1 Et Jésus s’en alla à la montagne des Oliviers.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 8.
On trouve une description semblable dans Luc 21.37,38.
- Le dernier verset de Jean 7 et les deux premiers par lesquels s'ouvre notre Jean 8 forment une sorte d'introduction à l'histoire de la femme adultère qui va suivre. Ils font partie du fragment dont l'authenticité est contestée.
Voici d'abord, à cet égard, l'état des documents sur lesquels s'appuie la critique du texte.
1° Un grand nombre de manuscrits, Sin., B, A, C, etc., du quatrième au neuvième siècle, omettent entièrement ce récit, et plusieurs de ceux qui l'ont conservé le marquent de signes de doute. […]
2 Et au point du jour il vint encore au temple, et tout le peuple vint à lui ; et s’étant assis, il les enseignait. 3 Et les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère ; et l’ayant placée devant lui, 4 ils lui disent : Maître, cette femme a été surprise sur le fait même, commettant adultère. 5 Or, dans la loi, Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? 6 Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils aient de quoi l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. 7 Et comme ils continuaient à l’interroger, s’étant relevé, il leur dit : Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle. 8 Et s’étant encore baissé, il écrivait sur la terre. 9 Et eux, l’ayant entendu, sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ; et Jésus fut laissé seul avec la femme devant luia 9a litt. : étant au milieu. . 10 Et Jésus, s’étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit : Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? 11 Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, – dorénavant ne pèche plus.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui étaient ces scribes (terme étranger au style de Jean) et ces pharisiens , et quelle était leur mission ?
Souvent on a vu en eux des délégués du sanhédrin et, par conséquent, des juges de la malheureuse femme qu'ils amènent. Ils viendraient, avant d'instruire son procès, proposer à Jésus une question juridique concernant l'accusée.
Cette vue fausse de la situation a été la source de la plupart des difficultés historiques qu'on a trouvées dans notre récit. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Ici encore on a contesté la vérité de notre récit. La peine de mort était prononcée contre l'adultère (Lévitique 20.10 ; Deutéronome 22.22) mais la lapidation , n'était infligée, selon la lettre de la loi, qu'à la fiancée infidèle (Deutéronome 22.24) les pharisiens n'auraient donc pas eu le droit de dire que Moïse avait ordonné ce genre de supplice. Mais comme, en fait, on l'appliquait lorsque la loi n'en prescrivait pas d'autre (Exode 31.14 ; comparez avec Nombres 15.32-36), ils pouvaient s'appuyer de l'usage, pour prononcer ces paroles.
- Meyer résout autrement la difficulté. Pour retrouver ici exactement la lettre de la loi, il admet que la femme dont il s'agit était en effet une fiancée devenue infidèle. Cela est très peu probable.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
En quoi consistait l'épreuve , ou le piège tendu au Sauveur ? Cette question est résolue de manières diverses par les interprètes.
Lücke et de Wette la déclarent même insoluble !
La plupart l'expliquent ainsi : si Jésus se prononçait contre la lapidation, les pharisiens l'auraient accusé auprès du sanhédrin comme contempteur de la loi de Moïse, s'il s'était prononcé pour le supplice, ils l'auraient dénoncé à l'autorité romaine comme les incitant à usurper un droit - celui de mettre à mort qui ne leur appartenait plus.
Cette dernière supposition est invraisemblable. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Réponse divine qui confond la ruse des accusateurs, enfonce dans leur conscience les traits brûlants de leurs propres péchés, laisse la loi intacte, sanctionne la Justice, donne un libre cours à la miséricorde et, sans atténuer le crime, fait comprendre qu'il peut y avoir au dedans de l'homme des péchés pires, aux yeux de Dieu, que les plus grossières transgressions !
Cette sentence tombant comme un coup de foudre sur les adversaires, leur enlève tout moyen et toute envie d'accuser le Sauveur, soit devant le sanhédrin, soit auprès du peuple. […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette seconde fois, Jésus voulait sans doute signifier qu'il n'ajouterait plus aucune parole en cette affaire. (verset 6, note.)
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Quels que fussent l'aveuglement et l'endurcissement de ces pharisiens, il est des situations où l'homme ne peut résister à la force de la vérité morale. Que sera ce au jour du jugement ? Chaque pécheur, se voyant à la lumière de la sainteté divine, prononcera lui-même sa propre sentence.
- Il faut remarquer cet imparfait qui peint la scène, ils sortaient , on les voit défiler un à un . Ce sont les plus âgés qui commencent , étant assez avisés pour ne pas s'exposer à une nouvelle confusion, et tous suivent, jusqu'aux derniers .
Ce mot désigne les derniers qui sortent, et non un rang qu'ils auraient observé entre eux. […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Condamnée à passer en jugement pour y être traitée selon la loi ; car ces hommes, dans ce moment, n'étaient pas ses juges. De là ce mot individuel personne , aucun d'eux.
v. 10-11 · Godet · 18/10/2026
Verset 53. L'expression : chacun s'en alla , se rapporte-t-elle comme cela paraît naturel dans le contexte, aux membres du sanhédrin qui s'en retournent chez eux à la suite de la séance 7.45-52 ? Dans ce cas, cette remarque est oiseuse. Ou bien se rapporte-t-elle au peuple tout entier qui, la fête terminée rentra du temple dans ses demeures ? Ce sens serait en soit plus acceptable. C'était peut-être celui de ce verset dans le contexte d'où ce récit a été détaché. Mais dans le récit de Jean rien ne conduit à ce sens du mot chacun . Il y a là l'indice d'une intercalation étrangère. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce mot plein de respect, Seigneur , montre aussi l'impression que faisaient sur la femme la présence et la parole du Sauveur.
Cette grande parole de Jésus, comme tous les traits de ce récit, écarte toute idée d'une sentence juridique qu'il n'aurait jamais voulu prononcer. Il se place au point de vue tout moral de son royaume, où il est venu pour "chercher et sauver ce qui est perdu."
Il ne dit pas à cette femme, comme à une autre pécheresse, "tes péchés te sont pardonnés," (Luc 7.48) mais ne pas condamner , c'est absoudre, et cette miséricorde divine était tout ce qu'il y avait de plus propre à opérer dans le cœur de la femme la repentance et la régénération. L'avenir le prouvera, de là cette dernière parole qui garantit la moralité de cette histoire parce qu'il n'y a rien de plus sanctifiant que la grâce : Va, et ne pèche plus !
"Donc, Jésus aussi condamne, mais le péché, et non la pécheresse." Augustin.
