Quelque irrationnel que soit le fait dont Jean va s'occuper, il devait s'accomplir : car il était prévu et prédit, - Que de motifs de croire ne se trouvaient pas pour les Juifs dans l'apparition de Jésus, particulièrement dans ses miracles qui étaient le témoignage de Dieu, le sceau dont il marquait son envoyé, des signes dont le sens était aisé à saisir, surtout pour des Juifs (1 Corinthiens 1.22) ! Le mot τοσαῦτα, tant, dans nos évangiles, s'applique toujours au nombre, non à la grandeur ; comparez 6.9 ; 21.11 ; c'est parfois aussi son sens chez les classiques ; comparez l'expression τοσαῦτα τε καὶ τοιαῦτα, tant. Cette parole suppose que Jésus avait fait un bien plus grand nombre de miracles que les six rapportés dans ce livre : comparez 7.3 ; 20.30. Jean n'a donc pas voulu raconter tout ce qu'il savait. - Le terme σημεῖα, signes, rappelle le but divin dans ces œuvres, et les mots ἔμπροσθεν αὐτῶν, en leur présence, leur complète publicité. - L'imparfait ils ne croyaient pas fait ressortir la durée, la persistance opiniâtre de l'incrédulité israélite, malgré des signes qui se renouvelaient tous les jours sous leurs yeux.
Personne à peu près ne cherche plus à affaiblir le sens du ἴνα, afin que, pour en faire un ὥστε, de sorte que. - Le passage cité est Esaïe 53.1. Le prophète, au moment de décrire l'abaissement, la mort et l'élévation du Messie, se demande s'il se trouvera en Israël quelqu'un qui soit disposé à accueillir avec foi un message tel que celui-là, si contraire aux aspirations charnelles du peuple. Or le Messie, auquel se rapporte la prophétie, ne saurait espérer un meilleur accueil que ce message lui-même. Ces deux choses, le message et le Messie qui en est l'objet, sont tellement une seule et même chose aux yeux du prophète, que dans la seconde proposition, parallèle à la première, il n'est plus question que du Messie (le bras de l'Éternel reconnu). - La réponse à la question : Qui a cru ? est, dans la pensée du prophète, soit personne, soit un petit nombre de personnes ; on les comptera. - D'après plusieurs, l'expression ἀκοὴ ἡμῶν, notre audition, signifierait : ce que nous entendons de la bouche de Jéhova, soit nous prophètes (Hengstenberg), soit nous Juifs arrivés à la foi, y compris le prophète (Hofmann, Delitzsch, Keil). Mais il est bien plus naturel d'expliquer : ce que nous faisons entendre (nous prophètes). Ce n'est certainement pas le peuple entendant, ce sont les prophètes prêchant qui peuvent élever une pareille question. - La première expression : ce que nous prêchons, se rapporte au Messie souffrant, décrit dans le tableau suivant ; la seconde : le bras de l'Éternel, aux actes de puissance divine dont il sera l'agent, spécialement à sa résurrection et à son exaltation qui couronnent ce tableau (Esaïe 53.10-12). La prophétie avait ainsi déclaré que le Messie, tel que Dieu l'enverrait, ne trouverait pas de foi en Israël ; son abaissement choquerait à tel point ce peuple qu'il n'aurait pas même des yeux pour discerner les manifestations de la puissance divine dans son apparition. - Mais le fait pourrait être prédit sans être voulu de Dieu. Eh ! bien, celui-ci était à la fois voulu et annoncé, à tel point que Dieu lui-même coopérait à son exécution. Telle est la gradation de v. 38 à 39 : Oui, dans cet aveuglement il y a eu quelque chose de surnaturel !