1 Après ces choses, il y avait une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. 2 Or il y a à Jérusalem, près de la porte des brebisa 2a comp. Néhémie 3:1 , 32 ; 12. 39. , un réservoir d’eau, appelé en hébreu Béthesda, ayant cinq portiques, 3 dans lesquels étaient couchés une multitude d’infirmes, d’aveugles, de boiteux et de gens qui avaient les membres secs, [attendant le mouvement de l’eau. 4 Car à de certaines saisons un ange descendait dans le réservoir et agitait l’eau ; le premier donc qui entrait après que l’eau avait été agitée, était guéri, de quelque maladie qu’il soit pris]. 5 Or il y avait là un homme infirme depuis 38 ans. 6 Jésus, le voyant couché là, et sachant qu’il était dans cet état déjà depuis longtemps, lui dit : Veux-tu être guéri ? 7 Le malade lui répondit : Seigneurb 7b plutôt : Monsieur. , je n’ai personne qui, lorsque l’eau a été agitée, me jette dans le réservoir ; et, pendant que moi je viens, un autre descend avant moi. 8 Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton petit lit, et marche. 9 Et aussitôt l’homme fut guéri, et il prit son petit lit, et marcha. Or c’était sabbat ce jour-là. 10 Les Juifs donc dirent à celui qui avait été guéri : C’est [un jour de] sabbat ; il ne t’est pas permis de prendre ton petit lit. 11 Il leur répondit : Celui qui m’a guéri, celui-là m’a dit : Prends ton petit lit, et marche. 12 Ils lui demandèrent donc : Qui est l’homme qui t’a dit : Prends ton petit lit, et marche ? 13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était ; car Jésus s’était retiré de là, une foule se trouvant dans ce lieu. 14 Après ces choses, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : Voici, tu es guéri ; ne pèche plus, de peur que pis ne t’arrive. 15 L’homme s’en alla et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. 16 Et à cause de cela les Juifs persécutaient Jésus [et cherchaient à le faire mourir], parce qu’il avait fait ces choses en un jour de sabbat. 17 Mais Jésus leur répondit : Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille. 18 À cause de cela donc les Juifs cherchaient d’autant plus à le faire mourir, parce que non seulement il violaitc 18c ou : anéantissait. le sabbat, mais aussi parce qu’il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu . 19 Jésus donc répondit et leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu’il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci fasse, cela, le Fils aussi de même le fait. 20 Car le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’il fait lui-même, et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’admiration. 21 Car comme le Père réveille d 21d ailleurs : ressuscite. les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie ceux qu’il veut ; 22 car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils ; 23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père qui l’a envoyé. 24 En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie. 25 En vérité, en vérité, je vous dis que l’heure vient, et elle est maintenant, que les morts entendront la voix du Fils de Dieu , et ceux qui l’auront entendue vivront. 26 Car comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils aussi d’avoir la vie en lui-même ; 27 et il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu’il est fils de l’homme. 28 Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix ; 29 et ils sortiront, ceux qui auront pratiqué le bien, en résurrection de vie ; et ceux qui auront fait le mal, en résurrection de jugement. 30 Je ne puis rien faire, moi, de moi-même ; je juge selon ce que j’entends, et mon jugement est juste ; car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. 31 Si moi je rends témoignage de moi-même, mon témoignage n’est pas vrai. 32 C’est un autre qui rend témoignage de moi ; et je sais que le témoignage qu’il rend de moi est vrai. 33 Vous, vous avez envoyé auprès de Jean, et il a rendu témoignage à la vérité ; 34 mais moi, je ne reçois pas témoignage de l’homme, mais je dis ces choses afin que vous, vous soyez sauvés. 35 Celui-là était la lampe ardente et brillante ; et vous, vous avez voulu vous réjouir pour un temps à sa lumière ; 36 mais moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m’a données pour les accomplir, ces œuvres mêmes que je fais rendent témoignage de moi, que le Père m’a envoyé. 37 Et le Père qui m’a envoyé, lui, a rendu témoignage de moi. Jamais vous n’avez entendu sa voix, ni vu sa figure ; 38 et vous n’avez pas sa parole demeurant en vous ; car celui-là que lui a envoyé, vous, vous ne le croyez pas. 39 Sondez e 39e ou : Vous sondez ; ce n’est pas un commandement, en tout cas, mais un appel. les écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi : 40 – et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie. 41 Je ne reçois pas de gloire des hommes ; 42 mais je vous connais, [et je sais] que vous n’avez pas l’amour de Dieu en vous. 43 Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez. 44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez de la gloire l’un de l’autre et qui ne cherchez pas la gloire qui [vient] de Dieu seul f 44f ou : du seul Dieu. ? 45 Ne pensez pas que moi, je vous accuserai devant le Père ; il y en a un qui vous accuse, Moïse en qui vous espérez. 46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi ; car lui a écrit de moi. 47 Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ?
