1 Au commencement était la Parolea 1a ou : le Verbe. ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu . 2 Elleb 2b ou : Il. était au commencement auprès de Dieu . 3 Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait. 4 En elle était [la] vie, et la vie était la lumière des hommesc 4c ou aussi : la lumière des hommes était la vie. . 5 Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Prologue.
Chapitre 1.
1 à 18
La Parole.
Tandis que les autres évangélistes commencent leur narration avec la venue de Jésus-Christ en ce monde, ou son entrée dans son ministère, Jean remonte, d'un vol d'aigle, au delà du temps, pour saisir le Sauveur dans son éternelle préexistence, puis il nous montre en Jésus de Nazareth la Parole faite chair . (verset 14) C'est le sujet du "prologue" de son évangile. (versets 1-18)
Ce morceau se divise naturellement en trois parties : […]
v. 1 · Godet · 18/10/2026
Ces trois propositions se suivent comme des oracles : elles énoncent chacune l'un des traits de la grandeur du Logos, avant sa venue en chair. La progression ascendante qui les lie, est indiquée, à la manière hébraïque, par la simple copule καί, καί, et, et . - Le ἐν ἀρχῇ, au commencement , reproduit manifestement le premier mot de la Genèse (bereschith ). Il désigne donc naturellement le commencement de l'existence des choses créées. Quelques Pères l'ont appliqué à cette sagesse divine que le livre des Proverbes décrit comme le principe de l'univers ; mais rien ne saurait justifier un sens si extraordinaire. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : celle-là , cette même Parole, était... Jean répète dans ce verset ce qu'il a dit de la préexistence éternelle de la Parole et de son rapport avec Dieu : il prépare ainsi ce qu'il va exposer (verset 3) du rôle de la Parole dans la création du monde.
Pour avoir cette puissance créatrice qui n'appartient qu'à Dieu, il fallait que la Parole possédât réellement tous les attributs divins qui lui sont conférés dès la première ligne de l'évangile.
v. 2 · Godet · 18/10/2026
Avec ce Logos que Jean vient en quelque sorte de découvrir dans l'éternité, il se replace à ce commencement du temps (v. 1) d'où il était remonté jusqu'avant le temps, et descend maintenant le cours des âges, afin de montrer le Logos fonctionnant dans l'histoire du monde comme organe de Dieu, avant le moment où il apparaîtra lui-même sur la terre. - Le pronom οὗτος, ce Logos-là , reproduit plus spécialement l'idée de la troisième proposition du v. 1 : cette Parole-Dieu ; mais l'apôtre y joint celle des deux premières, de manière à résumer dans ce verset le contenu des trois propositions du v. 1 et à expliquer ainsi le rôle de créateur qu'il va attribuer au Logos dans le v. 3. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : toutes choses sont devenues par elle et pas une des choses qui sont là n'est devenue sans elle . Traduction de M. Godet, qui fait observer que le verbe devenir trois fois répété, en grec, forme un contraste avec les était de versets 1,2. (Comparer Jean 8.58)
Ici se trouve pour la première fois cette particularité du style de Jean qui aime à exprimer la même pensée d'abord sous forme d'affirmation, puis sous forme de négation. (Voir, par exemple, verset 20)
En déclarant que toutes choses ont été créées par la Parole, il importait à l'apôtre d'exclure toute exception. Comme au verset 1, il fait certainement allusion aux premiers mots de la Genèse. […]
v. 3 · Godet · 18/10/2026
L'œuvre de la création a été le premier acte de la révélation divine ad extra . - La préposition διά, par , ne rabaisse pas le Logos au rang de simple instrument. Car cette préposition est souvent appliquée à Dieu lui-même (Romains 11.36 ; Galates 1.1 ; Hébreux 2.10). Néanmoins elle a bien pour but de réserver la place de Dieu à côté et au-dessus du Logos. Cette même relation est expliquée et plus complètement développée par Paul, 1 Corinthiens 8.6 : « Nous n'avons qu'un Dieu, le Père, de qui (ἐκ) sont toutes choses et nous sommes pour lui (εἰς) et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par (διά) qui sont toutes choses, et nous sommes par lui. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean vient de dire : Par elle toutes choses ont été faites ; maintenant il écrit : En elle était la vie .
Il y a ici double gradation, d'abord de l'idée d' existence à celle devie , puis dupar luiauen lui.**Godet.
La seconde expression, plus intime, plus profonde, plus complète, nous fait mieux comprendre la déclaration du verset précédent et prépare celle qui suit.
Le mot vie est sans article. M. Weiss pense que l'auteur reprend la description de la nature de la Parole (versets 1,2) pour préparer ce qu'il va dire de son action illuminatrice. […]
v. 4 · Godet · 18/10/2026
Un grand nombre d'autorités rattachent à ce verset les mots ὃ γέγονεν, ce qui subsiste , que nous avons liés au verset précédent ; ainsi déjà le gnostique Héracléon, puis Origène, les Mjj. A C D L (ℵ B n'ont pas de ponctuation), quelques minuscules, l'Itala et les Pères latins. C'est ce que font également plusieurs éditeurs modernes (Wettstein, Lachmann, Westcott, etc.). On peut dans ce sens traduire de trois manières. Ou bien avec Cyrille d'Alex. : « Ce qui existe… il y avait vie en lui » (en cet être existant) ; ou bien : « Ce qui existe en elle, était vie (était vivant), » en mettant la virgule après αὐτῷ ; ou enfin : « Ce qui existe, était vivant en elle » (la virgule avant ἐν αὐτῷ. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Malgré l'apparition des ténèbres qui ont envahi l'humanité, la lumière n'a point cessé de projeter ses rayons salutaires elle persiste à éclairer (verbe grec à l'actif) cette humanité devenue ténèbres : mais, par suite de l'obscurcissement moral, l'humanité résiste à l'action de la lumière : les ténèbres ne l'ont point reçue .
- Il ne faut point limiter, avec plusieurs interprètes, cette action de la lumière aux révélations accordées au peuple juif dans l'ancienne Alliance, car le verbe au présent, luit , éclaire, ne conviendrait pas pour désigner un fait appartenant tout entier au passé. […]
v. 5 · Godet · 18/10/2026
Qu'est-ce donc que ces ténèbres (σκοτία) qui occupent tout à coup la scène d'un monde créé et éclairé par la Parole ? Il est impossible de penser, avec quelques interprètes de l'école de Baur, à des ténèbres éternelles, à un règne du mal co-éternel de celui du bien. Le v. 3 s'y oppose positivement : tout ce qui est, sans exception, est l'œuvre du Logos. Mais Jean, comme l'ont démontré les v. 3 et 4, écrivait pour des lecteurs qui connaissaient le récit de la Genèse. C'est encore d'après ce récit qu'il faut expliquer le v. 5. Les ténèbres dont parle l'évangéliste sont l'assujettissement au péché et au mensonge dans lequel vit l'humanité à la suite du fait de la chute raconté Genèse ch. 3. […]
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. 7 Celui-ci vint pour [rendre] témoignage, pour rendre témoignage ded 7d ou : touchant. la lumière, afin que tous croient par lui. 8 Lui n’était pas la lumière, mais pour rendre témoignage dee 8e ou : touchant. la lumière : 9 la vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclairef 9f ou : est lumière à. tout homme. 10 Ilg 10g c.-à-d. : la Parole [le Verbe] qui était lumière. était dans le monde, et le monde fut fait par lui ; et le monde ne l’a pas connu. 11 Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu. 12 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’êtreh 12h être, devenir, c.-à-d. prendre cette place. enfants de Dieu , [savoir] à ceux qui croient en son nom ; 13 lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu .
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Après avoir dit ce qu'était la Parole divine, créatrice, vie et lumière des hommes, (versets 1-4) et comment elle n'a point été reçue à cause des ténèbres qui règnent dans le monde, l'évangéliste poursuit son exposition, en nous transportant au moment le plus tragique de cette lutte de la lumière avec les ténèbres : précédée et annoncée par le solennel témoignage de Jean, la Parole vient au sein du peuple qui avait été préparé pour la recevoir ; elle est repoussée par lui, mais elle se constitue un nouveau peuple, formé de ceux qui reçoivent d'elle par la foi le pouvoir de devenir enfants de Dieu. (versets 6-13)
L'expression envoyé de Dieu rappelle la prophétie de Malachie 3.1 ; 4.5, d'où elle est tirée.
