1 Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là. 2 Et Jésus fut aussi convié à la noce, ainsi que ses disciples. 3 Et le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin. 4 Jésus lui dit : Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue. 5 Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu’il vous dira. 6 Or il y avait là six vaisseaux de pierre, pour tenir de l’eau, placés là selon [l’usage de] la purification des Juifs, pouvant recevoir chacun deux ou trois mesures. 7 Jésus leur dit : Emplissez d’eau les vaisseaux. Et ils les emplirent jusqu’au haut. 8 Et il leur dit : Puisez maintenant, et portez-en au maître d’hôtel. Et ils lui en portèrent. 9 Mais lorsque le maître d’hôtel eut goûté l’eau qui était devenue du vin, et qu’il ne savait point d’où celui-ci venaita 9a litt. : est. (mais les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient), le maître d’hôtel appelle l’époux, 10 et lui dit : Tout homme sert le bon vin le premier, et puis le moindre, après qu’on a bien bu ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. 11 Jésus fit ce commencement de [ses] miraclesb 11b litt. : signes(ainsi, dans tout l’évangile de Jean). à Cana de Galilée, et il manifesta sa gloire ; et ses disciples crurent en lui.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 2. 1 à 11
Le premier miracle de Jésus affermit la foi des disciples.
Le troisième jour à partir du jour indiqué Jean 1.44 comme étant celui du départ de Jésus pour la Galilée. La rencontre avec Nathanaël eut peut-être lieu le second jour, (Jean 1.46, première note) le troisième fut celui de l'arrivée à Cana. Il fallait, en effet, trois journées pour se rendre de la Judée à Cana .
Meyer et M. Holtzmann d'après Robinson, placent cette localité à trois lieues au nord-ouest de Nazareth. M. Godet et d'autres retrouvent le Cana de notre récit dans le village de Kefr-Kenna à une lieue et demie à l'est de Nazareth. […]
v. 1 · Godet · 18/10/2026
Une distance de vingt et quelques lieues, en ligne directe, sépare l'endroit où Jean baptisait, de Nazareth où Jésus se rendait probablement. Ce voyage exige trois jours de marche. Weiss, Keil et d'autres pensent que le premier de ces trois jours fut le lendemain de celui où Jésus avait pris la résolution de partir (1.44). Mais la résolution indiquée par le ἠθέλησεν n'a certainement été mentionnée 1.44 que parce qu'elle fut exécutée au moment même. Le premier jour, selon l'interprétation naturelle du texte, est donc celui qui est indiqué 1.44 comme jour du départ. Le second est sous-entendu ; ce fut peut-être celui où eut lieu la rencontre de Nathanaël. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Il ne faut pas traduire, avec quelques versions : avait été invité , puisque Jésus était depuis assez longtemps absent de la Galilée ; il fut invité à son arrivée.
Mais ce qu'il y a de plus important à remarquer, c'est qu'il accepte cette invitation et consent à prendre part a une fête de famille. Il honore ainsi le mariage que Dieu a institué.
"Il saura, dans l'humanité, reprendre tout ce qui est à lui, respecter tout ce qui est légitime. Sa présence sanctifie toutes les relations, tous les sentiments et toutes les joies, rien d'humain ne lui est étranger." Astié.
