les traits particuliers, dont chacun a un sens figuré déterminé qu'il s'agit de retrouver : l'image ne prend pas un corps indépendant de la pensée. La parabole est un tableau, l'allégorie un transparent. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Le bercail des brebis , c'est le peuple de Dieu, Israël, dont Jéhovah, par l'organe de ses prophètes, s'était proclamé le berger et auquel il avait promis l'envoi de bergers selon son cœur. (Jérémie 23.1-8 ; Ezéchiel 34 ; 37.24,Esaïe 40.11)
La porte , par laquelle doit entrer tout vrai berger des brebis , ne représente pas seulement l'autorisation divine donnant l'accès légitime au bercail (Tholuck, Godet et d'autres), mais Christ lui-même , comme il est dit expressément. (verset 7) […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Le portier est, comme nous l'avons indiqué, ce serviteur armé qui veillait à l'entrée du bercail. Jésus n'ayant point interprété ce trait de la similitude, les exégètes ont voulu suppléer à son silence.
Les uns donc ont vu dans ce portier Dieu, (Jean 6.44) qui ouvre l'entrée de son royaume ; d'autres, le Saint-Esprit, qui y prépare les cœurs ; d'autres, Moïse qui par la loi, fraye les voies à l'évangile ; (Jean 5.46) d'autres, Christ lui-même, d'autres enfin, Jean-Baptiste, le précurseur du Sauveur.
De ces diverses interprétations, la dernière, proposée par M. Godet, est la plus vraisemblable ; (Jean 1.6,7,35 ; Matthieu 21.23, suivants) mais il nous paraît plus naturel de voir seulement dans ce détail l'indication que le vrai berger trouve accès au bercail des brebis.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Admirable tableau d'une relation intime pleine de confiance et d'amour, entre le berger et les brebis ! Lui, dès qu'il est entre dans le bercail, appelle ses brebis par leur nom ; il connaît, il nomme chacune d'elles, (comparez Esaïe 43.1 ; Jean 1.43 ; 20.16) il les mène dehors ; et, quand il a fait sortir toutes (B, D, Itala) ses propres brebis, il marche devant elles , pour les conduire au pâturage.
Elles, de leur côté, entendent sa voix , et, parce qu'elles connaissent cette voix, elles le suivent docilement.
- Le mot deux fois répété : ses propres brebis, semble établir une distinction entre celles qui appartiennent au berger, et d'autres. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Les brebis, loin de suivre un étranger, fuiront loin de lui , par cette raison qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers .
Il y a en tout vrai disciple de Jésus un tact chrétien, un discernement des esprits, qui lui font immédiatement reconnaître une parole, un enseignement, un ton, une manière d'agir opposés au caractère du vrai berger, retracé dans les versets 3,4.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce que les auditeurs de Jésus ne comprirent point , ce ne sont pas les termes simples et clairs qu'il employait, mais les choses spirituelles et morales qu'il voulait enseigner.
Ils ne pouvaient ni ne voulaient les comprendre ; car leur aveuglement (comparez Jean 9.40,41) les rendait incapables de saisir de telles vérités.
v. 6 · Godet · 18/10/2026
Le mot παροιμία, similitude , désigne proprement un sentier détourné, de là un discours énigmatique. Il est parfois employé dans la traduction des LXX pour rendre maschal ; il est pris dans le sens de proverbe 2 Pierre 2.22. L'idée d'une comparaison n'est pas aussi expressément relevée dans ce terme que dans celui de παραβολή (voir Westcott). - Τίνα ἦν, ce qu'était , expression énergique pour dire : ce que signifiait : la vraie essence d'une parole, c'est son sens. Ils ne comprirent pas : parce qu'il leur était moralement impossible d'appliquer aux pharisiens l'image des larrons et des brigands.
II. La porte : v. 7 à 10
7 Jésus donc leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous dis que moi je suis la porte des brebis. 8 Tous, autant qu’il en est venu avant moi, sont des voleurs et des larrons ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. 9 Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture. 10 Le voleur ne vient que pour voler, et tuer, et détruire : moi, je suis venu afin qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. 11 Moi, je suis le bon berger : le bon berger met sa vie pour les brebis ; 12 mais l’homme qui reçoit des gages, et qui n’est pas le berger, à qui les brebis n’appartiennent pas en propre, voit venir le loup, et laisse les brebis, et s’enfuit ; et le loup les ravit, et il disperse les brebis. 13 Or l’homme à gages s’enfuit, parce qu’il est un homme à gages et qu’il ne se met pas en souci des brebis. 14 Moi, je suis le bon berger, et je connais les miens a 14a ou : miennes. et je suis connu des miens b 14b ou : miennes., 15 comme le Père me connaît et moi je connais le Père ; et je mets ma vie pour les brebis. 16 Et j’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. 17 À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse c 17c litt. : mets, mettre. ma vie, afin que je la reprenne. 18 Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse d 18d litt. : mets, mettre. de moi-même ; j’ai le pouvoir e 18e pouvoiret autoritépour l’exercer. de la laisser f 18f litt. : mets, mettre., et j’ai le pouvoir g 18g pouvoiret autoritépour l’exercer. de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père. 19 Il y eut encore de la division parmi les Juifs à cause de ces paroles ; 20 et plusieurs d’entre eux disaient : Il a un démon, et il est fou ; pourquoi l’écoutez-vous ? 21 D’autres disaient : Ces paroles ne sont pas d’un démoniaque ; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles ?