12 Jésus donc leur parla encore, disant : Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. 13 Les pharisiens donc lui dirent : Tu rends témoignage deb 13b ici et v. 14, 18, litt. : touchant. toi-même ; ton témoignage n’est pas vrai. 14 Jésus répondit et leur dit : Quoique moi je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai, car je sais d’où je suis venu et où je vais ; mais vous, vous ne savez pas d’où je viens et où je vais. 15 Vous, vous jugez selon la chair ; moi, je ne juge personne. 16 Et si aussi moi, je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul, mais moi et le Père qui m’a envoyé. 17 Et il est écrit aussi dans votre loi, que le témoignage de deux hommes est vrai. 18 Moi, je rends témoignage de moi-même ; et le Père qui m’a envoyé rend aussi témoignage de moi. 19 Ils lui dirent donc : Où est ton père ? Jésus répondit : Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père ; si vous m’aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père. 20 Il dit ces paroles dans le trésor, enseignant dans le temple ; et personne ne le prit, parce que son heure n’était pas encore venue.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
12 à 59
Dernières déclarations de Jésus. Point culminant de la lutte à la fête des Tabernacles.
Ces mots n'indiquent pas avec précision le moment ou eurent lieu les enseignements et les discussions qui vont suivre ; si l'on omet l'histoire de la femme adultère, ils se rattachent au Jean 7.52, mais d'une manière assez vague, car celui ci se terminait par le récit d'une séance du sanhédrin. Il semble que Jésus a devant lui un autre auditoire (voir la fin de la note suivante), assemblé dans un autre endroit. (verset 20) […]
v. 12 · Godet · 18/10/2026
Le πάλιν, de nouveau , peut d'autant moins être une simple transition au nouveau discours, qu'il est placé en tête avec un certain accent et accompagné du οὖν, donc , qui dans ce cas ferait double emploi (en réponse à Weiss). Il annonce donc un nouveau témoignage, analogue à celui de 7.37 et suiv., comme si Jean voulait dire : « Jésus, après s'être ainsi appliqué un premier symbole, reprit la parole pour s'en appliquer un second. » Ce nouveau discours eut-il lieu le même jour que le précédent ? Selon Weiss, le v. 20 prouverait le contraire, parce qu'il indique une situation nouvelle. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette étonnante déclaration provoque la contradiction des pharisiens ; sans toucher au fond, ils soulèvent une question de forme.
Ils auraient pu rétorquer à Jésus une de ses paroles. (Jean 5.31)
Il est en effet admis, soit en justice, soit dans la société, qu'un homme ne peut rendre témoignage de lui-même .
Dans sa réponse Jésus traite d'abord la question de fond, puis il revient à l'objection de forme. (versets 16-18)
v. 13 · Godet · 18/10/2026
Lücke et Weiss concluent des mots les pharisiens que les pèlerins étaient déjà repartis de Jérusalem. Mais pourquoi les pharisiens n'auraient-ils pas pu se trouver parmi la foule présente à la fête ? - Ce dernier mot : « n'est pas vrai, » ne signifie pas : « est faux, » mais : « n'est pas suffisamment assuré, digne de foi. » Il y avait en effet un adage rabbinique qui disait : « Nul homme ne rend témoignage sur lui-même. » Les objectants ne soulèvent qu'une question de forme ; ils sont sans doute un peu intimidés par le ton d'autorité du Seigneur. Ils auraient pu lui citer sa propre parole de 5.31 : « Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas vrai. » - Jésus traite d'abord la question de fond (v. 14). puis celle de forme (v. 13 à 18).
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
La règle de droit que lui opposent les adversaires ne s'applique pas à lui, parce qu'il ne se rend pas témoignage comme un homme ordinaire, mais avec la conscience claire qu'il est venu de Dieu pour remplir de sa part sa sainte mission, et qu'il s'en va à lui pour reprendre possession de sa gloire.
Son témoignage qu'il est "la lumière du monde" est donc revêtu de l'autorité même de Dieu.
- Par une raison inverse, la cause pour laquelle ses auditeurs ne croient pas son témoignage, c'est que, dans leur aveuglement moral, ils ne savent, ni d'où il vient, ni où il va . Ils se sont rendus incapables de reconnaître, dans ses paroles et dans ses œuvres, les signes évidents de son origine divine.
v. 14 · Godet · 18/10/2026
Jésus avait accepté au ch. 5 la position d'un homme ordinaire ; c'est pourquoi il avait cité en sa faveur le double témoignage du Père par les miracles et par l'Ecriture. Ici, il se redresse et revendique sa vraie position, dont il s'était volontairement désisté. Cette différence provient de ce que la rupture entre lui et ses auditeurs est maintenant plus prononcée. Il s'affirme lui-même plus catégoriquement. La lumière intérieure qu'il possède sur sa personne le met positivement à l'abri des illusions de l'orgueil. Et c'est pourquoi il est en même temps la lumière pour les autres. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Les adversaires venaient de porter sur Jésus un jugement injuste, (verset 13) il affirme que c'est là juger selon la chair . (Comparer 7 : 24.)
Les uns traduisent selon la chair par "charnellement :" les dispositions charnelles des contradicteurs faussent leur jugement ; les autres lui donnent le sens de "selon l'apparence :" les adversaires s'arrêtent dans leur appréciation de Jésus à son apparence infirme, à sa "forme de serviteur."
La présence de l'article (la chair) recommanderait ce second sens, qui comprend du reste le premier. […]
v. 15-16 · Godet · 18/10/2026
L'objection des pharisiens, v. 13, renfermait un jugement sur Jésus. Ils le traitaient comme un homme ordinaire, comme un pécheur, semblable à eux tous. Ils l'accusaient de se surtaxer lui-même dans les témoignages qu'il se rendait. C'est à quoi se rapporte ce reproche : « Vous, vous jugez selon la chair. » Il ne faut pas confondre κατὰ τὴν σάρκα, « d'après la chair, » avec κατὰ σάρκα, charnellement . […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Son jugement est vrai et digne de foi, parce qu'il est celui de Dieu même qui est avec lui et qui parle par sa bouche.
Grec : mais moi et le Père qui m'a envoyé , sous-entendu : nous sommes là, ensemble, pour juger. (Jean 5.30 ; comparez Jean 9.39)
Sin., D omettent : le Père .
v. 17-18 · Godet · 18/10/2026
Jésus entre, du moins pour la forme, dans la pensée de ses adversaires (comme 7.16,28). Le droit mosaïque exigeait deux témoins, pour qu'un témoignage fût valable (Deutéronome 17.6 ; 19.15). Jésus montre que, dans les jugements qu'il prononce sur le monde (v. 16), aussi bien que dans les témoignages qu'il se rend (v. 18), il satisfait à cette règle : car le Père joint son témoignage au sien. Là où l'œil de la chair ne voit qu'un témoin, il y en a réellement deux. On rapporte en général ce témoignage du Père aux miracles, d'après 5.36. Mais la relation avec le v. 16 nous conduit à une explication beaucoup plus profonde. Jésus décrit ici un fait de sa vie intime, comme 5.30. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Par l'affirmation qu'il n'est pas seul, mais que le Père est avec lui, (verset 16) Jésus est revenu à l'objection de forme que lui faisaient ses contradicteurs. (verset 13)
Il leur cite maintenant l'article de la loi qui exige le témoignage de deux hommes et leur montre qu'il remplit cette condition, car, à son propre témoignage, s'ajoute celui du Père qui l'a envoyé . (versets 17,18) Et quelle autorité que celle de Dieu même parlant par son Envoyé !