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Seconde partie. Ch 5 et 6 Le fils de Dieu et les Juifs Les Juifs refusent de croire en Jésus. Le conflit à Jérusalem Chapitre 5. 1 à 18
Occasion du conflit. Guérison opérée un jour de sabbat.
Après ces choses , c'est-à-dire, à la suite de ce qui vient d'être raconté au chapitre précédent, concernant le séjour de Jésus en Galilée.
- Le texte reçu appuyé par B, A, D, porte : une fête .
On lit dans Sin., C : la fête .
Tischendorf est le seul des éditeurs modernes du Nouveau testament qui adopte cette leçon.
Si l'article (la ) était authentique, la fête désignée serait probablement la Pâque, principale fête des Juifs. […]
v. 1 · Godet · 18/10/2026
La liaison μετὰ ταῦτα, après ces choses , nous paraît pas indiquer, malgré les exemples cités par Meyer, une succession aussi immédiate que le ferait μετὰ τοῦτο, après cela . - Quelle que soit la fête à laquelle on rapporte l'événement qui va être raconté elle doit avoir été séparée du retour précédent par un intervalle assez long. En effet, la fête qui suivait de plus près ce retour (dans le courant de décembre), celle de la Dédicace, à la fin du mois, ne peut être celle dont il est ici question. Jésus ne serait pas retourné en Judée si peu de temps après qu'il avait quitté cette contrée par la raison indiquée 4.1. Après cela venaient la fête de Purim en mars, puis la Pâque en avril. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verbe au présent : il y a , n'implique point, comme on l'a pensé, que notre évangile ait été écrit avant la ruine de Jérusalem ; car un réservoir alimenté par une source pouvait fort bien subsister après cette catastrophe ; et, en effet, on le voyait encore quelques siècles plus tard, au temps d'Eusèbe.
- La porte des brebis , mentionnée dans l'Ancien Testament, (Néhémie 3.1,32 ; 12.39) était située au nord-est de Jérusalem, près du temple.
Elle portait ce nom, dit M. F. Bovet, parce que**"le petit bétail qui entrait à Jérusalem y arrivait certainement par l'est, car c'est de ce côté-là que se trouvent les immenses pâturages du désert de Juda. […]
v. 2 · Godet · 18/10/2026
Le Sinaïticus retranche les mots ἐπὶ τῇ, à la , et fait ainsi de l'adjectif προβατικη, aux brebis , l'épithète de κολυμβήθρα, le réservoir ou l'étang aux brebis . Cette leçon est trop faiblement appuyée pour être admise, même aux yeux de Tischendorf. Il faut donc sous-entendre, comme substantif de l'adjectif προβατικη, l'un des substantifs πύλῃ, porte , ou ἀγορᾷ, marché . Les passages de Néhémie 3.1-32 ; 12.39, où est mentionnée une porte des brebis , parlent en faveur de la première de ces deux ellipses. […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste nomme quelques-unes de ces maladies, pour donner une idée de toutes celles qui pouvaient s'y trouver encore. Vraie image de notre pauvre humanité souffrante.
