Il y a quelque chose de solennel dans les affirmations de ce récit où, trois fois de suite, le Précurseur commence ses déclarations par ce mot : Et moi. (versets 31,33,34)
C'est dans le même but qu'il emploie ici les verbes au parfait (j'ai vu j'ai rendu témoignage), affirmant ainsi un fait accompli, mais permanent dans sa réalité.
- Quant à ce grand nom de Fils de Dieu, il n'a point lieu de surprendre dans la bouche de Jean-Baptiste puisque celui-ci a déjà affirmé la préexistence de la Parole éternelle, (versets 15,30) et qu'il avait du reste entendu une voix des cieux dire de Jésus, au moment de son baptême : "Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui je me complais." (Matthieu 3.17 ; Marc 1.11 ; Luc 3.22)
La variante du Sin. et de deux versions syr. : "l'Elu de Dieu," rend plus évidente encore la relation de ce témoignage de Jean avec la scène du baptême.
- Le témoignage du Précurseur eut un résultat immédiat, raconté dans la fin de ce chapitre, et il est resté dans l'Eglise, dont il a affermi la foi, en certifiant la mission divine du Sauveur.
- On s'est demandé comment le Précurseur, après avoir rendu à Jésus ces témoignages si lumineux et si fermes put traverser, dans le fond de sa prison, une heure d'épreuve intérieure telle que nous la racontent Matthieu (Matthieu 11.2 et suivants) et Luc. (Luc 7.18 et suivants, voir les notes)
Il faut connaître bien peu le cœur humain pour estimer qu'une telle contradiction ne saurait se produire dans la vie du même homme.