1 Et comme il passait, il vit un homme aveugle dès sa naissance. 2 Et ses disciples l’interrogèrent, disant : Rabbi, qui a péché : celui-ci, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? 3 Jésus répondit : Ni celui-ci n’a péché, ni ses parents ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. 4 Il me faut faire a 4a à la fin du verset : travailler. les œuvres de celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler. 5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. 6 Ayant dit ces choses, il cracha en terre et fit de la boue de son crachat, et mit la boue comme un onguent sur ses yeux, 7 et lui dit : Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (ce qui est interprété Envoyé). Il s’en alla donc, et se lava, et revint voyant. 8 Les voisins donc, et ceux qui, l’ayant vu auparavant, [savaient] qu’il était mendiant, dirent : N’est-ce pas celui qui était assis et qui mendiait ? 9 Quelques-uns disaient : C’est lui. D’autres disaient : Non, mais il lui ressemble. Lui dit : C’est moi-même. 10 Ils lui dirent donc : Comment ont été ouverts tes yeux ? 11 Il répondit et dit : Un homme, appelé Jésus, fit de la boue et oignit mes yeux, et me dit : Va à Siloé et lave-toi. Et je m’en suis allé, et je me suis lavé, et j’ai vu. 12 Ils lui dirent donc : Où est cet [homme] ? Il dit : Je ne sais.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
La guérison de l'aveugle-né. Dernière phase du conflit. Ch. 9 et 10 Chapitre 9. 1 à 41
L'aveugle-né guéri.
Si les mots qui, dans le texte reçu, terminent le Jean 8 Et ainsi il s'en alla (grec il passa ), étaient authentiques, le commencement de Jean 9 Et comme il passait , ou en passant , se rattacherait immédiatement à la scène violente qui marqua la sortie de Jésus du temple. (Jean 8.59)
Mais dans ce cas il serait invraisemblable que les disciples eussent si tôt recouvré le calme que suppose leur question. (verset 2) Rien n'oblige, dans le texte authentique, à rapprocher autant les deux faits. […]
v. 1-5 · Godet · 18/10/2026
Ces cinq premiers versets décrivent la situation dans laquelle s'est produit le nouveau miracle. Si les derniers mots du chapitre précédent dans le T. R. étaient authentiques, les premiers de celui-ci rattacheraient étroitement cette scène à la précédente. Comparez καὶ παράγων avec παρῆγεν οὕτως. Mais il y aurait, dans ce cas, comme l'a bien vu de Wette, une invraisemblance dans le récit ; car la question que les disciples adressent à Jésus au v. 2, suppose un état d'âme plus calme que celui dans lequel ils auraient pu se trouver en sortant du temple à la suite de la scène violente du ch. 8. Rien, dans le texte authentique, ne force à rattacher l'un de ces faits à l'autre. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Les disciples , voyant que Jésus arrêtait ses regards sur ce malheureux, lui adressent une question qui suppose dans leur esprit, à la fois une vérité profonde et une dangereuse erreur.
La vérité, c'est que tout mal dans ce monde, toute souffrance de notre humanité provient du péché , et ne saurait, sans blasphème, être attribuée à Dieu. (Genèse 3.1 ; Romains 5.12)
L'erreur, qui était générale parmi les Juifs, consistait à penser que toute souffrance personnelle est le châtiment de péchés personnels. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ne nie point les péchés de l'aveugle ou ceux de ses parents , mais il conteste que son infirmité soit le châtiment spécial de leurs fautes personnelles. Puis, il élève les pensées de ses disciples vers la miséricorde infinie de Dieu qui sait transformer un mal temporel en un bien éternel. Cette action salutaire de la providence divine, dont il se sait l'organe particulier, (verset 5) est ce que Jésus appelle les œuvres de Dieu , ces œuvres de sa grâce que Jésus accomplissait alors dans toute sa vie. (comp Jean 9.4 ; Jean 5.36 ; 10.25) […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour Jésus, comme pour les siens il n'y a qu'un temps déterminé où ils puissent travailler et faire les œuvres de Dieu : c'est le temps de la vie présente.
En effet, ces mots : pendant qu'il fait jour , sont clairement expliqués par ceux ci : pendant que je suis dans le monde . (verset 5)
Le jour , pendant lequel on travaille, est donc celui de notre vie ; la nuit , c'est la mort.
