1 Et après ces choses, Jésus se tenait en Galilée, car il ne voulait pas se tenir en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. 2 Or la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche. 3 Ses frères lui dirent donc : Pars d’ici et va en Judée, afin que tes disciples aussi voient les œuvres que tu fais ; 4 car nul ne fait quelque chose en secret et ne cherche à être lui-même publiquement connu ; si tu fais ces choses, montre-toi au monde toi-même. 5 Car ses frères ne croyaient pas en lui non plus. 6 Jésus donc leur dit : Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. 7 Le monde ne peut pas vous haïr ; mais il me hait, parce que moi je rends témoignage de lui, que ses œuvres sont mauvaises. 8 Vous, montez à cette fête ; moi, je ne monte pas à cette fête, car mon temps n’est pas encore accompli. 9 Leur ayant dit ces choses, il demeura en Galilée.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus en lutte avec l'incrédulité des Juifs. Ch. 7 à 12 Lutte intense à la fête des tabernacles. Chapitre 7. 1 à 13
Jésus se rend en secret à la fête des tabernacles.
Après ces choses (Comparer Jean 6.1) c'est-à-dire après la multiplication des pains et le discours de Capernaüm, rapportés en Jean 6.
Ce terme vague embrasse un temps considérable de la vie du Sauveur. Six mois séparaient la fête de Pâque, (Jean 6.4) qui avait lieu en mars, de la fête des Tabernacles (verset 2) qu'on célébrait en octobre. […]
v. 1 · Godet · 18/10/2026
La situation décrite dans ce verset 1 est la continuation de celle dont le tableau a été tracé 6.1-2. De là le καί, et , placé en tête. Comparez 6.1. Si Jean ne mentionne plus le nombreux cortège dont il avait parlé au commencement du chapitre 6, c'est peut-être par suite de la désertion générale qui avait momentanément suivi la scène racontée au ch. 6. Mais il fait ressortir avec force la persistance avec laquelle Jésus restreignait, durant un temps si long, ses courses à la Galilée. Le terme περιπατεῖν, aller et venir , caractérise d'un mot ce ministère d'évangélisation ambulante que décrivent en détail les synoptiques. Les imparfaits marquent la durée de cet état de choses. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
La fête des Tabernacles ou des tentes , l'une des plus grandes et des plus joyeuses fêtes israélites, se célébrait chaque année, à dater du quinzième jour du septième mois (correspondant à peu près à notre mois d'octobre), en souvenir du long séjour d'Israël sous les tentes du désert et du repos que ce peuple avait enfin trouvé dans la terre promise.
C'était, en même temps, la fête d'actions de grâces pour les récoltes de l'année, elle durait huit jours, dont le premier et le huitième étaient des sabbats. (Voir l'ordonnance de cette fête dans Lévitique 23.33 et suivants)
On peut en lire aussi la description dans Josèphe. (Ant. III, 10, 4.) […]
v. 2 · Godet · 18/10/2026
Cette fête se célébrait en octobre : six mois entiers séparent donc, d'après Jean lui-même, ce récit du précédent, sans qu'il mentionne un seul des faits que nous venons d'énumérer et qui ont rempli toute cette demi-année. Son intention n'est donc certainement pas de raconter une histoire complète, et son silence sur un fait quelconque ne peut être interprété comme une preuve d'ignorance ou comme une dénégation implicite. - La fête des Tabernacles, appelée dans les Maccabées et dans Josèphe, comme ici, σκηνοπηγία, se célébrait pendant huit jours, à dater du 15e jour du 7e mois (tischri). […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , puisque la grande fête est proche et que tout Israélite pieux doit y assister, pars d'ici, va en Judée .
Les frères de Jésus (voir sur ce terme Matthieu 12.46, note) invoquent l'approche de la fête comme un argument pour le presser d'obtempérer à leur désir. Ils en trouvent un autre dans l'idée que ses disciples de Judée (Jean 4.1) ne doivent pas être privés de voir aussi les œuvres qu'il fait .
Enfin ils ont la prétention d'enseigner à Jésus un principe de conduite auquel il ne saurait se soustraire. (verset 4)
v. 3-5 · Godet · 18/10/2026
Nous prenons l'expression « frères de Jésus » dans le sens propre. Comparez sur cette question t. II, p. 203 et suiv. - A la tête de ces frères se trouvait sans doute Jacques, qui fut plus tard le premier directeur du troupeau de Jérusalem (Actes 12.17 ; 15.13 ; 21.18 ; Galates 1.19 ; 2.9). L'invitation qu'ils adressent à Jésus n'est inspirée ni par un zèle trop impatient pour la gloire de leur frère (Hengstenberg, Lange), ni par le désir haineux de le voir tomber entre les mains de ses ennemis (Euthymius). Ils ne sont sans doute ni si bons, ni si méchants. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Il ne faudrait pas conclure de cette parole et de l'observation de l'évangéliste (verset 5) que les frères de Jésus avaient des intentions hostiles envers lui, qu'ils voulaient l'exposer aux dangers d'une visite à Jérusalem.
Ils ont été témoins de ses œuvres, qu'ils ne peuvent nier, et d'autre part ils ne peuvent se décider à reconnaître comme Messie ce frère auquel ils sont unis par les liens du sang, qu'ils sont habitués à traiter familièrement et dont ils n'ont point pénétré la nature supérieure ; la sublime élévation de son caractère et de ses enseignements leur échappe même, aveuglés qu'ils sont par les grossiers préjugés messianiques qu'ils partageaient avec tous les Juifs. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : ses frères non plus ne croyaient pas en lui, pas plus que tant d'autres qui avaient vu ses œuvres et entendu ses paroles. Il faut autre chose pour croire en Jésus d'une foi qui nous introduise dans le sanctuaire de sa communion. (Jean 6.44,65)
"Chacun est incrédule en tant que, insensible à cette beauté intrinsèque de la vérité, il a besoin de la voir entourée de privilèges extérieurs et d'un éclat emprunté." Astié.