- Le précurseur parut (grec devint), ce terme, qui indique un fait historique un événement, est le même dont se sert Marc (Marc 1.4)
v. 6 · Godet · 18/10/2026
Le précurseur n'est point mentionné ici comme représentant soit l'ensemble de l'économie juive, soit le prophétisme en particulier, ainsi que le pensent les interprètes qui s'efforcent de trouver un plan historique dans le prologue. L'apôtre parle du précurseur uniquement quant à sa personne et au point de vue de sa relation avec celle du Sauveur. - La mention si particulière du précurseur en cet endroit est, comme l'observe Weiss, un trait caractéristique de l'apôtre Jean, à qui le Baptiste avait servi de guide pour le conduire à Christ. - Le terme ἐγένετο, devint, parut , indique un fait historique et pourrait faire ainsi contraste avec les verbes ἦν, était , qui désignaient, v. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : celui-ci vint en témoignage (ou pour un témoignage ), afin qu'il témoignât au sujet de la lumière . Le fait de ce témoignage est si important aux yeux de l'évangéliste, qu'il le mentionne d'abord sans indiquer sur quoi portait le témoignage (il vint en témoignage ) ; puis il ajoute : afin de rendre témoignage à la lumière .
Jean devait annoncer ce qu'il avait reçu par une révélation divine, (Luc 3.2) et ce dont il avait été témoin oculaire. (versets 33,34)
- Le but du témoignage de Jean était que tous crussent (à la lumière ) par lui , par l'entremise de Jean.
Telle était l'intention de Dieu dans sa miséricorde ; et le témoignage de Jean était assez clair, assez puissant, pour que cette intention eût été réalisée en tous, si la plupart n'eussent été retenus loin de la foi par l'endurcissement de leurs cœurs. Cependant plusieurs crurent, et les plus éminents disciples de Jean devinrent disciples de Jésus.
v. 7 · Godet · 18/10/2026
Le pronom οὗτος, celui-ci , résume toutes les données du verset précèdent, comme le οὗτος du v. 2 résumait toutes celles du v. 1. Le verbe ἦλθε, vint , indique un degré plus avancé que le ἐγένετο, parut , du v. 6 : c'est l'entrée de Jean dans son activité publique. - Ce rôle de témoin a, aux yeux de l'évangéliste, une telle importance qu'il le présente une première fois sans régime : comme témoin , ou (plus littéralement) en témoignage ; la seconde fois, en indiquant l'objet de ce témoignage. La première expression fait ressortir la qualité de témoin en elle-même (par opposition à la dignité supérieure du personnage qui suivra) : la seconde complète la notion de ce témoignage. […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Bien que Jean-Baptiste fût le plus grand des prophètes, et que Jésus lui même l'appelle "la lampe qui brûle et qui luit," (Jean 5.35) il n'était pas la lumière ; son rôle se réduisait à rendre témoignage à la lumière .
On a vu dans ces paroles de l'évangéliste une intention de polémique contre les disciples de Jean qui n'avaient pas cru en Jésus. (Jean 1.20 ; 3.25 et suivants Actes 19.3,4)
Selon d'autres, elle rappellerait l'expérience personnelle de l'évangéliste, qui crut d'abord avoir trouvé en Jean toute la lumière qu'il cherchait, mais qui dut reconnaître, lorsque Jean l'eut adressé à Jésus, que Jean n'était pas encore, lui, la lumière. […]
v. 8 · Godet · 18/10/2026
L'accent n'est pas, comme le pensent Meyer et Weiss, sur l'idée verbale était , mais sur le sujet lui , en opposition à l'autre personnage (v. 9). De là le choix du pronom ἐκεῖνος, qui a toujours chez Jean un sens fortement accentué et même souvent exclusif. C'est en vain que Weiss nie cet emploi spécial du pronom ἐκεῖνος dans notre évangile. Dans une foule de cas, ce commentateur est obligé de recourir à de vrais tours de force pour soutenir que ce pronom désigne toujours un sujet ou un objet plus éloigné , en opposition à un autre plus rapproché ; comparez, par exemple 1.40 ; 5.39 ; 7.45, et beaucoup d'autres passages que nous ferons remarquer et où le sens réclamé par Weiss n'est […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Le témoignage de Jean n'était pas le seul fait qui aurait dû assurer un accueil favorable à la Parole : une relation primordiale l'unissait à chaque homme et au monde dans son ensemble, (versets 9,10) et, d'autre part, le milieu dans lequel elle parut avait été spécialement préparé pour elle. (verset 11)
La Parole, cette lumière à laquelle Jean devait rendre témoignage, (verset 8) était la véritable lumière (comparez verset 4) qui éclaire tout homme . […]
v. 9 · Godet · 18/10/2026
Je crois en définitive devoir m'arrêter à cette interprétation en faisant du participe ἐρχομενον, venant , l'attribut du verbe ἦν, était : était venant , pour : venait. Cette forme analytique implique une idée de durée. Au moment où Jean témoignait de la lumière, elle était en marche pour venir ; elle venait justement ; ainsi Bengel, Lücke, de Wette, Weiss. Ce verset ainsi compris laisse à l'expression venir au monde le sens habituel et en quelque sorte technique qu'elle a chez Jean (3.19 ; 6.14 ; 9.39 ; 18.37, etc.). […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans les versets qui précèdent, (versets 7-9) Jean a parlé de la lumière ; ici, il substitue mentalement à ce terme abstrait la personne de celui qu'il désignait comme "la véritable lumière," Jésus-Christ.
C'est ce qui ressort de l'emploi du pronom masculin. Celui-ci ne se rapporte pas au mot lumière , qui est en grec du genre neutre.
La plupart des interprètes modernes estiment qu'il représente la Parole (grec le Logos ). Mais cette notion est bien éloignée, puisqu'elle a été remplacée dès verset 5 par celle de la lumière . […]
v. 10 · Godet · 18/10/2026
Il y a évidemment dans les premiers mots de ce verset un contraste voulu avec les derniers du v. 9. C'est ce contraste qui motive l'asyndeton . « Le Logos venait dans le monde » (v. 9) ; « et pourtant il y était dès longtemps » (v. 10a) ; « et même ce monde était son ouvrage » (v. 10b). Les deux premières propositions font ressortir ce qu'il y a d'incroyable, en apparence d'impossible, dans le résultat énoncé par la troisième (10c) : « et le monde ne l'a point connu. » Weiss envisage le être dans le monde (10a) comme la conséquence du venir au monde indiqué v. 9. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Le contraste tragique entre l'action miséricordieuse de Dieu et l'incrédulité obstinée des hommes apparaît surtout dans le fait qu'énonce ce verset. Il est venu chez soi (grec dans son chez soi , comparez Jean 19.27).
Par ces mots l'évangéliste proclame d'une manière générale le grand événement de l'apparition personnelle et visible de la Parole en Jésus-Christ. Il se réserve de nous dire bientôt (verset 14) comment s'est accompli ce prodige de l'amour divin.
Malgré tout, les siens ne l'ont point accueilli . Ce dernier terme est plus expressif encore que les précédents : pas reçu , (verset 5) pas connu . […]
v. 11 · Godet · 18/10/2026
On pourrait établir un rapport de gradation entre ce verset et le précédent, si l'on appliquait celui-ci au rejet de la révélation naturelle par les païens : « Et il y a eu quelque chose de plus fort encore ! » Mais l'asyndeton ne favorise pas ce sens que nous avons déjà réfuté. Il nous conduit plutôt à voir ici une réaffirmation plus énergique du fait signalé au v. 10 : « Le monde ne l'a point connu. » Oui ; ce rejet a eu lieu et là même ou il paraissait le plus impossible, dans la demeure que le Logos s'était préparée ici-bas ! Les mots chez lui , les siens , en faisant ressortir la monstruosité du crime juif, le caractérisent comme l'apogée du péché de l'humanité. […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Jusqu'ici l'évangéliste, en nous retraçant l'histoire de la Parole éternelle, n'a eu à signaler que l'aveuglement et l'incrédulité de ceux qui l'ont méconnue, rejetée.