Jésus fait ainsi allusion à sa fin prochaine et montre, dans son infatigable activité, l'exemple que doivent imiter les siens. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Quand je suis...
Cette conjonction fait ressortir le caractère transitoire de l'activité de Jésus ici-bas. Jésus confirme et explique sa déclaration précédente. Il fait véritablement les œuvres de Dieu, parce qu'il est la lumière du monde .
Cette grande parole, qui serait d'un insensé, si elle n'était du Fils de Dieu, il l'a répétée plus d'une fois ; (Jean 8.12 ; 12.35) mais ici, il la prononce avec un à-propos particulier au moment où il va communiquer à cet aveugle la lumière du corps et celle de l'âme. Et, dans ce qu'il vient de dire, n'a-t-il pas déjà fait resplendir la lumière sur les douloureux mystères de notre vie (verset 3) et sur l'emploi du temps qui nous est donné ici-bas ? (verset 4)
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
D'ordinaire le Seigneur guérit les malades simplement par sa parole créatrice. Dans certains cas, assez rares, il emploie des moyens extérieurs. (Matthieu 8.3 ; Marc 7.33 ; 8.23)
Ici, il fait avec sa salive une boue qu'il (grec) mit comme un onguent sur les yeux de l'aveugle .
Pourquoi ? Nous ne le savons pas. Toutes les explications qu'on a données de ce procédé se réduisent à des conjectures. Jésus, qui ne faisait rien d'inutile, rien qui fût une simple apparence, jugeait sans doute ces moyens nécessaires à l'accomplissement de la guérison.
Le miracle n'en restait pas moins un acte surnaturel de sa puissance divine. […]
v. 6-7 · Godet · 18/10/2026
Par les mots : ayant dit cela , l'évangéliste présente l'acte suivant comme l'application immédiate du principe que Jésus vient de poser. - Matthieu 20.34 ; Marc 10.46, Jésus guérit un aveugle par le simple attouchement. Marc 7.33 ; 8.23, il emploie, comme ici, sa salive pour opérer des guérisons. Il ne fait donc usage d'un élément extérieur que dans quelques cas. De là résulte qu'il n'en use point comme d'un moyen médical. Serait-ce le véhicule ou le conducteur de sa puissance miraculeuse, comme l'ont pensé plusieurs ? La même raison empêche de s'arrêter à cette pensée. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Ordonner à l'aveugle d'aller se laver au réservoir de Siloé , c'était encore exercer sa foi, tout en accomplissant le miracle de sa guérison. (Comparer 2Rois 5.10-14)
La source de Siloé avait joué un rôle dans les cérémonies de ces jours de fête. (Jean 7.37, 2e note.)
"Le pied du mont de Morijah, vis-à-vis de Siloé, est couvert de Jardins potagers disposés en terrasses où sont plantés des grenadiers et où l'on cultive des artichauts et d'autres légumes. Ce sont les anciens jardins du Roi **, ils ont la verdure la plus fraîche que j'aie encore vue en Palestine. Ils la doivent à l'eau du réservoir de Siloé qui est audessus et au moyen duquel on les irrigue. […]
v. 8-12 · Godet · 18/10/2026
Ces versets décrivent, de la manière la plus naturelle et la plus dramatique, l'effet produit par le retour de l'aveugle dans sa maison. Des voisins, l'évangéliste distingue tous ceux, en général, qui étaient habitués à le voir (participe, imparfait θεωροῦντες) demandant l'aumône. - La question du v. 8 est posée par tous ; mais deux tendances un peu différentes se manifestent immédiatement dans les solutions données, v. 9. Les uns reconnaissent franchement le fait : « Oui, c'est lui. » Les autres semblent déjà se ménager un moyen de l'éluder : « Il lui ressemble. » Dans la leçon byz. : Il lui ressemble , est concédée une ressemblance fortuite qui tendrait à établir l'identité. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Le résultat du miracle est que les voisins de l'aveugle guéri discutent l'identité de sa personne et diffèrent d'opinion à son égard. Leur hésitation se conçoit d'autant mieux que la physionomie de cet homme devait paraître tout autre depuis que ses yeux s'étaient ouverts et rayonnaient de joie. Cette première scène est décrite d'une manière vive et dramatique.