Cette triste observation de l'évangéliste sur les frères de Jésus, n'est que trop en harmonie avec quelques récits des synoptiques à leur sujet. […]
v. 6-8 · Godet · 18/10/2026
Le sens de l'invitation des frères de Jésus était qu'il devait se présenter enfin à Jérusalem comme le Messie , et y obtenir la reconnaissance de cette dignité, qui ne pouvait lui être refusée s'il était réellement ce qu'il prétendait. Jésus ne pouvait expliquer à ses frères les raisons qui l'empêchait de déférer à ce vœu. S'il eût voulu répondre tout à fait ouvertement, il leur eût dit : « Ce que vous me demandez, serait le signal de ma mort ; or il n'est pas encore temps pour moi de quitter la terre. » Cette explication, dans laquelle Jésus ne veut pas entrer, il la fait pressentir. Ces mots : Le monde me hait disent assez la prudence qui lui est commandée. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
verset 7 explique verset 6 "Votre temps est toujours prêt , vous pouvez en tout temps vous montrer sans crainte au milieu du monde, car le monde ne peut vous haïr , parce que vous lui appartenez." (Jean 15.19)
"Il en est tout autrement de moi ; mon temps n'est pas encore venu de me présenter ouvertement au monde ; quand il sera venu, ce sera l'heure de mes souffrances et de ma mort, car le monde me hait , à cause du témoignage que je porte contre sa corruption."
L'expression : mon temps ne désigne donc pas le moment d'aller à la fête. Jésus est préoccupé de pensées plus graves et plus hautes, comme le prouve cette autre expression : (verset 8) mon temps n'est pas encore accompli .
"Il y a ainsi, dans la réponse de Jésus à ses frères, quelque chose de doux, à la fois, et de sévère : doux, en ce qu'il condescend à leur faire pressentir sa situation tragique vis-à-vis du monde ; sévère, en ce qu'il les assimile à ce monde méchant qui le hait." Stier.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu fait dire à Jésus : "Moi, je ne monte pas encore ," mais ce dernier mot n'est qu'une correction, très ancienne (B et nombreux majuscules) il est vrai, destinée à lever la contradiction qu'il y a entre cette déclaration de Jésus et le fait qu'il alla pourtant à la fête. (verset 10)
C'est là, en effet, une sérieuse difficulté que l'incrédulité a exploitée dès les premiers siècles de l'Eglise. On sait par Jérôme que Porphyre en prenait occasion d'accuser Jésus "d'inconstance."
L'exégèse moderne a fait diverses tentatives pour expliquer cette parole de Jésus. […]
v. 9-10 · Godet · 18/10/2026
Le v. 9 signifie qu'il laissa partir ses frères, et le v. 10 fait entendre que, quand il monta plus tard lui-même, ce fut ou entièrement seul ou avec un ou deux de ses plus intimes seulement. C'est ainsi que s'expliquent le plus naturellement ces mots : Comme en cachette . Ὡς, qui est certainement authentique, adoucit l'expression ἐν κρυπτῷ : Jésus n'était pas réellement un homme qui se cache, lors même qu'il agissait momentanément comme tel. - Mais pourquoi monter, si cet acte pouvait amener trop tôt la fin de son activité ? La réponse est simple. Jésus ne pouvait se soustraire jusqu'au bout à l'obligation de rendre témoignage devant le peuple réuni à Jérusalem. […]
10 Mais lorsque ses frères furent montés, alors lui aussi monta à la fête, non pas publiquement, mais comme en secret. 11 Les Juifs donc le cherchaient à la fête et disaient : Où est cet [homme] ? 12 Et il y avait une grande rumeur à son sujet parmi les foules. Les uns disaient : Il est homme de bien. D’autres disaient : Non, mais il séduit la foule. 13 Toutefois personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, sachant qu'il était exposé à Jérusalem au, ; embûches de ses ennemis, ne s'y rendit point publiquement , c'est-à-dire avec les caravanes galiléennes, ni même peut-être entouré de tous ses disciples ; mais comme en secret , comme un voyageur qui a de sérieuses raisons de garder l'incognito.
Le comme (qui est omis dans Sin., D, mais est authentique) adoucit l'expression en secret ; son incognito n'était pas absolu et ne durera pas car, dès le premier moment favorable Jésus se montrera publiquement et avec une sainte hardiesse pour rendre son grand témoignage. (verset 14 et suivants)
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Où est celui-là ? Les Juifs sont les chefs du peuple ; (verset 13) ils parlent de Jésus en évitant de le nommer, et non sans une nuance de mépris. Ils le cherchaient dans des intentions hostiles.
Le mot donc indique qu'ils s'attendaient à le voir arriver ouvertement avec les caravanes de Galilée, et non en secret. (verset 10)
v. 11-13 · Godet · 18/10/2026
Ce récit justifie la conduite circonspecte de Jésus. Cette agitation populaire prouve l'immense sensation qu'avait produite son apparition et l'impression qu'avait laissée son dernier séjour à Jérusalem (ch. 5). - Nous retrouvons dans ce tableau, versets 11 à 13. le contraste qui ressort continuellement dans notre évangile entre ceux que la lumière attire et ceux qu'elle repousse. - Le terme γογγυσμός, murmure , désigne des rumeurs dans les deux sens, bienveillant et hostile. Les ὄχλοι sont les groupes de pèlerins. - Ἀγαθός, homme de bien , signifie ici un homme droit , en opposition à un imposteur (« il égare le peuple »). - Τὸν ὄχλον, la foule (v. […]
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset dépeint vivement les conversations et les discussions qui causaient une grande rumeur dans la foule , c'est-à-dire dans les divers groupes qui se formaient sur les places et dans les rues.
L'opinion était divisée au sujet de Jésus, les uns soutenant qu'il était homme de bien (grec bon , droit, sincère, juste), les autres prétendant qu'il était un séducteur du peuple .