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Voilà surtout ce que les adversaires ne voulaient ni comprendre ni croire ; c'est que Jésus-Christ est la porte des brebis , (verset 2, note) par laquelle seule entrent les vrais bergers (verset 8) et les brebis ellesmêmes. (verset 9)
- C'est ici la première application de notre similitude que Jésus se fait à lui-même ; une seconde, la principale, est au verset 11 et suivants
v. 7-10 · Godet · 18/10/2026
Jésus a décrit la manière simple et facile dont le Messie forme son troupeau, en opposition aux procédés arbitraires et tyranniques par lesquels les pharisiens avaient réussi à s'emparer de la théocratie ; il dépeint maintenant, dans une nouvelle allégorie qui n'a qu'un rapport de forme assez éloigné avec la précédente (comparez chez Marc les deux paraboles qui se suivent, du semeur et de l'épi , 4.3 et suiv. ; 26 et suiv.), ce qu'il veut être pour son troupeau une fois formé et groupé, l'abondance de salut dont il le fera jouir, en opposition à l'exploitation de l'ancien troupeau par ces intrus et à la perdition à laquelle ils le mènent. - Le mot πάλιν, de nouveau (v. […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est là une parole qui a singulièrement occupé les interprètes et qui est, en effet, assez difficile à expliquer.
Un commentateur célèbre (de Wette) trouve qu'elle ne répond pas à la sagesse et à la douceur de Jésus et renonce à lui trouver un sens satisfaisant.
Les mots : avant moi , sont omis par neuf majuscules, plus de cent minusc., l'Itala, la Vulgate et des Pères de l'Eglise. Tischendorf les omet, mais leur retranchement a tout l'air d'être une correction destinée à aplanir la difficulté, il change du reste peu de chose à la pensée. La plupart des critiques et des exégètes les conservent, se fondant sur B, A, D, majuscules […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus vient de dire que les brebis n'ont pas écouté la voix des faux conducteurs ; dans les verset 9 et 10, qui forment un contraste frappant avec les paroles qui précèdent, il peint l'heureuse condition de ceux qui viennent à lui.
Il est la porte . Si quelqu'un entre par lui dans le bercail des brebis, s'il obtient par lui la réconciliation avec Dieu et l'accès à son royaume, voici les biens immenses dont il jouira : il sera sauvé , ce qui ne signifie point seulement, comme le pense Meyer : il trouvera protection et sécurité, mais bien : il sera sauvé d'un salut éternel. […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Encore une fois, Jésus fait ressortir le contraste entre le voleur (versets 1,8) qui n'a que des pensées d'injustice, de meurtre, de destruction, et lui-même qui est pour les siens la source de la vie , de la vie éternelle, qu'il peut et veut leur communiquer en abondance .
Par cette affirmation de ses compassions infinies et de son amour pour les brebis, Jésus prépare la révélation qu'il va donner en se présentant lui-même comme le bon berger , comparaison qu'il développera au long, (versets 11-18) en l'opposant à l'image du mercenaire .
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : moi, je suis le berger, le bon .
Jésus ne dit pas : un berger, comme au verset 2, et comme Luther traduit à tort ; mais le berger, dans un sens absolu et exclusif. Puis l'adjectif signifie à la fois bon et beau ,
"il désigne chez les Grecs la bonté comme suprême beauté morale. Ce mot explique l'articlele : Celui qui réalise parfaitement ce type sublime."**Godet.