- La prescription légale à laquelle Jésus fait une simple allusion, sans la citer textuellement se lit Deutéronome 17.6 ; 19.15. […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
La question des Juifs : Où est ton Père ? est une raillerie impie, car ils ne pouvaient pas ignorer que Jésus leur parlait de Dieu et de son témoignage qui est tout intérieur.
Le Sauveur se contente donc de leur déclarer qu'ils rejettent ce témoignage, parce qu'ils ne connaissent d'une manière vivante, ni son Père, ni lui-même , par qui seul Dieu se révèle.
S'ils le connaissaient, ils verraient qu'il n'est pas seul, (verset 16) ils reconnaîtraient le Père en lui. (Jean 14.9 ; Matthieu 11.27)
v. 19 · Godet · 18/10/2026
Donc : « En conséquence de cette déclaration. » Ces discours de Jésus sont d'une portée si élevée, qu'ils nous font parfois l'effet de monologues dans lesquels Jésus se ressaisissait lui-même et déployait les trésors qu'il découvrait au fond de son être. Les disciples eux-mêmes n'en pouvaient qu'entrevoir le sens. Jean les recueillait comme des énigmes que l'avenir devait résoudre. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette remarque de l'évangéliste sur le lieu où Jésus venait de prononcer ces paroles montre l'importance que celles ci prirent à ses yeux ; leur souvenir est demeuré lié à celui de l'endroit où il les entendit.
De plus, elle nous rend attentifs à ce fait très significatif : Jésus enseignait dans une dépendance du temple, dans le lieu où était le trésor ou la trésorerie, (voir Marc 12.41, note) où il se trouvait sur le passage de la foule.
Or ce lieu était voisin de la salle où le sanhédrin tenait ses séances ; et pourtant personne ne se saisit de lui , parce qu'une puissance divine retenait la main des adversaires. C'est là ce que Jean indique par les mots : parce que son heure n'était pas encore venue . (Voir Jean 7.30, note.)
v. 20 · Godet · 18/10/2026
La position qu'occupent les mots ταῦτα τὰ ῥήματα, ces paroles-là , en tête de la phrase, leur donne, malgré la dénégation de Weiss, un sens emphatique : des paroles d'une telle gravité. Aussi le souvenir de la localité où elles avaient été prononcées était-il resté profondément gravé dans la mémoire de l'évangéliste. Le terme γαζοφυλάκιον, trésor , désigne probablement, en raison de la préposition ἐν, dans , tout l'emplacement où étaient recueillies les sommes remises pour l'entretien du temple et pour d'autres buts pieux. […]
21 [Jésusc 21c pl. : Il. ] leur dit donc encore : Moi, je m’en vais, et vous me chercherez ; et vous mourrez dans votre péché : là où moi je vais, vous, vous ne pouvez venir. 22 Les Juifs donc disaient : Se tuera-t-il, qu’il dise : Là où moi je vais, vous, vous ne pouvez venir ? 23 Et il leur dit : Vous êtes d’en bas d 23d litt. : de ces choses qui sont en bas. ; moi, je suis d’en haut e 23e litt. : de ces choses qui sont en haut. : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. 24 Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés ; car si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés. 25 Ils lui disaient donc : Toi, qui es-tu ? Et Jésus leur dit : Absolument f 25f dans le principe et l’universalité de ce que je suis. Sa parole, son langage, le présentait lui-même – étant la vérité. ce qu’aussi je vous dis. 26 J’ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger ; mais celui qui m’a envoyé est vrai, et les choses que j’ai entendues de lui, moi, je les dis au monde. 27 Ils ne connurent pas qu’il leur parlait du Père. 28 Jésus donc leur dit : Quand vous aurez élevé le fils de l’homme, alors vous connaîtrez que c’est moi, et que je ne fais rien de moi-même, mais que, selon que le Père m’a enseigné, je dis ces choses. 29 Et celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent. 30 Comme il disait ces choses, plusieurs crurent en lui.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Il leur dit donc de nouveau ; donc parce qu'il en avait encore la liberté ; (verset 20) de nouveau , c'est-à-dire en s'adressant à des auditeurs qui avaient déjà reçu ses précédentes déclarations. (Comparer verset 12)
Comparer Jean 7.33,34. Cette annonce réitérée de son départ était, pour les auditeurs de Jésus, un sérieux avertissement car s'ils persistaient à repousser la lumière et la grâce qu'il leur offrait, il ne leur resterait plus, après lui, que les ténèbres et la condamnation.
C'est ce qu'il leur annonce en ces termes clairs et terribles : Vous mourrez dans votre péché . […]
v. 21-22 · Godet · 18/10/2026
Le donc paraît faire allusion à la liberté dont Jésus continuait à jouir (v. 20), malgré ses déclarations précédentes. Rien n'empêche d'admettre que ce témoignage nouveau n'ait eu lieu encore dans la même journée, le dernier et grand jour de la fête. C'était la dernière fois que Jésus se trouvait au milieu de tout son peuple rassemblé, avant la fête où il devait verser son sang pour lui. Dès le lendemain, cette multitude allait se disperser dans tous les pays du monde. A cette situation correspond bien le ton grave et douloureux de ce discours.
Le v. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Aux redoutables paroles du Sauveur, les Juifs, incrédules et frivoles, répondent par la moquerie.
Naguère, (Jean 7.35) ils se demandaient ironiquement s'il allait se faire le Messie des païens, ici, s'il s'en ira par le suicide ! Et ils insinuent que, dans ce cas, ils ne se soucient pas de le suivre là où il va. (verset 21)
C'est ainsi que l'impiété interprétait les paroles de Jésus !
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Sans s'arrêter à leurs sarcasmes, Jésus leur révèle la cause profonde des dispositions de leurs cœurs et leur expose en même temps pourquoi ils ne peuvent ni le comprendre, ni le suivre là où il va. (v. 21.)
Ils sont d'en bas , littéralement des choses d'en bas ; ce que Jésus explique par ces mots : de ce monde , où règnent les ténèbres, le péché et la mort ; ils en proviennent, ils y sont nés et y vivent ; tel est l'état moral de tout homme naturel.
Jésus, au contraire, est d'en haut , du ciel, et ce terme exprime, à la fois, son origine et l'esprit céleste qui l'anime. Il y a un abîme entre les deux termes de cette antithèse qui se retrouve souvent dans les enseignements de Jésus et de ses apôtres. (Jean 3.31 ; 1Jean 4.5,6 ; Colossiens 3.1,2 ; Philippiens 3.19,20)
v. 23-25 · Godet · 18/10/2026
Jésus laisse tomber leur persiflage. Il continue l'avertissement commencé au v. 21. Un abîme les sépare de lui : voilà pourquoi il ne pourra leur servir de Sauveur et les élever avec lui dans le ciel, sa patrie. Le parallélisme entre les expressions « d'en-bas » et « de ce monde » (v. 23) ne permet pas de renfermer dans la première l'idée de l'Hadès. Il faut plutôt voir dans la première antithèse : d'en-bas et d'en-haut , l'opposition d'origine, et dans la seconde : de ce monde et non de ce monde , le contraste de disposition et d'activité morale. Le monde désigne la vie humaine constituée indépendamment de la volonté divine et, par conséquent, en opposition avec elle. […]
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Aussi (grec donc ), à cause de cette corruption naturelle de votre cœur, je vous ai dit ...et le Sauveur répète ici deux fois cette terrible prédiction : vous mourrez dans vos péchés .