Deux partis contraires se dessinaient, l'un favorable à Jésus, l'autre hostile. Cela montre combien facilement aurait pu se produire un tumulte parmi le peuple, si Jésus n'avait pas agi avec beaucoup de prudence. (verset 10)
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette observation de l'évangéliste ne s'applique pas seulement à ceux qui avaient de Jésus une opinion favorable, mais aux deux partis. (verset 12) Les amis n'osaient manifester leur sympathie par crainte des autorités qu'ils savaient mal disposées ; mais, comme cependant ces autorités ne s'étaient pas encore définitivement prononcées contre Jésus, les adversaires hésitaient à donner cours à toute leur haine.
14 Mais, comme on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au temple, et il enseignait. 15 Les Juifs donc s’étonnaient, disant : Comment celui-ci connaît-il les lettres, vu qu’il ne [les] a point apprises ? 16 Jésus donc leur répondit et dit : Ma doctrine n’est pas mienne, mais de celui qui m’a envoyé. 17 Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu , ou si moi je parle de par moi-même. 18 Celui qui parle de par lui-même cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui. 19 Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi ? Et nul d’entre vous n’observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? 20 La foule répondit et dit : Tu as un démon ; qui cherche à te faire mourir ? 21 Jésus répondit et leur dit : J’ai fait une a 21a une, une seule. œuvre, et vous vous étonnez tous. 22 C’est pourquoi Moïse b 22b ou : et vous vous étonnez tous à cause de cela. Moïse vous a. vous a donné la circoncision (non qu’elle soit de Moïse, mais elle est des pères), et vous circoncisez un homme en un jour de sabbat. 23 Si un homme reçoit la circoncision en un jour de sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, êtes-vous irrités contre moi de ce que j’ai guéri un homme tout entier en un jour de sabbat ? 24 Ne jugez pas sur l’apparence, mais portez un jugement juste. 25 Quelques-uns donc de ceux de Jérusalem disaient : N’est-ce pas celui qu’ils cherchent à faire mourir ? 26 Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien : les chefs auraient-ils vraiment reconnu que celui-ci est le Christ ? 27 Mais nous connaissons celui-ci, [et nous savons] d’où il est ; mais lorsque le Christ viendra, personne ne sait d’où il est. 28 Jésus donc criait dans le temple, enseignant et disant : Et vous me connaissez, et vous savez d’où je suis : et je ne suis pas venu de par moi-même, mais celui qui m’a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez pas. 29 Moi, je le connais, car je viens de lui c 29c litt. : je suis de par lui., et c’est lui qui m’a envoyé. 30 Ils cherchaient donc à le prendre ; et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue. 31 Et plusieurs d’entre la foule crurent en lui, et disaient : Le Christ, quand il sera venu, fera-t-il plus de miracles que celui-ci n’en a fait ? 32 Les pharisiens entendirent la foule murmurant ces choses de lui ; et les pharisiens et les principaux sacrificateurs envoyèrent des huissiers pour le prendre. 33 Jésus donc dit : Je suis encore pour un peu de temps avec vous, et je m’en vais à celui qui m’a envoyé. 34 Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas ; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir. 35 Les Juifs donc dirent entre eux : Où celui-ci va-t-il aller que nous ne le trouverons pas ? Va-t-il aller à la dispersion [au milieu] des Grecs, et enseigner les Grecs ? 36 Quelle est cette parole qu’il a dite : Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas ; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir ?
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
14 à 36
Déclaration de Jésus sur sa doctrine et son activité, sur le mystère de son origine et sur sa fin prochaine
Comme la fête durait huit jours et qu'elle était (grec) déjà à son milieu , on voit que Jésus avait laissé s'écouler trois ou quatre jours avant de venir à Jérusalem. (verset 9) Tout à coup il monta au temple , ou la multitude s'assemblait pour les cérémonies du culte, et il se mit à enseigner !
Ce procédé était plein, à la fois, de sagesse et d'une sainte hardiesse. Il eut ainsi le temps de s'emparer de l'attention de son immense auditoire, avant que les chefs eussent pris aucune mesure contre lui, et ils furent eux-mêmes frappés d'étonnement. (verset 15)
v. 14-15 · Godet · 18/10/2026
La question des Juifs ne portait pas sur la compétence de Jésus (comme le pense Tholuck, d'après les usages rabbiniques des temps postérieurs) ; leur étonnement provenait, d'après le texte, de l'assurance et de l'habileté avec lesquelles il maniait les déclarations scripturaires. - Il ne faut point sous-entendre un objet avec μεμεθηκώς, ayant étudié , comme le font nos traducteurs (« ne les ayant point étudiées »). Ce mot est absolu : n'ayant point passé par l'école des maîtres ; « n'étant point un lettré » (Reuss). γράμματα, les lettres , désigne sans doute la littérature en général, et non pas seulement les saintes Ecritures (γραφαί, ἱερὰ, γράμματα). Comparez Actes 26.24. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Cet étonnement des adversaires montre qu'ils ont reçu de la parole de Jésus une impression assez vive pour l'exprimer naïvement, même en présence du peuple.
Mais cette impression n'était pas celle de la vérité divine que Jésus annonçait ; la seule chose qui les étonnait, c'était la connaissance profonde qu'il avait des Ecritures (grec des lettres , de la littérature sacrée, Actes 26.24), bien qu'il n'eût pas étudié . Ce mot est caractéristique.
Les chefs du peuple savaient donc que Jésus n'avait fréquenté aucune des écoles rabbiniques du temps, comme le faisaient les docteurs de la loi. Il n'était ni juriste ni théologien ! (Comparer Actes 4.13) Ce témoignage involontaire des adversaires est important, ainsi que l'observe Meyer, pour montrer que Jésus n'avait pas été formé dans les écoles des rabbins.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Telle est la réponse de Jésus à la question des Juifs, et quelle réponse ! "Il est vrai que je n'ai puisé mon enseignement dans aucune de vos écoles ; mais je ne l'ai point non plus inventé, tiré de mon propre fonds ; cet enseignement n'est pas de moi , il vient directement de Celui qui m'a envoyé ." Son enseignement est un message divin que Dieu leur adresse et dont ils porteront la responsabilité, s'ils le rejettent.
Grec : Il connaîtra, touchant cet enseignement, s'il provient de Dieu ou si je parle de moi-même , de ma propre autorité.