C'est même dans ce sanctuaire de la famille qu'il fera son premier miracle et manifestera sa gloire. (verset 11)
- Ses disciples sont les cinq qu'il venait d'attirer à lui. (Jean 1.37-51)
v. 2 · Godet · 18/10/2026
Il y a opposition entre l'imparfait était là , employé en parlant de Marie, et l'aoriste fut invité , appliqué à Jésus et à ses disciples. Jésus ne fut invité qu'à son arrivée, tandis que Marie, à ce moment, se trouvait déjà là. - Il ressort de tous ces traits que la famille dont il s'agit était assez étroitement apparentée à celle du Seigneur ; c'est ce que prouve également la position d'autorité que prend Marie dans la scène suivante. - Le singulier fut invité s'explique par la raison que les disciples ne furent conviés qu'en l'honneur et comme en la personne de leur Maître. Rilliet traduit avec quelques commentateurs : avait été invité . Mais quand ? Avant de se rendre au baptême (Schleiermacher), ou plus tard par un messager ? Deux suppositions très invraisemblables. D'ailleurs, l'appendice : aussi bien que ses disciples , est incompatible avec ce sens. Car ils n'ont pu être invités avant que l'on sût que Jésus avait des disciples.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Voici le texte de ce verset, tel que Tischendorf l'établit d'après le manuscrit du Sinaï et quelques documents de l'Itala : Et ils n'avaient pas de vin, parce que le vin de la noce était épuisé. Alors la mère de Jésus lui dit : Il n'y a pas de vin .
Même si cette variante était assez autorisée pour être admise, elle ne présenterait pas une idée différente du texte reçu. Comme la société était nombreuse et que chez les Juifs les noces duraient plusieurs jours, il est facile de s'expliquer cette circonstance que le vin finit par manquer . […]
v. 3 · Godet · 18/10/2026
Les noces duraient quelques fois plusieurs jours même une semaine entière (Genèse 29.27 ; Juges 14.15 ; Tobie 9.12 ; 10.1). On explique ordinairement par cette circonstance le manque de vin. Quoi qu'il en soit il n'est guère possible de douter que ce manque ne fût en relation avec l'arrivée de six à sept hôtes inattendus, Jésus et ses disciples. - La leçon du Sinaït. : « Et ils n'avaient plus de vin ; car le vin des noces était entièrement consommé, » est évidemment une paraphrase délayée du texte primitif. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans la langue que Jésus parlait, comme dans celle où notre évangile est écrit, cette allocution : femme ! n'a rien de contraire à l'affection et aux égards dus à une mère.
Jésus s'en servira encore avec une inexprimable tendresse à l'heure de sa mort. (Jean 19.26, comparez Jean 20.15)
Mais il est impossible de ne pas voir une répréhension dans les mots : "Qu'y a-t-il entre moi et toi ?" Cette formule est un hébraïsme (Josué 22.24 ; Jude 11.12 ; 1Rois 17.18 ; 2Rois 3.13) qui signifie : il n'y a pas communion de sentiments entre nous.
Nos vues sont différentes, tu ne comprends pas ma mission. (Comparer Luc 2.49 ; et pour l'expression même Matthieu 8.29 ; Marc 1.24 ; Luc 8.28) […]
v. 4 · Godet · 18/10/2026
Jésus fait sentir à Marie son incompétence dans le domaine où elle s'ingère. La carrière dans laquelle il vient d'entrer est celle où il ne dépend plus que de son Père. Sa devise est désormais : Mon Père et moi. Marie doit apprendre à connaître en son fils le serviteur de Jéhova , de Jéhova seul. La locution : « Qu'y a-t-il entre moi et toi ? » est une expression fréquente dans l'A. T. Comparez Juges 11.12 ; 2 Samuel 16.10 ; 1 Rois 17.18 ; 2 Rois 3.13. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Marie accepte humblement la répréhension, elle s'efface ; mais, certaine que son fils, s'il n'a pas voulu se prêter à la manifestation éclatante qu'elle lui suggérait, trouvera cependant quelque moyen plus modeste de tirer ses amis d'embarras, elle ordonne aux serviteurs de faire tout ce qu'il leur dira .
