1 Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie où était Lazare, le mort, que Jésus avait ressuscité d’entre les morts. 2 On lui fit donc là un souper ; et Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. 3 Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum. 4 L’un de ses disciples donc, Judas Iscariote, [fils] de Simon, qui allait le livrer, dit : 5 Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu 300 deniers et donné aux pauvres ? 6 Or il dit cela, non pas qu’il se soit soucié des pauvres, mais parce qu’il était voleur, et qu’il avait la bourse et portait ce qu’on y mettait. 7 Jésus donc dit : Permets-lui d’avoir gardé ceci pour le jour de ma sépulture a 7a ou, selon l’emploi du mot dans les Septante : embaumement ; comp. Genèse 50:2-3 .. 8 Car vous avez les pauvres toujours avec vous ; mais moi, vous ne m’avez pas toujours.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 12. 1 à 8
Le repas de Béthanie.
Par cette particule donc l'évangéliste se reporte au Jean 11.55, où il avait fait pressentir que l'approche de la Pâque.allait amener Jésus à Jérusalem, pour y accomplir la rédemption du monde.
En effet, notre chapitre nous conduit jusqu'au grandes scènes de la Passion.
Six jours seulement nous en séparent. Mais ces mois ne nous disent pas quel jour de la semaine Jésus arriva à Béthanie, parce que nous ne savons pas si l'évangéliste entend par la Pâque le 14 nisan, où l'on immolait l'agneau pascal, ou le 15, qui était le premier jour de la fête. […]
v. 1 · Godet · 18/10/2026
Il paraîtrait par les synoptiques que Jésus arriva directement de la Pérée à Jérusalem en passant par Jéricho. Pour les mettre d'accord avec Jean, il suffit de supposer que d'Ephraïm Jésus descendit dans la vallée du Jourdain et rejoignit avant Jéricho la grande caravane des pèlerins qui arrivaient de Galilée par la Pérée. Il fit ainsi en sens inverse, le chemin que parcourut plus tard Epiphane, qui nous raconte « qu'il monta de Jéricho sur le plateau avec un homme qui l'accompagna à travers le désert de Béthel à Ephraïm. » En vérité, je ne comprends pas en quoi cette hypothèse si simple peut effaroucher l'impartialité de Meyer. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste note dès l'abord, en termes frappants, la présence de ce Lazare que Jésus avait ressuscité , parce qu'il était là, au milieu de la scène qui va suivre, comme un témoin vivant de la puissance et de l'amour du Sauveur. Il le nommera même une seconde fois au verset suivant.
Le texte reçu porte : Lazare qui avait été mort . Ces mots manquent dans Sin., B, versions, et sont généralement considérés comme inauthentiques.
Voir, sur ce récit, Matthieu 26.6-13 et surtout Marc 14.3-9, notes. […]
v. 2-3 · Godet · 18/10/2026
Quand eut lieu ce repas ? Naturellement, dans notre hypothèse, le dimanche soir, jour de l'arrivée de Jésus. - Le sujet d'ἐποίησαν, ils firent , est indéterminé ; cette forme répond en grec à notre : on . Il résulte déjà de là que ce sujet ne saurait être, comme on se le représente ordinairement, les membres de la famille de Lazare. C'est ce qui ressort d'ailleurs de la mention expresse de la présence de Lazare et de l'activité de service de Marthe, toutes circonstances qui s'entendraient d'elles-mêmes si le repas avait eu lieu dans leur propre maison. Le sujet du verbe indéterminé ne pouvant être les personnes nommées ensuite, il suit de là que ce sont bien plutôt les gens du lieu. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour bien comprendre l'action de Marie, cette effusion de sa vénération et de son amour dont le parfum qui se répand est le symbole, il faut se rappeler les mœurs de l'Orient.
Lorsqu'on recevait dans une maison un hôte de distinction, on lui offrait, avant tout, une huile odoriférante pour oindre sa tête et de l'eau tiède pour laver ses pieds couverts de poussière, ablution que l'usage des sandales rendait nécessaire. C'étaient là des soins remis à des serviteurs. Marie s'en acquittera elle-même. […]
v. 4-6 · Godet · 18/10/2026
Cette explosion d'indignation, de la part de Judas, est occasionnée par la vile passion que lui reproche l'évangéliste ; mais, comme sa trahison, elle a une source plus profonde que l'avarice. Dès longtemps (6.70) couvait dans son cœur un sombre mécontentement sur la marche suivie par Jésus (6.70-71, comparez avec v. 15), et ce sentiment n'attendait qu'un prétexte pour se faire jour. Dans les synoptiques, ce sont les disciples (Matthieu), quelques-uns (Marc), qui se récrient. Il paraît qu'en cette occasion, comme dans d'autres, Judas joua parmi ses condisciples le rôle du levain qui fait lever la pâte. Westcott dit : « Il exprima ce que les autres pensaient. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Marc 14.5, note.
Quel contraste (mais ) entre le généreux amour de Marie, et ce froid calcul de la cupidité et de l'hypocrisie ! Et cependant ce murmure intéressé, Judas n'était pas seul à le proférer, il exprimait le sentiment de quelques-uns des disciples, comme nous l'apprennent les deux premiers évangiles.
Le texte reçu ajoute : fils de Simon , au nom de Judas ; ces mots manquent dans Sin., B.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Il prenait , grec il portait .
Jean prend ce verbe dans le sens d'emporter , dérober : (Jean 20.15) il le fait entendre assez clairement par cette remarque que Judas était voleur . Il avait le soin de la bourse commune, où les amis du Sauveur déposaient leurs dons pour son modeste entretien ; (Luc 8.3) et, possédé par l'avarice, il était infidèle envers ce dépôt sacré.
On s'est demandé comment il se fait que Jésus, qui ne pouvait pas ignorer le caractère de Judas, lui eût laissé le soin de la bourse commune, puisque c'était là pour lui une tentation continuelle.
Beaucoup plutôt encore pourrait on se demander pourquoi il l'avait appelé à l'apostolat. (Voir à ce sujet Matthieu 26.15, 1er note et Jean 17.12 note.)
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
"Elle a gardé , conservé ce parfum pour me rendre, vivant, les honneurs qu'on rend aux morts." (Comparer Matthieu 26.12, note.)
- Il y a ici une variante admise par Tischendorf et beaucoup de critiques et d'exégètes, selon laquelle il faudrait traduire ainsi ce verset : "Laissez-la ! afin qu' elle garde cela pour le jour de ma sépulture."