Le mot que nous traduisons par paralytiques signifie littéralement des malades dont les membres étaient desséchés , perclus, atrophiés. (Comparer Matthieu 12.10 ; Luc 6.6)
Tel était peut-être l'homme dont la guérison va être racontée. (verset 5)
M. F. Bovet a été témoin d'un triste spectacle tout semblable à celui que devait présenter Béthesda. […]
v. 3-4 · Godet · 18/10/2026
Le spectacle que présentait ce portique entourant la piscine est évoqué par M. Bovet, dans sa description des thermes d'Ibrahim, près de Tibériade. « La salle où se trouve la source est entourée de plusieurs portiques, dans lesquels nous voyons une foule de gens entassés les uns sur les autres, couchés sur des grabats ou roulés dans des couvertures, avec de lamentables expressions de misère et de souffrance… La piscine est en marbre blanc, de forme circulaire et couverte d'une coupole soutenue par des colonnes ; le bassin est entouré intérieurement d'un gradin où l'on peut s'asseoir. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces malades attendaient le mouvement de l'eau , c'est-à-dire le jaillissement de la source, qui était intermittente.
Le même phénomène a été observé, récemment encore, par divers voyageurs à une source située au sud-est de Morija, et qui s'appelle la source de la Vierge. Elle est quelquefois complètement desséchée, puis on la voit de nouveau jaillir avec abondance, deux ou trois fois par jour.
- Ces derniers mots du verset : qui attendaient le mouvement de l'eau , manquent dans Sin., B, A, C ; Tischendorf et la plupart des critiques les omettent. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Ayant trente-huit ans dans sa maladie.
Trente-huit ans ! quelle épreuve quelle vie ! De là ressort mieux encore là grandeur du miracle qui va s'accomplir. (Comparer Luc 8.43)
v. 5-7 · Godet · 18/10/2026
La longueur de la maladie est mentionnée, soit pour faire ressortir combien elle était invétérée et difficile à guérir, soit plutôt, d'après le v. 6, pour expliquer la compassion profonde dont Jésus se sentit ému en contemplant ce malheureux. - Ἐχων pourrait se prendre dans le sens intransitif (ἀσθενῶς ἔχειν) ; mais la construction est si semblable à celle du v. 5, où χρόνον est l'objet de ἔχει, qu'il est préférable de faire de ἔτη l'objet de ἔχων : « Ayant trente-huit ans de cet état de maladie. » On a ce qu'on a souffert. Il ne faut pas lier étroitement ἔχων à ἦν ἐκει, comme si Jean voulait dire que le malade était là depuis trente-huit ans. […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus voit ce malade parmi tous les autres, et ressent pour lui une profonde compassion.
Il connaît , en effet, qu'il y a longtemps qu'il souffre, non qu'il ait reçu, comme on l'a supposé, quelques renseignements, ou l'ait appris du malade lui même ; mais par cette intuition divine avec laquelle il pénétrait toute la vie de ceux qu'il avait devant lui. (verset 14 ; comparez Jean 4.18,29)
- La question : Veux-tu être guéri ? a paru étrange. Il était bien évident qu'il le voulait !
Cela n'est point certain. Paralysé depuis tant d'années, découragé, ayant vu toutes ses espérances déçues, cet homme avait probablement perdu jusqu'à la faculté de vouloir . […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a une simplicité touchante dans la réponse de cet homme. Non seulement il est malade, impuissant, mais abandonné : Je n'ai personne ! Je viens, toujours le dernier, toujours trop tard ! Quel découragement !
- Quand l'eau est troublée , troublée par le jaillissement intermittent de la source. Ce sont ces mots, aussi bien que la fin du verset 3, qui ont donné lieu à la légende du verset 4.
v. 8-9 · Godet · 18/10/2026
Le mot κράββατος vient du dialecte macédonien (Passow). Il s'écrit de différentes manières. L'imparfait il marchait peint dramatiquement la jouissance de la faculté recouvrée.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
La parole créatrice du Sauveur a son effet immédiat : aussitôt .