Une seule chose aurait pu délivrer les Juifs de cet état moral et de cette condamnation, la foi ; de là ces mots conditionnels qui laissent encore ouverte la porte du salut : Si vous ne croyez pas .
Mais que devaient ils croire ? Que c'est moi ...(Comparer verset 28 et 58.) […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Au lieu de recevoir l'avertissement que Jésus leur donnait, les adversaires lui demandent avec mépris : Toi, qui es tu ? D'où te vient le droit de nous parler ainsi ?
La réponse de Jésus a donné lieu à diverses interprétations.
Elles peuvent être groupées en deux classes.
Les uns ne voient dans la parole de Jésus qu'une manière de rompre l'entretien : En général, pourquoi je parle encore avec vous , je n'en sais rien, ou : Vous devriez vous le demander ! (Lücke, Weiss, Holtzmann, Westcott).
Les autres lui donnent plus de portée et en font une réponse directe à la question posée : Qui es-tu ? […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Il ne faut pas rattacher ces paroles à celles du verset 25, qui ne renferme qu'un incident, mais au verset 24, Où Jésus adresse comme ici des reproches à ses auditeurs et énonce les jugements qu'il a à porter sur eux.
Il continue : J'ai maintenant encore beaucoup à dire de vous et à juger en vous , et cela à proportion de votre coupable résistance à la vérité ; mais quelque sévères que puissent vous paraître mes paroles, Celui qui m'a envoyé , et au nom duquel je les prononce, est vrai , il est la vérité même, et je ne révèle dans le monde que ce que j'ai entendu de lui . […]
v. 26-27 · Godet · 18/10/2026
Plusieurs interprètes, anciens et modernes, ont essayé de lier grammaticalement ce verset au précédent, en faisant des derniers mots de celui-ci : ὅτι καὶ λαλῶ ὑμῖν, une proposition incise, et des premiers mots du v. 26, πολλὰ ἔχω, la suite de la proposition commencée par τὴν ἀρχήν (ainsi Bengel, Hofmann, Bæumlein) : « Pour le moment - puisque c'est encore le temps où je parle avec vous - j'ai beaucoup de choses à vous dire » (Hofmann) ; ou : « Assurément, j'ai - ce qu'aussi je fais - beaucoup de choses à vous dire » (Bæumlein). Mais ce sens de τὴν ἀρχήν est absolument oiseux ; et non moins celui de la proposition incise. - On a cherché aussi à lier logiquement le v. 26 au v. 25. […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette remarque de l'évangéliste attribue aux auditeurs de Jésus une inintelligence que plusieurs exégètes (de Wette entre autres), trouvent inexplicable.
Il n'est pourtant pas nécessaire, pour lever la difficulté, d'admettre, comme on l'a fait, que Jésus n'avait pas devant lui les mêmes auditeurs que dans les discours qui précèdent, ou d'insister sur le fait que, dans ce dernier entretien, en parlant de "Celui qui l'a envoyé," le Sauveur ne l'avait pas nommé son Père , (voir verset 16) ou enfin que c'était le rapport intime de Jésus avec Dieu que les Juifs ne comprenaient pas.
Non, il suffit, pour trouver naturelle cette observation, de relire le verset 19, et d'ajouter, avec Bengel :"Par cette remarque, Jean exprime son étonnement sur l'incrédulité et l'aveuglement des Juifs, comme au Jean 12.37"
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , par suite de cette incurable ignorance volontaire de ses auditeurs, Jésus porte son regard vers un avenir prochain, ou la lumière se fera nécessairement. Lorsque vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez...Elevé... sur la croix ; (Jean 3.14 ; 12.32)
Jésus n'a pas seulement une vue claire de cette issue qui lui est réservée, il sait que c'est son peuple (vous ) qui l'attachera à la croix. (Actes 5.30)
Mais la croix est pour le Sauveur le chemin de la gloire d'une gloire qui se manifestera dans sa mort, dans sa résurrection, par l'effusion de l'Esprit de Dieu par la fondation de l'Eglise et la création d'une humanité nouvelle. […]
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
L'élévation du Fils de l'homme se rapporte avant tout à la mort de la croix ; c'est ce qui ressort de la seconde personne : vous aurez élevé . Mais Jésus ne pouvait espérer que la croix ferait par elle-même tomber les écailles des yeux des Juifs et leur arracherait cet aveu : C'est lui ! Elle ne pouvait produire cet effet qu'en devenant pour lui le marchepied du trône et le passage à la gloire. Le mot élever renferme donc ici la même amphibologie que 3.14, et la seconde du pluriel prend ainsi une teinte marquée d'ironie : « Lorsque, en me tuant, vous m'aurez mis sur le trône… » Le terme Fils de l'homme désigne cette apparence chétive qui actuellement est le motif de son rejet. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
En face de l'incrédulité qui le repousse, Jésus a exprimé l'espérance que l'avenir le fera connaître, (verset 28) il exprime maintenant la certitude qu'il a de la présence et de l'appui de Dieu. Telle est la relation que M. Weiss établit entre les versets 28,29.
Meyer et M. Godet font encore dépendre la première proposition du verbe : Vous connaîtrez .
Malgré la solitude et l'abandon où Jésus paraît être en présence de ses adversaires, il a la conscience que le Père est avec lui et que jamais, dans sa vie d'humiliation sur la terre, il ne l'a laissé seul . […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces choses que Jésus disait sont les paroles du verset 29.
Plusieurs de ses auditeurs, touchés de tout ce qu'il y avait de douceur, de résignation, de confiance en Dieu dans son langage, crurent en lui . C'étaient des âmes sincères qui inclinaient à reconnaître Jésus comme le Messie.