En parlant ainsi, Jésus présentait à ses auditeurs, comme pleinement réalisée en lui, une image qui leur était familière par les Ecritures. (Voir Psaumes 23.1,Psaumes 80.1 ; Esaïe 40.11 ; Ezéchiel 34.11-23) […]
v. 11-13 · Godet · 18/10/2026
Le premier tableau resplendissait des fraîches teintes du matin ; le second dépeignait la vie et l'activité du troupeau durant le cours de la journée ; le troisième semble nous transporter au moment où se répandent les ombres de la nuit et où les brebis, ramenées à l'enclos commun par le berger, sont tout à coup exposées à l'attaque du loup qui le soir se tient aux aguets sur leur passage. Jésus reparaît ici dans son rôle de berger. Mais cette troisième allégorie ne se confond pourtant pas avec la première. Celle-ci était dominée par le contraste entre le berger et le voleur ; dans celle que nous allons étudier, c'est l'antithèse du bon berger et du gardien mercenaire . […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Le personnage du mercenaire , différent de celui du voleur et du brigand, (versets 1,8) est dans la similitude un trait nouveau. Son caractère est retracé en quelques traits saisissants.
Il est mercenaire , il ne travaille qu'en vue d'un salaire ; il n'est pas berger, les brebis ne lui appartiennent pas en propre , il n'a donc pour elles ni intérêt ni amour : A l'approche du danger, il abandonne les brebis et s'enfuit .
Cette odieuse conduite est expliquée par le caractère servile et intéressé du personnage, qui ne se soucie point des brebis .
Qui est-ce que Jésus a voulu peindre dans cette image nouvelle ? […]
v. 14-16 · Godet · 18/10/2026
La répétition de ces mots du v. 11 : Je suis le bon berger , est amenée par le contraste avec la figure du mercenaire (comparez v. 9) ; et l'épithète de bon est expliquée ici par un nouveau trait, celui de la relation pleine de tendresse qui unit Jésus et ses brebis. C'est sur ce second trait que repose le premier le dévouement décrit jusqu'ici. Le mot connaître ne signifie point : Je les distingue des autres Juifs (Weiss). La portée de ce mot est beaucoup plus profonde : et le sens de distinguer ne convient pas dans les trois paroles suivantes. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus répète cette grande déclaration : Je suis le bon berger , pour la mettre en opposition avec le caractère du mercenaire ; puis il décrit en deux traits profonds ce qui fait de lui le Berger parfait.
D'abord, il y a entre lui et ses brebis une connaissance mutuelle fondée sur la confiance et l'amour, une communion de même nature que celle qui existe entre lui et son Père . (Comparer Jean 14.20 ; 15.10 ; 17.8,21,26)
Ensuite, ce qui le caractérise surtout comme le bon Berger, c'est le dévouement suprême de son amour : Il donne sa vie pour ses brebis . (verset 11, note.)
Ainsi se consomme la communion profonde et vivante du fidèle avec Dieu par l'intermédiaire du Sauveur, qui, pour réintroduire les siens dans cette unité divine, donne sa vie.
Sin., B, D, versions. portent : et mes brebis me connaissent , au lieu de la leçon reçue : je suis connu de mes brebis.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, en se déclarant encore une fois le bon berger, et en décrivant son œuvre divine qui se consommera par sa mort, (versets 14,15) est saisi de la pensée que cette œuvre ne sera pas limitée à son peuple, et il jette un regard plein de joie sur ce prochain avenir où les païens auront part aussi aux fruits de son sacrifice et entreront dans le royaume de Dieu.
Mais il faut bien remarquer chaque terme de cette grande prophétie, qui nous montre quelle vue lumineuse le Seigneur avait de l'avenir de son règne : […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus a achevé de décrire la conduite du bon Berger, (versets 11-16) le bon berger se dévoue jusqu'à la mort. (versets 11,15)
Mais cette mort, Jésus éprouve le besoin d'en expliquer le caractère moral et d'en indiquer les motifs. il déclare solennellement qu'elle sera parfaitement libre. (versets 17,18)
De la part de Dieu, aucune contrainte ne lui est imposée, car toute communication entre le Père et lui est une effusion de l'amour divin. (Jean 3.35 ; 5.20)
Ainsi, spécialement dans le don de sa vie, le Père l'aime , parce que son sacrifice accomplit le dessein éternel de l'amour divin, le salut du monde. […]
v. 17-18 · Godet · 18/10/2026
Διὰ τοῦτο, c'est pour cela , se rapporte ordinairement chez Jean à une idée précédemment exprimée, mais qui va être relevée et développée dans la proposition suivante, commençant par ὅτι (parce que ). Il en est de même ici. C'est en raison de son dévouement libre à cette grande œuvre (v. 15 et 16 que son Père l'aime : c'est-à-dire, ajoute-t-il, parce qu'il y sacrifie sa vie, et cela non pour l'abandonner absolument, mais avec l'intention expresse de la recouvrer et d'achever ainsi l'œuvre qu'il ne fait que commencer ici-bas. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Si, de la part de Dieu, aucune contrainte n'était imposée à Jésus autre que celle de l'amour, (verset 17) de la part des hommes, nul ne pouvait, sans sa volonté, lui ôter la vie ; il la donne de lui-même , dans la sainte liberté de l'amour. La nécessité de mourir est, pour l'homme, la suite du péché ; (Romains 6.12) pour le Saint et le Juste cette nécessité n'existait pas.