- Au verset 8, le texte reçu porte : aveugle au lieu de mendiant . Au verset 9, le texte reçu porte seulement : "Il lui ressemble" (grec semblable ).
La leçon de Sin., B, C, versions : "Non, mais il lui ressemble," implique une négation plus prononcée de l'identité.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
On lui demande comment il a été guéri. C'est là une question à laquelle nul homme n'aurait pu répondre, car le comment d'un miracle est toujours un mystère.
Mais ce qu'il a éprouvé, son expérience, c'est là ce que l'aveugle guéri raconte avec autant de précision que de simplicité et de vérité.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Comme l'aveugle n'avait pas pu voir Jésus avant sa guérison et qu'immédiatement après il était retourné chez lui, il ne pouvait réellement pas savoir où était son libérateur.
- L'évangéliste nous décrit d'une manière admirable les développements progressifs de la lumière intérieure dans cet homme qui venait de voir pour la première fois, la lumière du jour.
D'abord il ne connaît que l'expérience qu'il a faite de la puissance et de l'amour de Jésus, (verset 11) il arrive ensuite à la conviction que son libérateur est un prophète, un envoyé de Dieu ; (verset 17) puis il affirme courageusement cette conviction devant les ennemis du Sauveur ; (versets 27-33) enfin, en présence et par la parole de Jésus, il parvient à une pleine foi en lui. (verset 38)
13 Ils amenèrent aux pharisiens celui qui auparavant avait été aveugle. 14 Or c’était un jour de sabbat que Jésus fit la boue, et qu’il ouvrit ses yeux. 15 Les pharisiens donc aussi lui demandèrent encore comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit : Il a mis de la boue sur mes yeux, et je me suis lavé, et je vois. 16 Quelques-uns donc d’entre les pharisiens dirent : Cet homme n’est pas de Dieu , car il ne garde pas le sabbat. D’autres disaient : Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? Et il y avait de la division entre eux. 17 Ils disent donc encore à l’aveugle : Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu’il t’a ouvert les yeux ? Et il dit : C’est un prophète. 18 Les Juifs donc ne crurent pas qu’ilb 18b litt. : de lui, qu’il. avait été aveugle et qu’il avait recouvré la vue, jusqu’à ce qu’ils aient appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue. 19 Et ils les interrogèrent, disant : Celui-ci est-il votre fils, que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ? 20 Ses parents [leur] répondirent et dirent : Nous savons que celui-ci est notre fils, et qu’il est né aveugle ; 21 mais comment il voit maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas, nous ; il a de l’âge, interrogez-le, il parlera de ce qui le concerne. 22 Ses parents dirent ces choses, parce qu’ils craignaient les Juifs ; car les Juifs étaient déjà convenus que si quelqu’un le confessait comme le Christ, il serait exclu de la synagogue. 23 C’est pourquoi ses parents dirent : Il a de l’âge, interrogez-le.
v. 13-17 · Godet · 18/10/2026
Ceux qui poussent à l'enquête sont ces interrogateurs malveillants des v. 10 et 12. Le terme les pharisiens ne peut désigner le sanhédrin tout entier (comparez 7.45). Le parti pharisien avait-il peut-être une certaine organisation, et s'agirait-il de ses chefs ? Il est plus naturel de penser qu'il s'agit ici des plus ardents. Ceci se passe sans doute le lendemain du jour où avait eu lieu le miracle.
Verset 14. Keil remarque qu'il n'est pas dit : car , mais or (δέ). Ce n'est donc pas ici l'indication du motif pour lequel ils l'amenèrent ; c'est une remarque incidente, explicative de ce qui suit. […]
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui sont ceux qui mènent cet homme vers les pharisiens ?
Evidemment quelques-uns de ces voisins dont il vient d'être fait mention, (verset 8) plus particulièrement ceux qui avaient exprimé leurs doutes (verset 9)
L'évangéliste remarque incidemment que la guérison avait eu lieu un jour de sabbat . Cette circonstance augmentait leur incertitude. Les pharisiens seuls, pensent-ils, pouvaient porter un jugement sur la valeur légale de cette action, eux-mêmes ne se permettent pas de l'apprécier. Il y a donc, dans leurs motifs, plus d'ignorance et de servilité que d'inimitié contre Jésus. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Ils lui demandèrent à leur tour (grec de nouveau ), parce qu'ils ne font que répéter la question du verset 10.