Grec : des cruches à eau , le même mot qui se retrouve Jean 4.28, mais il y en avait paraît-il, de différente grandeur et de diverses formes. (verset 8) Celles-ci servaient aux diverses ablutions que les Juifs pratiquaient avant et après chaque repas. (Marc 7.3,4)
v. 5 · Godet · 18/10/2026
Quelque chose dans le ton et l'expression de Jésus a fait entendre à Marie que ce refus laisse place à un exaucement plus modeste. Peut-être, dans ce récit si sommaire, y a-t-il ici l'omission d'un détail que le lecteur doit suppléer lui-même d'après ce qui suit (absolument comme cela a lieu 11.28), détail qui motiverait la recommandation de Marie aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira . […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
La mesure pour les liquides usitée en Palestine sous le nom de bath équivalait exactement, au dire de Josèphe (Antiq. VIII, 2, 9), à la mesure attique appelée métrétès , et c'est ce mot que Jean, qui écrivait pour des Grecs, emploie ici.
Le métrétès contenait 39, 39 litres. Comme chaque vase en renfermait deux ou trois et qu'ils étaient au nombre de six, on arrive ainsi à une quantité variant entre cinq et sept cents litres.
On a trouvé cette quantité exagérée. Lücke suppose que toute l'eau n'a pas été changée en vin, mais seulement celle qu'on puisa, tant qu'on en eut besoin pour le festin.
Cette opinion serait admissible, si l'évangéliste n avait pas, avec une intention évidente, indiqué le contenu des vases de pierre et leur nombre.
v. 6 · Godet · 18/10/2026
Ἐκεῖ, là , désigne, selon Meyer, la chambre même du repas. N'est-il pas plus naturel de se représenter ces urnes placées dans la cour ou dans le vestibule à l'entrée de la salle ? Le v. 9 prouve que tout ceci se passait hors de la vue de l'époux, qui était lui-même dans l'appartement. - Ces vases étaient destinés à la purification soit des personnes, soit des ustensiles, telle qu'elle était en usage chez les Juifs pieux, surtout avant ou après le repas (Matthieu 15.2 ; Luc 11.38 ; particulièrement Marc 7.1-4). - Κατά, non : en vue de , mais selon son sens naturel : conformément à . […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Jusqu'au haut ; ce détail est aussi destiné à indiquer la grande quantité d'eau qui, en ce moment même, fut changée en vin sous la parole créatrice du Maître.
v. 7-8 · Godet · 18/10/2026
Il ne faut pas entendre γεμίσατε, remplissez , dans le sens d'achever de remplir, ni alléguer en faveur de ce sens les mots ἕως ἄνω, jusqu'en haut ; le fait, ainsi compris, a quelque chose qui répugne. Ou bien les urnes se trouvaient vides par suite des ablutions qui avaient eu lieu avant le repas, ou bien ils commencèrent par les vider, pour les remplir ensuite à nouveau. Le jusqu'en haut sert à faire ressortir l'entrain avec lequel s'accomplit le travail. - Le moment du miracle doit être placé entre les v. 7 et 8 ; car la transformation est supposée accomplie par le mot maintenant du v. 8. Ce maintenant , aussi bien que les mots : portez-en… , respire une joie et même une gaieté qui débordent. - Le personnage appelé ici chef du banquet n'était pas l'un des hôtes ; c'était le chef des servants ; il était de son office de goûter les mets et les boissons avant de les faire placer sur la table. Il porte ordinairement en grec le nom de τραπεζοποιός.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ordonne de puiser et non de verser, parce que ces vases de pierre , (verset 6) de la contenance d'un hectolitre environ, n'étaient pas faciles à mouvoir.
- Le chef de table était le premier de ceux qui servaient, il était chargé de pourvoir à tous les arrangements de la fête. Si l'on a conclu du manque de vin que la famille était pauvre, la présence de ce chef semblerait indiquer le contraire.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : l'eau devenue du vin : c'est là l'expression la plus nette du miracle ; et il faut remarquer le parfait, indiquant un fait accompli.
Le chef de table ne savait d'où venait le vin, tandis que les serviteurs, qui l'avaient puisé dans les vases, le savaient bien.