Il faut remarquer aussi ce verbe à l'imparfait qui peint l'action : il marchait . (Comparer Matthieu 9.6)
Le lit (grec grabat ) qu'emporte le malade guéri était une légère couchette sur laquelle l'avait jusqu'alors retenu sa paralysie.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces Juifs étaient des membres du sanhédrin (versets 15,33 ; comparez Jean 1.19 ; 2.18) qui, sans avoir égard au miracle accompli, ni à la délivrance d'un malheureux, ne songent qu'à faire respecter la lettre de la loi ! (Jérémie 17.21)
v. 10-13 · Godet · 18/10/2026
L'acte de porter ce lit paraissait aux Juifs une violation du repos sabbatique. Les rabbins distinguaient trente-neuf espèces de travaux interdits au jour du sabbat, parmi lesquels celui de porter un meuble. Le statut rabbinique défendait également de traiter un malade, et peut-être le terme de τεθεραπευμένος, soigné, traité , renferme-t-il une allusion à cet autre grief non moins grave. Mais le tort des Juifs était d'identifier l'explication rabbinique du quatrième commandement avec son sens réel. - Le malade met très logiquement son action sous la garantie de celui qui lui a donné miraculeusement la force de l'accomplir. - La question des Juifs (v. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Heureux de sa délivrance, cet homme en appelle à l'ordre et à l'autorité de celui qui l'a guéri ; cette autorité, il l'oppose sans hésiter, à celle des membres du conseil.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
La question des chefs du peuple est habile, et trahit leur peu de sincérité. Ils ne demandent pas : Qui t'a guéri ? Ils évitent avec soin de constater le miracle, qui les gène. Le malade guéri ne peut répondre, parce que Jésus ne s'était point fait connaître.
Il s'était même (grec) esquivé, y ayant foule en ce lieu . (verset 3)
Les uns traduisent : parce qu' il y avait foule ; ces mots indiqueraient le motif de la retraite de Jésus, qui ne voulait pas exciter une vaine curiosité au milieu de cette foule.
Suivant d'autres, ils relèveraient la circonstance qui rendit possible la disparition de Jésus ; elle se fit grâce à la foule qui était en ce lieu.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est dans le temple que Jésus trouve cet homme. On aime à penser que, bientôt après sa délivrance, il s'y était rendu pour rendre grâces à Dieu. Et c'est là que l'attendait une grâce nouvelle, le sérieux avertissement du Sauveur.
Le péché , cause de la souffrance, telle est la loi universelle du monde moral que nous révèle partout l'Ecriture, d'accord avec l'expérience. (Comparer Jean 9.2, note.)
Mais chez cet homme, la maladie avait été probablement l'effet de quelque péché particulier, puisque Jésus, après sa délivrance, l'exhorte à ne plus pécher , c'est-à-dire à ne plus se laisser aller à la vie de désordre qu'il menait autrefois. S'il la recommençait, il pouvait s'attendre à quelque chose de pire . Or par quelque chose de pire que trente-huit ans dans la maladie, Jésus entendait la perdition.
v. 14-15 · Godet · 18/10/2026
Le malade était sans doute venu dans le temple pour prier ou offrir un sacrifice d'actions de grâces. L'avertissement que Jésus lui adresse, suppose naturellement que sa maladie avait été l'effet de quelque péché particulier : mais il ne faudrait pas conclure de là que chaque maladie résulte d'un péché individuel et spécial ; elle peut avoir pour cause, dans bien des cas, l'altération de la vie collective de l'humanité par le péché (voir à 9.3). - Par quelque chose de pire que trente-huit années de souffrances, Jésus ne peut entendre que la damnation. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans quelle intention ?
Selon les uns, ce serait par méchanceté, pour nuire à Jésus Cela nous paraît psychologiquement impossible et en pleine contradiction avec le verset 11.
D'autres, au contraire, pensent que, plein de reconnaissance envers son bienfaiteur, il voulait le glorifier en révélant à ses adversaires celui qui avait accompli envers lui cette œuvre de puissance et d'amour.
Selon d'autres encore, il aurait agi par obéissance envers l'autorité, dans la crainte que lui inspirait sa violation du sabbat, (verset 10) et dans le désir de dégager sa responsabilité. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
A ces mots : poursuivaient Jésus , le texte reçu ajoute ceux-ci : "Et cherchaient à le faire mourir," qui manquent dans Sin., B, C, D, versions. et qui ont été copiés du verset 18.
- Poursuivre signifie ici : chercher les moyens de le saisir, de l'accuser, et le motif des adversaires est le miracle que Jésus avait opéré le jour du sabbat .
Mais l'évangéliste fait sentir, par les termes de son récit, comment ils généralisaient et exagéraient cette action.
Le verbe à l'imparfait : il faisait , indique que c'était son habitude, le pluriel : ces choses , ne désigne pas une action unique, mais encore d'autres semblables.