Quelle que fût encore la faiblesse de leur foi, cette foi, comme l'observe de Wette a un autre fondement que celle des auditeurs dont il est parlé Jean 2.23 ; 7.31, qui ne croyaient que pour avoir vu les miracles de Jésus. Aussi Jésus cherche-t-il à l'éclairer et à l'affermir. (verset 31) […]
v. 30-32 · Godet · 18/10/2026
Le terme « crurent » désigne sans doute ici la disposition, hautement exprimée, à reconnaître Jésus comme le Messie. Dans ce nombre assez considérable de croyants se trouvaient peut-être des membres du sanhédrin. 12.42 : « Plusieurs des chefs crurent en lui. » Ils sentaient bien que, dans les paroles que Jésus venait de prononcer, il y avait autre chose qu'une vaine jactance. Mais Jésus n'est pas plus ébloui par ce succès apparent qu'il ne l'avait été par la profession de Nicodème (3.1-2) et par l'enthousiasme de la multitude galiléenne (6.14-15). […]
31 Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; 32 et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. 33 Ils lui répondirent : Nous sommes la postérité d’Abraham, et jamais nous n’avons été dans la servitude de personne ; comment dis-tu, toi : Vous serez rendus libres ? 34 Jésus leur répondit : En vérité, en vérité, je vous dis : Quiconque pratique le péché est esclave du péché. 35 Or l’esclave ne demeure pas dans la maison pour toujours ; le fils y demeure pour toujours. 36 Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. 37 Je sais que vous êtes la postérité d’Abraham ; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n’a pas d’entrée auprès de vous. 38 Moi, je dis ce que j’ai vu chez mon Père ; vous aussi donc, vous faites g 38g faire, ici, faire habituellementou caractéristiquement ; ailleurs : pratiquer. les choses que vous avez entendues de la part de votre père. 39 Ils répondirent et lui dirent : Abraham est notre père. Jésus leur dit : Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham ; 40 mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi, un homme qui vous ai dit h 40h litt. : parlé. la vérité que j’ai entendue de Dieu : Abraham n’a pas fait cela. 41 Vous, vous faites i 41i ou : Vous, faites. les œuvres de votre père. Ils lui dirent donc : Nous ne sommes pas nés de la fornication ; nous avons un j 41j un seul. père, Dieu . 42 Jésus leur dit : Si Dieu était votre père, vous m’aimeriez, car moi je procède de Dieu et je viens de lui ; car je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé. 43 Pourquoi n’entendez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez pas entendre ma parole. 44 Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père. Lui a été meurtrier dès le commencement, et il n’a pas persévéré k 44k litt. : ne s’est pas tenu debout. dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et le père du mensonge. 45 Mais moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. 46 Qui d’entre vous me convainc de péché ? Si je dis la vérité, vous, pourquoi ne me croyez-vous pas ? 47 Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; c’est pourquoi vous, vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu . 48 Les Juifs répondirent et lui dirent : Ne disons-nous pas bien que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? 49 Jésus répondit : Moi, je n’ai point un démon, mais j’honore mon Père, et vous, vous jetez du déshonneur sur moi. 50 Mais pour moi, je ne cherche pas ma gloire ; il y en a un qui cherche, et qui juge. 51 En vérité, en vérité, je vous dis : Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra point la mort, à jamais. 52 Les Juifs donc lui dirent : Maintenant nous connaissons que tu as un démon : Abraham est mort, et les prophètes, et toi, tu dis : Si quelqu’un garde ma parole, il ne goûtera point la mort, à jamais. 53 Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? et les prophètes sont morts. Qui te fais-tu toi-même ? 54 Jésus répondit : Si moi je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui de qui vous dites : Il est notre Dieu . 55 Et vous ne le connaissez l 55l connaître, objectivement – pour les Juifs. pas ; mais moi, je le connais m 55m ici et jusqu’à la fin du verset : connaîtresubjectivement. : et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur, semblable à vous ; mais je le connais, et je garde sa parole. 56 Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait n 56n ou : de voir. mon jour ; et il l’a vu, et s’est réjoui. 57 Les Juifs donc lui dirent : Tu n’as pas encore 50 ans, et tu as vu Abraham ! 58 Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Avant qu’Abraham fût, je suis. 59 Ils prirent donc des pierres pour les jeter contre lui ; mais Jésus se cacha et sortit du temple.
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette promesse est un encouragement et constitue en même temps une épreuve pour ceux qui avaient cru, et que Jésus distingue de la foule par ces mots : Vous, si vous demeurez dans ma parole .
Demeurer dans la parole de Jésus, c'est la pratiquer dans une obéissance persévérante et en vivre par l'intelligence, par la conscience, par le cœur ; nous demeurons semblablement dans l'air que nous respirons.
Ailleurs Jésus dit : "Que mes paroles demeurent en vous" (Jean 15.7) l'idée est la même. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Le ton hautain de cette réponse trahit les chefs de la théocratie ; ils étaient présents, et en faisant appel à l'orgueil de race, si profond chez les Juifs, ils entraînent d'autres auditeurs dans une opposition hostile à la parole du Sauveur.
Se méprenant sur le sens de ce mot : être rendus libres , ils s'imaginent que Jésus méconnaît les privilèges qu'ils tiennent de leur descendance d'Abraham, et dont ils étaient si fiers. (Comparer Matthieu 3.9)
Quelle est la liberté dont ils se vantent, en disant : Nous ne fumes jamais esclaves de personne ?
Les interprètes diffèrent sur cette question. […]
v. 33-34 · Godet · 18/10/2026
Selon plusieurs interprètes modernes, ceux qui répondent ainsi à Jésus ne peuvent être les Juifs croyants du v. 30, d'autant plus que Jésus leur reproche au v. 37 de chercher à le faire mourir et les appelle plus loin enfants du diable. Lücke envisage donc les v. 30 à 32 comme une parenthèse et rattache le v. 33 à l'entretien précédent (v. 29). Luthardt pense qu'au milieu du groupe des gens bien disposés qui entourait Jésus, se trouvaient aussi des adversaires, et que ce furent ceux-ci qui en ce moment prirent la parole. D'autres donnent au verbe un sujet indéterminé : « On lui répondit. » Mais, dans tous ces sens, le récit de Jean serait singulièrement incorrect. En lisant le v. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette parole claire et profonde, rendue plus pénétrante encore par l'affirmation solennelle : En vérité, en vérité, je vous dis , replace la question de liberté ou d'esclavage sur son vrai terrain, celui de la conscience morale.
Le péché est, dans son essence, la révolte contre Dieu, la folie de vouloir être indépendant de lui. L'homme qui s'y adonne tombe donc par là dans l'esclavage de la chair, du monde du prince de ce monde, il a mille maîtres, tous étrangers à sa nature.
Le développement des passions, en particulier, est un commentaire effrayant de cette parole. (Comparer Romains 6.17,18 ; Luc 15.11 et suivants)
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus explique et développe sa pensée de l'esclavage moral en le comparant à l'esclavage social.
L'esclave n'a aucun droit dans la maison ; il n'y demeure pas toujours ; son maître peut le vendre ou le renvoyer. Telle était partout dans l'antiquité sa déplorable condition.
Peut-être même, pour répondes à l'objection des Juifs, (verset 33) Jésus fait-il allusion au fils d'Agar chassé de la maison, bien qu'il fût "la postérité d'Abraham." (Genèse 21.10,Galates 4.30)
Le fils , au contraire, a tous ses droits dans la maison, il y demeure toujours il en sera l'héritier ; alors il aura le droit d'affranchir tous les esclaves. (verset 36) […]
v. 35-36 · Godet · 18/10/2026
Si on lit au v. 34 les mots τῆς ἁμαρτίας, du péché , il faut admettre entre les v. 34 et 35 une transformation dans l'idée d'esclavage. Au v. 34, le maître, c'est le péché ; dans les v. 35 et 36, c'est Dieu, le propriétaire de la maison. Cette modification dans la notion de l'esclavage moral s'explique sans doute par une intuition qui est également celle de plusieurs passages dans les épîtres de saint Paul : c'est que l'esclave du péché, lorsqu'il se trouve membre de la théocratie, de la maison de Dieu, est rendu par là esclave par rapport à Dieu lui-même. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Si donc (puisqu'il en a le droit et la puissance) le Fils vous rend libres vous serez réellement libres .