Cette version, une fois admise, est expliquée de diverses manières. Meyer, par exemple, pense que Jésus veut dire que Marie conservera cela , c'est-à-dire le reste de ce parfum pour embaumer le corps du Seigneur après sa mort, le jour de son ensevelissement. […]
v. 7-8 · Godet · 18/10/2026
Nous traduisons d'après ! leçon du T. R. qui nous paraît seule admissible. L'impératif ἄφες est absolu : « Laisse-la (tranquille) ; cesse de l'inquiéter par tes observations. » La raison est donnée ensuite. Avec la variante alex., ἄφες a pour régime la proposition suivante, soit dans le sens de la Vulgate, Meyer, Bæumlein, : « Laisse-la conserver cela (αὐτό, le reste de ce parfum dont elle n'avait répandu qu'une partie) pour m'embaumer le jour de ma mort, » - soit dans celui de Bengel, Lange, Luthardt, Weiss, Keil, Wahle : « Permets-lui d'avoir réservé ce parfum pour ce jour-ci, qui, par l'acte qu'elle accomplit à mon égard, devient comme celui d'une sépulture anticipée. […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset manque tout entier dans D.
Voir, sur cette parole, Matthieu 26.11, note.
Comparer Deutéronome 15.11.
Telle fut la réponse directe de Jésus à Judas qui prétextait le soin des pauvres . Jésus parle au présent : vous avez toujours les pauvres, mais vous ne m'avez pas toujours, afin de rendre d'autant plus vivement le contraste entre les pauvres qui sont là en permanence ? et lui-même dont le départ était si prochain.
Le présent se trouve également dans Matthieu et Marc. C'est donc à tort que nos versions ordinaires traduisent ces verbes par le futur.
9 Une grande foule d’entre les Juifs sut donc qu’il était là, et vint, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts. 10 Mais les principaux sacrificateurs tinrent conseil, afin de faire mourir aussi Lazare ; 11 car, à cause de lui, plusieurs des Juifs s’en allaient et croyaient en Jésus.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette grande multitude de Juifs étaient des habitants de Jérusalem où Jésus était attendu avec un vif intérêt, (Jean 11.56) et qui, ayant appris qu'il était là , tout près, à Béthanie, s'empressèrent d'y venir pour rencontrer Jésus, et surtout pour voir de leurs yeux ce Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts .
Ils voulaient se convaincre, par eux-mêmes de la réalité de ce grand miracle.
- Encore ici (comparez Jean 11.37, note) plusieurs interprètes ont voulu voir dans ces Juifs des adversaires de Jésus, parce que Jean désigne ordinairement ainsi ces derniers. Le verset 11 rend cette opinion inadmissible.
v. 9-11 · Godet · 18/10/2026
Les pèlerins venus de Jéricho avec Jésus avaient, en arrivant à Jérusalem, répandu le bruit de son approche. Les habitants de la campagne de Judée, dont il a été parlé 11.55-56 et qui faisaient de Jésus, bien des jours déjà avant son arrivée, l'objet de leurs entretiens, apprenant qu'il séjournait si près d'eux, ne purent contenir leur impatience de le voir, aussi bien que Lazare, le monument vivant de sa puissance. - Le terme de Juifs conserve ici le sens qu'il a dans tout l'évangile : les représentants de l'ancien ordre de choses. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean met en opposition (mais ) ces principaux sacrificateurs avec la foule du verset précédent.
Ils avaient déjà décidé la mort de Jésus, (Jean 11.57) et maintenant, ils veulent se défaire aussi de Lazare, ce témoin gênant de la puissance divine du Sauveur.
Ils voyaient, en effet, avec une vive irritation que beaucoup de Juifs , convaincus par la vue de ce ressuscité (à cause de lui ), les abandonnaient (grec s'en allaient ) et croyaient en Jésus .
Cet exemple frappant montre que pour des hommes aveuglés par l'endurcissement et la haine de la vérité, les preuves les plus éclatantes sont parfaitement impuissantes.
Quelle confirmation de la parole de Jésus : Luc 16.31 !
12 Le lendemain, une grande foule qui était venue à la fête, ayant entendu dire que Jésus venait à Jérusalem, 13 prit les rameaux des palmiers et sortit au-devant de lui, et criait : Hosanna ! béni soit celui qui vient au nom du ✶Seigneur, le roi d’Israëlb 13b voir Psaume 118:25-26 . ! 14 Et Jésus, ayant trouvé un ânon, s’assit dessus, selon qu’il est écrit : 15 « Ne crains point, fille de Sion ; voici, ton roi vient, assis sur l’ânon d’une ânesse »c 15c Zacharie 9:9 . . 16 Or ses disciples ne comprirent pas d’abord ces choses ; mais quand Jésus eut été glorifié, alors ils se souvinrent que ces choses étaient écrites de lui et qu’ils avaient faitd 16d ou : qu’on avait fait. ces choses à son égard. 17 La foule donc qui était avec lui, [lui] rendait témoignage, parce qu’ile 17e ou : rendait témoignage qu’il. avait appelé Lazare hors du sépulcre, et qu’il l’avait ressuscité d’entre les morts. 18 C’est pourquoi aussi la foule alla au-devant de lui, parce qu’ils avaient appris qu’il avait fait ce miracle. 19 Les pharisiens donc dirent entre eux : Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voici, le monde est allé après lui.
v. 12-13 · Godet · 18/10/2026
Cette foule est plus considérable que celle dont il avait été parlé v. 9-11 ; elle comprend une grande partie des pèlerins de toutes contrées venus à la fête . Ils avaient appris par ceux s'étaient rendus à Béthanie le soir précédent que Jésus se trouvait réellement là et qu'il se préparait à venir lui-même à Jérusalem. Ils sortaient donc en grand nombre au-devant de lui pour aller à sa rencontre et lui faire cortège à son entrée dans la ville. Ceux qui étaient partis le plus tôt allaient jusqu'à Béthanie ; les autres devaient successivement le rencontrer en chemin. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Le lendemain désigne le jour qui suivit la visite de Jésus à Béthanie, c'est à dire, selon la supposition la plus généralement admise, (verset 1, note) le dimanche, appelé dès lors dans l'Eglise le dimanche des Rameaux ou des palmes, en souvenir de l'entrée royale de Jésus à Jérusalem.
C'est ici, en effet, que le récit de Jean rejoint celui des synoptiques, qui passent sous silence le séjour de Jésus à Béthanie ; ils placent quelques jours plus tard l'acte accompli par Marie chez Simon le lépreux, afin de le mettre dans un rapport direct avec l'histoire de la Passion (Voir Matthieu 21.1, note.)