- Il faut remarquer que Jean est d'accord ici avec les synoptiques qui, eux aussi, attribuent les premières attaques des adversaires à de prétendues violations du sabbat. (Matthieu 12.1 et suivants ; verset 9 et suivants ; Marc 2.23 ; 3.1 ; Luc 6.1 et suivants)
v. 16 · Godet · 18/10/2026
Διὰ τοῦτο, c'est pourquoi , résume ce qui précède et en même temps est expliqué par la phrase qui termine le verset : parce que… - Le mot διώκειν, poursuivre , indique la recherche des moyens de nuire. - En faveur de l'authenticité des mots suivants dans le T. R. : Et ils cherchaient à le faire mourir , on pourrait alléguer le μᾶλλον, encore davantage , du v. 18. Mais il est plus probable que c'est ce mot même du v. 18 qui a provoqué cette interpolation. - L'imparfait ἐποίει, il faisait , exprime malignement l'idée que la violation du sabbat est désormais passée chez lui à l'état de principe : il est coutumier du fait. […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Chaque mot de cette déclaration est d'une signification profonde.
Jésus, pour se justifier d'avoir fait du bien le jour du sabbat, élève sa pensée vers Celui qu'il nomme son Père , dans un sens que lui seul peut donner à ce nom. Il voit son Père exerçant une action immense et incessante sur tout l'univers et, en particulier, sur ses créatures intelligentes, qu'il veut amener au salut.
C'est là ce que Jésus, par une expression populaire, appelle le travail de Dieu. Ce travail n'est interrompu par aucun sabbat. Dieu agit non seulement depuis la création du monde d'une manière continue, incessante, mais il agit jusqu'à présent ou jusqu'ici . […]
v. 17 · Godet · 18/10/2026
L'aoriste moyen ἀπεκίνατο ne se trouve qu'ici et v. 19 ; peut-être aussi 12.23. Son emploi peut être motivé par le caractère personnel, apologétique, du discours suivant. - Cette parole, comme celle de 2.19 (comparez Luc 2.19), ressemble à un éclair jaillissant des profondeurs les plus intimes de la conscience de Jésus, de ce point de jonction mystérieux où il reçoit intérieurement l'impulsion du Père. Ces jets subits et incommensurablement profonds distinguent le langage de Jésus de tout autre. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : à le tuer .
A cause de cela , c'est à dire à cause de la parole qu'ils viennent d'entendre. (verset 17)
Le mot : encore plus prouve que, dans les poursuites des Juifs contre Jésus, (verset 16) se trouvait déjà ce dessein meurtrier, exprimé par la variante inauthentique que nous avons fait remarquer.
M. Godet fait l'observation très juste que les synoptiques font remonter à la même époque les projets des adversaires de Jésus contre sa vie. (Matthieu 12.14 ; Marc 3.6 ; Luc 6.7,11)
Les Juifs articulaient ainsi trois griefs contre Jésus :
1° Il violait le sabbat (grec il le dissolvait, détruisait ). […]
v. 18 · Godet · 18/10/2026
Le διὰ τοῦτο, c'est pourquoi , est expliqué par le ὅτι, parce que , qui suit. - Nous avons vu que, d'après le texte authentique du v. 16, l'intention de faire mourir Jésus n'avait point encore été attribuée à ses ennemis : elle était seulement renfermée implicitement dans le mot ἐδίωκον, ils poursuivaient . Cela suffit pour expliquer le μᾶλλον, encore plus , du v. 18. Relevons ici les singulières exagérations de Reuss : « Qu'on lise dit-il, le discours 5.18 et suivants, plusieurs fois interrompu par cette phrase : Ils le poursuivent, ils cherchent à le tuer . […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
19 à 47
Discours de Jésus.
Jésus confirme la déclaration qu'il vient de faire, (verset 17) mais en l'expliquant. Pour cela il énonce d'abord une pensée négative, puis une grande affirmation.