Jésus l'affirme dans cette déclaration répétée : J'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre . […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
De nouveau , car il y avait eu déjà de la division entre eux. (Jean 9.16)
Les Juifs sont, selon le langage de Jean, ces mêmes pharisiens qui venaient de s'opposer aux paroles de Jésus. (Jean 9.40) Ils persistent dans leur inimitié et l'expriment par des injures.
v. 19-21 · Godet · 18/10/2026
Toujours le même résultat : une scission, qui prélude au triage final ; comparez 7.12,30-31,40-41 ; 9.8-9,16. Le mot πάλιν, de nouveau , rend le lecteur attentif à la répétition constante de ce résultat. - Les mots : Pourquoi l'écoutez-vous ? montrent avec quelle inquiétude le parti décidément hostile observait l'impression favorable produite par les discours de Jésus sur les gens mieux disposés. - La réponse de ceux-ci (v. 21) contient deux arguments juxtaposés. Le premier est l'aveu simple de leur impression : le discours de Jésus ne leur paraît pas celui d'un forcené. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles outrageantes, Jésus avait dû les entendre plus d'une fois déjà. (Jean 7.20 ; 8.48,52)
Les mots : il est hors de sens , sont l'explication de ceux-ci : il a un démon , car, selon les idées populaires du temps, la folie avait pour cause la possession.
D'où ils concluent avec mépris qu'il ne vaut plus la peine d'écouter celui qui parle.
II faut convenir, en effet, que les paroles que Jésus venait de prononcer (versets 17,18) sont ou de Celui qui est un avec Dieu, ou d'un insensé. Il n'y a pas d'autre alternative, pas plus pour les lecteurs actuels que pour les auditeurs d'alors.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces autres étaient aussi des auditeurs de Jésus, qui, moins prévenus, plus sincères, plus sérieux, avaient tiré une tout autre conclusion de la guérison de l'aveugle. (Jean 9.16)
Ici, ce n'est pas seulement du miracle qu'ils se montrent impressionnés mais, ce qui est beaucoup, plus important, des paroles mêmes du Sauveur : Ce ne sont pas là, les discours d'un démoniaque .
Le contact immédiat de la vérité avec l'âme humaine est le seul moyen d'une vraie conviction, et la conclusion de ces gens-là sera toujours la plus puissante apologie de l'évangile.
On fait remarquer que ce jugement est encore tout négatif : cela est vrai de sa forme ; mais rien n'empêche de croire qu'il ne dénote une impression plus positive dans le cœur de ceux qui l'expriment ; car il leur fallait, pour parler ainsi en présence des puissants ennemis de Jésus, un certain courage. Et ses ennemis ne trouvent rien à répondre.
22 Or la fête de la Dédicace se célébrait à Jérusalem, et c’était en hiver. 23 Et Jésus se promenait dans le temple, au portique de Salomon. 24 Les Juifs donc l’environnèrent et lui dirent : Jusques à quand tiens-tu notre âme en suspens ? Si toi, tu es le Christ, dis-le-nous franchement. 25 Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que moi je fais au nom de mon Père, celles-ci rendent témoignage de moi ; 26 mais vous, vous ne croyez pas, car vous n’êtes pas de mes brebis, comme je vous l’ai dit. 27 Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, 28 et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous h 29h ou : toutes choses., et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. 30 Moi et le Père, nous sommes un.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
22 à 42
Jésus à la fête de la dédicace.
Cette fête , appelée en hébreu et en grec Rénovation, Inauguration, Dédicace , avait été instituée par Judas Maccabée, en souvenir de la restauration du temple et de l'autel, après qu'Antiochus Epiphane les eut profanés. On la célébrait durant huit jours, à dater du 25 du mois de Kisleu, qui correspond au mois de décembre. (Voir é 4.55 ; et suivants ; é 10.2 et suivants, et aussi Jos. Ant. XII, 7, 8.)
Cette fête étant d'institution humaine, il n'y avait point, pour les Juifs, la même obligation d'y assister qu'aux autres solennités religieuses. […]
v. 22-24 · Godet · 18/10/2026
La fête de la Dédicace (ἐγκαίνια) avait été instituée par les Maccabées en souvenir de la purification du temple après sa profanation par Antiochus Epiphane (1 Maccabées ch. 4 ; Josèphe, Antiq . XII, 7. 6). Elle durait huit jours depuis le 25 kaslew, qui, si l'on était alors en l'an 29 de notre ère, tombait cette année-là, d'après le travail de M. Chavannes cité ⇒, sur le 19 ou le 20 décembre. On l'appelait τὰ φῶτα, les lumières , à cause de la brillante illumination par laquelle on la célébrait, non seulement à Jérusalem, mais dans tout le pays. Jésus en profita pour adresser encore, avant la Pâque, un dernier appel à son peuple. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Le portique de Salomon , situé dans la partie orientale du temple, était, selon Josèphe (Ant. XX, 9, 7), la seule portion de l'ancien édifice qui fût restée debout lors de sa destruction sous Nébucadnetsar.