Faire le volonté de Dieu est la condition absolue pour connaître l'enseignement de Jésus. […]
v. 16-17 · Godet · 18/10/2026
Jésus entre pour la forme dans la pensée de ses auditeurs : pour enseigner, il faut assurément avoir été disciple de quelqu'un. Mais il montre que lui aussi satisfait à ce postulat : « Je n'ai pas passé par l'enseignement de vos rabbins ; mais je sors néanmoins d'une école, et d'une bonne école. Celui qui m'a donné ma mission, m'a en même temps instruit de mon message, car je ne tire point ce que je dis de mon propre fonds. Je me borne à saisir et à rendre avec docilité sa pensée. »
Mais comment vérifier cette assertion sur l'origine de son enseignement ? Chaque homme, même le plus ignorant, est en état de le faire. Car la condition de cette épreuve est purement morale. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce qui prouve encore la vérité divine de l'enseignement de Jésus, c'est l'esprit dans lequel il le présente et qui anime toute son activité.
S'il parlait de son chef , s'il cherchait sa propre gloire , il ne mériterait aucune confiance ; (Jean 5.44) mais comme il ne cherche que la gloire de Celui qui l'a envoyé , il est vrai , véridique, il est la manifestation vivante de la vérité de Dieu. (Jean 5.41)
Il n'y a donc point en lui d'injustice , d'improbité, de fausseté. La sainteté de la vie du Sauveur, son entière consécration à la gloire de Dieu sera toujours la plus puissante apologie de son enseignement. […]
v. 18 · Godet · 18/10/2026
Le messager qui ne cherche que la gloire du maître qui l'envoie, et ne trahit aucun intérêt personnel dans ses communications, donne, en cela même, la preuve de la fidélité avec laquelle il rend son message ; aussi certainement il ne dit rien en vue de lui-même, aussi certainement il ne dit rien non plus de son propre chef. L'application à faire à Jésus de cette vérité évidente et générale est laissée à l'esprit des auditeurs. - L'enseignement de Jésus présente un caractère particulièrement propre à frapper l'homme avide de sainteté : c'est qu'il tend tout entier à glorifier Dieu, et Dieu seul. […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus a répondu (versets 16-18) à la question des Juifs, (verset 15) et donné les preuves de la vérité de son enseignement.
Maintenant il prend l'offensive et prouve à ses adversaires par un double reproche, adressé directement à leur conscience combien peu ils ont cette volonté d'obéir à Dieu qui est la condition indispensable pour reconnaître sa divine mission. (verset 17)
Moïse , le grand législateur dont vous vous glorifiez, vous a donné la loi , qui est la révélation de la volonté de Dieu ; Or nul de vous ne l'observe (dans sa sainte spiritualité). […]
v. 19-23 · Godet · 18/10/2026
Ce passage est un exemple de l'habileté avec laquelle Jésus maniait la loi. Mais, pour comprendre son argumentation, il faut bien se garder de généraliser, comme le font la plupart des interprètes, l'idée du v. 19 : Aucun de vous n'accomplit la loi . Ainsi les uns, comme Meyer, pensent que Jésus veut dire : « Comment auriez-vous le droit de me condamner, vous qui péchez vous-mêmes ? » Weiss, Wahle, à peu près de même : « Vous qui ne mesurez pas votre conduite d'après la norme de la loi, comment me condamnez-vous d'après elle ? » Mais si Jésus avait réellement violé la loi, en quoi leurs violations justifieraient-elles la sienne ? Pourrait-il prétendre encore qu'il n'y a pas d'*imposture en […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces gens de la foule étaient apparemment des étrangers venus à la fête, qui ne savaient rien de ce qui se tramait contre Jésus dans la capitale.
L'idée qu'on pût chercher à faire mourir Jésus leur paraît si extravagante, qu'ils la tiennent pour une aberration d'esprit. Et, comme alors on attribuait tous les symptômes de la folie à l'action d'un démon, dire : Tu as un démon , signifiait : Tu es fou. (Jean 8.48 ; 10.20)
Les habitants de Jérusalem étaient mieux instruits des desseins des chefs du peuple à l'égard de Jésus. (verset 25)
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus subit, sans la relever, l'injure qu'on lui adresse, et poursuit sa pensée, en rappelant l'œuvre qui avait provoqué la haine de ses adversaires, et cette œuvre, il va la justifier. (versets 22,23)
Il s'agit de la guérison du paralytique qu'il avait opérée dans son précédent séjour à Jérusalem un jour de sabbat, (Jean 5.5 et suivants) et qui avait excité contre lui une telle indignation de la part des chefs du peuple, qu'ils avaient cherché à le faire mourir. (Jean 5.18) […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Le verset 22 commence par cette formule de transition : à cause de cela , dont le sens est difficile à comprendre.
Tischendorf la supprime sur la seule autorité du Sin., qui l'a omise à cause de sa difficulté même Plusieurs commentateurs (Lücke, de Wette, Weiss, Keil) et la plupart de nos versions éludent cette difficulté en rattachant les mots à cause de cela au verbe : vous êtes étonnés , du verset précédent.
Mais cette formule est toujours employée pour introduire un nouveau chaînon du raisonnement ; aussi est-il plus naturel de la considérer comme une locution qui ouvre le verset 22. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce raisonnement est irréfutable.
Voici deux institutions également ordonnées par Moïse : la circoncision et le sabbat .
Or, en administrant la circoncision le jour du sabbat, vous violez ce dernier ; et pourtant il le faut, toutes les fois que le huitième jour d'un enfant tombe sur le sabbat, afin que l'ordonnance mosaïque soit observée. (Lévitique 12.3) Si donc vous accomplissez cet acte symbolique le jour du sabbat, de quel droit vous irritez-vous contre moi , de ce que, ce jour-là, j'ai guéri un homme tout entier ?