Le comment se rapporte à ce que Jésus avait fait, il leur importait de savoir s'il y avait là de quoi fonder l'accusation d'une violation du sabbat. (verset 16)
- Quelle précision et quelle vérité dans la réponse de l'aveugle guéri ! Trois mots lui suffisent.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces quelques -uns, d'entre les plus mal intentionnés, ne nient pas encore le miracle ; (verset 18) mais ils en concluent que celui qui l'a opéré ne peut pas être un Envoyé de Dieu, parce qu'à leurs yeux son action était une violation du sabbat.
D'autres , plus éclairés, mieux disposés, concluent, comme Nicodème, (Jean 3.2) que de tels miracles ne peuvent pas être l'œuvre d'un homme pécheur , c'est-à-dire, d'un transgresseur de la loi divine. Ils se refusent donc à admettre qu'il y ait eu violation du sabbat.
C'est ainsi qu'il y avait division entre eux.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
L'opinion de l'aveugle guéri n'importait pas beaucoup aux plus hostiles de ces hommes, (verset 34) mais ils la lui demandent dans l'espoir de lui arracher quelque parole qui leur permit de fonder une accusation contre Jésus ou de convaincre d'imposture celui qui avait recouvré la vue. (verset 18) Au lieu de cela ils entendent de sa bouche cette première confession : C'est un prophète , un Envoyé de Dieu.
La conviction de cet homme s'était éclairée et affermie par la discussion même à laquelle il venait d'assister.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Maintenant Jean n'emploie plus le mot de pharisiens ; il dit : les Juifs , terme par lequel il désigne toujours les adversaires du Sauveur. (Jean 1.19, note.)
Ils ne crurent point (grec) à son sujet qu'il avait été aveugle et qu'il avait recouvré la vue ; mais, soupçonnant une entente entre lui et Jésus, ils voulurent avoir le témoignage de ses parents eux-mêmes, qui devaient le mieux connaître l'état précédent et l'état actuel de leur fils.
v. 18-23 · Godet · 18/10/2026
Par le terme οἱ Ἰουδαῖοι, les Juifs , Jean ne veut pas désigner un groupe d'individus nouveaux. Ce sont toujours les mêmes ; seulement il les désigne maintenant, non plus au point de vue de leur position en Israël, mais à celui de leur disposition envers Jésus. Il s'agit des plus hostiles, de ceux auxquels se rapportait v. 16a. Ils soupçonnent un compérage entre Jésus et l'aveugle, et veulent, par cette raison, interroger ses parents. Des trois questions que renferme le v. 19, les deux premières, celles qui se rapportent à la cécité originaire de leur fils et à l'identité de l'homme guéri avec ce fils, sont résolues aussitôt affirmativement par les parents. […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Deux questions, dont la première était bien facile à résoudre. Quant à la seconde, ses parents ne peuvent ni ne veulent y répondre. Par ces mots : votre fils que vous dites être né aveugle , les interrogateurs trahissent leur incrédulité sur ce fait même.
Les parents affirment ce double fait que c'est là leur fils et qu'il est né aveugle . Mais, quant à la guérison et quant à celui qui l'a accomplie, ils s'empressent de nier toute connaissance et de rejeter sur leur fils le soin de répondre à ces questions.
Les paroles qui suivent (versets 22-24) n'expliquent que trop bien cette lâcheté et cette servilité, ainsi que l'espèce de terreur que l'autorité despotique des pharisiens inspirait au peuple.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
L'exclusion de la synagogue , et par là de toute communion religieuse avec le peuple, était le premier degré de l'excommunication. Cette décision prise par le sanhédrin contre les adhérents de Jésus avait dû faire sensation dans Jérusalem, et les parents de l'aveugle ne pouvaient l'ignorer.