Par cette parenthèse, l'évangéliste veut marquer encore la réalité du miracle et expliquer l'étonnement que le chef de table va exprimer à l'époux. Celui-ci était dans la salle du banquet d'où le chef l'appelle .
v. 9-10 · Godet · 18/10/2026
Les mots ὕδωρ οἶνον γεγενημένον l'eau devenue vin , ne comportent pas d'autre sens que celui d'une transformation miraculeuse. Le procédé naturel par lequel la sève aqueuse se transforme chaque année dans le cep de vigne (Augustin), ou celui par lequel se forment les eaux minérales (Néander), offrent bien une lointaine analogie mais nullement un moyen d'explication. - La parenthèse qui comprend les mots καὶ οὐκ… ὕδωρ présente une construction parfaitement analogue à celles de 1.10 et 6.21-23. […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Le chef de table croit réellement que l'époux avait réservé ce vin, et comme il l'a trouvé très bon, il lui dit d'un ton jovial qu'en cela il avait agi d'une manière contraire à l'usage ordinaire.
Cet usage n'est pas prouvé ; en tout cas il n'existe plus nulle part, mais il ne faut pas attacher trop d'importance à cette sorte de plaisanterie, que l'évangéliste ne rapporte que pour marquer encore une fois par ce trait la réalité du miracle.
- Beaucoup de traducteurs atténuent le sens des mots : quand on s'est enivré , craignant que cette expression ne présente l'enivrement des convives comme la conclusion toute naturelle d'un repas de noces, et ne donne à penser que la fête de Cana aboutit à de tels excès. Mais ce serait mal comprendre une locution proverbiale, qui ne doit pas être entendue à la lettre.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : ce commencement des miracles ; ce fut le premier de tous ses miracles il ouvre la longue suite des œuvres de puissance et d'amour par lesquelles Jésus se fera connaître comme Sauveur.
Si le but immédiat de Jésus, en accomplissant ce miracle, avait été de venir, avec une touchante condescendance, au secours d'une famille amie, son but suprême est exprimé par l'évangéliste en ces mots : manifester sa gloire , sa puissance divine, son amour. (Jean 1.14, troisième note.)
C'est ce qui eut lieu, surtout pour ses disciples , qui crurent en lui . […]
v. 11 · Godet · 18/10/2026
Jean caractérise sous quatre rapports importants le miracle qu'il vient de raconter :
- Ce fut le premier , non pas seulement des miracles faits à Cana, mais de tous les miracles de Jésus. Comme ce fut là un moment décisif dans la révélation du Seigneur et dans la foi des disciples, Jean fait ressortir ce trait avec force. Les alex. ont retranché l'article τήν devant ἀρχήν, sans doute comme superflu à cause de ταύτην. Mais, comme il leur arrive souvent, en prétendant corriger, ils gâtent. Sans l'article, l'attention est plutôt attirée sur la nature du miracle : « C'est par ce prodige-là que Jésus commença à faire des miracles. […]
12 Après cela, il descendit à Capernaüm, lui et sa mère et ses frères et ses disciples ; et ils y demeurèrent peu de jours.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus se présente comme le Fils de Dieu à Jérusalem. 2 :12 à 4 :54
Jésus à Jérusalem et en Judée.
12 à 35
Jésus à Jérusalem. Les vendeurs chassés du temple.
