Ἐκεῖ, là, désigne, selon Meyer, la chambre même du repas. N'est-il pas plus naturel de se représenter ces urnes placées dans la cour ou dans le vestibule à l'entrée de la salle ? Le v. 9 prouve que tout ceci se passait hors de la vue de l'époux, qui était lui-même dans l'appartement. - Ces vases étaient destinés à la purification soit des personnes, soit des ustensiles, telle qu'elle était en usage chez les Juifs pieux, surtout avant ou après le repas (Matthieu 15.2 ; Luc 11.38 ; particulièrement Marc 7.1-4). - Κατά, non : en vue de, mais selon son sens naturel : conformément à. Cette préposition est en rapport avec le complément τῶν Ἰουδαών : conformément au mode de purification usité chez les Juifs. Jean s'exprime ainsi parce qu'il écrit en pays grec et ne s'envisage plus comme appartenant à la communauté juive. - Ἀνά a évidemment, vu le nombre 6 très précis, le sens distributif (singulæ), non la signification approximative (environ). - La mesure dont il est parlé, était d'une dimension considérable : sa contenance était de 27 litres (Rilliet) ou même de 38 (Keil) ou 39 (Arnaud). Le contenu total pouvait donc s'élever à 500 litres. Cette quantité a paru trop considérable, elle a même scandalisé certains critiques (Strauss, Schweizer), qui ont trouvé là un indice de la fausseté du récit. Lücke répond que toute l'eau n'a pas nécessairement été changée en vin. Cette supposition est contraire au sens naturel du texte ; l'indication exacte de la contenance des vases implique certainement le contraire. Disons plutôt qu'une fois que Jésus se livre au désir de sa mère, il s'y livre de plein cœur, en fils, en ami, en homme, avec une joie intime. C'est son premier signe miraculeux : il doit témoigner hautement de sa richesse, de sa munificence, du bonheur qu'il y a pour lui à soulager, à réjouir même : il doit devenir le type de la plénitude de grâce, de joie et de force que le Fils unique apporte à la terre. Rien d'ailleurs dans le texte ne fait supposer que tout ce vin dut être consommé dans cette fête. C'était là le riche présent de noces par lequel le Seigneur honorait cette maison où il venait d'être hospitalièrement reçu avec son cortège. Peut-être le nombre six a-t-il été expressément rappelé, parce qu'il répondait précisément au nombre des personnes qui accompagnaient Jésus. Ce don était ainsi comme un témoignage de reconnaissance de la part des disciples eux-mêmes envers leur hôte : c'était en tout cas le monument durable de la bénédiction du Maître sur le jeune ménage formé sous ses auspices. Comment la critique peut-elle se heurter à tout ce qu'il y a de plus vraiment humain dans l'Evangile ? Aussi quel sentiment de vif plaisir ne s'exprime pas dans les paroles suivantes ! Jésus pressent la joyeuse surprise de son hôte :