24 Ils appelèrent donc, pour la seconde fois, l’homme qui avait été aveugle, et lui dirent : Donne gloire à Dieu ; nous savons que cet homme est un pécheur. 25 Il répondit donc : S’il est un pécheur, je ne sais ; je sais unec 25c une seule. chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois. 26 Et ils lui dirent encore : Que t’a-t-il fait ? Comment a-t-il ouvert tes yeux ? 27 Il leur répondit : Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous encore l’entendre ? Voulez-vous aussi, vous, devenir ses disciples ? 28 Ils l’injurièrent et dirent : Toi, tu es le disciple de celui-là ; mais nous, nous sommes disciples de Moïse. 29 Pour nous, nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais, pour celui-ci, nous ne savons d’où il est. 30 L’homme répondit et leur dit : En ceci pourtant il y a une chose étrange, que vous ne sachiez pas d’où il est, et il a ouvert mes yeux. 31 Or, nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est pieux envers Dieu et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. 32 Jamais on n’entendit dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. 33 Si celui-ci n’était pas ded 33d plus litt. : de par. Dieu , il ne pourrait rien faire. 34 Ils répondirent et lui dirent : Tu es entièrement né dans le péché, et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent dehors.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Les adversaires, comme l'observe M. Luthardt, trahissent tout d'abord leur embarras, en rappelant une seconde fois comme témoin celui dont la guérison témoignait contre eux il leur importait beaucoup de le décider à rétracter ses précédentes déclarations.
Prenant un ton solennel, ils lui disent : Donne gloire à Dieu ! ce qui était une sorte d'adjuration de dire la vérité et de rendre à Dieu l'honneur qu'il lui avait refusé par son péché ou son blasphème. (Josué 7.19)
Il insinuaient en même temps qu'ils combattaient, eux, pour la gloire de Dieu, tandis qu'il l'offensait, lui, en reconnaissant Jésus pour un prophète. (verset 17)
Enfin, se revêtant de toute leur autorité, ils ajoutent : Nous savons que cet homme est un pécheur , un transgresseur de la loi divine du sabbat.
- Ostervald traduit ici et verset 16 : un méchant ce qui n'est point exact et dépasse la pensée des adversaires eux-mêmes.
v. 24-34 · Godet · 18/10/2026
A la suite de cette confrontation une délibération intervient ; on décide d'arracher à l'aveugle le désaveu du miracle au nom du principe sabbatique, en d'autres termes d'anéantir le fait par la dogmatique. L'expression : donner gloire à Dieu , désigne l'hommage rendu à l'une des perfections divines momentanément obscurcie par une parole ou par un fait qui semble y porter atteinte (Josué 7.19 ; 1 Samuel 6.5). Le blasphème était ici la déclaration de l'aveugle : C'est un prophète . Il était attentatoire à la sainteté et à la vérité de Dieu, de donner ce titre à un violateur du sabbat. Cette assertion coupable devait être lavée par la déclaration contraire : C'est un méchant. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Réponse admirable de simplicité et de vérité ! Apologétique seule vraie. Les ennemis cherchent, par les sophismes de leur dogmatique, à lui arracher un aveu contraire à sa conscience. Ils disent : Nous savons ; lui, ne conteste point leur science, il la laisse de côté et répond : Je ne sais , mais il ajoute : Je sais une chose , et cette chose, le fait de sa guérison, c'est son expérience que tous les raisonnements du monde ne sauraient ébranler : j'étais aveugle, et maintenant je vois .
Quiconque peut parler ainsi de la vie en Christ comme d'un fait d'expérience, n'a plus à craindre les objections de l'incrédulité.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Leur embarras va croissant ; ils espèrent encore obtenir de lui, sur la manière dont Jésus l'a guéri, quelque chose qui puisse servir à l'accuser.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Pénétrant de plus en plus leurs intentions hostiles, l'aveugle guéri passe de la défensive à l'offensive ; sa parole devient ironique et il finit par leur demander s'ils veulent, eux aussi , eux, les savants, les magistrats du peuple, devenir ses disciples !
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Les adversaires sentent. dans les paroles de l'aveugle, l'aiguillon d'un reproche moral qui excite leur colère : Ils l'injurièrent .
L'évangéliste passe sous silence leurs injures et s'en tient à leur argument : Toi , nous le voyons bien maintenant, tu es disciple de cet homme (grec de celui-là , terme de mépris), mais nous , nous ne reconnaissons pour maître que Moïse .
