En quoi consistait l'épreuve, ou le piège tendu au Sauveur ? Cette question est résolue de manières diverses par les interprètes.
Lücke et de Wette la déclarent même insoluble !
La plupart l'expliquent ainsi : si Jésus se prononçait contre la lapidation, les pharisiens l'auraient accusé auprès du sanhédrin comme contempteur de la loi de Moïse, s'il s'était prononcé pour le supplice, ils l'auraient dénoncé à l'autorité romaine comme les incitant à usurper un droit - celui de mettre à mort qui ne leur appartenait plus.
Cette dernière supposition est invraisemblable. Pilate ne se serait pas ému du fait qu'un simple rabbin galiléen avait donné son avis dans une question semblable. Et lors même que Jésus eût été compétent pour prononcer une sentence capitale, le gouverneur restait toujours libre de ne pas la confirmer.
Le sanhédrin lui-même n'hésitera pas à condamner Jésus à mort sans s'être assuré au préalable si Pilate ratifierait son jugement, et Pilate ne lui en fera pas un grief.
Nous comprenons donc le piège dressé à Jésus d'une manière un peu différente : si Jésus s'était prononcé pour l'application rigoureuse de la loi, les pharisiens l'auraient accusé non auprès de l'autorité romaine, mais devant tout le peuple juif, comme un homme déchu de son rôle de Messie miséricordieux, qui jusqu'ici avait annoncé la grâce et le pardon aux plus grands pécheurs, et Lui, maintenant, voulait rétablir une loi que sa rigueur même avait fait tomber en désuétude.
Ainsi, selon sa réponse, accuser Jésus devant le sanhédrin comme méprisant la loi, ou le discréditer devant le peuple comme rigoriste, tel était le dilemme dans lequel ses ennemis espéraient l'enfermer. Cette explication est celle de Luther, Calvin, Bengel, Tholuck et d'autres.
Jésus était assis dans l'un des parvis du temple ; (verset 2) il n'avait donc qu'à se baisser en avant pour écrire sur la terre.
Mais quelle était son intention ? Evidemment, comme cette attitude était peu respectueuse à l'égard de ceux ; qui lui adressaient la parole, c'était leur dire tacitement qu'il ne voulait pas leur répondre, ni, en particulier, s'immiscer dans une affaire juridique qui ne regardait que leurs tribunaux. (Comparer Luc 12.14)
L'exégète ne doit donc pas se demander ce que Jésus écrivait. Tout au plus pourrait-on penser qu'il écrivait la sentence qu'il va prononcer. (verset 7)
"D'abord, lorsque la femme est accusée, Christ, comme s'il était occupé d'autre chose, ne répond rien, voulant écarter de lui cette question qui appartenait à la connaissance du magistrat politique. Ensuite, comme on le pressait, il prononce une sentence, non sur la femme, mais sur les péchés de ceux-là même qui l'accusaient."Mélanchthon.