Après cela , c'est-à-dire, après les noces de Cana et peut-être un court séjour à Nazareth, Jésus se rendit à Capernaüm. Dans notre évangile aussi bien que dans les synoptiques les manuscrits les plus anciens portent Capharnaoum. (Voir, sur cette ville, Matthieu 4.13, 2e note.) […]
v. 12 · Godet · 18/10/2026
De Cana, Jésus se rendit sans doute à Nazareth. Car c'était ce dernier endroit qu'il avait en vue en revenant de Judée, plutôt que Cana où il ne fut appelé qu'accidentellement. Weiss trouve cette hypothèse arbitraire. Il aime mieux admettre que toute la famille de Marie avait déjà auparavant quitté Nazareth pour s'établir à Cana. Il me paraît que c'est cette supposition qui mérite précisément le nom d'arbitraire (voir à v. l). […]
13 Et la Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. 14 Et il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs et de brebis et de colombes, et les changeurs qui y étaient assis. 15 Et ayant fait un fouet de cordes, il les chassa tous hors du temple, et les brebis et les bœufs ; et il répandit la monnaie des changeurs et renversa les tables. 16 Et il dit à ceux qui vendaient les colombes : Ôtez ces choses d’ici ; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. 17 [Et] ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : « Le zèle de ta maison me dévore »c 17c Psaume 69:10 . . 18 Les Juifs donc répondirent et lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, que tu fasses ces choses ? 19 Jésus répondit et leur dit : Détruisez ce temple d 19d ici et v. 20, 21 : la maison même ; voir la note à Matthieu 23:16 ., et en trois jours je le relèverai. 20 Les Juifs donc dirent : On a été 46 ans à bâtir ce temple, et toi, tu le relèveras en trois jours ! 21 Mais lui parlait du temple de son corps. 22 Lors donc qu’il fut ressuscité d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela ; et ils crurent à l’écriture, et à la parole que Jésus avait dite.
v. 13 · Godet · 18/10/2026
Jean dit : des Juifs , en vue de ses lecteurs païens, avec lesquels il s'identifie dans le sentiment de la communion chrétienne.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Assis ou établis, installés . Voir sur ce récit Matthieu 21.12,13, notes.
v. 14 · Godet · 18/10/2026
L'article les devant les termes désignant les vendeurs et changeurs, qu'omet Ostervald avec d'autres traducteurs, fait ressortir cet office comme connu : ce sont les vendeurs et changeurs habituels et en quelque sorte patentés. Les trois espèces d'animaux indiquées étaient les plus couramment employées aux sacrifices. - Κερματιστής, changeur , de κέρμα, pièce de monnaie .
v. 15 · Godet · 18/10/2026
Ce fouet n'était pas un instrument, mais un emblème. C'était le signe de l'autorité et du jugement. S'il se fût agi d'une action à exercer physiquement, le moyen eût été disproportionné au but, et l'effet le serait encore plus à la cause. L'emploi matériel du fouet n'eut point lieu. Le simple geste suffit. - Πάντας, tous , ne comprendrait, selon la plupart (comparez Bæumlein, Weiss, Keil), que les deux régimes suivants liés par τε καί, « tous, et brebis et bœufs . […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce fouet de cordes , symbole d'autorité, est un trait qui achève le tableau de la sévérité déployée par le Seigneur à l'égard des profanateurs du temple. En revanche Jésus prononcera une parole plus sévère à l'occasion de la seconde purification de la maison de Dieu.
S'adressant aux vendeurs et aux acheteurs, il dira, en employant la parole d'un prophète : "Vous faites de la maison de Dieu une caverne de voleurs ". Ici il parle seulement d'une maison de marché . Ce mot fait un contraste déjà assez criant avec la sainteté du lieu. […]
v. 16 · Godet · 18/10/2026
A l'égard des vendeurs de pigeons, Jésus se borne à la parole. Il ne peut pas chasser les pigeons, comme on chasse les bœufs ou les brebis et il ne veut pas renverser les cages, comme il a renversé les tables des changeurs. Il est parfaitement maître de lui. S'il eût réellement frappé les marchands de bœufs et de brebis, on ne voit pas pourquoi il eût ménagé les vendeurs de pigeons. - L'ordre « ôtez » s'adresse à ces derniers seuls ; les mots suivants : « ne faites pas… , » à tous les trafiquants. - Le complément « de mon Père » renferme l'explication de l'acte de Jésus. C'est un fils qui venge l'honneur de la maison paternelle. […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Psaumes 69.10. Que l'on considère ou non ce psaume comme une prophétie directement relative au Messie, le juste dont il décrit les souffrances profondes est un type de Celui qui portera les douleurs de son peuple. Jésus lui-même en jugeait ainsi. (Jean 15.25 ; 19.28, comparez Romains 15.3 ; 11.9 ; Actes 1.20)
Dans tous ces passages le même psaume est appliqué au Messie. Les disciples, à la vue du saint zèle déployé en ce moment par leur Maître, se souviennent de cette parole de l'Ecriture, qui est bien le commentaire le plus vrai de l'action de Jésus.