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces dernières paroles respirent encore le mépris pour Jésus et l'incrédulité au sujet de son origine et de sa parole. Ces hommes ne trouvent pas ses œuvres comparables aux majestueuses apparitions de Dieu sur les montagnes d'Horeb et de Sinaï, où il a parlé à Moïse .
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Il n'y a pas un mot, dans cette courageuse confession de l'aveugle guéri, qui ne porte le sceau d'une irrécusable vérité. Tout d'abord, la réponse à la parole : Nous ne savons d'où il est.
C'est là ce qui est étonnant ! Il m'a ouvert les yeux , n'est-ce pas la preuve qu'il vient de Dieu ?
L'aveugle l'établit :
1° par un principe biblique, (verset 31) et il renvoie aux adversaires leur mot hautain : "Nous savons ;" (voir Job 27.9 ; 35.13 ; Psaumes 109.7 ; Proverbes 15.29, etc.)
2° par un fait indubitable ; (verset 32)
3° par une conclusion que les adversaires eux-mêmes ne nieront pas. (verset 33)
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
L'orgueil clérical, blessé par l'inexorable logique, ne connaît plus que la fureur.
Par ce mot injurieux : Tu es né tout entier dans le péché , ils font allusion à sa cécité qu'ils jugent, comme les disciples, (verset 2) être un châtiment de Dieu à cause de ses péchés.
"Et ils ne s'aperçoivent pas, comme l'observe justement M. Godet,que, par cette injure même, ils rendent hommage à la réalité du miracle qu'ils prétendent nier."
Après ces mots : ils le jetèrent dehors , il faut sous entendre : hors de la salle où ils se trouvaient.
Il ne peut être question d'une excommunication officielle, qui eût exigé une délibération régulière. Mais cette excommunication devait être la conséquence inévitable et prochaine de la scène qui venait d'avoir lieu.
35 Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé dehors, et l’ayant trouvé, il lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu ? 36 Il répondit et dit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? 37 Et Jésus lui dit : Et tu l’as vu, et celui qui te parle, c’est lui. 38 Et il dit : Je crois, Seigneur ! Et il lui rendit hommage.
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Par cette observation, que Jésus apprit (sans doute par quelqu'un de ses disciples) ce qui venait d'arriver à l'aveugle, l'évangéliste prépare et motive la rencontre qu'il va raconter.
En effet, Jésus, sachant que cet homme avait déjà souffert pour son nom, dut désirer d'autant plus vivement d'achever son œuvre en lui, c'est-à-dire de rendre la lumière à son âme, comme il l'avait rendue à ses yeux. C'est ce qu'il va faire, en l'amenant à la foi, qui est l'œil de l'homme intérieur.
" Il le trouva , parce qu'il lecherchait "**Bengel.
Grec : toi, tu crois au Fils de l'homme ?
Telle est la traduction littérale de cette question qui suppose une réponse affirmative. […]
v. 35-38 · Godet · 18/10/2026
Pour que le vrai but que Jésus s'était proposé fût atteint (v. 3 et 4), l'illumination spirituelle et le salut de l'aveugle devaient résulter de sa guérison corporelle ; et certes sa fidélité courageuse en face des ennemis de Jésus le rendait digne d'obtenir cette nouvelle grâce. Cette relation d'idées est indiquée par les premiers mots du v. 35 : Jésus apprit… et… - Dans la question qu'il adresse à cet homme, nous avions préféré précédemment la leçon : au Fils de Dieu , à celle des trois anciens Mjj., appuyée aujourd'hui par Syrsin : au Fils de l'homme . Elle explique mieux l'acte d'adoration par lequel se termine cette scène (v. 38). […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
La prompte réponse de cet homme : Et qui est-il, Seigneur ? montre qu'il a vivement saisi la question de Jésus, et qu'il ne demande pas mieux que de le connaître pour croire en lui .
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Et tu l'as vu, et celui qui parle avec toi, c'est lui .
Cette particule répétée : et, et, marque deux immenses grâces de Dieu accordées à cet homme.
La première, c'est qu'il a vu son libérateur, il l'a vu au moment où celui-ci l'a trouvé, (verset 35) et où il a pu pour la première fois contempler ses traits.