Ce lieu était cher au souvenir des chrétiens, (Actes 3.11) et notre évangéliste ne l'avait point oublié. Aussi cette remarque trahit-elle, comme tant d'autres, le témoin oculaire. (Comparer Jean 8.20)
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc : cette particule montre que les adversaires saisissent avec empressement l'occasion que leur offre la présence de Jésus sous ce vaste portique pour l'entourer , le séparer de ses disciples, le serrer de près et lui poser une question directe qui devait le forcer à déclarer franchement , ouvertement, s'il était le Christ , le Messie.
Que ceux qui le pressent ainsi agissent dans un esprit hostile, c'est ce qui ressort de ce terme : les Juifs , par lequel Jean désigne en général les ennemis du Sauveur. La réponse de Jésus le démontre également.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Je vous ai dit , le régime sous entendu est : ce que vous me demandez. Jésus ne s'est pas déclaré le Messie en propres termes, mais il a émis mainte affirmation propre à montrer qu'il se tenait pour le Christ, le Fils de Dieu. (Jean 8.25, note.)
Par ces déclarations il leur a, comme dit M. Godet,"épelé, en quelque sorte, son titre de Christ, de telle façon que, s'ils veulent croire, ils n'ont plus qu'à le prononcer eux-mêmes."
De plus, si elles ne leur suffisent pas, qu'ils considèrent les œuvres qu'il fait évidemment au nom de son Père , et qui toutes portent le sceau de la puissance et de l'amour divins.
C'est là le témoignage qui aurait dû les amener à la foi en lui et en sa parole. (Jean 10.38 ; Jean 5.36 ; 15.24)
Mais Jésus ajoute avec tristesse : vous ne croyez pas , et il va en dire clairement la raison.
v. 25-26 · Godet · 18/10/2026
Jamais la position de Jésus vis-à-vis des Juifs n'avait été aussi tendue. Répondre oui, il ne le peut ; car le sens qu'ils donnent au terme de Christ n'a, pour ainsi dire, rien de commun avec celui qu'il y attache lui-même. Dire non, il le peut encore moins ; car il est bien le Christ promis de Dieu, et, dans ce sens, celui qu'ils attendent. Sa réponse est admirable de sagesse. Il se réfère, comme 8.25, aux témoignages par lesquels il s'est appliqué les symboles messianiques de l'ancienne alliance et a, en quelque sorte, épelé son titre de Christ, de telle façon que, s'ils veulent croire, ils n'ont plus qu'à le prononcer eux-mêmes[1]. Ainsi s'explique sa réponse. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus trouve au fond du cœur de ses adversaires la cause de leur incrédulité : vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis , et la preuve que vous n'en êtes pas, c'est que mes brebis me connaissent et entendent ma voix (verset 27, comparez versets 15,16), tandis que vous repoussez mes paroles.
Si les mots : comme je vous l'ai dit , omis par Sin., B, sont authentiques, il ne faut pas les prendre à la lettre, car Jésus n'avait pas encore déclaré ouvertement à ses adversaires, et en propres termes, qu'ils n'étaient pas de ses brebis : mais, en retraçant, dans l'allégorie versets 1-15, les caractères de ceux qui lui appartiennent il avait fait entendre assez clairement […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Les caractères que Jésus relève de nouveau chez ses brebis disent assez aux adversaires qu'ils n'en sont pas. Mais, en même temps, ce tableau touchant ne constituait-il pas un appel pour ceux qui n'étaient pas entièrement endurcis ?
Quel rapport intime et vivant Jésus établit entre lui et ses brebis ! Elles entendent sa voix , cette voix connue et aimée ; et moi , dit-il, je les connais , avec tout l'amour du bon berger ; et elles , parce qu'elles connaissent ma voix, me suivent . (versets 14,15)
Puis Jésus va élever cette relation à une hauteur plus sublime encore : Et moi ...(verset 28)
v. 27-28 · Godet · 18/10/2026
Luthardt a réparti les six propositions de ces versets en deux groupes de trois : d'un côté, la foi du fidèle, son union personnelle avec le Seigneur et la fidélité avec laquelle il persiste dans cette union (v. 27) ; de l'autre, le don de la vie que lui fait Jésus, le salut qu'il lui assure et la divine protection dont il le fait jouir (v. 28). Mais cette division en deux groupes ne s'accorde pas avec les deux κἀγώ, et moi , au commencement de la seconde et de la quatrième proposition. […]
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Chacune de ces trois déclarations révèle l'amour du Sauveur et fonde la parfaite assurance de ses brebis. Il ne dit pas : je leur donnerai , mais je leur donne dès maintenant, la vie éternelle .