- Il ne faut pas confondre cette grande foule avec celle dont il est parlé au verset 9. […]
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean ne dit pas comment Jésus trouva , se procura cet ânon ; il suppose le fait connu d'après les premiers évangiles. (Matthieu 21.2 et suivants)
Quant à la prophétie de Zacharie 9.9, l'évangéliste ne fait que la rappeler en l'abrégeant, afin d'en montrer l'accomplissement dans les faits qu'il raconte. (Voir, sur cette citation, Matthieu 21.5, note.)
Aux paroles triomphantes du prophète : "Tressaille de joie, fille de Sion," Jean substitue un simple : Ne crains point , parce qu'à ses yeux l'humble monture du Sauveur marque surtout le caractère doux et paisible de son règne.
Il y a même dans le texte un gracieux diminutif : petit ânon , opposé, dit Bengel, au cheval de guerre dont Jésus n'a pas voulu se servir.
v. 14-15 · Godet · 18/10/2026
La conduite de Jésus est commandée par la nature des choses. Puisqu'il veut aujourd'hui accepter cet hommage, il ne peut rester confondu avec la foule. Il doit en quelque sorte se mettre en scène ; mais il ne veut le faire que de la manière la plus humble et la mieux appropriée à la nature spirituelle de sa royauté. Dans les temps anciens, l'âne ne paraît point avoir été en Israël une monture méprisée ; comparez Juges 5.9-10 ; 10.4 ; 2 Samuel 17.23. Plus tard, le cheval et le mulet lui furent préférés ; comparez Sirach 33.25 (36.24). Le prophète Zacharie indique lui-même le sens qu'il attache ici à ce symbole quand il dit (9.9 :« Voici ton roi qui rient à toi juste, sauvé et humble. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Au premier abord, les disciples ne comprirent ni le sens symbolique de cette entrée royale sous un appareil si humble, ni le rapport de cet événement avec la prophétie, mais après que Jésus fut glorifié et qu'eux-mêmes furent remplis de l'Esprit de lumière, alors ils se souvinrent et comprirent.
- Les derniers mots : qu'on les lui avait faites (grec qu'ils les lui avaient faites) pourraient se rapporter aux disciples eux mêmes et rappeler que c'étaient ceux-ci qui avaient procuré à Jésus son humble monture et l'avaient fait asseoir dessus.
Telle est la pensée de plusieurs exégètes (Meyer, Holtzmann, Godet).
Mais comme le fait remarquer M. […]
v. 16 · Godet · 18/10/2026
Ce ne fut que plus tard, lorsqu'après l'ascension et éclairés par le Saint-Esprit ils repassèrent la vie terrestre de leur Maître, qu'ils discernèrent la portée de cet événement et y reconnurent l'accomplissement d'une prophétie. A la lumière de l'élévation céleste de Jésus, ils comprirent ce fait qui l'avait préfigurée (ces choses ). Il n'y a donc aucune raison de s'écarter du sens naturel de ἐδοξάσθη fut glorifié , et de rapporter ce terme, comme le fait Reuss, à la mort de Jésus, comme transition à son exaltation. […]
v. 17-18 · Godet · 18/10/2026
Jean n'a pas pour but de présenter le tableau complet de l'entrée de Jésus, mais plutôt de mettre en lumière la double relation de cet événement d'une part avec sa cause (la résurrection de Lazare), de l'autre avec sa conséquence (la condamnation de Jésus). C'est cet enchaînement qu'il fait ressortir dans les v. 17-19. Si on lit au v. 17 ὅτι, que , avec cinq Mjj. et les plus anciennes traductions, le sens est : qu'en avançant la foule rendait témoignage qu' il avait opéré la résurrection de Lazare. Rien n'empêche dans ce cas que la foule du v. 18 ne soit la même que celle du v. 17. Jean dirait simplement que le prodige qu'elle célébrait en accompagnant Jésus (v. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans ces deux versets (versets 17,18) l'évangéliste explique (donc ) que la cause de ces hommages rendus à Jésus était la résurrection de Lazare.
Ce fait est exprimé en termes triomphants : il avait appelé Lazare hors du sépulcre et l'avait ressuscité d'entre les morts .
Jean mentionne ici deux foules qui glorifiaient le Sauveur : l'une qui était avec lui à Béthanie, qui avait été présente à la résurrection de Lazare et qui rendait témoignage l'autre qui, de Jérusalem, alla au-devant de lui, parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle . (verset 12)
Ce furent ces deux foules réunies qui acclamèrent Jésus comme Messie et Roi d'Israël. (verset 13) […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Quel contraste entre ces pharisiens ennemis et la multitude remplie d'enthousiasme pour le Sauveur ! Les premiers semblent regarder leur cause comme perdue : "Vous voyez de vos yeux que vous ne gagnez rien par vos lenteurs ; voilà que le monde , tout le peuple, vous abandonne et que déjà il s'en est allé après lui ! ,"
On voit là des hommes uniquement occupés de leurs intérêts, de leur domination, et nullement de la vérité.
v. 19 · Godet · 18/10/2026
Les versets 17 et 18 faisaient ressortir l'influence de Lazare sur la scène du jour des Rameaux : le v. 19 signale celle de cette scène sur la catastrophe finale. - Πρὸς ἑαυτούς, au lieu de Πρὸς ἀλλήλους, parce qu'appartenant au même corps, c'est comme s'ils se parlaient à eux-mêmes . - Ἴδε, voici , fait allusion au spectacle inattendu dont ils viennent d'être témoins. - Il y a de la détresse dans ce terme ὁ κόσμος, le monde , « tout ce peuple indigène et étranger » et dans cet aoriste ἀπῆλθεν, s'en est allé : « C'est une affaire faite : nous voilà seuls ! » - On peut expliquer θεωρεῖτε comme impératif : mais il vaut mieux le prendre comme indicatif présent. […]
20 Or il y avait quelques Grecs, d’entre ceux qui étaient montés pour adorerf 20f ordin. : rendre hommage ; se dit à l’égard de Dieu et à l’égard des hommes. pendant la fête. 21 Ceux-ci donc vinrent à Philippe qui était de Bethsaïda de Galilée, et ils le priaient, disant : Seigneurg 21g plutôt : Monsieur. , nous désirons voir Jésus. 22 Philippe vient, et le dit à André ; et puis André vient, et Philippe, et ils le disent à Jésus. 23 Et Jésus leur répondit, disant : L’heure est venue pour que le fils de l’homme soit glorifié. 24 En vérité, en vérité, je vous dis : À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. 25 Celui qui affectionne sa vie, la perdra ; et celui qui hait sa vie dans ce monde-ci, la conservera pour la vie éternelle. 26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur : si quelqu’un me sert, le Père l’honorera.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
20 à 36
Les dernières paroles de Jésus en public.