Ce zèle pour la maison de son Dieu c'est-à-dire pour son service et pour sa cause, finira, en effet, par le dévorer , puisqu'il le conduira à la mort de la croix.
L'évangéliste, d'après le vrai texte (tous les majuscules) substitue le futur me dévorera , au passé m'a dévoré , qui se lit dans les Septante et l'hébreu.
v. 17 · Godet · 18/10/2026
Cette réminiscence eut lieu immédiatement ; comparez v. 22, où le cas opposé est expressément indiqué. - Le Psaume 69, dont le v. 10 se présente en ce moment au souvenir des disciples, n'est qu'indirectement messianique, c'est-à-dire que le sujet contemplé par le psalmiste n'est pas la personne du Messie (comparez v. 6 : « Tu connais ma folie et mes fautes ne te sont point cachées »), mais le juste théocratique, souffrant pour la cause de Dieu. La plus haute réalisation de cet idéal est le Messie. Weiss prétend que cette citation ne s'explique qu'autant qu'on rapportait alors exclusivement, et par erreur, ce psaume au Messie. Mais pour cela il faudrait qu'on eût oublié de lire le v. 6. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : les Juifs répondirent (comparez Matthieu 11.25, 1e note) et lui dirent.
Ils répondent à l'acte d'autorité que Jésus venait d'accomplir en exigeant de lui un miracle (grec signe ) qui le légitimât comme un envoyé de Dieu. (Comparer Matthieu 16.1 ; 1Corinthiens 1.22)
Dans les synoptiques, des membres du sanhédrin adressent officiellement à Jésus une question semblable (Matthieu 21.23 ; Marc 11.27,28 ; Luc 20.1) mais sa réponse est toute différente dans les deux cas.
Cette question ne prouve donc point que la purification du temple n'a eu lieu qu'une seule fois ; les paroles de Jésus, qui sont le trait essentiel, démontrent le contraire.
v. 18 · Godet · 18/10/2026
La particule donc renoue avec le v. 10, après l'interruption du v. 17. - L'expression « les Juifs » désigne spécialement ici les autorités chargées de la police du temple, avec la nuance d'hostilité qui s'attache à ce terme dans notre évangile (voir 1.19). Riggenbach (Leben des Herrn Jesu , p. 382) observe que « c'est bien la méthode du pharisaïsme de demander un σημεῖον, un signe extérieur, pour légitimer un acte qui se recommande de lui-même à la conscience, parce que, une fois sur cette voie, on peut chicaner sur la nature et la valeur du signe, progresser indéfiniment d'exigence en exigence, et demander enfin, après une multiplication des pains : Quel signe fais-tu donc ? » - […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
"Cette réponse de Jésus est soudaine comme un éclair. Elle jaillit d'une incommensurable profondeur ; elle illumine des domaines alors complètement inexplorés pour toute autre conscience que la sienne." Godet.
Pour la comprendre cette réponse, il ne faut entendre le mot de temple , ni exclusivement dans son sens matériel, comme le firent les Juifs, (verset 20) ni exclusivement à la lumière du verset 21 (le temple de son corps ), mais dans l'un et l'autre sens.