Maintenant il passe, par un mais significatif, au côté lumineux du sujet, à la foi de ceux qui, en recevant le Sauveur, sont devenus, par lui, enfants de Dieu.
A tous ceux qui l'ont reçu ; c'est là l'opposé direct du fait signalé dans les versets 5,10,11. Et, afin qu'il ne reste aucun doute sur ce que l'apôtre entend par recevoir le Sauveur, il s'explique en ajoutant : à ceux qui croient en son nom . […]
v. 12 · Godet · 18/10/2026
Δέ, mais , exprime non seulement une gradation, mais une opposition. C'est ce que confirme l'antithèse du verbe ἔλαβον, reçu , avec le οὐ παρέλαβον, n'ont point accueilli (v. 11), aussi bien que celle du sujet : ὅσοι (littéral. : autant il en est qui ), avec le οἱ ἴδιοι, les siens (v. 11). Ce dernier terme désignait la nation en corps ; le pronom ὅσοι n'indique plus que des individus. Par ses représentants officiels, la nation, comme telle, a refusé d'accueillir Jésus ; dès ce moment, la foi prend le caractère d'un fait purement individuel et pour ainsi dire sporadique. C'est ce qu'exprime le pronom ὅσοι, tous ceux qui . […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
L'apôtre exprime tout d'abord avec insistance la pensée qu'aucune filiation humaine, aucun effort de la nature corrompue de l'homme ou même de sa volonté ne peut engendrer des enfants de Dieu. "Ce qui est né de la chair est chair." (Jean 3.6)
Pour devenir enfant de Dieu, il faut être né (grec engendré ) de Dieu.
Ce n'est point là seulement une image, ces termes caractérisent dans toute sa réalité la transformation morale que l'Ecriture appelle régénération, nouvelle naissance, création nouvelle , et que Dieu lui-même opère par la puissance de son Esprit. (Jean 3.5 ; Jacques 1.18 ; 1Pierre 1.23 ; 1Jean 5.1 ; 2Corinthiens 5.17)
v. 13 · Godet · 18/10/2026
Il semble au premier coup d'œil, en raison du verbe au passé : qui sont nés , que l'apôtre place, la régénération avant la foi, ce qui est naturellement impossible. Mais, comme le fait observer avec raison Meyer, le relatif οἵ, qui , ne se rapporte point au mot τοῖς πιστεύουσιν, ceux qui croient , mais par une construction ad sensum au substantif neutre τέκνα θεοῦ, enfants de Dieu . Le v. 13 développe ce terme : « enfants de Dieu, » d'abord sous le rapport négatif, au moyen de trois expressions accumulées qui ont quelque chose de dédaigneux, de méprisant même. […]
14 Et la Parole devint chair, et habitai 14i propr. : dressa tabernacle. au milieu de nous (et nous avons vu sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité ; 15 – Jean rend témoignage de lui, et a crié, disant : C’était celui-ci duquel je disais : Celui qui vient après moi prend place avant moi ; car il était avant moi ; 16 – car, de sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce. 17 Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ. 18 Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste continue son exposition par cette simple particule et , qui rattache le verset 14 à la fois au verset 11 et au verset 12. Au verset 11, que le verset 14 explique en disant comment Jésus-Christ "est venu chez soi."
A verset 12, qu'il développe également en révélant le grand objet de la foi des croyants et en signalant l'événement grâce auquel cette foi peut faire d'hommes nés de la chair des enfants de Dieu. […]
v. 14 · Godet · 18/10/2026
Le lien entre ce verset et le précédent, renfermé dans le καί, et , est exprimé par cette idée : Si la foi peut faire d'un homme né de la chair un enfant de Dieu, c'est qu'elle a pour objet la Parole faite chair . - La venue de Christ sur la terre avait déjà été mentionnée au v. 11, au point de vue de sa relation avec Israël et de l'incrédulité qu'elle avait rencontrée. Jean proclame de nouveau le grand fait, sujet de son récit, au point de vue de l'humanité entière et comme objet de la foi de l'Eglise. Il n'y a donc aucune tautologie dans cette répétition. Elle reflète même très fidèlement les phases du développement de la foi dans le cœur d'anciens Juifs tels que
Jean et les apôtres. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour la seconde fois, dans le prologue, l'évangéliste invoque le témoignage de Jean-Baptiste. (versets 6,7)
Son intention n'est pas encore de retracer le rôle historique du Précurseur ; il le fera ci-après ; il veut appuyer son propre témoignage relatif à l'incarnation de la Parole éternelle sur les déclarations du prophète auquel il devait lui-même la première révélation de ce mystère. Tel est le but de cette remarque du verset 15, qui paraît interrompre le discours.
Après avoir invoqué l'autorité de Jean-Baptiste, l'évangéliste continue en rapportant son expérience personnelle, qui est celle de tous les croyants : nous avons reçu de sa plénitude la grâce et la vérité. […]
v. 15 · Godet · 18/10/2026
Le présent rend témoignage est ordinairement expliqué par la valeur permanente de ce témoignage mais peut-être provient-il plutôt de ce que l'auteur se reporte vivement au moment où il a entendu cette mystérieuse parole, sortant d'une pareille bouche : il lui semble l'entendre encore. Le parfait κέκραγε est toujours employé en grec dans le sens de présent : il s'écrie ; cette déclaration fut faite avec la solennité d'une proclamation officielle. Selon la leçon de B C et Origène, il faudrait, pour donner un sens à ces mots : c'était celui qui disait , les mettre entre parenthèses, comme le font Westcott et Hort, et prêter ainsi à l'évangéliste la plus inepte des répétitions. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est l'évangéliste, et non plus Jean Baptiste, qui parle ici. Il énonce l'expérience de tous les croyants qui vient s'ajouter au témoignage du Précurseur, (verset 15) pour confirmer le grand fait de l'incarnation, attesté par les témoins immédiats de la vie du Christ. (verset 14)
Toutes ces richesses de Christ, les croyants membres de l'Eglise (nous tous ), les connaissent par les dons qu'ils ont reçus de sa plénitude .
Ce dernier mot ramène la pensée à celui du verset 14, pleine de grâce et de vérité. […]
v. 16 · Godet · 18/10/2026
C'est à ce premier trait du caractère divin, la grâce , que l'Eglise a reconnu en Jésus la Parole faite chair. Les deux termes χάρις, grâce , et πλήρωμα, plénitude , rattachent étroitement cette parole aux derniers mots du v. 14. L'expérience faite par l'Eglise est venue mettre le sceau au témoignage de ceux qui avaient entouré Jésus ici-bas. - Depuis Héracléon et Origène, plusieurs (Luther, Mélanchton, etc.) ont fait de ce v. 16 la continuation du discours de Jean-Baptiste (v. 13). Et il est possible que ce soit de cette explication que soit provenue la leçon ὅτι, parce que , que les alex., Origène et quelques autres autorités substituent à καί, et , que lit le T. R. […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset motive et explique le précédent (car ) ; non qu'il faille entendre la loi et l'Evangile comme une explication des mots grâce pour grâce , en sorte que l'ancienne alliance eût été une premiere grâce, et la nouvelle une autre grâce ajoutée à la première.
Cette interprétation méconnaît le fait qu'ici la grâce et la vérité sont mises en opposition avec la loi et que le but de l'évangéliste est de faire ressortir la grandeur, la richesse et la beauté de l'Evangile apporté par le Sauveur.
La loi , en effet, ne peut que commander, exiger, condamner ; elle ne donne rien à l'homme pécheur. […]
v. 17 · Godet · 18/10/2026
Jean, qui était arrivé à la lumière de la nouvelle révélation par le régime préparatoire de l'ancienne, ne pouvait manquer d'indiquer au moins sommairement dans ce prologue la relation entre les deux ; et il le fait naturellement en cet endroit où la mention des dons divins obtenus par Jésus-Christ l'appelle à une comparaison avec ceux qu'avait reçus l'ancien peuple de Dieu, spécialement avec la loi. Le car porte sur la notion de grâce, si énergiquement formulée dans le v. 16 : « grâce sur grâce ; car le régime légal a fait place désormais à celui de la gratuité qui est en même temps celui de la vérité. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette grande déclaration, qui couronne si admirablement le prologue, se lie étroitement au verset précédent et explique comment la vérité, la vérité absolue qui est Dieu, est venue par Jésus Christ .