v. 20-22 · Godet · 18/10/2026
Ces Grecs étaient au nombre des païens qui comme l'eunuque éthiopien (Actes ch. 8), avaient adhéré dans leur pays à la religion juive et venaient célébrer les grandes fêtes à Jérusalem. Ce n'étaient point, comme quelques-uns l'ont cru, des Juifs parlant grec et demeurant parmi les païens (ἑλληνισταί). Le vaste parvis des Gentils était destiné à ces prosélytes, conformément à la parole de Salomon 1 Rois 8.41-43. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces Grecs étaient des prosélytes nés païens et parvenus à la connaissance du vrai Dieu par leurs relations avec les Juifs. C'est ce qui ressort de cette remarque de l'évangéliste qu'ils étaient montés pour adorer à la fête , (comparez Actes 8.27) à cette fête de Pâque qui était proche. (Jean 11.55)
Leur désir était de voir Jésus, de faire sa connaissance, de l'entendre, ils ne demandaient pas seulement que Philippe le leur montrât de loin (Weiss), car en ce cas la conduite hésitante de Philippe ne s'expliquerait pas. Ce désir leur était sans doute inspiré par des espérances messianiques et par tout ce qu'ils apprenaient de Jésus à Jérusalem. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y avait pour les disciples quelque chose d'insolite à présenter à Jésus ces étrangers, nés païens ; (comparez Matthieu 15.24) Philippe, qui était d'un caractère timide et circonspect, (Jean 6.5-7 ; 14.8) s'adresse donc à André, qui était du même village que lui (Jean 1.45) et, comme frère de Simon Pierre, (Jean 1.44) se trouvait plus rapproché du Maître et ne craignait pas de lui adresser la parole. (Jean 6.8,9 ; comparez Marc 13.3)
Les deux disciples expriment à Jésus le désir des Grecs. On voit dans tous ces menus détails historiques comme les caractères des personnages restent les mêmes, ce qui est la marque évidente du témoin oculaire.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Le mais fait pressentir un contraste entre la réponse de Jésus et le désir que les disciples lui transmettent de la part des Grecs.
L'expression : leur répondit (Sin., B, portent : répond ) s'applique aux deux disciples, (verset 22) mais ce pronom n'exclut pas d'autres auditeurs.
On peut donc supposer, avec M. Godet, que,Jésus, après avoir prononcé le discours suivant, et en traversant le parvis des Gentils pour sortir du temple, (verset 36) aura accordé à ces Grecs un témoignage de sympathie.
Ou bien l'on peut croire que les Grecs furent admis en sa présence et entendirent les paroles qu'il prononça. […]
v. 23 · Godet · 18/10/2026
Les alex. lisent le présent : répond . Le T. R., avec 13 Mjj. et les anciennes Vss., lit l'aoriste moyen ἀπεκρίνατο, répondit . Ces deux formes sont très rares dans notre évangile (deux ou trois fois chacune). L'aoriste moyen convient mieux ici que l'aoriste passif (forme ordinaire). Il indique une méditation à laquelle Jésus se livre, plutôt qu'une réponse directe.
Les mois : L'heure est venue , renferment en germe tout le discours suivant, qui est destiné à dévoiler l'importance de l'heure présente. Et cela, d'abord, pour Jésus lui-même (v. 29-30) : puis, pour le monde (v. 31-33) ; enfin pour Israël spécialement (v. 34-36). […]
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Par opposition à tous les rêves d'un Messie glorieux que les disciples entretenaient encore et à toutes les pensées de sagesse humaine qui pouvaient occuper l'esprit des Grecs, Jésus affirme de la manière la plus solennelle (en vérité, en vérité ) la nécessité absolue de sa mort pour le salut du monde.
L'image par laquelle il exprime cette pensée est pleine de justesse et de profondeur. Il faut que le grain de blé , pour produire son fruit, soit jeté dans la terre et y meure , s'y dissolve, en sorte que le germe qu'il renferme se nourrisse des sucs du sol, et que la vie naisse de la mort. (Comparer 1Corinthiens 15.36)
A cette condition seule, le grain porte beaucoup de fruit . […]
v. 24 · Godet · 18/10/2026
Avant qu'il puisse répondre au besoin de salut du monde païen, dont le premier symptôme vient de se manifester, quelque chose de grave doit se passer en lui. Tant que le grain de blé demeure dans le grenier, il se conserve, mais sans acquérir la puissance de se reproduire ; il faut qu'il soit jeté en terre, que ses enveloppes se décomposent, qu'il périsse comme grain, pour qu'il puisse revivre d'une existence nouvelle et renaître dans une multitude d'êtres semblables à lui. On sait le rôle considérable que jouait le grain de blé dans les mystères grecs. - L'affirmation énergique amen, amen , se rapporte au contraste que Jésus sait exister entre cette nécessité douloureuse de sa mort et les rêves de gloire de ses disciples. Application de cette image :
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Au lieu de : sa vie , il y a proprement son âme .
L'âme , c'est la vie physique et la vie psychique, naturelle, avec toutes les facultés dont l'activité manifeste cette vie. Celui qui l'aime se refusera à la livrer à la mort comme le Sauveur a livré la sienne, (verset 24) celui qui la hait en ce monde où règne le péché, la sauvera pour la vie éternelle , ou, comme on peut traduire aussi, la conservera en vie éternelle , parce qu'elle sera changée en vie éternelle.
Il faut bien remarquer ces contrastes absolus : aimer et haïr , perdre et conserver , ce monde et la vie éternelle .
Entre ces termes extrêmes, il faut choisir. […]
v. 25 · Godet · 18/10/2026
La relation entre cette sentence et les deux versets précédents ne nous permet pas de douter que Jésus ne se l'applique ici à lui-même. Cette loi fondamentale de la vie humaine, qu'il a si souvent énoncée par rapport à ses disciples (Matthieu 10.39 ; 16.25 ; Marc 8.35 ; Luc 9.24 ; 17.33), il s'y déclare soumis comme eux. Par l'expression sa vie , ψύχή, Jésus désigne le souffle de la vie naturelle, avec toutes les facultés dont cette vie est douée chez l'homme. Cette vie physique et psychique est bonne, en tant que point de départ de l'existence humaine : Jésus la possède aussi. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a dans ces paroles une sérieuse exhortation et une riche promesse découlant l'une et l'autre immédiatement de ce qui précède, depuis le verset 23.