Dans la première, il ne nie point qu'il n'ait, absolument parlant, de pouvoir à soi, mais il exprime l'impossibilité morale où il est de rien faire qui ne soit en pleine harmonie avec la volonté de son Père, et cela précisément parce qu'il est le Fils, son image, son révélateur, son représentant, qui ne peut agir que dans une communion parfaite avec lui. […]
v. 19 · Godet · 18/10/2026
Les interprètes qui trouvent dans le v. 17 une idée spéculative, comme celle de la création continue, voient dans les v. 19 et 20 le déploiement de la relation métaphysique entre le Père et le Logos. Mais si l'on donne, comme nous l'avons fait, au v. 17 un sens approprié au contexte, les v. 19 et 20 n'ont point ce caractère théologique plus ou moins abstrait ; ils ont, aussi bien que le v. 17, une application pratique au cas donné. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
L'unité d'action du Père et du Fils (verset 19) ne résulte pas seulement de la relation de nature qui les unit en tant que Père et Fils. Jésus a soin, dans l'explication (car ) qu'il en donne, d'accentuer son caractère moral : c'est un ineffable rapport d'amour , (Jean 3.35) dans lequel le Père se communique au Fils et lui montre tout ce qu'il fait .
"Celui quiaime ne cèle rien." Bengel.
Les mots voir (verset 19) et montrer (verset 20) expriment des actes tout intérieurs, tout spirituels. Le Père ne montre pas au Fils des œuvres déjà extérieurement réalisées et que le Fils n'aurait qu'à imiter. […]
v. 20 · Godet · 18/10/2026
La coopération du Fils à l'œuvre divine repose (car ) sur l'amour infini du Père qui ne cache rien au Fils. - Le terme φιλεῖν exprime la tendresse (chérir ) et convient parfaitement à l'intimité de la relation ici décrite. Il en était autrement 3.35, où se trouvait le mot ἀγαπᾶν, qui indique l'amour d'approbation et en quelque sorte d'admiration (ἄγαμαι) ; car il s'agissait là de la communication de la toute-puissance. - Le montrer du Père correspond au regarder du Fils (v. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus justifie et explique (car ) son affirmation que le Père lui montrera des œuvres plus grandes , en nommant ces œuvres : ce sont la résurrection et le jugement de l'humanité. (versets 21-29)
- Ici se pose une question qui a divisé les interprètes, depuis les Pères de l'Eglise jusqu'à nos jours : De quels morts et de quelle résurrection s'agit-il dans ce discours de Jésus ? (versets 21-29)
Les uns pensent que, dans tout ce passage, il est question de la résurrection des morts au sens corporel et du jugement dernier. (Plusieurs Pères, Bengel, Hengstenberg.) Cette opinion est incompatible, d'abord avec les mots : "ceux qu'il veut," puis avec les versets 23,24,25. […]
v. 21 · Godet · 18/10/2026
Ressusciter les morts est une œuvre plus grande que guérir un impotent ; de là le car . De même que les miracles particuliers, cette œuvre est la reproduction de l'œuvre du Père. La grande difficulté est ici de savoir si comme plusieurs semblent le penser la plupart des interprètes (car plusieurs ne s'expliquent pas clairement là-dessus), l'œuvre de résurrection attribuée au Père doit être identifiée avec celle qu'accomplit le Fils, ou si elle en est spécifiquement différente, ou, enfin, si elles se combinent l'une avec l'autre par un procédé dont il faut chercher la formule[1]. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset explique (car ) le pouvoir qu'a le Fils de vivifier ceux qu'il veut , (verset 21)
Ce pouvoir résulte du fait que "le Père (grec) non plus ne juge personne , mais a remis tout le jugement au Fils :" Cette prérogative de juger , est impliquée dans la précédente : Celui qui donne la vie à qui il veut doit aussi exercer seul le jugement en vertu duquel il vivifie.
De là cette déclaration que le Père ne juge personne , mais laisse au Fils tout le jugement , le jugement sous toutes ses formes.
