Ceux qui poussent à l'enquête sont ces interrogateurs malveillants des v. 10 et 12. Le terme les pharisiens ne peut désigner le sanhédrin tout entier (comparez 7.45). Le parti pharisien avait-il peut-être une certaine organisation, et s'agirait-il de ses chefs ? Il est plus naturel de penser qu'il s'agit ici des plus ardents. Ceci se passe sans doute le lendemain du jour où avait eu lieu le miracle.
Verset 14. Keil remarque qu'il n'est pas dit : car, mais or (δέ). Ce n'est donc pas ici l'indication du motif pour lequel ils l'amenèrent ; c'est une remarque incidente, explicative de ce qui suit. - Les mots : Il avait fait de la boue, sont finement ajoutés pour faire ressortir, dans le miracle, le travail anti-sabbatique. Renan dit de Jésus : « Il violait ouvertement le sabbat. » Nous avons déjà fait voir qu'il n'en est rien (⇒). Dans ce cas, comme dans celui du ch. 5, Jésus avait foulé aux pieds, non le sabbat mosaïque, mais sa caricature pharisaïque. - Le mot πάλιν, de nouveau, fait allusion au v. 10. Cette expression, ainsi que les et répétés dans ce v. 13, marquent une certaine impatience de la part de l'aveugle, que ces interrogatoires fatiguent. Il en pénètre déjà l'intention. Ainsi s'explique également la brièveté un peu cassante de sa réponse. - La scission qui s'était manifestée dans le public, se reproduit dans ce cercle restreint. Les uns, partant de l'inviolabilité du statut sabbatique, contestent à Jésus, comme transgresseur de ce statut, toute mission divine ; de là résulte logiquement la négation du miracle. Les autres, partant du fait du miracle, concluent au caractère saint de Jésus et nient ainsi implicitement l'infraction sabbatique. Tout dépend du choix de la prémisse, et le choix dépend ici, comme toujours, de la liberté morale. C'est au point de départ que se séparent les amis de la lumière et ceux des ténèbres ; le reste n'est plus qu'affaire de logique. - Il ne faut pas traduire ἁμρτωλός par pécheur. Les défenseurs de Jésus ne songent point à affirmer sa parfaite sainteté ; la terminaison ωλος exprime l'abondance, l'habitude ; ainsi : un homme sans principes, un violateur du sabbat, un péager. - La question adressée à l'aveugle au v. 17 a pour but de lui arracher une parole qui fournisse un prétexte de suspecter sa véracité. Quant à lui, il reconnaît dans le miracle, conformément à l'opinion reçue (3.2), le signe d'une mission divine, et il le déclare franchement.
Confrontation de l'aveugle avec ses parents : v. 18-23.