En ajoutant : tout entier , Jésus relève le fait que l'œuvre accomplie par lui sur cet homme a eu pour résultat la guérison de l'âme aussi bien que du corps. […]
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Selon l'apparence (grec la vue ), à prendre le côté extérieur, formel, la lettre de la loi, il est sûr que Jésus avait violé le sabbat ; mais selon la justice (grec mais prononcez le jugement juste ), et en s'élevant à l'esprit de la loi, qui est la charité, il est certain qu'il avait fait une œuvre excellente.
Cette sentence, dans sa forme générale, est susceptible d'applications infiniment diverses.
v. 24 · Godet · 18/10/2026
Ὄψις, la vue , d'où l'apparence , désigne ici le côté extérieur et purement formel des choses. Ce n'était qu'à ce point de vue défectueux que la guérison de l'impotent pouvait être incriminée. Il n'est pas question ici de l'humble apparence de Jésus qui aurait faussé le jugement des Juifs (Waitz). - Le jugement juste est celui qui apprécie les actes d'après l'esprit de la loi. L'article devant le mot κρίσιν, jugement , peut désigner soit le jugement dans ce cas déterminé, soit en général le jugement dans chaque cas où il y a lieu de le porter. - Dans la première proposition qui est négative le présent κρίνετε convient fort bien : car il s'agit du jugement prononcé en ce moment-ci sur l'acte de Jésus. Mais dans la seconde le présent est probablement une correction d'après la première. L'aoriste κρίνατε convient parfaitement : Jugez justement dans chaque cas (sans rapport au temps).
2. La vraie origine de Jésus : 7.25-30
v. 25-27 · Godet · 18/10/2026
Tant de liberté et d'éclat dans la prédication de Jésus frappa quelques-uns des habitants de Jérusalem (οὖν, donc ). Connaissant les intentions de la police sacerdotale mieux que la multitude venue du dehors (ὁ ὄχλος, du v. 20), ils étaient sur le point de tirer de ce fait des conséquences favorables à Jésus : mais ils se sentent arrêtés par une opinion généralement répandue à cette époque, et qui leur paraît inconciliable avec la supposition de sa dignité messianique : c'est que l'origine du Messie devait être entièrement inconnue. Nous trouvons une opinion qui est en relation avec celle-là, énoncée chez Justin. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces habitants de Jérusalem sont mieux instruits des desseins des chefs du peuple que la foule qui parlait au verset 20 ; ils savent que les autorités sacerdotales cherchaient déjà alors à faire mourir Jésus, et ils s'étonnent qu'on le laisse parler librement . Ils se demandent même si les principaux du peuple auraient vraiment (cet adverbe est omis dans B, D, versions.) reconnu Jésus pour le Messie.
Mais une idée répandue à cette époque les empêche de persister dans ces conclusions favorables à la mission divine du prophète de Nazareth. (verset 27)
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Savoir d'où était Jésus, connaître sa famille, son humble extraction galiléenne, était ici, comme toujours, une objection contre lui. (Jean 7.41,52 ; 6.42)
Le signe auquel ils veulent reconnaître le Messie, c'est que (grec) quand il vient, personne ne sait d'où il est .
On cite cette sentence des rabbins :"Trois choses arrivent inopinément : le Messie, l'Envoyé de Dieu et le scorpion."
Cette opinion était née de la prophétie de Daniel (Daniel 7.13) et de certains passages affirmant l'origine divine du Messie. (Michée 5.1 ; Esaïe 9.5) On la conciliait avec les prédictions relatives à sa filiation davidique (Esaïe 11.1) car cette considération que la famille de David était alors tombée dans une condition obscure et ignorée de tous. (Comparer Esaïe 53.2)
Les mots d'où il est ne se rapportent qu'à la famille du Christ, non au lieu de sa naissance, indiqué par la prophétie. (Michée 6.1 ; comparez Matthieu 2.4,5)
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , à l'ouïe de ces paroles qui trahissaient l'ignorance et les préjuges de ses auditeurs, Jésus est ému, et d'une voix élevée et forte, il s'écria, disant . Il veut faire pénétrer dans les esprits la solennelle déclaration qui va suivre. (Ce même verbe est employé pour désigner une parole vibrante, Jean 1.15 ; 7.37 ; 12.44 ; Romains 9.27)
Jean remarque encore ici que Jésus parlait dans le temple : (verset 14) c'est que l'entretien qu'il rapporte prend une importance et une solennité plus grande, à ce moment où Jésus passe de la justification de son enseignement à l'affirmation de l'origine divine de sa personne. […]
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
Jésus, prenant pour point de départ (donc ) cette objection, prononce un nouveau discours qui se rapporte, non plus à l'origine de sa doctrine, mais à celle de sa mission et de sa personne elle-même. - Le terme ἐκραξεν, il cria , exprime une forte élévation de la voix, qui est en rapport avec la solennité de la déclaration suivante. - Les mots : dans le temple , rappellent que c'était sous les yeux et aux oreilles mêmes des chefs que Jésus parlait de la sorte (comparez v. 32). - Jésus entre ici, comme au v. 16, dans la pensée de ses adversaires ; il accepte l'objection pour la transformer en une preuve en sa faveur. Il répète d'abord leur assertion. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
"Vous, vous ne le connaissez pas ; moi, je le connais ," vif contraste.
Cette grande déclaration : Je connais Dieu, reçoit une signification éminente, exclusive, des rapports que Jésus entretient avec Dieu : je viens de lui , dit Jésus, exprimant la conscience qu'il a de sa relation intime avec lui. (Jean 6.46)
Sur cette relation est fondée sa mission : c'est lui qui m'a envoyé , car celui qui envoie fait connaître toute sa pensée à son Envoyé.
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , c'est-à-dire comme résultat de la grande déclaration qui précède. Plus les témoignages de Jésus sur sa personne et sur son origine divine devenaient lumineux et pénétrants, plus la haine des adversaires augmentait. (verset 32)
Tel est le caractère de l'endurcissement.
Mais ces desseins meurtriers ne devaient pas s'accomplir alors, parce que son heure n'était pas encore venue .