Réellement , non de la fausse liberté dont vous prétendez jouir, (verset 33) mais de "la liberté des enfants de Dieu." (Romains 8.21)
- "Jésus substitue ici sa propre personne à cettevérité dont il disait : (verset 32) elle vous affranchira .C'est qu'il est la vérité vivante et que la vérité ne resplendit pour l'homme que dans sa parole." Godet. (2e édit.)
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ne nie pas les privilèges extérieurs que ces Juifs tenaient de leur descendance d'Abraham ; mais il leur prouve, en dévoilant les mauvais desseins de leurs cœurs, combien ils sont éloignés d'être ses enfants.
Il leur montre ainsi qu'il connaissait leurs sentiments, et que la haine dont il les savait animés, devait aboutir à sa mort : Vous cherchez à me faire mourir (grec à me tuer ) ! Et la raison qu'il en donne, c'est que sa parole , qui les aurait rendus libres de leurs passions, ne pénètre pas en eux .
D'autres traduisent : ne fait pas de progrès en vous, et pensent que cette déclaration s'adressait à. ceux qui avaient commencé à croire. (verset 30) Le verbe signifie proprement avancer .
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
Jésus ne récuse point l'authenticité des registres civils en vertu desquels ses auditeurs affirment leur qualité d'enfants d'Abraham. Mais il allègue un fait moral qui anéantit la valeur de cette filiation dans le domaine spirituel et divin : c'est leur conduite envers lui et envers sa parole. Jésus emploie ici une méthode semblable à celle de Jean-Baptiste, Matthieu ch. 3, et à celle de Paul, Romains ch. 9. - En raison de la résistance qu'ils opposent à son enseignement, il s'adresse à eux comme à des gens déjà rentrés dans la solidarité de cette communauté Israélite qui aspire à se défaire de lui. De là ce reproche qu'on a trouvé si étrange (comparez les v. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Pourquoi ma parole n'a-t-elle aucun empire sur vous ? C'est parce que cette parole provient d'une tout autre source que vos sentiments et vos actions. Moi je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; c'est donc lui qui parle par ma bouche.
Vous donc aussi (ce donc marque une ironie pleine de tristesse), ce que vous avez entendu de votre père, vous le faites .
Il ne dit point encore qui est ce père, il le dira au verset 44. Ainsi Dieu et le prince des ténèbres, tels sont les deux êtres invisibles desquels dépendent Jésus d'une part et ses auditeurs d'autre part. […]
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
En entendant Jésus leur parler d'un père qu'ils imitent dans leurs actions, ses auditeurs se réclament pour la seconde fois (verset 33) de leur descendance d'Abraham ; mais le Seigneur, plongeant son regard dans leur cœur et dans leur vie leur prouve qu'ils ne sont point moralement enfants d'Abraham, puisqu'ils font des œuvres tout opposées aux siennes. (verset 40)
- D'après une variante, Jésus aurait dit : "Si vous êtes (Sin., B, D) enfants d'Abraham, vous feriez ou (impératif) faites (B, vulgate) les œuvres d'Abraham." L'idée serait la même au fond.
v. 39-40 · Godet · 18/10/2026
Les Juifs se sentent atteints par l'insinuation du v. 38 : ils affirment plus énergiquement, et avec un sentiment de dignité blessée, leur descendance d'Abraham. Jésus reprend sa réponse du v. 37 et la développe : Pour qu'il y ait parenté réelle, il doit y avoir conformité dans la conduite. - La leçon alex. : Si vous êtes…, vous feriez , ne peut se défendre qu'en admettant une forte anomalie grammaticale. Jean poserait d'abord le fait comme réel (vous êtes ), pour le nier ensuite dans la seconde proposition (vous feriez ). […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Quel contraste criant entre une telle conduite et les œuvres d'Abraham !
Le trait le plus saillant de son caractère fut une humble obéissance à Dieu ; et vous, vous cherchez à faire mourir un homme qui vous annonce la vérité de Dieu !
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour la seconde fois, (verset 38) Jésus cherche à leur faire sentir que, loin d'être moralement les enfants d'Abraham, ils sont sous l'influence d'un autre père dont ils imitent les œuvres (verset 44) et qu'il évite encore de nommer.
S'apercevant enfin que Jésus parle d'une filiation spirituelle et leur reproche d'être les enfants d'un père invisible auquel ils obéissent, ils affirment hardiment qu'ils n'ont qu'un seul père , et que ce Père, c'est Dieu .
Pour le prouver, ils disent avec un orgueil indigné :Nous ne sommes pas des enfants illégitimes (grec nous ne sommes pas nés de la fornication ou de l'adultère .) […]
v. 41-43 · Godet · 18/10/2026
Les Juifs acceptent maintenant le sens moral dans lequel Jésus prend la notion de filiation et l'emploient en leur faveur : « Ne parlons plus d'Abraham, si tu le veux ; quoi qu'il en soit, dans le domaine spirituel, auquel il paraît que tu penses, c'est Dieu seul qui est notre père. Et nous n'avons pu recevoir dans sa maison que de bons exemples et de bons principes. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Si Dieu était votre Père , vous auriez en vous les sentiments dont ses enfants sont animés, et vous m'auriez reconnu des l'abord ; bien plus, vous m'aimeriez , puisque c'est de lui que je tire mon origine : c'est de Dieu que je suis issu ; c'est de son essence même que j'émane, (comparez Jean 13.3 ; 16.27,28,30 ; 17.8) et c'est aussi de lui que je tiens ma mission : c'est lui qui m'a envoyé .
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Le langage , c'est la forme, l'accent l'idiome, (Matthieu 26.73) la parole , c'est le fond, le contenu, la pensée.
Or les auditeurs de Jésus ne reconnaissent pas son langage, parce qu'ils ne peuvent pas écouter sa parole de manière à la recevoir dans leurs cœurs ; ils s'en sont rendu moralement incapables. C'est ainsi que, bien souvent, le langage même de l'Evangile est inintelligible a ceux qui n'en sentent pas la vérité.
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Vous, vous êtes du père, le diable , c'est-à-dire le père dont vous êtes les enfants, c'est le diable.
Jésus venait de dénier à ses adversaires qu'ils fussent enfants de Dieu. (verset 42) Deux fois il avait insinué qu'ils avaient un autre père (versets 38,41) maintenant, en présence de leurs orgueilleuses prétentions, il nomme ce père duquel ils sont issus, sans reculer devant la sévérité de cette révélation.