C'est une parabole, qui présente à la fois comme toutes les autres paraboles de Jésus, l'image et la réalité. L'image, c'est ce temple même que Jésus venait de purifier, et sous le portique duquel il parlait. […]
v. 19 · Godet · 18/10/2026
Cette réponse de Jésus est soudaine comme un éclair. Elle jaillit d'une incommensurable profondeur ; elle illumine des domaines alors complètement inexplorés pour toute autre conscience que la sienne. Les mots : Détruisez ce temple , caractérisent la conduite actuelle et future des Juifs dans sa signification la plus intime, et la parole : Dans trois jours je le relèverai , dévoile toute la grandeur de la personne et de l'œuvre future de Jésus. Cette mystérieuse parole renferme la difficulté suivante : d'un côté, la liaison à ce qui précède conduit à rapporter les mots : ce temple , au temple proprement dit que Jésus venait de purifier : de l'autre, l'interprétation de l'évangéliste (v. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Les Juifs parlent ici de la restauration du temple par Hérode le Grand. Les travaux avaient commencé la dix-huitième année de son règne (Josèphe, Antiq. XV 11, 1), en l'automne de l'an 734 de Rome.
On avait travaillé quarante-six ans à l'édification du temple qui ne fut terminé que plus tard, sous Hérode Agrippa II (Josèphe, Antiq. XX, 9, 7.)
Cette indication peut servir à fixer la chronologie de la vie de Jésus. Si les travaux du temple furent commencés en l'automne de l'an 734 de Rome et s'ils se poursuivaient depuis quarante-six ans, nous sommes à la Pâque de l'an 781.
La Pâque où Jésus mourut fut celle de 783 (probablement, l'an 30 de notre ère). […]
v. 20 · Godet · 18/10/2026
La restauration du temple par Hérode avait commencé la dix-huitième année de son règne, d'après Josèphe (Antiq . XV, 11, 1). Par erreur, dans la Guerre des Juifs , le même historien indique la quinzième. La première année du règne de ce prince fut celle du 1er nisan 717 U. C. au 1er nisan 718 ; la dix-huitième fut par conséquent l'année comprise entre le 1er nisan 734 et le 1er nisan 735 : ce fut vers l'automne de cette année que commença le travail (Jos., Ant . XV, 11, 1). Le temps indiqué de quarante-six ans pleins (ᾠκοδομήθη) nous conduit donc jusqu'à l'automne de l'an 780. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Le temple de son corps était la grande réalité, dont le temple matériel n'était que l'image. (verset 19, note.)
- Beaucoup d'exégètes modernes rejettent cette interprétation de l'apôtre Jean et avec diverses nuances, attribuent à là parole de Jésus (verset 19) la signification qui suit : Abattre le temple, c'est continuer à profaner le culte mosaïque et ainsi le détruire ; et tel était le péché des Juifs. Relever le temple, c'est établir une religion plus spirituelle et plus pure ; et telle était la mission de Jésus. […]
v. 21 · Godet · 18/10/2026
Par ἐκεῖνος, ille vero, lui , opposé à tout autre, Jean fait contraster fortement la pensée de Jésus avec l'interprétation des Juifs et l'inintelligence des apôtres. Seul il comprenait parfaitement le vrai sens de sa propre parole.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Le glorieux événement annoncé par Jésus remit en mémoire à ses disciples sa parole que jusque-là ils n'avaient pas comprise, (Luc 24.7,8) et ils la crurent dans toute sa vérité prophétique. L'évangéliste ajoute même qu'ils crurent l'Ecriture , c'est-à-dire les prophéties de l'Ancien Testament dont ils virent la divine harmonie avec la parole de leur Maître. (Psaumes 16.10 ; Esaïe 53.10,11 ; comparez Jean 20.9 ; Luc 24.27 ; Actes 13.32 et suivants ; 1Corinthiens 15.4)
"Ce petit trait qui appartient à la biographie intime des apôtres imprime à la narration le sceau de la réalité historique." Godet.