Avant lui, hors de lui, personne ne vit jamais Dieu , pas même Moïse (Exode 33.20,23 ; 1Jean 4.12 ; Colossiens 1.15 ; 1Timothée 6.16)
Voir Dieu , c'est avoir une intuition immédiate de son essence, de ses perfections, et c'est ce qui n'a jamais été donné à aucun homme sur la terre et qui reste la prérogative exclusive du Fils unique . (Voir sur ce nom verset 14, 4e note)
Jean avait entendu cette déclaration de la bouche même de son Maître. (Jean 6.46 ; Matthieu 11.27) […]
v. 18 · Godet · 18/10/2026
L'absence de particule entre le v. 17 et le v. 18 est la preuve d'une relation très intime de pensée ou de sentiment entre les deux. Le second devient ainsi comme une énergique réaffirmation du précédent. Et en effet, qu'est-ce que cette vérité née pour la terre en la personne de Jésus-Christ d'après le v. 17, si ce n'est la parfaite révélation de Dieu décrite v. 18 ? - La vraie connaissance de Dieu n'est pas le résultat de l'investigation philosophique ; notre raison ne peut saisir que les quelques rayons isolés de la révélation divine répandus dans la nature et dans la conscience. […]
19 Et c’est ici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des lévites, pour lui demander : Toi, qui es-tu ? 20 Et il confessa, et ne nia pas, et confessa : Moi, je ne suis pas le Christ. 21 Et ils lui demandèrent : Quoi donc ? Es-tu Élie ? Et il dit : Je ne le suis pas. Es-tu le prophète ? Et il répondit : Non. 22 Ils lui dirent donc : Qui es-tu, afin que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés ? Que dis-tu de toi-même ? 23 Il dit : Moi, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Faites droit le chemin du ✶Seigneur, comme dit Ésaïe le prophètej 23j voir Ésaïe 40:3 . . 24 Et ils avaient été envoyés d’entre les pharisiens. 25 Et ils l’interrogèrent et lui dirent : Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le prophète ? 26 Jean leur répondit, disant : Moi, je baptise d’eau ; [mais] au milieu de vous il y en a un que vous ne connaissez pas, 27 celui qui vient après moi, duquel moi je ne suis pas digne de délier la courroie de la sandale. 28 Ces choses arrivèrent à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
PREMIERE PARTIE 1 :19 à 4 :54
LE FILS DE DIEU.
Le Fils de Dieu désigné par Jean-Baptiste et reconnu par les premiers disciples. 1 :19 à 2 :11
Jean-Baptiste présente Jésus comme le Fils de Dieu.
19 à 34
Deux témoins de Jean.
Le prologue étant clos, l'évangéliste commence sa narration en rapportant le témoignage de Jean-Baptiste. Les synoptiques, de même, placent en tète de la leur le ministère du Précurseur. […]
v. 19 · Godet · 18/10/2026
Il est assez étrange de voir une narration commencer par le mot et . Ce fait s'explique par la relation que nous venons de signaler entre le v. 19 et le v. 15. - Ce qui donne à cette déclaration de Jean-Baptiste une importance particulière, c'est son caractère officiel. Elle fut énoncée en présence d'une députation du sanhédrin et comme réponse à une interrogation positive émanant de ce corps, chef religieux de la nation juive. Le sanhédrin, de l'existence duquel nous ne trouvons les premières traces que dans les temps d'Antipater et d'Hérode (Josèphe, Antiq. , XIV, 9, 4), était sans doute la continuation ou le renouvellement d'une institution très antique. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Il n'est pas rare que l'évangéliste, voulant accentuer fortement une pensée, l'exprime à la fois sous forme négative et positive.
C'est ce qu'il fait ici, pour dire que le Précurseur déclara sans hésiter et nettement qu'il n'était pas le Christ .
Selon le texte reçu, il faudrait traduire : "je ne suis point le Christ."
Une variante de Sin., B, A, C, Itala présente ainsi l'ordre des mots : moi, je ne suis point le Christ , ou : ce n'est pas moi qui le suis. C'était dire aux membres de la députation qu'un autre l'était et que cet autre était présent au milieu d'eux.
v. 20 · Godet · 18/10/2026
Avant d'indiquer le contenu de la réponse de Jean-Baptiste, l'évangéliste en fait ressortir les caractères : elle fut prompte, franche, catégorique. Le premier il déclara indique la spontanéité, l'empressement. Par la forme négative : il ne nia pas , l'évangéliste veut dire qu'il ne céda pas un instant à la tentation qu'il aurait pu avoir de nier. Le second il déclara est ajouté afin d'y attacher la profession qui va suivre. - Cette forme remarquable du récit (comparez 1.7-8) nous paraît, quoi qu'en dise Weiss, s'expliquer plus naturellement si l'on admet une allusion à des gens qui inclinaient à donner au personnage de Jean-Baptiste une valeur supérieure à sa dignité réelle. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans ce rapide dialogue, les questions sont dictées par l'attente, alors générale, d'un envoyé de Dieu. Cette attente, qui avait été excitée par l'apparition de Jean-Baptiste, se reportera plus tard sur Jésus lui-même. (Matthieu 16.14)
- Quoi donc ? demandent-ils, qu'est ce à dire ? que se passe-t-il donc ? (B porte : qu'es-tu donc ? )
Il y a, dans cette question, quelque impatience.
- Jean-Baptiste nie qu'il soit Elie . […]
v. 21 · Godet · 18/10/2026
Plusieurs interprètes entendent la question τί οὖν (qu'est-ce donc ? ) dans le même sens, ou à peu près, que la précédente : « Si tu n'es pas le Christ, qu'es-tu donc ? » Mais les deux questions suivantes « Es-tu Elie ?… » supposeraient plutôt τίς que τί, dans ce sens-là. De Wette voit dans ces mots une locution adverbiale : « Quoi donc ! » Ce sens est fade. Il faut plutôt sous-entendre avec Meyer ἐστί : « Qu'y a-t-il ? Que se passe-t-il donc d'extraordinaire ? » Cette forme d'interrogation respire l'impatience. Il y avait en effet dans les allures sans précédents de Jean-Baptiste quelque chose qui semblait indiquer une situation exceptionnelle. […]
v. 22-23 · Godet · 18/10/2026
Les députés ont maintenant épuisé les suppositions fournies par le programme messianique admis de leur temps. Il ne leur reste qu'à poser de nouveau à Jean la question qui le fera sortir de l'attitude négative dans laquelle il se renferme : « Qui es-tu ? » c'est-à-dire : « Quel personnage es-tu ? » Car sa conduite extraordinaire devait être motivée par une mission exceptionnelle. - Jean y répond par une parole d'Esaïe qui renferme à la fois l'explication demandée et la garantie de sa mission. Le sens du passage prophétique est celui-ci : Jéhova est sur le point de paraître pour manifester sa gloire. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Esaïe 40.3, d'après les Septante, sauf qu'on trouve ici dressez , au lieu de préparez le chemin.
Les mots : dans le désert peuvent se rapporter, en grec comme en hébreu, soit à la phrase qui précède : voix de celui qui crie , soit au verbe qui suit : dresser .
(Voir sur cette prophétie Matthieu 3.3 ; Marc 1.2 ; Luc 3.4, notes.)
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste relève maintenant seulement le fait que les délégués étaient des pharisiens, parce que leur attitude hostile va s'accuser dans la question suivante.
Sin., B, A, C présentent une variante qui pourrait se traduire : et ils avaient été envoyés de la part des pharisiens .
Cette variante paraît provenir d'une erreur de copiste. Même en l'admettant, on peut voir dans le texte un hébraïsme qu'il faudrait rendre par : "des pharisiens avaient été envoyés." (Comparer Jean 16.17)
v. 24 · Godet · 18/10/2026
Nous traduisons d'après le T. R., qui est conforme à la majorité des Mjj., aux Mnn. et à la plupart des versions. D'après cette leçon, le participe ἀπεσταλμένοι, envoyés , est déterminé par l'article οἱ, les : c'est le sujet de la phrase. Le but de cette remarque ajoutée ici par Jean se comprend facilement : elle doit motiver la question qui va suivre. Jean aime à suppléer ainsi, à mesure qu'avance un récit, les circonstances, omises d'abord, qui servent peu à peu à l'éclairer ; comparez 1.41,45 ; 4.30 ; 9.14 ; 11.5,18 ; 13.23, etc. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Les pharisiens ne se contentent pas de la réponse de Jean, (verset 23) qu'ils trouvent sans doute trop vague pour lui donner des titres à sa mission.