Son heure , le moment de ses souffrances et de sa mort, Dieu l'avait marquée dans sa sagesse ; et jusqu'à ce qu'elle eût sonné il retenait la main de ses ennemis. (Comparer Jean 8.20 ; 12.23 ; 13.1)
Ce qui arrêtait ceux-ci, ce n'était sûrement pas, comme on l'a pensé, des scrupules de conscience ; mais plutôt la faveur populaire qui entourait encore Jésus et le protégeait contre les entreprises des chefs. (Matthieu 26.5 ; Luc 20.19)
v. 30 · Godet · 18/10/2026
Le résultat de cette ferme protestation (donc ) fut de confirmer ses adversaires déclarés dans le dessein de l'arrêter. Il est clair que le ζητεῖν, chercher à , était l'affaire des chefs, comme 5.16,18. Ils se renforçaient dans leur résolution d'en finir et dans la recherche des moyens d'y parvenir. Mais l'heure marquée n'avait pas encore sonné. L'expression : son heure , ne désigne pas celle de son arrestation (18.12) comme le pense Hengstenberg, mais celle de sa mort comme résultat de son arrestation (comparez 7.8). Le décret divin, auquel l'évangéliste fait allusion par là, n'exclut pas les causes secondes, il les implique au contraire. […]
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Crurent en lui , comme Messie.
Cette foi, il est vrai, se fonde encore sur les seuls miracles de Jésus ; elle ne va pas jusqu'à proclamer directement sa messianité ; mais la manière détournée dont ils expriment leur sentiment était peut-être tout ce que leur permettait la crainte des chefs du peuple. Elle suffit d'ailleurs pour exciter la haine de ceux ci. (verset 32)
v. 31-32 · Godet · 18/10/2026
Tandis que les adversaires de Jésus s'affermissent dans leurs desseins hostiles, une grande partie de la multitude se fortifie dans la foi. Le v. 31 caractérise un progrès marqué sur le v. 12. Les partisans de Jésus sont plus nombreux, et leur profession de foi est plus explicite malgré la position de dépendance où ils se trouvent encore vis-à-vis des chefs. Si la timidité ne les arrêtait, ils iraient jusqu'à proclamer Jésus le Messie. La leçon ἐποίησεν, a faits , est remplacée à tort dans le Sinaït. par ποιεῖ, il fait . Il s'agit de ses miracles antérieurs en Galilée et en Judée même : 2.23 ; ch. 5 ; 6.2. […]
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Les pharisiens entendirent eux mêmes ce que la foule murmurait de lui ou l'apprirent par leurs espions ; le verbe grec permet les deux suppositions.
Et aussitôt le sanhédrin prit une prompte résolution et envoya des huissiers pour arrêter Jésus.
C'est, en effet, le sanhédrin qui est désigné dans ces deux classes d'hommes : les principaux sacrificateurs et les pharisiens . Il paraît que ce corps était justement alors assemblé ; c'est que, en effet, les chefs cherchaient à se saisir de Jésus. (verset 30)
"Le sanhédrin se laisse entraîner à une démarche que l'on peut envisager comme l'ouverture des mesures juridiques dont le supplice de Jésus a été le terme." Godet.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus n'ignore point ce qui se trame à son sujet ; c'est pourquoi (donc ) il se sent pressé de faire entendre à ses adversaires un avertissement sérieux. (versets 33,34)
Et d'abord, prévoyant clairement l'issue du conflit, il leur rappelle qu'il n'est plus avec eux que pour un peu de temps . Qu'ils se hâtent donc de profiter de sa présence ! D'ailleurs la mort qu'ils lui infligeront bientôt n'anéantira pas sa vie : elle sera le moment de son retour à Celui qui l'a envoyé . Mais eux, que de viendront-ils ? (verset 34)
v. 33-34 · Godet · 18/10/2026
Jésus n'ignora point cette mesure hostile ; et voilà qui éveilla chez lui le pressentiment de sa mort prochaine exprimé si solennellement dans les paroles suivantes (donc ). Il invite, dans ce discours, les Juifs à profiter du temps bientôt écoulé, qu'il a encore à passer avec eux. Il y a correspondance entre les expressions : Je m'en vais et Celui qui m'a envoyé . L'idée d'envoi renferme celle d'un rappel toujours possible, d'un séjour ici-bas purement temporaire . La conclusion pratique sous-entendue du v. 33 : « Hâtez-vous de croire ! » est rendue plus pressante par le v. 34. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset n'est pas facile à comprendre ; aussi a-t-il été très diversement interprété.
Tout dépend du sens qu'on attache à ce mot : vous me chercherez .
Il ne peut être question d'une recherche inspirée par la repentance, car alors Jésus ne dirait pas : vous ne me trouverez point .
S'agirait-il donc d'une recherche hostile, d'une haine impuissante qui s'exercera après le départ de Jésus contre ses disciples ? Cela n'est pas probable et peu en harmonie avec les derniers mots du verset. […]
v. 35-36 · Godet · 18/10/2026
Ces paroles sont naturellement ironiques. Repoussé par les seuls Juifs vraiment dignes de ce nom, ceux qui habitent la Terre-Sainte et parlent la langue des pères, Jésus s'en irait-il essayer de son rôle de Christ auprès des Juifs dispersés dans le monde grec et, par l'intermédiaire de ceux-ci, exercer sa fonction de Messie chez les païens ? Un beau Messie, en vérité, que celui qui, rejeté des Juifs, deviendrait le docteur des Gentils ! - L'expression διασπορὰ τῶν Ἑλλὴνων, littéralement : dispersion des Grecs , désigne cette portion du peuple juif qui habitait hors de Palestine, dispersée en pays grec. - Τοὺς Ἕλληνας, les Grecs , se rapporte aux païens proprement dits. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Les Juifs ont été si peu touchés de l'avertissement attristé et solennel de Jésus, qu'ils s'adressent les uns aux autres cette question ironique :
Ira-t-il vers les Juifs dispersés parmi les Grecs ? (la diaspora , Jacques 1.1 ; 1Pierre 1.1)
Ira-t-il enseigner les Grecs , c'est-à-dire les païens, voyant qu'il n'a aucun succès parmi nous ?