La vie qu'elles puisent dans ma communion se développera jusque dans l'éternité ! (Jean 3.16,36 ; 5.24,17.2)
Puisqu'elles ont la vie éternelle, elles ne périront jamais .
Enfin, bien qu'elles soient entourées d'ennemis acharnés à leur perte, nul ne les ravira de ma main .
Ces derniers mots leur assurent une protection puissante et pleine d'amour."Sa main les protège, les porte, en prend soin, les conduit." Meyer. (Comparer Psaumes 23.2,3 ; Luc 15.4-7)
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour accroître encore l'assurance qu'il veut inspirer aux siens, Jésus élève sa pensée jusqu'au Dieu tout-puissant, éternel, qui est amour car il est son Père .
Ses brebis, c'est ce Père qui les lui a données ; (Jean 17.6,9,12) or, comme il est plus grand, plus puissant que tous, qui pourrait jamais les ravir de sa main ?
Le texte de ce verset présente plusieurs variantes. La plus importante pour le sens est celle de B, Itala, adoptée par la plupart des éditeurs modernes : ce que le (ou mon ) Père m'a donné est plus grand que tout .
M. Weiss déclare cette leçon inacceptable au point de vue exégétique, parce qu'elle introduit une idée étrangère au contexte.
v. 29-30 · Godet · 18/10/2026
On pourrait être tenté de trouver, avec Luthardt un syllogisme rigoureux dans les pensées exprimées v. 29-30. Majeure : Mon Père est plus grand que tous (v. 2 9). Mineure : Moi et le Père sommes un (v. 30). Conclusion : Donc je les défendrai victorieusement contre tous (v. 2 9). Mais, en général, l'argumentation de Jésus tend plutôt à s'élargir en spirale qu'à se refermer sur elle-même comme un cercle. C'est le cas ici : le sentiment s'exalte, s'agrandit. Jésus commence par indiquer la garantie absolument certaine de son droit de propriété sur les brebis : Dieu qui les lui a données est plus puissant que toutes les forces de l'univers. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
II faut d'abord saisir le rapport de cette grande déclaration avec ce qui précède, car c'est par elle que Jésus explique et complète sa pensée.
Il venait de s'attribuer le pouvoir divin de donner aux siens la vie éternelle et de les garder en sa main . (verset 28)
Puis, s'élevant plus haut encore, il avait fondé leur assurance sur le fait qu'ils ne pouvaient être soustraits à la main , c'est-à-dire à la toute puissance de son Père. (verset 29)
Sont-ce là deux choses différentes ? Non, car tout ce que le Père fait en faveur de ses enfants, il le fait par le Fils qui est leur Sauveur. […]
31 Les Juifs donc levèrent encore des pierres pour le lapider. 32 Jésus leur répondit : Je vous ai fait voir plusieurs bonnes œuvres de la part de mon Père : pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? 33 Les Juifs lui répondirent : Nous ne te lapidons pas pour une bonne œuvre, mais pour blasphème ; et parce que toi, étant homme, tu te fais Dieu . 34 Jésus leur répondit : N’est-il pas écrit dans votre loi : « Moi j’ai dit : Vous êtes des dieux » i 34i Psaume 82:6 . ? 35 S’il appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu est venue (et l’écriture ne peut être anéantie), 36 dites-vous à celui que le Père a sanctifié, et qu’il a envoyé dans le monde : Tu blasphèmes, parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? 37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas ; 38 mais si je les fais, alors même que vous ne me croiriez pas, croyez les œuvres, afin que vous connaissiez et que vous croyiez j 38j pl. lisent : afin que vous sachiez et que vous connaissiez. que le Père est en moi, et moi en lui.
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , à cause de la parole qui précède.
De nouveau , car ils avaient déjà manifesté ces desseins homicides. (Jean 5.18 ; 8.59)
Quelques-uns des adversaires où de leurs acolytes apportèrent des pierres dans l'intention de le lapider, et ils n'en furent retenus sans doute que par l'imposante dignité du Sauveur. Ils diront eux mêmes (verset 33) la cause qui excite leur fanatisme.
v. 31 · Godet · 18/10/2026
Οὖν, donc , en raison du blasphème (v. 30) ; comparez v. 33. Weiss prétend que, même en comprenant la parole du v. 30 dans le sens qu'il lui donne, les Juifs pouvaient y trouver un blasphème. Mais, prise dans le sens d'une action commune de Dieu et de Jésus, cette pensée ne dépassait certainement pas ce qu'à leurs yeux le Christ pouvait dire légitimement. Or ils venaient de lui demander s'il était le Christ. Qu'y avait-il donc là qui pût les scandaliser si violemment ? - Πάλιν, de nouveau , fait allusion à 8.59. Seulement, il y avait la première fois ἦραν, ils levèrent , tandis que Jean dit maintenant ἐβάστασαν, ils portèrent . […]
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
On pourrait traduire, avec Rilliet : beaucoup de belles œuvres.