Il est évident qu'il ne faut entendre ce mot de père , ni dans son sens naturel, ni dans un sens métaphysique, mais lui donner une signification morale. […]
v. 44 · Godet · 18/10/2026
La lumière ne parvient point à percer dans ce milieu juif, parce qu'il est soumis à un principe ténébreux. - Ὑμεῖς, vous , est fortement accentué : « Vous, qui vous targuez d'avoir Dieu pour père. » Grotius a fait de τοῦ διαβόλου, du diable , le complément de πατρός, en prenant le premier mot dans un sens collectif : le père des démons. Hilgenfeld, partant de la même construction grammaticale, surprend ici l'évangéliste en flagrant délit de gnosticisme. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce mot : mais moi , placé en tête de la phrase, marque l'opposition absolue qu'il y a entre Jésus et "le Père du mensonge." (verset 44)
Moi, je dis la vérité ; et c'est précisément la raison (parce que ) pour laquelle vous , les enfants de ce père, ne me croyez point . Si je proférais le mensonge, vous me croiriez, parce que je parlerais selon l'esprit qui vous anime. (verset 47) Abîme de dépravation morale et intellectuelle !
v. 45-47 · Godet · 18/10/2026
Ce qui d'ordinaire, fait qu'un homme est cru, c'est qu'il dit la vérité. Jésus fait avec les Juifs l'expérience opposée. Ils sont tellement dominés par le mensonge dont leur père a obscurci leur cœur, que c'est précisément parce qu'il dit la vérité, qu'il ne trouve pas créance chez eux. Ἐγώ, en tête : Moi , l'organe de la vérité, en opposition à Satan, celui du mensonge.
Verset 46. Pour justifier leur défiance à l'égard de son dire , il faudrait du moins qu'ils pussent l'accuser de quelque faute dans son faire ; car la sainteté et la vérité sont sœurs. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
La preuve sans réplique que Jésus dit la vérité , c'est la sainteté de sa vie : (Jean 8.29 ; 7.18) Qui de vous (grec) me convainc de péché ?
"II faut se représenter cette question suivie d'une pause propre à laisser le temps à quiconque voudra l'accuser de se faire entendre...Nul n'ouvre la bouche. L'aveu renfermé dans ce silence sert de prémisse au raisonnement suivant. Eh bien donc, si, comme votre silence le démontre, j'enseigne la vérité, pourquoi, vous, ne croyez-vous pas ?" Godet.
La question que Jésus jette comme un défi à ses adversaires,**"témoignage d'une confiance infaillible qui ne craint aucune contradiction, porte sa preuve en soi. […]
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Telle est la vraie réponse à la question qui précède : Pourquoi ne me croyez vous pas ? Et cette réponse est en même temps une sentence prononcée sur leur incrédulité.
Pour croire la vérité, il faut être de Dieu dont elle émane, c'est-à-dire être sous l'influence de son Esprit, éprouver "l'attrait du Père ;" (Jean 6.44) c'est ce que Jésus nomme ailleurs "être de la vérité." (Jean 18.37)
Or, ses adversaires ne sont pas de Dieu ; ils sont du diable, (verset 44, la préposition qui indique ce rapport est la même dans les deux cas) et voilà pourquoi ils n'écoutent point ses paroles.
Ce verbe a ici le sens de l'hébreu qui signifie, à la fois, écouter avec attention, comprendre, obéir.
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Les Juifs haïssaient et méprisaient les Samaritains , parce qu'ils les considéraient comme des ennemis du peuple de Dieu et des schismatiques. (Matthieu 10.5,6, note ; comparez Jean 4.9)
Appeler quelqu'un Samaritain était une injure.
Mais, non contents de cet outrage, les adversaires de Jésus en ajoutent un second, plus haineux encore, par ces mots : Tu as un démon , c'est-à-dire tu en es possédé, tu es fou.
Les Juifs voyaient dans la folie un effet de l'influence satanique. (Jean 8.52 ; 7.20) Ainsi, plus les vérités que proférait le Sauveur devenaient claires et sévères, plus la haine de ses adversaires augmentait. Ne pouvant réfuter ses paroles, ils l'injurient.
v. 48-50 · Godet · 18/10/2026
Quelques-uns (Hengstenberg, Astié) pensent qu'en appelant Jésus un Samaritain, ils veulent le taxer d'hérétique , comme se faisant égal à Dieu. Mais le terme de Samaritain peut difficilement être envisagé comme synonyme de blasphémateur. Les Samaritains passaient pour les ennemis nationaux des Juifs ; or Jésus paraissait faire acte d'hostilité contre son peuple en accusant tous les Juifs d'être des enfants du démon. Le vertige de la folie leur semble même pouvoir seul expliquer un tel langage ; et c'est ce qu'ils expriment par ces mots : Tu es possédé d'un démon , qui sont comme le pendant du reproche de Jésus. Le sens de cette apostrophe revient à ceci : Tu es aussi méchant que fou. […]
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Sans s'émouvoir de ces injures, Jésus se contente de répondre avec calme et dignité que, dans tout ce qu'il vient de dire, il ne cherche que l'honneur de Dieu , non sa propre gloire , et il remet sa cause et tout jugement à son Père céleste.
Eux, au contraire, le déshonorent par leurs outrages il le sent fort bien mais il s'en remet à Dieu. (1Pierre 2.23)
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
A qui s'adressent ces paroles ?
Les interprètes se divisent sur cette question.
Les uns, Calvin, de Wette, M. Godet, pensent que Jésus, après une pause, se tourne vers ses auditeurs les mieux disposés, vers ceux qui avaient éprouvé un premier mouvement de foi (verset 30) et rempli la condition posée par lui au verset 31 ; il fait maintenant briller à leurs regards la magnifique promesse dE verset 51.
D'autres comme Meyer, Weiss, Luthardt, pensent que ces paroles se relient immédiatement à celles qui précèdent, et que Jésus, tout en annonçant le jugement de Dieu, (verset 50) déclare une dernière fois que la parole qu'il annonce est le seul moyen d'échapper à la mort . […]
v. 51-53 · Godet · 18/10/2026
Avec le dernier mot du v 50 et qui juge , Jésus en a fini avec ses interlocuteurs actuels. Mais il sait que, parmi ces nombreux auditeurs qui avaient cru en lui (v. 30) et dont plusieurs avaient immédiatement succombé à l'épreuve (v. 32), il y en a un certain nombre qui ont accompli la condition posée par lui, v. 31 : Si vous demeurez dans ma parole ; c'est à ceux-là, me paraît-il aussi bien qu'à ses disciples en général, qu'il adresse la magnifique promesse du v. 51. Ainsi pensent Calvin, de Wette, etc. […]
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
Les Juifs, prenant le mot de mort dans un sens purement matériel, s'affermissent dans leur opinion injurieuse que Jésus est fou, qu'il parle sous l'influence d'un démon . (verset 48, note.)
Les plus grands hommes de Dieu, Abraham, les prophètes sont morts ; et toi, tu prétends avoir la puissance d'exempter de la mort !