Puis ils répètent encore comme n'y trouvant aucun sens, la parole de Jésus, qui au fond blesse leur orgueil : Là où je suis vous n'y pouvez venir . Ils prophétisent ainsi, sans le vouloir, que l'Evangile de la grâce, rejeté par eux, sera annoncé aux païens. Caïphe prononcera plus tard une semblable prophétie inconsciente. (Jean 11.49-52)
37 Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. 38 Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. 39 (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié.) 40 Des gens de la foule donc, ayant entendu cette parole, disaient : Celui-ci est véritablement le prophète. 41 D’autres disaient : Celui-ci est le Christ. D’autres disaient : Le Christ vient-il donc de Galilée ? 42 L’écriture n’a-t-elle pas dit que le Christ vient de la semence de David et de la bourgade de Bethléhem, où était David ? 43 Il y eut donc de la division dans la foule à cause de lui. 44 Et quelques-uns d’entre eux voulaient le prendre ; mais personne ne mit les mains sur lui. 45 Les huissiers donc s’en vinrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens ; et ceux-ci leur dirent : Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? 46 Les huissiers répondirent : Jamais homme ne parla comme cet homme. 47 Les pharisiens donc leur répondirent : Et vous aussi, êtes-vous séduits ? 48 Aucun d’entre les chefs ou d’entre les pharisiens, a-t-il cru en lui ? 49 Mais cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite. 50 Nicodème, qui était l’un d’entre eux, leur dit : 51 Notre loi juge-t-elle l’homme avant de l’avoir entendu et d’avoir connu ce qu’il fait ? 52 Ils répondirent et lui dirent : Et toi, es-tu aussi de Galilée ? Enquiers-toi, et vois qu’un prophète n’est pas suscité de Galiléed 52d ou : qu’aucun prophète ne s’est levé de Galilée. .
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
37 à 52
Le dernier et le grand jour de la fête.
La fête durait sept jours ; mais, d'après la loi, on en ajoutait un huitième qui était un sabbat, et qui se célébrait avec une solennité particulière. (Lévitique 23.36,39 ; Nombres 29.35 et suivants, Néhémie 8.18)
C'est là ce que notre évangéliste appelle le dernier et grand jour de la fête . Alors tout le peuple quittait les tentes où il avait séjourné pendant sept jours, (verset 2, note) et se rendait en procession dans le temple, où il offrait les sacrifices et accomplissait les autres cérémonies de ce grand jour. […]
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
Les interprètes reconnaissent presque tous aujourd'hui que le dernier jour de la fête n'est pas le septième, que rien ne distinguait des autres, mais le huitième, que signalaient certains rites particuliers. Sans doute, Deutéronome 16.13, il n'est parlé que de sept jours de fête. Il en est de même Nombres 29.12 ; mais dans ce passage se trouve, au v. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Croire en Jésus est l'acte réel figuré par les deux images précédentes : "venir à lui et boire."
Entrer, par une foi vivante du cœur, dans une communion intime avec Jésus, c'est le seul moyen de s'approprier les trésors de grâce, de vie et d'amour dont il est la source. Jésus peint, en une magnifique image, les bienfaits qu'il procure à celui qui croit en lui et par lui à d'autres âmes : des fleuves d'eau vive couleront de son sein . […]
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est ainsi que l'évangéliste explique la promesse de Jésus. Celle-ci se rapportait à l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui .
Jean ajoute que cet Esprit n'était pas encore . Il ne veut pas dire que l'Esprit de Dieu n'eût pas existé et ne se fût pas manifesté sous l'ancienne Alliance. Dès avant la création, "l'Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux," pour y produire la vie et l'harmonie, (Genèse 1.2) et c'est poussés par lui que tous les prophètes ont parlé. (2Pierre 1.21)
Il ne faut pas cependant affaiblir l'expression en traduisant : n'avait pas encore été donné (B et l'Itala présentent cette variante, mais cette leçon est une correction évidente). […]
v. 39 · Godet · 18/10/2026
Lücke et d'autres critiquent cette explication que Jean donne de la parole de Jésus. Le futur ῥεύσουσιν, couleront , est, disent-ils, purement logique : il exprime la conséquence qui doit résulter de l'acte de la foi. De plus, l'eau vive est la vie éternelle que le croyant puise dans les paroles de Jésus, et nullement le Saint-Esprit. Reuss trouve ici une preuve de la manière dont l'évangéliste se méprend sur le sens et la portée de certaines paroles du Seigneur. Scholten croit pouvoir retrancher ce passage comme une interpolation. - Assurément, si le v. 38 ne faisait que reproduire l'idée du v. […]
v. 40-44 · Godet · 18/10/2026
Ces courtes descriptions des impressions populaires, qui suivent chacun des discours de Jésus, servent à signaler le double développement qui s'opère, et préparent ainsi l'intelligence de la crise finale. Ces tableaux sont l'histoire prise sur le fait : comment proviendraient-ils de la plume d'un narrateur postérieur ? - Jean ne nous a donné que le résumé des discours tenus par Jésus en cette circonstance. C'est ce qu'il fait entendre par le pluriel τῶν λόγων, ces discours , qui, d'après les documents, doit être envisagé comme la vraie leçon. - Nous savons déjà qui était ce prophète auquel pensent une partie des auditeurs. Comparez 1.21 ; 6.14. […]
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles (majuscules, versions. Le texte reçu porte : cette parole ) sont celles que Jésus vient de prononcer, et dont l'évangéliste décrit maintenant les effets divers sur les gens de la foule . (Le texte reçu porte : plusieurs de la foule. Sin., B, D omettent plusieurs .)
Pour les uns, qui avaient reçu une impression sérieuse, il était le prophète , (Jean 1.21 ; 6.14) c'est-à-dire le précurseur du Messie.
Pour d'autres, plus avancés dans la foi, il était le Christ , le Messie. (verset 41) Conclusion capitale qu'ils tiraient des discours de Jésus et de la vive impression qu'ils en avaient reçue !
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette objection prouve que ceux qui la faisaient étaient familiarisés avec les prophéties. (Michée 5.1) Jean ne la réfute pas, ce qui lui eût été facile, précisément parce qu'il estime qu'elle se réfute d'elle-même.