Rigoureux observateurs de la loi et des traditions reçues, ils sont indignés que Jean se permette une innovation comme celle du baptême, puisqu'il déclare lui-même qu'il n'est, ni le Christ, ni Elie, ni le prophète. Pourquoi donc baptises-tu ?
Par cette question, ils pensent le convaincre d'une usurpation de pouvoirs.
v. 25 · Godet · 18/10/2026
Les plus stricts gardiens des rites concédaient bien au Messie ou à l'un de ses précurseurs le droit d'innover, en fait d'observances ; et si Jean s'était déclaré l'un de ces personnages, ils se seraient contentés de lui demander ses titres, et auraient gardé le silence sur son baptême, suffisamment légitimé par sa mission. En effet, il paraît ressortir de ce verset même que, sur le fondement de paroles telles que Ezéchiel 26.23,26 et Zacharie 13.1, on attendait une grande lustration nationale comme inauguration du règne du Messie. […]
v. 26 · Godet · 18/10/2026
Jean leur répondit disant : Oui, je baptise d'eau[1] ; au milieu[2] de vous se tient[3] quelqu'un que vous ne connaissez pas, vous,
Notes
[1] ℵ seul : εν τω υδατι au lieu de εν υδατι.
[2] Après μεσος le T. R. lit δε (mais ) avec toutes les autorités excepté ℵ B C L Tb et Or. (7 fois) qui retranchent ce mot.
[3] B L Tb : στηκει (stat ) ; ℵ G : εστηκει (stabat ; T. T. avec tous les autres : εστηκεν (stat ).
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ces mots : Moi je baptise d'eau , Jean oppose à son humble personne le Messie qui va se manifester ; il se hâte de diriger l'attention de ses interlocuteurs sur Celui qui déjà se trouve au milieu d'eux , qu'ils ne connaissent point .
Lui substituera au baptême d'eau , pratiqué par Jean et qui n'a qu'un caractère préparatoire, le vrai baptême, le baptême de l'Esprit-Saint, (verset 33) ou, comme il est appelé dans Matthieu 3.11, (4e note) le baptême "d'Esprit Saint et de feu." […]
v. 27 · Godet · 18/10/2026
celui[1] qui vient après moi, - qui a été là avant moi[2], - de la sandale duquel je ne suis pas digne de délier la courroie.
Cette réponse a été trouvée peu claire et embarrassée. De Wette juge même qu'elle ne correspond pas du tout à la question posée. L'explication généralement admise est celle-ci : « Mon baptême d'eau n'empiète pas en tous cas sur celui du Messie, qui est de nature bien supérieure ; il le prépare seulement. » Jean excuserait en quelque sorte son baptême en s'efforçant de le diminuer et en rappelant qu'au-dessus de cette cérémonie le baptême messianique conserve la place qui lui est propre. […]
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Les témoignages sont presque unanimes en faveur du nom de Béthanie et contraires à celui de Béthabara , qui se lit dans le texte reçu.
Origène rapporte qu'il ne trouva point de Béthanie au delà du Jourdain mais bien un lieu nommé Béthabara, que la tradition désignait comme celui où Jean baptisait .
Mais il reconnaît que presque tous les manuscrits de son temps portaient Béthanie . Il est probable que sous l'influence de ce Père la leçon Béthabara fut substituée à la leçon primitive Béthanie . […]
v. 28 · Godet · 18/10/2026
La notice du v. 28 n'est certainement pas dictée à Jean par un intérêt géographique : elle est inspirée par la solennité de toute cette scène et par la gravité extraordinaire de ce témoignage officiel rendu en présence des représentants du sanhédrin, ainsi que de la nation tout entière. C'était bien à cette déclaration que s'appliquait la parole du prologue : « afin que tous crussent par lui . » Si le peuple eût été apte à la foi, ce témoignage sortant d'une telle bouche eût suffi pour faire éclater la flamme divine eu Israël. - Quant aux deux leçons Béthanie et Béthabara . Origène rapporte que presque tous les anciens Mss. […]
29 Le lendemain, il voit Jésus venant à lui, et il dit : Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! 30 C’est de celui-ci que moi, je disais : Après moi vient un homme qui prend place avant moi, car il était avant moi. 31 Et pour moi, je ne le connaissais pas ; mais afin qu’il soit manifesté à Israël, à cause de cela, je suis venu baptiser d’eau.
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Au moment de rapporter un second témoignage que le Précurseur rendit en présence e ses disciples, l'évangéliste en marque le temps précis : le lendemain .
Il donnera de semblables indications aux versets. 37 ; et 44. Le souvenir de ces trois journées consécutives est resté ineffaçable dans le cœur de Jean, car ce furent les jours de sa première rencontre avec Jésus et, par là même, de sa naissance à la foi et à une vie nouvelle.
- Jean voit Jésus qui vient à lui , non point pour être baptisé, le baptême a eu lieu ; mais bien, comme nous l'apprendra la suite de ce chapitre, pour chercher et trouver parmi les disciples de Jean ses premiers disciples. […]
v. 29 · Godet · 18/10/2026
Le lendemain même du jour où Jean avait proclamé la présence du Messie au milieu du peuple, Jésus s'approche de son précurseur, qui le reconnaît et qui le déclare le Messie. Les mots : venant à lui , ont embarrassé les interprètes. Les uns ont compris qu'il venait pour être baptisé, ce qui est impossible, puisque la suite, v. 31-33, et même le v. 26 supposent le baptême déjà accompli. Baur pense que Jésus venait à Jean pour recevoir son témoignage, et il trouve naturellement dans ce trait ainsi compris une preuve du caractère purement idéal de la narration. […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean-Baptiste répète solennellement, devant ses disciples, le témoignage qu'il avait prononcé en présence de la délégation du sanhédrin, (verset 26) et que l'évangéliste avait invoqué au verset 15. (Voir la 2e note.)
v. 30 · Godet · 18/10/2026
Cette parole, tout en appliquant à Jésus présent (c'est lui ) le témoignage prononcé la veille, probablement en son absence (v. 26-27), est destinée à résoudre l'énigme que renfermait cette déclaration : « Celui qui me suit m'a devancé . » La dernière proposition l'explique ; voir au v. 15. - Il est difficile de se décider entre les deux leçons περί, au sujet de , et ὑπέρ, en faveur de , qui conviennent toutes deux. - Le terme ἀνήρ (un homme dans la force de l'âge), qui ne se retrouve pas dans la citation de cette parole au v. 15, est inspiré au précurseur par la vue de Jésus présent sous ses yeux. Lücke. Meyer, Keil, pensent qu'au v. […]
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Le Précurseur raconte (versets 31-34) comment il est arrivé à la certitude que Jésus est le Messie. Il justifie ainsi le beau témoignage qu'il venait de lui rendre ; (versets 29,30) ce témoignage reposait exclusivement sur l'ordre et la révélation de Dieu. (verset 33, comparez Luc 3.2)
C'est pour obéir à l'ordre de Dieu qu'il s'était mis à baptiser d'eau , expression qui embrasse tout son ministère comme précurseur. En commençant ce ministère, il savait seulement que le Messie allait être manifesté à Israël et que sa propre vocation consistait à lui préparer les voies. […]
v. 31 · Godet · 18/10/2026
Le mot κἀγώ, et moi non plus , placé en tête et répété, comme il l'est au v. 33, a nécessairement un accent particulier. Le sens saute aux yeux ; Jean vient de dire à ses auditeurs : Celui que tous ne connaissez pas . Quand donc il ajoute : « Et moi non plus, je ne le connaissais pas, » il est clair qu'il veut dire : « Et moi non plus, quand il est venu se présenter à moi pour être baptisé, je ne le connaissais pas plus que vous ne le connaissez maintenant. » Weiss et Keil objectent à ce sens qu'il ne peut s'appliquer aux deux κἀγώ des v. 33 et 34. Nous verrons que cela n'est point exact. […]
32 Et Jean rendit témoignage, disant : J’ai vu l’Esprit descendant du ciel comme une colombe, et il demeura sur lui. 33 Et pour moi, je ne le connaissais pas ; mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là me dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre, et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise de l’Esprit Saint. 34 Et moi, j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu .
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces mots : Et Jean rendit témoignage , sont de l'évangéliste qui interrompt ainsi le discours du Précurseur afin d'introduire d'une manière solennelle son témoignage.
- Jean-Baptiste pouvait dire qu'il avait vu l'Esprit descendre du ciel , parce qu'il se présenta sous une forme visible, "comme une colombe."
Le témoignage de Jean, dans notre évangile, est donc en pleine harmonie avec le récit des synoptiques (Matthieu 3.16 ; Marc 1.9-11,Luc 3.22, voir les notes) et il exclut nettement l'idée de quelques interprètes (Tholuck, Meyer, Astié), que Jean-Baptiste n'aurait eu qu'une vision intérieure, produite par une action de l'Esprit de Dieu sur l'esprit du prophète et n'aurait pas […]
v. 32 · Godet · 18/10/2026
Cette déclaration est introduite avec une solennité particulière par ces mots : Et Jean rendit témoignage . C'est qu'en effet c'est ici l'acte décisif, comme le dit Hengstenberg, le punctum saliens de tout le ministère de Jean-Baptiste, son témoignage messianique proprement dit. - Par quel sens Jean a-t-il vu ? Par l'œil du corps, ou par le sens interne ? C'est demander si le fait ici raconté s'est passé uniquement dans le monde spirituel ou aussi dans le monde extérieur. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean-Baptiste tient à répéter qu'il ne connaissait pas Jésus comme le Messie, (verset 31, note) que par conséquent son témoignage ne venait pas de lui, puis il fait remonter la certitude de ce témoignage jusqu'à Dieu lui-même, qui, en l'envoyant remplir sa mission, lui avait donné un signe lui ne devait laisser aucun doute dans son esprit. (verset 34)
- Quelques interprètes pensent que, selon le récit de notre évangéliste, Jésus n'aurait point reçu, lors de son baptême, un don nouveau et spécial du Saint-Esprit, puisqu'il avait toujours été, en tant que Parole faite chair, sous l'influence de cet Esprit. […]
v. 33 · Godet · 18/10/2026
Non seulement un signe a été donné (v. 32) : mais ce signe a été celui qui était convenu et dont le sens était indiqué à l'avance. Aucun arbitraire humain ne peut donc se mêler à ce témoignage que Jean rend à Jésus. Κἀγὼ : « Et je vous le répète : quand il s'est présenté, je ne le connaissais pas plus que vous ne le connaissez maintenant. Je n'y ai donc rien mis du mien. » L'expression ὁ πέμψας, celui qui m'a envoyé , a quelque chose de solennel et de mystérieux ; Jean veut évidemment désigner par là Dieu lui-même, qui lui avait parlé au désert et donné son mandat. Ce mandat comprenait :
- l'ordre de baptiser ;
- la promesse de lui révéler le Messie à l'occasion du baptême ; […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a quelque chose de solennel dans les affirmations de ce récit où, trois fois de suite, le Précurseur commence ses déclarations par ce mot : Et moi . (versets 31,33,34)
C'est dans le même but qu'il emploie ici les verbes au parfait (j'ai vu j'ai rendu témoignage ), affirmant ainsi un fait accompli, mais permanent dans sa réalité.
- Quant à ce grand nom de Fils de Dieu , il n'a point lieu de surprendre dans la bouche de Jean-Baptiste puisque celui-ci a déjà affirmé la préexistence de la Parole éternelle, (versets 15,30) et qu'il avait du reste entendu une voix des cieux dire de Jésus, au moment de son baptême : "Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui je me complais." […]
v. 34 · Godet · 18/10/2026
Le ἐγώ, moi , dans κἀγώ, distingue, comme aux v. 31 et 33, celui qui seul devait voir , et qui aussi (καί) a vu, de tous les autres qui doivent croire sur son témoignage. Les parfaits : j'ai vu et j'ai témoigné , indiquent des faits accomplis une fois pour toutes et qui désormais demeurent. Le ὅτι, que , dépend du second verbe seul ; le verbe voir reste sans objet ; c'est l'acte qui importe, comme condition de celui de témoigner. - Le terme de Fils de Dieu caractérise un être comme représentant de la divinité dans une fonction particulière. Il est appliqué dans l'A. T. […]
35 Le lendemain encore, Jean se tint là, et deux de ses disciples ; 36 et regardant Jésus qui marchait, il dit : Voilà l’agneau de Dieu ! 37 Et les deux disciples l’entendirent parler, et ils suivirent Jésus. 38 Et Jésus se retournant, et voyant qu’ils le suivaient, leur dit : Que cherchez-vous ? Et ils lui dirent : Rabbi (ce qui, interprété, signifie maître k 38k ici et ailleurs souvent : celui qui enseigne.), où demeures-tu ? 39 Il leur dit : Venez et voyez. Ils allèrent donc, et virent où il demeurait ; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là : c’était environ la dixième heure. 40 André, le frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu parler [de lui] à Jean, et qui l’avaient suivi. 41 Celui-ci trouve d’abord son propre frère Simon, et lui dit : Nous avons trouvé le Messie (ce qui, interprété, est Christl 41l ou : Oint. ). 42 Et il le mena à Jésus. Jésus, l’ayant regardé, dit : Tu es Simon, le fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre m 42m ou : pierre.).
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Les premiers disciples. 35 à 52
La première rencontre.
L'un de ces deux disciples était André, (verset 41) l'autre était certainement Jean, notre évangéliste, qui souvent trahit sa présence sans se nommer, ce qui est un indice très significatif de l'authenticité de notre évangile.
(voir l'Introduction et comparez Jean 13.23 ; 19.26 ; 20.2,3, etc.)
Il suffit de lire les détails si précis du récit qui va suivre, pour reconnaître à chaque trait le témoin oculaire.
v. 35-36 · Godet · 18/10/2026
De saintes impressions, de grandes pensées une indicible attente remplirent sans doute jusqu'au jour suivant le cœur de ceux qui avaient entendu les paroles du précurseur. Le lendemain, Jean se trouvait à son poste prêt à continuer son ministère de Baptiste. Rien n'autorise à supposer, avec de Wette, que les deux disciples qui se trouvaient avec lui n'avaient pas assisté à la scène du jour précédent. Bien loin de favoriser cette idée, la brièveté du témoignage actuel fait plutôt supposer que Jean se borne à rappeler celui de la veille à des personnes qui l'avaient entendu. - L'expression ἐκ τῶν μαθητῶν, d'entre ses disciples , donne à entendre qu'il y en avait un nombre assez considérable. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean, ayant arrêté son regard sur Jésus , n'adresse pas précisément ces paroles à ses deux disciples, mais il les prononce pour eux. Ils ont entendu la veille ce même témoignage, plus complet, (verset 29) et cette allusion suffira pour leur inspirer le désir de connaître de plus près
Celui que leur maître leur annonce. Telle était l'intention humble et désintéressée de ce grand serviteur de Dieu. (Jean 3.26-30)
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Ils le suivirent en cherchant à s'approcher de lui. Il ne s'agit point encore du moment où ils se consacreront à son service, et cependant on a pu dire avec raison :"Ce sont là les premières origines de l'Eglise chrétienne." Bengel.
v. 37 · Godet · 18/10/2026
La parole de Jean, qui était comme une exclamation, fut comprise. - Il est bien évident que, dans la pensée de l'évangéliste, ces mots : « Et ils suivirent Jésus , » cachent, sous le sens littéral, un sens plus riche. Ce premier pas à la suite de Jésus décidait de leur vie entière ; le lien, en apparence accidentel, qui se formait à cette heure, était, en réalité, un lien éternel.
Les témoignages du précurseur
Nous avons à examiner encore trois questions qu'a soulevées la critique à l'égard de ces témoignages.
I. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, voyant ces deux jeunes gens le suivre pour entrer en relation avec lui, les prévient avec bienveillance et leur facilite ainsi une rencontre qui décidera de leur vie.
v. 38 · Godet · 18/10/2026
Jésus, entendant marcher derrière lui, se retourne. Il voit ces deux jeunes gens qui le suivent avec le désir de l'aborder, mais qui n'osent lui adresser les premiers la parole. Il les prévient : « Que cherchez-vous ? » Celui qui interroge ainsi sait bien au fond ce qu'ils cherchent. Il sait à qui tend le désir d'Israël et le soupir de l'humanité ; il n'ignore pas qu'il en est lui-même l'objet. - Par leur réponse, les disciples expriment modestement le désir de lui parler en particulier. Le titre de Rabbi est sans doute bien inférieur à ce que le témoignage de Jean leur a révélé sur le compte de Jésus. Mais la discrétion les empêche pour le moment d'en dire davantage. Ce titre exprime en même temps indirectement l'intention de s'offrir à lui comme disciples. La traduction de ce terme ajoutée par l'évangéliste prouve que l'auteur écrit pour des lecteurs grecs.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce titre de Rabbi , quoique très honorable chez les Juifs, restait bien au-dessous de l'idée que ces deux disciples se faisaient de Jésus d'après le témoignage qu'ils venaient d'entendre ; mais, pour le moment, ils n'osent s'élever plus haut en adressant la parole à Jésus.
v. 39 · Godet · 18/10/2026
Les disciples s'informaient de sa demeure pour pouvoir l'y visiter plus tard ; Jésus les invite à l'y suivre à l'instant même : « Venez, de ce pas . » C'est bien là ce qu'indique le présent ἔρχεσθε : la continuation de la marche. On a dit que dans ce sens il faudrait l'aoriste. C'est une erreur. L'aoriste signifierait : Mettez-vous en marche. - La leçon du Vaticanus : « Venez et vous verrez , » est-elle préférable, à celle de la plupart des autres documents ? On peut supposer que celle-ci provient du v. 47. - Où Jésus demeurait-il ? Etait-ce dans un caravansérail, ou dans une maison amie ? Nous l'ignorons. Nous ne savons pas davantage quel fut le sujet de leur entretien. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Ou, selon le texte reçu (Sin., A, la plupart des majuscules) : venez et voyez . Les deux disciples s'informaient modestement de la demeure de Jésus, dans l'intention de le visiter plus tard ; mais lui les invite à le faire immédiatement, et quand ils l'auront vu et entendu, ils lui seront acquis pour toujours. La vraie foi, qui est la confiance du cœur, ne naît que d'un contact immédiat avec le Sauveur.
C'est-à-dire quatre heures de l'après-midi, à compter depuis six heures du matin selon la manière des Juifs. […]
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer verset 35, note.
v. 41 · Godet · 18/10/2026
A ce point du récit l'auteur nomme son compagnon, André. C'est que le moment est venu de signaler sa relation avec Simon Pierre relation qui a exerce une influence si décisive sur ce dernier et sur l'œuvre qui commence. - La désignation d'André comme frère de Simon Pierre est d'autant plus remarquable que Simon Pierre n'a point encore figuré dans le récit et que le surnom de Pierre ne lui appartenait même pas encore à ce moment. Cet apôtre futur est ainsi traité dès l'abord comme le personnage le plus important de cette histoire. Cette manière de désigner André suppose déjà la pleine connaissance de l'histoire évangélique chez les lecteurs. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Que signifient ces expressions : le premier et son propre frère ?
Evidemment l'évangéliste sous-entend ici le fait que chacun des deux disciples, après leur entretien avec Jésus, se mit aussitôt avec empressement à la recherche de son frères André à la recherche de Simon Pierre et Jean à celle de Jacques. André fut le premier à trouver son frère.
Ce mot suppose que Jean rencontra ensuite le sien et l'amena à Jésus ; (Marc 1.19) mais l'évangéliste, selon son habitude, passe sous silence ce qui le concerne. C'est ce que n'ont pas compris les copistes qui ont corrigé le premier en premièrement . […]
v. 42 · Godet · 18/10/2026
Les présents, il trouve et il dit (v. 42) étaient descriptifs ; l'aoriste il amena indique la transition à l'acte suivant : la présentation de Pierre. Le mot ἐμβλέπειν désigne un coup d'œil pénétrant qui plonge jusqu'au foyer même de l'individualité. Ce terme sert à expliquer l'apostrophe qui suit ; car celle-ci résulte précisément de la manière dont Jésus avait pénétré le caractère de Simon et découvert chez lui du premier regard les éléments du futur Pierre. Il n'est point nécessaire d'admettre que Jésus ait connu miraculeusement les noms de Simon et de son père ; André, en lui présentant son frère, doit l'avoir nommé à Jésus. Au lieu de Jona , les trois principaux alex. […]
43 Le lendemain, il voulut s’en aller en Galilée. Et Jésus trouve Philippe, et lui dit : Suis-moi. 44 Or Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. 45 Philippe trouve Nathanaël et lui dit : Nous avons trouvé celui duquel Moïse a écrit dans la loi et duquel les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth. 46 Et Nathanaël lui dit : Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? Philippe lui dit : Viens et vois. 47 Jésus vit Nathanaël venir vers lui, et il dit de lui : Voici un vrai n 47n litt. : vraiment. Israélite, en qui il n’y a pas de fraude. 48 Nathanaël lui dit : D’où me connais-tu ? Jésus répondit et lui dit : Avant que Philippe t’ait appelé, quand tu étais sous le figuier, je te voyais. 49 Nathanaël répondit et lui dit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu ; tu es le roi d’Israël. 50 Jésus répondit et lui dit : Parce que je t’ai dit que je te voyais sous le figuier, tu crois ? tu verras de plus grandes choses que celles-ci. 51 Et il lui dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme.
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
La parole de Jésus à Pierre est préparée par ce mot : l'ayant regardé , considéré, de ce regard qui pénétrait jusqu'au fond des cœurs (Jean 2.25) et qui suffit à Jésus pour découvrir dans ce caractère l'énergie et la force qui en fera le Céphas (le roc) de son Eglise.
L'introduction : tu es Simon, fils de Jonas , ne sert qu'à donner plus de solennité à ce changement de nom, signé d'un changement de vie ou de position. (Genèse 17.5 ; 32.28)
"En le marquant de ce nom nouveau, dit M. Godet,Jésus prend possession de lui et le consacre, avec toutes ses qualités naturelles, à l'œuvre qu'il lui confiera." […]
v. 43-44 · Godet · 18/10/2026
L'aoriste ἠθέλησεν, voulut , indique assez naturellement une volonté qui se réalise. Ces mots : « Il voulut partir et il trouve , » sont donc équivalents à : « Au moment où il se décide à partir, il trouve… » Nous avons ici la juxtaposition des propositions si fréquente chez Jean (⇒). Cette manière de s'exprimer est inconciliable avec l'idée que Jésus n'aurait rencontré Philippe que plus tard, en Galilée ; celui-ci se trouvait donc dans les mêmes parages qu'André, Jean et Pierre, et par le même motif. Il importait à Jésus de s'entourer surtout de jeunes hommes qui eussent subi la préparation du ministère et du baptême de Jean-Baptiste. - La notice du v. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Au moment où, le lendemain , Jésus se disposait à partir pour la Galilée, pour y exercer son ministère, il rencontre Philippe qu'il invite à le suivre .
Cette invitation n'était pas encore un appel à l'apostolat ; (Matthieu 4.19) elle signifiait pour Philippe : "Reviens avec moi en Galilée."
Mais, dans la pensée de Jésus, elle avait une portée plus grande. L'évangéliste fait ensuite cette remarque que Philippe était de la même ville qu'André et Pierre, (Jean 12.21) sans doute afin de faire comprendre qu'il entra en relation avec Jésus par l'intermédiaire de ces deux disciples.
v. 45 · Godet · 18/10/2026
Le rôle de Philippe dans la vocation de Nathanaël est semblable à celui d'André dans la vocation de Pierre et à celui de Pierre et d'André dans la sienne propre. Un flambeau allumé sert à en allumer un autre ; ainsi se propage la foi. Luthardt fait finement ressortir la forme lourde et compliquée de la profession de Philippe, ces longs considérants, ce certificat messianique en toutes formes, qui contraste avec le tour vif et dégagé de la profession d'André au v. 42. Les mêmes traits de caractère se retrouvent chez les deux disciples 6.1-13 et peut-être aussi 12.21-22. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
"Le rôle de Philippe dans la vocation ce Nathanaël est semblable à celui d'André dans la vocation de Pierre et à celui de Pierre et d'André clans la sienne propre. Un flambeau allumé sert à en allumer un autre ; ainsi se propage la foi." Godet.