"Cette épithète désigne, en effet, non seulement le caractère bienfaisant de ces œuvres, mais leur beauté morale, leur perfection en sainteté, en puissance, aussi bien qu'en bonté." Godet.
Le complément de par le Père (Sin., B, D omettent le possessif : mon Père) indique la volonté et la puissance de Dieu comme la cause des œuvres accomplies par le Fils. (Jean 5.30,36)
Il y a dans cette question : Pour quelle bonne œuvre me lapider vous ? une poignante ironie.
Cet appel que Jésus fait sans cesse à ses œuvres , à toute sa vie, eût été, pour des hommes moins aveuglés, une démonstration sans réplique. (versets 37,38)
v. 32-33 · Godet · 18/10/2026
Cette fois, Jésus ne se dérobe pas comme 8.59 ; il fait tomber les pierres des mains de ses adversaires par une question. Au lieu de : bonnes œuvres , il faudrait pouvoir traduire belles œuvres (Rilliet). L'épithète καλά désigne en effet non le caractère bienfaisant de ces œuvres, mais leur beauté morale, leur perfection en sainteté, en puissance, aussi bien qu'en bonté. - Le terme ἔδειξα, proprement : j'ai montré , caractérise ces œuvres comme de magnifiques échantillons de toutes celles que le Père tient en réserve et comme les preuves sensibles et glorieuses de la faveur dont le Fils jouit auprès de lui. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Meyer et d'autres exégètes prétendent que les Juifs agissent et raisonnent ainsi parce qu'ils comprennent mal la parole de Jésus et en exagèrent la portée. (verset 30)
Au contraire, ils l'ont très bien comprise. Mais dans leur monothéisme rigoureux, ils voient un abîme entre l'homme et Dieu , et ils pensent que Jésus, en se déclarant un avec le Père franchit témérairement cet abîme, de là l'accusation de blasphème , plus d'une fois portée contre lui par la même raison ; (Jean 5.17,18 ; 8.58,59) et ce sera enfin pour ce prétendu crime de blasphème que Jésus sera mis à mort. (Matthieu 26.65,66)
Or, si les chefs du peuple s'étaient mépris sur le sens de ses paroles, Celui qui est la vérité ne le leur aurait-il pas déclaré ?
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mot loi est pris ici pour l'Ecriture en général, le passage cité n'étant pas dans la loi proprement dite, mais au Psaumes 82.6. (Comparer Jean 12.34 ; 15.25 ; 1Corinthiens 14.21)
Comme à Jean 8.17, Jésus dit à dessein votre loi, cette loi qui est faite pour vous, sur laquelle vous vous fondez et dont vous êtes si orgueilleux.
v. 34-36 · Godet · 18/10/2026
On a souvent présenté cette argumentation comme une rétractation implicite des expressions dans lesquelles Jésus semblait avoir affirmé sa nature divine. Dans ce sens, on lui fait dire : « De simples créatures sont appelées dieux, en raison de ce qu'elles représentent Dieu dans une fonction quelconque, celle de juge, par exemple ; c'est là le seul sens dans lequel je me sois attribué la divinité. » Mais il récuserait ainsi les témoignages qu'il s'est rendus antérieurement et dont nous avons constaté le sens. En réalité, Jésus ne veut, dans cette première partie de sa réponse, v. 34-36, que repousser l'accusation de blasphème . […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus repousse d'abord, en s'appuyant sur un passage de l'Ecriture, l'accusation de blasphème portée contre lui, (versets 34-36) puis il prouve, par ses œuvres, son unité essentielle avec Dieu qu'il a déclarée à (Jean 10.30 ; Jean 10.37,38)
- On lit dès les premiers mots de ce Psaumes 82 "Dieu se tient dans l'assemblée de Dieu il juge au milieu des dieux," c'està-dire au milieu des chefs de la théocratie, qui y exerçaient au nom de Dieu les fonctions de juge et qui ainsi étaient ses représentants au milieu du peuple. […]
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
Il y a beaucoup de douceur dans la manière dont s'exprime et argumente ici Jésus. Il en appelle avec calme de la passion à la saine raison. Il consent à ce qu'ils ne le croient point sur parole , quoique le témoignage d'un être tel que lui dût porter sa preuve en lui-même. Mais à son témoignage sont venues se joindre les œuvres que le Père a accomplies par lui. S'ils n'ont pas des oreilles, ils ont des yeux ; ce qu'ils ne concluent pas de ses paroles, ils devraient du moins le conclure de pareilles œuvres. Ces mots : « Si vous ne me croyez pas » signifient : Si vous n'accordez pas créance à mes affirmations personnelles. - La leçon de quelques alex. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Conclusion frappante de tout ce débat ! Jésus vient de justifier son titre divin ; maintenant il prouve la qualité même qu'il s'attribue par la seule démonstration qui soit à la portée de tous : ses œuvres , qui sont les œuvres de son Père parce qu'elles portent toutes le sceau de la puissance et de la miséricorde de Dieu même. (Comparer Jean 10.25 ; 15.24) […]
39 Ils cherchaient donc encore à le prendre ; mais il échappa de leur main 40 et s’en alla encore au-delà du Jourdain, à l’endroit où Jean avait baptisé au commencement, et il demeura là. 41 Et plusieurs vinrent à lui, et ils disaient : Jean n’a fait aucun miracle ; mais toutes les choses que Jean a dites de celui-ci étaient vraies. 42 Et plusieurs crurent là en lui.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , quelle conclusion, après un tel discours !