Servir le Sauveur, c'est se donner à lui et par conséquent le suivre dans sa vie et dans sa mort. (versets 24,25)
Ce chemin qu'il a suivi lui-même, conduit avec certitude là où il est , c'est-à-dire, dans sa gloire. (verset 23 ; comparez 2Timothée 2.11)
Il faut remarquer ce verbe au présent (là où je suis ), par lequel Jésus anticipe sa vie glorieuse comme la possédant déjà. (Comparer Jean 14.3 ; 17.24)
Or, être avec Jésus là où il est c'est la félicité et la gloire du ciel, et c'est ainsi que sera réalisée parfaitement cette précieuse promesse : mon Père l'honorera .
v. 26 · Godet · 18/10/2026
Suivre , ici : sur la voie du sacrifice, qui seul conduit à la glorieuse métamorphose. Le terme grec : où je suis , est un présent d'anticipation ; il se rapporte à l'état de gloire céleste de Jésus, comme la promesse : y sera aussi , à la participation du disciple fidèle à cet état (17.24). - τιμήσει, honorera , rappelle le doit être glorifié , δοξασθῇ, du v. 23. Le Père honorera le serviteur fidèle qui a consenti à porter l'opprobre de son Fils en renonçant à toute gloire propre : il le fera participer à la glorification de ce Fils. C'est là pour tous deux conserver la vie qu'ils ont donnée. […]
27 Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. 28 Père, glorifie ton nom. Il vint donc une voix du ciel : Et je l’ai glorifié, et je le glorifierai de nouveau. 29 La foule donc qui était là et qui avait entendu, dit qu’un coup de tonnerre avait eu lieu ; d’autres disaient : Un ange lui a parlé. 30 Jésus répondit et dit : Cette voix n’est pas venue pour moi, mais pour vous. 31 Maintenant est le jugement de ce monde ; maintenant le chef de ce monde sera jeté dehors. 32 Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même. 33 Or il disait cela pour indiquer de quelle mort il allait mourir. 34 La foule lui répondit : Nous, nous avons apprish 34h propr. : entendu dire. de la loi, que le Christ demeure éternellement : et comment, toi, dis-tu qu’il faut que le fils de l’homme soit élevé ? Qui est ce fils de l’homme ? 35 Jésus donc leur dit : Encore pour un peu de temps la lumière est au milieu de vous ; marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne s’emparent pas de vous ; et celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. 36 Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez fils de lumière. Jésus dit ces choses, et s’en allant, il se cacha de devant eux.
v. 27 · Godet · 18/10/2026
L'âme , ψυχή, est le siège des émotions naturelles, comme l'esprit , πνεῦμα, est celui des émotions religieuses. Weiss conteste cette distinction : il en appelle à l'émotion toute semblable décrite 11.33. Mais c'est précisément cette parole, surtout rapprochée de 13.21, qui la confirme. Dans ces deux passages il s'agit d'une horreur de nature religieuse et morale pour le mal qui s'approche de Jésus sous la forme la plus odieuse. Ici, au contraire, c'est la perspective des douleurs personnelles et de la mort qui l'ébranle si vivement. Le terme ψυχή, âme , est donc parfaitement à sa place. […]
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Le pressentiment de sa mort terrible et si prochaine (maintenant ) fait éprouver à Jésus une émotion profonde ; son âme , ce siège intime de la vie et des affections son âme en est troublée .
Il le dit avec candeur, comme plus tard il fera de ses disciples bien-aimés les confidents de son angoisse. (Matthieu 26.38) Il sent le besoin de prier ; mais, pressé entre le sentiment de sa haute vocation et le désir de la délivrance, il hésite sur ce qu'il demandera à Dieu : Que dirai-je ?
Lutte redoutable, observe Bengel, entre l'horreur de la mort et l'ardeur de l'obéissance. Le cri de la nature s'échappe de son âme en cette ardente supplication : Père, sauve-moi de cette heure ! […]
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
Chaque fois que le Fils accomplit un grand acte d'abaissement et de consécration personnelle, le Père répond par une manifestation sensible d'approbation. Ce qui était arrivé au baptême et à la transfiguration se renouvelle maintenant. En cette heure, qui est la clôture du ministère de Jésus et où il se voue à la mort, c'est le moment ou jamais, pour le Père, d'apposer publiquement sur la personne et sur l'œuvre du Fils le sceau de sa satisfaction.
Lücke, de Wette, Hengstenberg, Weiss tiennent cette voix du ciel pour un simple coup de tonnerre. En raison de la coïncidence de ce phénomène extérieur avec sa prière, Jésus l'interpréterait librement dans le sens indiqué par l'évangéliste. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
La voix du ciel fut assez retentissante et majestueuse pour qu'une partie de la foule crût avoir entendu le tonnerre .
Plusieurs exégètes en concluent qu'il n'y eût en réalité qu'un coup de tonnerre et que celui-ci fut considéré comme la voix de l'Eternel. (Psaumes 18.14 ; 39.3 et suivants)
L'évangéliste aurait interprété (verset 28) le sens de cette manifestation céleste.
Le contexte ne permet pas cette explication. Jésus lui-même ne parlerait pas de cette voix , (verset 30) s'il n'y avait eu qu'un phénomène physique. D'ailleurs si les uns crurent qu'un coup de tonnerre avait retenti, d'autres entendirent réellement des paroles, sans peut-être les comprendre clairement, car ils disaient : Un ange lui a parlé .
Dans toutes les révélations du ciel, chacun entend selon le degré de sa réceptivité et de son intelligence spirituelle ; il n'en était pas autrement de la parole et des enseignements du Sauveur lui-même.
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ne relève point ces opinions diverses sur la voix entendue ; mais il tient à expliquer le but de cette manifestation divine, qui était moins de répondre à sa prière (à cause de moi ), car "il sait que le Père l'exauce toujours," (Jean 11.42) que d'instruire et de convaincre ceux de ses auditeurs qui jusqu'alors n'avaient pas cru en lui (à cause de vous ).