Qui prétends-tu être ? (grec qui te fais-tu toi même ? )
- Au lieu du terme : voir la mort , ces disputeurs disent goûter la mort. L'idée est la même, avec cette différence que ce dernier mot offre l'image d'une coupe amère qu'il s'agit de vider. (Comparer Matthieu 16.28)
v. 54 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus répond à ceux qui l'accusent de s'élever lui-même jusqu'à prétendre délivrer de la mort : Si c'est moi , moi seul, qui me glorifie , cette gloire est vaine ; mais je la puise tout entière dans mon unité avec mon Père . (Comparer verset 16)
C'est lui, dont vous dites : Il est notre Dieu, qui me glorifie . S'il était vraiment votre Dieu, vous croiriez en moi ; mais votre opposition contredit vos paroles.
Le texte reçu avec Sin., B, D porte : "Qu'il est votre Dieu."
Meyer, Tischendorf, Tregelles préfèrent le texte de A, C, la plupart des majuscules, estimant que votre est une correction faite sous l'influence du vous qui précède.
v. 54-56 · Godet · 18/10/2026
Dans un sens, Jésus se glorifie bien lui-même chaque fois qu'il se rend témoignage ; mais l'accent est sur ἐγώ, moi , « moi seul, sans le Père, recherchant et m'attribuant une position qui ne m'aurait point été donnée. » Le mot δοξάσω peut être soit le futur indicatif, soit l'aoriste conjonctif. C'est ici la réponse à la question : Qui prétends-tu être ? « Rien que ce que le Père a voulu que je fusse. » Et cette volonté du Père à son égard se manifeste à chaque instant par des signes éclatants que discerneraient aisément les Juifs, si Dieu était réellement pour eux ce qu'ils prétendent : leur Dieu. […]
v. 55 · Bible annotée · 18/10/2026
Vous ne le connaissez point ; il y a en grec le parfait qui signifie : vous n'avez pas appris à le connaître et vous ne le connaissez pas actuellement.
Malgré la révélation de Dieu dans sa Parole, ils sont dans cette profonde ignorance, à cause de leur aveuglement moral.
Mais Jésus le connaît et il garde sa parole , car il est avec lui dans une complète unité de volonté et d'amour. C'est à ce caractère que les Juifs auraient dû reconnaître la vérité divine de ses paroles.
Indigné de leur résistance à cette vérité, Jésus leur rappelle encore l'esprit de mensonge qui en est la cause et qu'il leur a déjà signalé au verset 44.
v. 56 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, après s'être justifié du reproche de se glorifier lui-même, aborde la question posée par les Juifs : "Es-tu plus grand qu'Abraham ?" (verset 53) Oui, je le suis, répond-il hardiment, puisque j'ai été l'objet de l'espérance et de la joie de ce patriarche.
Il y a de l'ironie dans ce mot : Abraham, votre père , celui que vous vénérez, s'est humblement réjoui dans l'espoir de ma venue.
Quel contraste avec leur attitude !
L'événement après lequel soupirait Abraham, et que Jésus appelle mon jour , ne peut être que l'apparition du Sauveur sur la terre, pour accomplir la rédemption du monde. […]
v. 57 · Bible annotée · 18/10/2026
De ce qu'Abraham a vu le jour de Christ, il paraissait résulter que Christ avait dû voir Abraham , c'est-à-dire avoir existé deux mile ans avant son temps. Quelle absurdité aux yeux des Juifs !
- Bien que Jésus n'eût que trente et quelques années, les Juifs disent : Tu n'as pas encore cinquante ans , afin d'être sûrs de dépasser son âge dans leur estimation. Ils veulent dire : Tu n'es pas encore un vieillard. (Nombres 4.3,39 ; 8.24,25)
v. 57-58 · Godet · 18/10/2026
De ce qu'Abraham avait vu Jésus, il paraissait résulter que Jésus devait avoir vu Abraham. La question des Juifs est l'expression d'une surprise indignée. - Le chiffre cinquante est un chiffre rond ; cinquante ans désigne la clôture de l'âge viril. Comparez Nombres 4.3,39 ; 8.24-25. Le sens est : « Tu n'es pas encore vieillard. » Il n'y a rien à conclure de là quant à l'âge réel de Jésus, puisque dix ou vingt années de plus, dans ce cas, ne changeaient rien à la chose. - « Je ne suis pas seulement son contemporain, répond Jésus, mais j'existe même antérieurement à lui. » La formule amen, amen , annonce la grandeur de cette révélation sur sa personne. […]
v. 58 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Avant qu'Abraham devint , naquit à l'existence, moi, je suis .
Le devenir appartient à tout ce qui est créé ; l'être absolu, éternel, appartient à Dieu seul, et c'est dans ce sens que Jésus Christ parle ici. (Comparer verset 24, note.)
Il faut bien remarquer ce présent : je suis ; Jésus ne dit pas : j'étais , comme le voudrait la grammaire et comme traduit Ostervald, pour lui, le temps n'existe pas. Cette grande vérité de sa préexistence éternelle, Jésus l'affirme solennellement, en présence de ses ennemis, comme il l'exprimera en parlant à Dieu son Père, dans sa dernière prière. (Jean 17.5)
C'est donc de la bouche même de son Maître que Jean à tiré l'idée sublime de son prologue. (Jean 1.1)
- Il est tristement instructif de voir les efforts d'imagination que faisait l'ancien socinianisme, et que font encore aujourd'hui bien des théologiens, pour échapper à la vérité révélée par ces paroles.
v. 59 · Bible annotée · 18/10/2026
Ils ont compris."Devant cette réponse, il ne restait aux Juifs qu'à adorer,...ou à lapider." Godet. (Jean 5.18 ; 10.31-33)
Jésus se cacha dans la foule qui l'entourait et où ses disciples purent faciliter son évasion. Ainsi il sortit du temple pour se soustraire aux desseins meurtriers de ses ennemis.
Le texte reçu ajoute : passant au milieu d'eux ; et ainsi il s'en alla .
Ces mots qui manquent dans Sin., B, D, Itala sont presque littéralement empruntés à Luc 4.30, et ont été introduits dans notre texte afin de marquer que Jésus recourut à un miracle pour se soustraire au danger. […]
v. 59 · Godet · 18/10/2026
Devant cette réponse, il ne restait en effet aux Juifs qu'à adorer… ou à lapider. Le mot ἦραν, proprement : ils levèrent , indique une velléité, une menace, plutôt encore peut-être qu'un dessein bien arrêté. Comparez l'expression plus forte 10.31. Ces pierres se trouvaient probablement dans le parvis, en vue de la construction du temple, qui n'était pas encore terminée. Le mot ἐκρύβη, (il se cacha ), ne renferme point, exclut plutôt l'idée d'un miracle. Jésus était entouré d'un cercle de disciples et d'amis qui facilitèrent son évasion. - Quelle que soit l'autorité des documents et des Vss. qui appuient ici le T. R. […]