D'autres pensent que par ce mot Jésus rappelle à l'aveugle la délivrance qu'il lui avait accordée : tu as vu , éprouvé ma puissance et mon amour.
Cette explication est moins naturelle. La seconde grâce divine, bien plus grande encore, c'est que Jésus parle avec lui et se révèle à lui comme son Sauveur.
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Il se prosterna devant lui : comme le fait observer Meyer, Jean emploie toujours ce terme dans le sens d'adoration. (Jean 4.20-24 ; 12.20)
0n conçoit, en effet, qu'après l'éclatant miracle par lequel Jésus avait rendu la vue à cet aveugle, et au moment où il se présentait personnellement à lui comme le Sauveur, lui parlant avec une divine charité, cet homme, vivement saisi et ému, s'écrie avec effusion : Je crois, Seigneur ! et n'ait dès lors, dans le cœur, plus d'autre sentiment que celui de l'adoration. C'est le plein accomplissement de la grande parole du Sauveur : il était né aveugle, "afin que les œuvres de Dieu fussent manifestées en lui." (verset 3)
39 Et Jésus dit : Moi, je suis venu dans ce monde pour [le] jugement, afin que ceux qui ne voient pas, voient ; et que ceux qui voient deviennent aveugles. 40 Et quelques-uns d’entre les pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces choses, et lui dirent : Et nous, sommes-nous aussi aveugles ? 41 Jésus leur dit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais maintenant vous dites : Nous voyons ! – votre péché demeure.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, voyant prosterné à ses pieds ce pauvre aveugle qui possède maintenant la lumière du corps et celle de l'âme, et apercevant, parmi ceux qui l'entouraient, quelque - uns de ces pharisiens aveuglés par leur orgueil et leur endurcissement, (verset 40) dut prononcer ces paroles à haute voix et d'un ton ému.
Il voit un jugement de Dieu dans l'inimitié des adversaires. Quand il déclare que ce jugement était le but de sa venue dans ce monde, il semble se trouver en contradiction avec Jean 3.17. […]
v. 39-41 · Godet · 18/10/2026
C'est ici une simple réflexion que Jésus énonce et qui se rattache à la dignité de lumière du monde qu'il s'était attribuée au commencement de cette scène (v. 5). Aussi le verbe εἶπεν, reste-t-il sans régime personnel, tel que : à eux. - La venue de Jésus a proprement pour but d'éclairer le monde ; mais, ce but ne pouvant être atteint chez tous, parce que tous ne veulent pas se laisser éclairer, elle a de plus un but secondaire c'est que ceux qui repoussent la lumière soient aveuglés par elle. - Il ne faut point voir dans le terme κρίμα, jugement , l'indication d'un acte judiciaire. Un pareil jugement avait été nié 3.17. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : D'entre les pharisiens, ceux qui étaient avec lui , qui se trouvaient encore là, épiant les paroles de Jésus.
A cause de la sensation produite par cet éclatant miracle, et à la suite de la scène racontée au verset 34, ils sentaient le besoin de l'observer de près.
Ils comprennent que Jésus les désignait comme ceux qui deviennent aveugles ; blessés dans leur orgueil et insensibles au jugement divin que Jésus annonçait, ils lui posent, d'un ton hautain et railleur, cette question : Et nous, sommes-nous aussi aveugles ?
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Si vous étiez aveugles , semblables à ces ignorants qui se sentent tels et qui soupirent après la lumière, vous n'auriez pas ce péché spécial de l'incrédulité et de l'endurcissement, qui est le pire de tous, et qui vous fait repousser la vérité.
Mais maintenant vous dites avec orgueil : Nous voyons , nous possédons la clef de la science, nous sommes les conducteurs des aveugles, les docteurs des ignorants, les maîtres des simples ; (Romains 2.19,20) votre péché demeure , et demeure sans remède.
(Le texte reçu porte donc votre péché Cette particule est sous-entendue dans le texte de Sin., B, D, Jean 9)
L'aveugle qui se dit voyant, le malade qui se dit en santé, (Matthieu 9.12) le pauvre qui se dit riche, (Apocalypse 3.17) n'iront jamais puiser à la source de la délivrance.