En effet, le moment suprême approchait pour eux, où ils n'entendraient plus la voix du Sauveur et ne pourraient plus marcher à sa lumière. (verset 31)
v. 30-32 · Godet · 18/10/2026
En déclarant que cette voix ne s'est pus fait entendre à cause de lui, Jésus ne veut pas dire qu'il n'a pas besoin d'être fortifié, mais seulement qu'il n'aurait pas eu besoin de l'être de cette manière, c'est-à-dire par une manifestation sensible. Ce que la démarche des Grecs a été pour lui, en l'éveillant vivement au sentiment de la gravité exceptionnelle de l'heure présente, ce phénomène céleste doit l'être pour eux, en leur révélant l'importance décisive de la crise qui s'accomplit en ce moment. Et d'abord, quant au monde, cette heure est celle de la révolution la plus radicale (v. 31-32) : c'est celle de son jugement (v. 31a), de l'expulsion de son ancien maître (v. […]
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a quelque chose de très solennel et, comme l'observe Meyer, l'assurance d'un vainqueur dans ce mot maintenant deux fois répété, et qui correspond au maintenant du verset 27.
Le monde , rebelle à la vérité, se préparaît à juger le Fils de Dieu, et il se trouvera que, par ce fait, ce monde lui-même sera jugé . Mais quel est ce jugement ?
On peut en avoir une idée fausse si, avec toute nos versions (sauf celle de Rilliet), on traduit : le jugement de ce monde. […]
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Par opposition au prince de ce monde dont il annonce la défaite, Jésus continue par ce mot solennel : et moi ; lui, en effet il le déclare, va devenir le véritable chef de notre humanité sauvée.
Quelle grandeur, quelle certitude de la victoire dans cette parole : j'attirerai tous les hommes à moi !
Tous , que faut-il entendre par là ? Les nations païennes aussi bien que les Juifs ? (Jean 10.16) Les enfants de Dieu dispersés ? (Jean 11.52) Tous ceux que le Père a donnés au Fils, (Jean 6.37) c'est-à-dire les élus ? Tous dans le sens d'un rétablissement universel ? Chacune de ces réponses a été faite à notre question. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Par cette remarque, l'évangéliste nous donne son commentaire sur cette parole de Jésus : élevé de la terre .
Il y voit le genre de mort que devait subir son Maître, la croix. Or un grand nombre d'exégètes se sont hâtés d'affirmer que cette explication n'est pas conforme aux termes du texte, attendu que ce mot élevé de le terre ne peut signifier autre chose que le retour de Christ dans la gloire du ciel.
Il faut bien avouer que ce dernier sens se présente naturellement à la pensée. […]
v. 33 · Godet · 18/10/2026
Cette explication de Jean est déclarée fausse par plusieurs interprètes modernes (Meyer Reuss, etc.). Jésus aurait parlé, selon eux de l'ascension, non de la croix. Mais nous avons vu que l'idée de la croix était nécessairement impliquée dans la parole précédente, et il faut bien remarquer que l'apôtre ne dit pas δηλῶν, déclarant en toutes lettres, mais seulement σημαίων, indiquant, faisant entendre . Jean veut dire simplement qu'en donnant cette forme à sa pensée, Jésus faisait pressentir le genre de mort qu'il devait subir. Reuss veut bien tirer de cette fausse explication de l'évangéliste une preuve en faveur de l'authenticité de la parole du v. 32. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
La foule a très bien compris que par ces mots : "Etre élevé de la terre," Jésus annonçait sa mort. Or, quelques-uns dans cette foule, lui objectent que, selon la loi , c'est-à-dire d'après les Ecritures, (ainsi Jean 10.34) le Messie demeure éternellement. (Voir Daniel 7.13,14,27 ; Psaumes 110.4 ; Esaïe 9.6)
S'il en est ainsi Jésus ne saurait être le Messie. Qui es-tu donc ? lui demandent-ils. En lui adressant cette question, ils se servent de ce terme de Fils de l'homme par lequel Jésus se désignait fréquemment et qu'il venait de prononcer à l'instant même. (verset 23)
Ce nom, dans sa bouche, désignerait-il un autre que le Messie ? Il ne paraît pas que ce fût par hostilité que ces gens faisaient cette objection, mais parce qu'ils en étaient réellement embarrassés. Aussi Jésus leur fait-il entendre avec bonté un dernier et sérieux avertissement. (versets 35,36)
v. 34 · Godet · 18/10/2026
« Comment donc dis-tu, toi ? » Ce toi est opposé à nous , ἡμεῖς : nous qui connaissons la loi et ceux d'entre nous qui l'expliquent. Les passages auxquels les Juifs font allusion sont ceux dans lesquels le Messie est représenté comme fondant sur les ruines des empires païens un royaume éternel : Esaïe 9.6 ; Psaume 110.2-4 ; Daniel 7.14, etc. - Sur le terme la loi , voir ⇒. - Pour résoudre la difficulté, les objectants font eux-mêmes une supposition sur laquelle ils demandent à être éclairés. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Sin., B, D, versions. Le texte reçu avec A, majuscules porte avec vous.
v. 35-36 · Godet · 18/10/2026
Jésus ne leur répond pas directement. Ce n'était plus le temps d'enseigner et de discuter. Il adresse à leur conscience un dernier avertissement, un suprême appel, en leur faisant sentir la gravité décisive de l'heure présente pour eux et pour tout leur peuple. Voilà pourquoi Jean dit εἶπεν, il dit, déclara , non ἀπεκρίθη, il répondit . Le jour du salut est à son terme : le soleil qui éclaire encore Israël va disparaître dans quelques instants. Quand le soleil se couche, ceux qui ont une marche à faire doivent se hâter avant que la nuit soit là. Par cette marche à faire, Jésus entend l'acte de croire, pour tous ceux qui sont encore éloignés de lui. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ne répond pas directement à la question de ses auditeurs, bien persuadé que, s'ils ouvraient leur cœur à la sérieuse exhortation qu'il leur adresse, ils ne tarderaient pas à être éclairés par sa lumière divine et à comprendre la nécessité et le but de sa mort.
Cette lumière allait disparaître du milieu d'eux, s'ils ne saisissaient pas ce dernier moment, ils seraient surpris par les ténèbres , et, semblables à un homme qui erre dans l'obscurité et qui ne sait où il va , ils courraient risque de périr.