- Il n'est pas dit où Philippe trouve Nathanaël, c'était probablement pendant ce voyage vers la Galilée, (verset 44) où les disciples accompagnaient Jésus. Peut-être Nathanaël faisait-il la même route, en sens inverse, pour se rendre auprès de Jean-Baptiste.
Quoi qu'il en soit, Nathanaël, après cette rencontre avec Jésus, devint son disciple et même très probablement un apôtre. […]
v. 46 · Godet · 18/10/2026
Selon Meyer, la réponse de Nathanaël ferait allusion à la réputation d'immoralité qu'aurait eue le bourg de Nazareth ; selon Lücke, de Wette, à la petitesse de cet endroit. Mais rien dans l'histoire ne démontre que Nazareth fût mi endroit plus mal famé ou moins estimé que toute autre bourgade de Galilée. La réponse de Nathanaël n'exige nullement de telles suppositions. […]
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Naïve expression du préjugé ! D'où pouvait venir ceux prévention dans l'esprit de l'honnête Nathanaël ? De ce que Nazareth était en Galilée ? (Jean 7.52) de ce que c'était une petite et Obscure localité ? Ou enfin de ce que cette ville était mal famée sous le rapport de la moralité ?
Les interprètes ont tour à tour soutenu ces diverses opinions. M. Godet pense que le doute de Nathanaël venait de ce qu'aucune prophétie n'assignait a Nazareth un rôle si important.
Mais la question de Nathanaël paraît trop générale (quelque chose de bon ) pour comporter cette idée. […]
v. 47 · Godet · 18/10/2026
Nathanaël est bien l'un de ces cœurs droits qui n'ont qu'à voir Jésus pour croire en lui ; Philippe ne s'est pas trompé. Jésus lui-même, en le voyant, signale aussi en lui cette qualité. Le pénétrant, comme il a pénétré Simon, il fait tout haut sur son compte (περὶ αὐτοῦ) cette réflexion : « Voilà… » - On peut faire porter l'adverbe ἀληθῶς, vraiment , sur ἴδε : « Voila réellement un Israélite sans fraude ; » dans ce cas, l'idée de sans fraude n'est pas mise en rapport avec le caractère national Israélite ; elle s'applique à Nathanaël personnellement. Mais on peut faire porter l'adverbe ἀληθῶς sur le mot Israélite : « un vrai (vraiment ) Israélite, et cela comme étant sans fraude. […]
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : véritablement un Israélite , qui ne l'est point seulement par son origine nationale, (Romains 9.6) mais dans son cœur, (Romains 2.29) et il est tel par sa droiture et sa sincérité c'est un homme intègre. (Psaumes 32.2)
Jésus adresse ces paroles à ceux qui l'entourent, mais de manière à être entendu de Nathanaël et afin d'entrer en rapport avec lui, de gagner sa confiance en se dévoilant à lui dès l'abord comme Celui qui sonde les cœurs. (Jean 1.43 ; 2.25)
v. 48 · Godet · 18/10/2026
On a critiqué comme peu modeste cette réponse par laquelle Nathanaël semble accepter l'éloge renfermé dans le v. 48. Mais il veut seulement savoir sur quel fondement Jésus, qui le voit pour la première fois, le juge de la sorte. - Certainement, si l'on tient compte de l'impression extraordinaire que produit sur Nathanaël la réponse de Jésus (v. 50), celle-ci doit renfermer à ses yeux la preuve indubitable de la connaissance surnaturelle que Jésus a de lui. Lücke pense que cette connaissance s'applique uniquement à l'état moral de Nathanaël ; Meyer, au contraire, qu'elle ne s'applique qu'au fait extérieur de la séance sous le figuier. […]
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Nathanaël ne repousse point la louange de Jésus ; c'est là, comme l'observe Meyer, une preuve de sa sincérité, et sa question n'est que l'expression d'un profond étonnement.
Il paraît que, peu de temps avant la rencontre de Philippe et de Nathanaël, ce dernier s'était retiré et recueilli sous un figuier près du Chemin, ou il croyait être seul et dérobé à tous les regards.
Là , lui dit Jésus, je t'ai vu .
Le regard du Sauveur, non seulement a découvert Nathanaël en un lieu où il était naturellement caché, mais il a pénétré jusqu'au fond de son cœur et a reconnu les sentiments intimes qui l'occupaient à ce moment.
C'est ce qui ressort de l'impression profonde et décisive que fait sur Nathanaël ce simple mot : je t'ai vu . Rien de moins ne saurait expliquer comment cette parole crée la foi en cet homme, et provoque la belle confession qui s'échappe de son cœur et de ses lèvres. (verset 50)
v. 49 · Godet · 18/10/2026
Par le terme Fils de Dieu , il exprime le saisissement que lui fait éprouver cette relation intime entre Jésus et Dieu, dont il vient de faire lui-même l'expérience. Lücke, Meyer et la plupart prétendent que ce titre est ici l'équivalent de celui de Messie. Ils croient le prouver par le terme suivant : le roi d'Israël . Mais c'est précisément cette juxtaposition qui implique une différence de sens. En tout cas, si les deux titres avaient exactement le même sens, le second serait joint au premier comme une simple apposition, tandis que la répétition du pronom σύ, tu , et du verbe εἶ, devant celui-là, exclut absolument cette synonymie. […]
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Se sentant en présence d'un Etre qui l'a pénétré jusqu'au fond de l'âme, Nathanaël le reconnaît et le confesse avec bonheur comme le Fils de Dieu et le Roi d'Israël .
Ces deux termes ne sont point synonymes, ainsi que le prouve déjà la répétition de ce mot : tu es ; mais chacun de ces titres doit être entendu dans sa signification biblique.
Sans doute, la connaissance de Nathanaël est bien faible encore, ce n'est point un théologien qui fait de la métaphysique, mais un croyant qui confesse sa foi, et cette foi renferme en germe tout ce que croira plus tard, avec plus de lumières, Nathanaël devenu apôtre.
Ceux qui s'étonnent de rencontrer des l'abord dans sa bouche une telle confession, ont oublié que tout Israélite pieux connaissait les Ecritures et que Nathanaël avait pu trouver, dans le seul Psaumes 2, les deux titres qu'il donne ici à Jésus.
v. 50 · Godet · 18/10/2026
Depuis Chrysostome la plupart des interprètes (Lücke, Meyer, etc.), des éditeurs, traducteurs (Tischendorf, Rilliet) donnent aux mots : Tu crois un sens interrogatif. Ils mettent dans cette question soit l'accent de la surprise (Meyer) au sujet d'une foi si promptement formée, soit même celui du reproche (de Wette) comme si Nathanaël avait cru avant d'avoir pour cela des raisons suffisantes. Je pense, malgré les observations de Weiss et de Keil. qu'il y a une dignité plus sereine dans la réponse de Jésus si on la prend comme affirmation. […]
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
La plupart des interprètes considèrent cette parole de Jésus comme une question : tu crois ?
Cette question exprimerait la surprise, de Wette va jusqu'à y voir une légère désapprobation de ce que Nathanaël croyait, sans une expérience mieux fondée.
C'est une erreur. Jésus se serait bien gardé de révoquer en doute, et plus encore de blâmer, la foi naissante de cette âme droite et sincère. La preuve qu'il la reconnaît et l'approuve c'est qu'il promet à son nouveau disciple des grâces nouvelles : de plus grandes choses . […]
v. 51 · Godet · 18/10/2026
Nous rencontrons pour la première fois la formule amen, amen , qui se trouve 25 fois chez Jean (Meyer) et nulle part ailleurs dans le N. T. Matthieu dit 30 fois amen (non répété). Cette expression amen , servant d'introduction à une déclaration qui va suivre, ne se retrouve nulle part ni dans l'A. T., ni dans les écrits rabbiniques. Elle appartient exclusivement au langage de Jésus[1]) est employé en réponse à un ordre ou à une déclaration que l'on s'approprie ; à comparer à l'amen 1 Corinthiens 14.16 et l'amen liturgique, par lequel la communauté confirme la prière prononcée. L'emploi que font de ce mot les évangiles, leur est propre. […]