Comme le dit M. Godet,"il se plaît à rapporter des objections qui, pour ses lecteurs au fait de l'histoire évangélique, se transformaient immédiatement en preuves."
0n a donc méconnu son intention en concluant de son silence qu'il ignorait la naissance de Jésus à Bethléhem et dans la postérité de David .
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y eut donc division parmi la foule . (Jean 9.16 ; 10.19,1Corinthiens 1.10)
Comme l'évangéliste a marqué deux nuances parmi les croyants, (versets 40,41) il en note deux aussi parmi les opposants. Les uns expriment leur doute par une objection, (versets 41,42) les autres voudraient procéder immédiatement par des voies de fait. (verset 44)
Personne ne mit la main sur lui , sans doute par la même raison qui est indiquée au verset 30. Même les huissiers envoyés pour l'arrêter sentirent leurs mains retenues par la puissance divine de sa parole. (verset 46)
v. 45-49 · Godet · 18/10/2026
Quoique ce fût un jour férié, le sanhédrin ou du moins une partie de ce corps tenait séance, attendant sans doute le résultat de l'envoi des huissiers (v. 42). La réunion des deux substantifs sous un seul et même article indique fortement la communauté d'action (comparez v. 32). - Le pronom ἐκεῖνοι, proprement ceux-là , étonne, puisqu'il se rapporte aux personnes les plus rapprochées. Weiss et Westcott cherchent à l'expliquer en disant que les sacrificateurs et pharisiens étaient moralement plus éloignés de l'auteur que les huissiers, comme si la distance morale pouvait se substituer à l'éloignement grammatical. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces huissiers envoyés par le sanhédrin pour se saisir de Jésus (verset 42) reculent devant l'exécution de leur mandat.
Ils auraient cru commettre un sacrilège en mettant la main sur lui. Ils ne cherchent même pas la moindre excuse pour avoir manqué à leur devoir.
Tout remplis de ce qu'ils ont entendu, ils se contentent de cette réponse, qui est un beau témoignage rendu à la puissance de la parole de Jésus.
"C'est un puissant discours une parole énergique qu'ils prononcent dans leur humilité." Luther.
"C'est là un caractère de la vérité, de convaincre des hommes simples, plutôt que leurs maîtres." Bengel.
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Le sanhédrin était assemblé pour recevoir le prisonnier que les huissiers devaient amener.
Ce sont les pharisiens , les rigoureux gardiens de l'orthodoxie, qui prennent la parole, ils citent les hommes de leur parti comme les seuls modèles que les huissiers auraient dû imiter.
Aveuglés par leur orgueil, ils prétendent qu'aucun des chefs ni des pharisiens n'avait cru en Jésus.
Il y avait pourtant, présent à la séance, un pharisien qui allait leur prouver le contraire. (verset 50, comparez Jean 12.42)
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est là, de la part des chefs le langage d'un souverain mépris et de la haine pour la foule ignorante.
Cette malédiction qu'ils prononcent sur elle dans leur colère allait bientôt devenir officielle, sous la forme de l'excommunication prononcée contre tous ceux qui croiraient en Jésus. (Jean 9.22)
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir sur Nicodème Jean 3.1 et suivants Notes.
"Trois fois cet évangile fait mention de Nicodème, le présent passage forme la transition de la timidité première (Jean 3) à la courageuse confession de la fin." (Jean 19.39) Luthardt.
"Souvent ceux qui ont été timides hors du danger deviennent les défenseurs de la vérité dans le danger même." Bengel.
- Ce mot de l'évangéliste : qui était l'un d'entre eux , donne d'autant plus de poids au témoignage de Nicodème et dément la parole des pharisiens, verset 48.
- Il y a ici diverses variantes dans les manuscrits : B porte : qui était venu auparavant ; D : qui était venu auparavant de nuit ; Sin., que suit Tischendorf, omet toute la phrase.
Voir Jean 19.30, où les mêmes paroles sont appliquées à Nicodème.
v. 50-52 · Godet · 18/10/2026
Le rôle que joue Nicodème dans cette circonstance est la preuve du progrès qui s'est opéré chez lui depuis sa visite à Jésus. C'est ce que fait sentir l'apposition « qui était venu précédemment vers Jésus. » Le retranchement de ces mots par le Sinaït . est probablement dû à une confusion du αὐτούς et du αὐτόν. - Νυκτός, de nuit , est retranché par les alex. ; mais on peut admettre qu'il a pour but de faire ressortir le contraste entre sa hardiesse actuelle et sa circonspection de jadis. - Le πρῶτον ou πρότερον, précédemment , que lisent les alex. à la place de νυκτός, établit également le contraste entre sa conduite actuelle et sa démarche précédente. […]
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce qu'il a fait , c'est-à-dire ses actions et sa conduite. La loi est ici personnifiée, c'est elle qui entend, qui juge , qui connaît , dans la personne du juge qui est l'organe de la loi.
Cet appel à la loi, en présence d'hommes qui viennent de reprocher à la foule de ne pas la connaître, est d'une mordante ironie.
v. 52 · Bible annotée · 18/10/2026
Au lieu de répondre à la question de Nicodème, ces hommes passionnés et endurcis se contentent de lui dire une injure, car c'en était une à leurs yeux ; que d'appeler Galiléen un membre du sanhédrin. Et, en même temps, ils insinuaient que Nicodème avait des sympathies pour Jésus, le Galiléen.
Sin., B, D, versions, ont le verbe au présent : n'est point suscité , c'est-àdire qu'aucun prophète ne saurait être originaire de cette province. […]
53 Et chacun s’en alla dans sa maison.
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
7 :53 à 8 :11
Fragment interpolé. La femme adultère.
A qui s'applique cette remarque : aux membres du sanhédrins qui se retirent après la séance, (versets 45-52) ou aux gens de la foule qui, la fête finie, regagnent leurs demeures ?
Ce manque de rapport clair avec ce qui précède montre que le fragment suivant a été intercalé dans un texte auquel il n'appartenait pas.