Jésus insiste, et il explique ce mot : marcher à la lumière par celui-ci : croyez en la lumière , c'est-à-dire en Celui qui la fait resplendir à vos yeux. […]
37 Et quoiqu’il ait fait tant de miraclesi 37i litt. : signes. devant eux, ils ne crurent pas en lui ; 38 afin que la parole d’Ésaïe le prophète, qu’il prononça, fût accomplie : « ✶Seigneur, qui est-ce qui a cru à ce qu’il a entendu de nous, et à qui le bras du ✶Seigneur a-t-il été révélé ? »j 38j Ésaïe 53:1 . . 39 C’est pourquoi ils ne pouvaient croire, parce qu’Ésaïe dit encore : 40 « Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, afin qu’ils ne voient pas des yeux, et qu’ils n’entendent pas du cœur, et qu’ils ne soient convertis, et que je ne les guérisse »k 40k Ésaïe 6:9-10 . . 41 Ésaïe dit ces choses parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de lui. 42 Toutefois plusieurs d’entre les chefs mêmes crurent en lui ; mais à cause des pharisiens ils ne le confessaient pas, de peur d’être exclus de la synagogue ; 43 car ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu .
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
37 à 50
Conclusion de l'évangéliste.
Après avoir nettement marqué la fin du ministère public de Jésus, (verset 36) Jean jette un regard plein de tristesse sur l'incrédulité de son peuple ; (versets 37-43) puis, il résume en quelques traits lumineux l'enseignement du Sauveur sur sa mission divine. (versets 43-50)
- Tant de miracles (grec de signes ), signes de la puissance et de l'amour divins, n'avaient pu amener les Juifs à la foi, ils ne croyaient point en lui , ce verbe à l'imparfait marque la persistance de leur incrédulité. […]
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
Quelque irrationnel que soit le fait dont Jean va s'occuper, il devait s'accomplir : car il était prévu et prédit , - Que de motifs de croire ne se trouvaient pas pour les Juifs dans l'apparition de Jésus, particulièrement dans ses miracles qui étaient le témoignage de Dieu, le sceau dont il marquait son envoyé, des signes dont le sens était aisé à saisir, surtout pour des Juifs (1 Corinthiens 1.22) ! Le mot τοσαῦτα, tant , dans nos évangiles, s'applique toujours au nombre, non à la grandeur ; comparez 6.9 ; 21.11 ; c'est parfois aussi son sens chez les classiques ; comparez l'expression τοσαῦτα τε καὶ τοιαῦτα, tant . […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Esaïe 53.1, cité exactement d'après les Septante, conformes à l'hébreu. Telle était la plainte douloureuse du prophète sur l'incrédulité de son peuple, cette parole introduit la description des humiliations et des souffrances du Messie méprisé et rejeté par ce peuple. Elle s'est réalisée dans l'histoire du Sauveur.
Non seulement sa prédication , comme celle du prophète, est restée sans effet sur le grand nombre, mais le bras du Seigneur , c'est-à-dire sa puissance manifeste dans les œuvres de Jésus, n'a pas été révélé à son peuple. Cette incrédulité devait se produire, si étrange soit elle, pour accomplir la prophétie.
Il faut laisser au mot afin que toute sa signification, car l'évangéliste va l'expliquer par une autre citation.
v. 39-40 · Godet · 18/10/2026
La toute-puissance de Dieu travaillait elle-même à réaliser ce que sa toute-science avait prédit et à faire commettre à Israël l'impossible. Non seulement ils ne croyaient pas (v. 37) : mais ils ne pouvaient croire (v. 39) Le mot πάλιν (de nouveau ) rappelle que c'est ici une seconde idée , servant à expliquer le fait en complétant la première. Cette relation logique répond au sens des deux paroles d'Esaïe citées par Jean. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Esaïe 6.10. Voir sur cette citation : Matthieu 13.14,15, note. Ce qui, dans l'hébreu est un ordre de Dieu au prophète, est rendu par l'évangéliste comme une action de Dieu lui-même qui, par un juste jugement sur l'incrédulité de son peuple, a aveuglé leurs yeux et endurci leur cœur ; c'était, en effet, alors un fait accompli.
Jean tire de là cette conclusion : Grec : C'est pourquoi ils ne pouvaient croire . Le c'est pourquoi porte sur le parce que suivant : (comme Jean 5.18 ; 10.17) Ils ne pouvaient croire pour cette raison que ... […]
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Les paroles du prophète, que l'évangéliste vient de citer, furent prononcées immédiatement après la grande vision de la gloire du Seigneur, par laquelle Esaïe fut confirmé dans sa sainte mission. (Esaïe 6.1-7)
En conformité avec toutes les Ecritures, Jean n'hésite pas à nous montrer, dans l'Adonaï qui apparut au prophète, la Parole éternelle par laquelle curent lieu toutes les révélations divines de l'ancienne Alliance et qui est devenue chair en JésusChrist. (Comparer Jean 1.1, notes.)
Les mots : il parla de lui , se rapportent précisément aux paroles du prophète que Jean vient de citer et qui se trouvent à la suite de la vision ici rappelée. (Esaïe 6.8 et suivants) […]
v. 41 · Godet · 18/10/2026
Jean justifie dans ce verset l'application qu'il vient de faire à Jésus de la vision du ch. 6 d'Esaïe. L'Adonaï que contemplait Esaïe à ce moment était l'être divin qui s'est incarné en Jésus. En cela encore Jean et Paul se rencontrent ; comparez 1 Corinthiens 10.4, où Paul appelle le Christ celui qui guidait Israël du sein de la nuée. Quelques interprètes ont essayé de rapporter le pronom αὐτοῦ, de lui , non à Christ, mais à Dieu[1]. Mais les derniers mots : et qu'il parla de lui , seraient oiseux dans ce sens et cette remarque sans but dans le contexte. - La leçon alex. : « parce qu'il vit… , au lieu de : « quand il vit, » est admise par Tischendorf, Weiss, Keil, etc. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste se plaît à rappeler que, malgré l'incrédulité d'Israël, dont il parle avec tristesse, plusieurs, même d'entre les chefs , c'est-àdire des membres du sanhédrin, crurent en Jésus, mais qu'ils n'osaient confesser leur foi de peur d'être exclus de la synagogue .
Le parti qui terrorisait le conseil et le peuple était celui des pharisiens . (Comparer Jean 9.22)
v. 42-43 · Godet · 18/10/2026
Cette exception confirme la règle, puisqu'elle prouve que, là même où la foi avait été éveillée, la crainte des hommes en comprima la profession et le développement. On voit par cette parole remarquable combien pesant était le joug sous lequel le pharisaïsme courbait Israël (voir les paraboles du ch. 10). La cause morale de l'endurcissement et de l'aveuglement du peuple (v. 40) était précisément cette puissance du fanatisme pharisaïque, incompatible avec l'esprit de l'Evangile. - Sur ὅμως, pourtant , comparez Galates 3.15 ; 1 Corinthiens 14.7. - Les mots : de peur d'être chassés de la synagogue , confirment ce qui a été dit 9.22. - Le mot δόξα, au v. […]
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
La foi timide de ces hommes n'avait pas encore l'énergie nécessaires pour renoncer à la gloire qui vient des hommes et lui préférer la gloire qui vient de Dieu seul.