Des réflexions analogues sont semées partout dans notre évangile (Jean 4.32,33 ; 7.39 ; 11.12 ; 12.16 ; 13.28, etc.)
v. 22 · Godet · 18/10/2026
Chez les cœurs dociles la lumière se fit, quoique tardivement. Le fait expliqua la parole, comme à son tour la parole contribua à dévoiler le sens profond du fait. - On est étonné de rencontrer ici le complément τῇ γραφῇ, à l'Ecriture ; car l'Ecriture n'avait point été citée par Jésus, à moins qu'on ne pense, avec Weiss, au v. 17, ce qui n'est point naturel, vu l'opposition formelle établie par le v. 22 entre le moment de l'une et celui de l'autre réminiscence. L'évangéliste veut sans doute faire entendre que le premier point sur lequel tomba la lumière, dans le cœur des apôtres, après la résurrection, ce furent les prophéties de l'A. T. […]
23 Et comme il était à Jérusalem, à la Pâque, pendant la fête, plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait. 24 Mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous [les hommes], 25 et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rende témoignage au sujet de l’homme ; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces derniers mots montrent quelle était la nature de leur foi.
A la vue des miracles (grec signes ) que Jésus faisait, ils acquirent la conviction qu'il était le Messie ; c'est ce que l'évangéliste entend par ces mots : en son nom .
Cette foi pouvait devenir vivante et vraie, si elle les amenait à un contact personnel avec Jésus ; (Jean 3.2) mais aussi, elle pouvait rester infructueuse et morte, loin de lui. Lui même pénétrait parfaitement la valeur de cette foi. (verset 24)
v. 23 · Godet · 18/10/2026
La première proposition du verset renferme trois déterminations. L'une est celle du lieu : à Jérusalem , au centre de la théocratie, théâtre normal de son travail. La seconde est celle du temps : à la Pâque dans ces jours où le peuple entier était rassemblé dans la capitale plus nombreux qu'en aucune autre circonstance de l'année. La troisième détermination est celle du mode : à la fête , au milieu des impressions solennelles que réveillaient les cérémonies journalières de cette semaine pascale. Le pronom πολλοί, un grand nombre , ne désigne plus que des individus ; ils font contraste avec la nation qui aurait dû croire collectivement. […]
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a ici un singulier rapprochement de mots : "Un grand nombre crurent en son nom, mais lui-même, Jésus ne croyait point à eux."
Croire , c'est se confier. En Jésus, ce manque de confiance se trahissait sans doute par une sorte de réserve qu'un témoin oculaire fin observateur, pouvait seul remarquer.
v. 24-25 · Godet · 18/10/2026
Jésus n'est pas plus ébloui par ce succès apparent qu'il n'a été découragé par le revers qu'il a essuyé dans le temple. Il discerne la nature insuffisante de cette foi. Il y a une sorte de jeu de mots dans le rapport entre le οὐκ ἐπίστευεν, il ne croyait pas , ne se confiait pas, et le ἐπίστευσαν, Ils crurent , v. 23. Tandis qu'eux, ne considérant que les faits extérieurs, les miracles, croyaient , lui (αὐτος δέ), ne s'arrêtant pas aux apparences, ne croyait pas : il n'avait pas foi à leur foi . C'est qu'il n'y reconnaissait pas l'œuvre de Dieu. En conséquence il ne les traitait pas non plus comme croyants. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Notre évangéliste indique la cause profonde de la défiance de Jésus : c'était la parfaite connaissance qu'il avait de tous ceux qui l'approchaient. Et cette connaissance n'était point seulement la sagacité pénétrante dont beaucoup d'esprits sont doués, mais une vue surnaturelle de ce qui était dans l'homme , c'est-à-dire de son caractère, des dispositions de son cœur. (Jean 1.47,49, notes ; Jean 4.17-19 ; 6.61 ; 11.4,15 ; 13.11)