Ces courtes descriptions des impressions populaires, qui suivent chacun des discours de Jésus, servent à signaler le double développement qui s'opère, et préparent ainsi l'intelligence de la crise finale. Ces tableaux sont l'histoire prise sur le fait : comment proviendraient-ils de la plume d'un narrateur postérieur ? - Jean ne nous a donné que le résumé des discours tenus par Jésus en cette circonstance. C'est ce qu'il fait entendre par le pluriel τῶν λόγων, ces discours, qui, d'après les documents, doit être envisagé comme la vraie leçon. - Nous savons déjà qui était ce prophète auquel pensent une partie des auditeurs. Comparez 1.21 ; 6.14. La transition de cette supposition à la suivante : C'est le Messie, se conçoit facilement, d'après le second de ces deux passages.
De même qu'il y avait deux nuances parmi les auditeurs bien disposés, il y en a deux aussi dans le parti hostile : les uns se bornent à objecter (v. 41 et 42), et ce trait suffit pour les isoler moralement des précédents ; les autres (v. 44) voudraient déjà recourir aux voies de fait. De Wette, Weisse, Keim demandent pourquoi Jean ne réfute pas l'objection avancée au v. 42, ce qui lui eût été facile s'il eut connu ou admis la naissance de Jésus à Bethléem. De ce silence ils concluent donc qu'il ignorait ou niait toute cette légende de la descendance davidique de Jésus et de sa naissance à Bethléem. Mais l'évangéliste raconte objectivement (Weiss), et ce serait précisément s'il croyait l'objection fondée, qu'il devrait chercher à la résoudre. Jean se plaît souvent à rapporter des objections qui, pour ses lecteurs au fait de l'histoire évangélique, se transformaient immédiatement en preuves[1]. Il montrait en même temps par là comment l'esprit critique auquel s'étaient livrés les adversaires de Jésus, avait été pour eux un guide moins sûr que l'instinct moral par lequel les disciples s'étaient attachés à lui. - Le présent ἔρχεται, vient, est celui de l'idée, l'expression de ce qui doit être, d'après la prophétie. - Ὅπου ἦν, « où il était (chez lui). » - Les quelques-uns, selon Weiss, faisaient partie des huissiers envoyés pour le saisir. Mais, dans ce cas, pourquoi ne pas les désigner, comme v. 45 ? C'étaient plutôt quelques violents dans la foule qui poussaient les huissiers à exécuter leur mandat. Le saisir, dans le sens de le faire saisir.
Versets 45 à 52 : La séance du sanhédrin.
Notes
[1] Hilgenfeld (Einl, p. 719) reconnaît nettement que le fait de la naissance de Jésus à Bethléem est supposé connu de l'auteur par ce passage.