L'empire de l'opinion (c'est là proprement le sens du mot grec) les dominait encore. Mais nous savons de quelques-uns d'entre eux, Nicodème, Joseph d'Arimathée, que, plus tard, au moment même du plus grand danger, ils furent affranchis de cette tyrannie et partagèrent l'opprobre de Christ. (Jean 19.38 et suivants)
44 Et Jésus s’écria et dit : Celui qui croit en moi, ne croit pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé ; 45 et celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé. 46 Moi, je suis venu dans le monde, [la] lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. 47 Et si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, moi, je ne le juge pas ; car je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais afin de sauver le monde. 48 Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles, a qui le juge ; la parole que j’ai dite, celle-là le jugera au dernier jour. 49 Car moi, je n’ai pas parlé de moi-même l 49l avec le sens : de mon propre fonds. ; mais le Père qui m’a envoyé, lui-même m’a commandé ce que je devais dire et comment j’avais à parler ; 50 et je sais que son commandement est la vie éternelle. Les choses donc que moi je dis, je les dis comme le Père m’a dit.
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Comme il est évident que l'évangéliste a clos (verset 36) le récit de la vie publique de Jésus ; comme il n'indique ni le temps, ni le lieu où les paroles suivantes furent prononcées, ni les auditeurs à qui elles furent adressées ; comme enfin ce dernier discours ne renferme que des paroles de Jésus qui se retrouvent en substance dans ses enseignements précédents, la plupart des interprètes admettent que l'évangéliste a voulu donner ici un résumé énergique et lumineux de la prédication du Sauveur touchant les bienfaits assurés à ceux qui croiraient en lui, afin de montrer combien était coupable l'incrédulité des Juifs dont il venait de parler. […]
v. 44-46 · Godet · 18/10/2026
Combien de fois Jésus n'avait-il pas attesté sa pleine communion avec le Père, cette relation dans laquelle rien ne troublait la manifestation en sa personne de ce Père invisible dont il était l'organe ? Croire en lui , c'est donc bien pénétrer par l'acte de la foi, au travers de la personne humaine de Jésus, jusqu'à la source infinie de tout bien qui apparaît en lui (5.19-20 ; 6.57 ; 8.16,29,38 ; 10.30,38).
La négation : Il ne croit pas en moi , a sa pleine vérité en ce sens que le croyant ne croit pas en l'homme Jésus comme s'il fût venu ou eût agi en son propre nom (5.43) ; en Jésus, c'est réellement Dieu, et Dieu seul, qui est l'objet de la foi, puisque Dieu seul paraît en lui. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
L'expérience de tous les chrétiens leur démontre que, dès qu'ils croient de cœur en Jésus et contemplent Jésus des yeux de l'âme, cette foi et cette contemplation ne s'arrêtent pas à sa personnalité humaine, telle qu'elle parut sur la terre mais embrasse Dieu lui-même qui l'a envoyé , et dont il est la révélation parfaite. (Comparer sur ces paroles Jean 5.36 ; 7.29 ; 8.19,42 ; 10.38 ; 11.9)
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Moi lumière je suis venu dans le monde afin que .
Voir sur ces paroles Jean 1.4,9 ; 3.19 ; 8.12 ; 9.5 ; 12.35.
En présence de cette lumière divine, si quelqu'un demeure dans les ténèbres , il en portera seul la responsabilité, car il aura volontairement fermé les yeux
v. 47-48 · Godet · 18/10/2026
Malheur à qui ne croit pas à Jésus et à sa parole dans laquelle il se manifeste et rend témoignage de lui-même ! Comme sa personne est la pure manifestation de Dieu, sa parole est la parfaite révélation de la pensée de Dieu. Aussi sera-t-elle l'unique pierre de touche dans le jugement. La déclaration du v. 47 n'exclut pas le rôle personnel de Jésus dans ce grand acte. Elle dit seulement que la sentence qu'il prononcera alors ne sera que la conséquence fatale de la position que l'homme aura prise à l'égard de sa parole ; c'est l'idée de 3.18 (ἤδη κέκριται) ; 5.24 ; 8.15. […]
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Après avoir rappelé la manifestation de Dieu dans sa personne, Jésus insiste avec énergie sur la responsabilité et le malheur de ceux qui rejettent ses paroles .
Il ne les juge point maintenant, car il est venu pour sauver, mais ils n'en seront que plus rigoureusement juges au dernier jour , et cela par cette parole même, éternelle vérité qu'ils ont méprisée. (Comparer Jean 3.17-19 ; 5.45-47 ; 8.15,16)
v. 49-50 · Godet · 18/10/2026
Si la parole de Jésus est la norme du jugement, c'est que c'est celle de Dieu même, et pour le fond (τί εἴπω) et pour la forme (τί λαλήσω). L'ἐντολή, le commandement , dont parle ici Jésus, n'est pas un mandat reçu une fois pour toutes avant de quitter le ciel. Cette idée est incompatible avec 3.34 ; 5.19-20,30 ; 8.16 (voir Gess, p. 542-543). Jésus reçoit pour chaque cas le mandat qu'il a à remplir ; il entend avant de parler, et il entend parce qu'il écoute. Cette docilité constante provient chez lui (v. 50) de la certitude qu'il a de la force vivifiante et régénératrice de cette parole que lui confie le Père. […]
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces dernières déclarations confirment et motivent celles qui précèdent (car ) ; en effet, la parole de Jésus a toujours été la parole de Dieu même, fidèlement reproduite.
Le Père qui m'a envoyé , dit-il, m'a (grec) donné un commandement, ce que je dis et ce que j'énonce ; le premier de ces verbes se rapporte au fond, le second à la forme du discours. (Comparer Jean 8.43, note.)
Ce commandement , cet enseignement, qu'il a toujours docilement reçu et fidèlement transmis, a le pouvoir de régénérer et de vivifier ; ainsi il est la vie éternelle pour tous ceux qui l'entendent et le reçoivent avec foi. (Jean 6.63 ; comparez Jean 5.30 ; 7.16 ; 8.25-28 ; 14.10)