De nouveau , triste allusion à tant d'autres tentatives pareilles. (Jean 10.31 ; 7.30 ; 8.59)
Mais encore ici, les ennemis sont frustrés dans leur attente. Jésus s'échappa (grec sortit ) de leurs mains , déjà tendues pour le saisir. L'évangéliste ne dit pas comment cela se fit.
Peut-être Jésus s'éloigna-t-il et se perdit-il dans la foule. Rien n'autorise à voir là, avec quelques interprètes, une action miraculeuse, comme celle de se rendre invisible. (Comparer Jean 8.59)
v. 39 · Godet · 18/10/2026
Peut-être la forme adoucie sous laquelle Jésus vient de répéter l'affirmation de sa divinité, a-t-elle eu pour effet de calmer un peu l'irritation de ses auditeurs : ils renoncent à le lapider immédiatement. Mais, pendant qu'ils complotent de se saisir de lui et de le faire juger, il parvient à rompre le cercle qu'ils avaient formé autour de lui, et, après avoir rejoint ses disciples, à quitter le temple avec eux. Rien, dans le récit, ne fait supposer un miracle.
Il est absolument impossible d'admettre qu'un écrivain postérieur, inventeur de la théorie du Logos, eût imaginé une argumentation comme celle que renferme ce morceau. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ce mot : de nouveau , l'évangéliste rappelle l'époque mémorable ou Jean avait baptisé à Béthanie au delà du Jourdain , (Jean 1.28) et ou Jésus, entrant dans son ministère, avait fait la connaissance personnelle de son Précurseur. (Jean 1.40)
D'abord oppose ce lieu à Enon près de Salim, ou Jésus et Jean travaillèrent plus tard ensemble. (Jean 3.23) Comme tous ces détails sont restés vivants dans la mémoire du narrateur, et comme ils trahissent le témoin oculaire !
v. 40-42 · Godet · 18/10/2026
Comme nous l'avons dit déjà, les synoptiques (Matthieu 19.1 ; Marc 10.1 ; et, en vertu du parallélisme, Luc 18.15) mentionnent aussi ce séjour en Pérée, peu avant la dernière Pâque. Comme Jésus n'eût certainement pas pu demeurer longtemps à Jérusalem sans que le conflit atteignît son terme, il quitta la capitale après la fête de la Dédicace et alla reprendre le pèlerinage interrompu par ce court voyage. Ce fut ainsi qu'il arriva en Pérée où nous le trouvons dans ce passage de jean. - On sent, au ton de l'apôtre, que ce séjour ne fut pas sans douceur pour Jésus et pour ses premiers disciples. Il y a du charme à se retrouver, en finissant sa carrière, dans les lieux où elle a commencé. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
On voit, par ce récit, qu'il y avait dans cette contrée, où Jean avait prêché et baptisé, un grand nombre d'âmes qui étaient restées sous l'impression de sa parole, et qui, dès qu'elles en ont l'occasion, s'empressent de venir à Jésus.
Ce fut, comme l'observe Bengel, un fruit posthume du ministère de Jean. Sans doute Jésus ne resta pas inactif au milieu d'eux ; et, dès qu'ils l'ont vu et entendu, ils se rappellent le témoignage que lui avait rendu le Précurseur, et disent : Bien que Jean n'ait fait aucun miracle tout ce qu'il a dit de celui-ci était vrai . […]