Il ne faut point entendre ce mot de jugement comme le font plusieurs exégètes, dans le sens de condamnation, mais le prendre au sens le plus général ; il s'agit avant tout de ce jugement intérieur et actuel qui s'accomplit en chaque âme, au moment où elle entend la Parole de vérité, et qui deviendra définitif par le jugement du dernier jour. (Voir Jean 3.18, note.) De là ce verbe au présent : ne juge personne .
v. 22-23 · Godet · 18/10/2026
Deux particules lient le v. 22 au précédent : γάρ, car et οὐδέ (traduit par aussi ), qui signifie littéralement : et non plus ; le sens est donc : « Car le Père ne juge non plus personne (pas plus qu'il ne ressuscite, une fois qu'il a remis au Fils le soin et le pouvoir de ressusciter, v. 21). » Le car présente le second fait (la transmission du jugement au Fils) comme l'explication du premier (la transmission du pouvoir de ressusciter). En effet, vivifier, c'est absoudre ; refuser de vivifier, c'est condamner. Le pouvoir de vivifier ceux qu'on veut, implique donc la dignité de juge. Meyer entend ici, comme au ch. 3, juger dans le sens de condamner. Mais au v. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
La conjonction : afin que indique l'intention de Dieu lui-même en remettant tout jugement au Fils : c'est qu'il soit honoré de tous à l'égal du Père (comme ).
Or, honorer Dieu , avec tous les sentiments de vénération et d'amour qui lui sont dus, c'est l'adorer , et cette adoration revient au Fils comme au Père. (Philippiens 2.9-11)
Le Sauveur confirme cette vérité par une déclaration négative qui la rend plus absolue encore : ne pas honorer le Fils , c'est ne pas honorer le Père qui l'a envoyé , qui se révèle en lui seul et qui n'est connu qu'en lui. (Matthieu 11.27 ; 1Jean 2.23)
Quelle révélation pour ces auditeurs de Jésus qui le haïssaient jusqu'à vouloir le faire mourir ! (verset 18 ; comparez Jean 15.23)
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
En vérité, en vérité ! ces mots marquent la solennité de l'affirmation et l'importance de la vérité énoncée. Jésus aborde le second point de son discours. (verset 21, note.) Il décrit, dans sa réalisation historique et progressive au sein de l'humanité, l'œuvre de jugement et de vivification que le Père lui a confiée. (versets 24-27)
Jésus ressuscite les morts par sa parole , dont la puissance divine crée en eux, tout ensemble, la foi et la vie , une vie impérissable de l'âme, la vie éternelle que possède dès à présent le croyant (a et non pas aura ) et qui se développera jusqu'à la perfection. (Jean 8.51) […]
v. 24 · Godet · 18/10/2026
Les choses divines sont présentes à l'esprit de Jésus ; il dit ce qu'il voit (3.11) ; de là cette énergique affirmation : « En vérité, en vérité, je vous dis… » (v. 24 et 25). Ces mots font en même temps pressentir la grandeur du fait annoncé. Il est réellement inouï. Pour celui qui reçoit avec confiance sa parole, les deux actes décisifs du drame eschatologique, la résurrection et le jugement, sont choses consommées. La seule parole de Jésus, reçue avec foi, a tout accompli. Ce fait est bien la preuve des qualités de vivificateur et de juge que s'est attribuées Jésus, v. 21 et 22. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Solennelle répétition de l'affirmation du verset précédent.
La voix du Fils de Dieu retentit maintenant au milieu des morts spirituels, (Ephésiens 2.1 ; Matthieu 8.22) et ceux qui l'auront entendue , écoutée et crue vivront d'une vie éternelle. (verset 24)
La voix du Fils de Dieu, c'est sa parole, (verset 24) dont la puissance créatrice fait revivre les morts. (Romains 4.17 ; comparez Ezéchiel 37.1-14)
- La liaison intime de ce verset avec le précédent, et surtout les mots : l'heure est (déjà) maintenant , ne laissent subsister aucun doute sur le sens spirituel des termes : morts et vivront . […]
v. 25 · Godet · 18/10/2026
Une nouvelle affirmation que le Christ tire des profondeurs de sa conscience. Une perspective immense s'ouvre devant lui. Le grand acte de la résurrection spirituelle de l'humanité morte dans ses péchés, morte pour Dieu, va commencer à cette heure, et c'est par lui qu'il s'accomplira tout entier ! - L'identité de la formule par laquelle s'ouvrent les versets 24 et 25, « amen, amen, je vous déclare, » et l'asyndeton qui fait du second la réaffirmation énergique du premier, suffiraient pour prouver que le v. 25 ne peut se rapporter à un fait essentiellement différent du précédent, et combien c'est à tort que Keil y trouve renfermées à la fois la résurrection corporelle et spirituelle. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette grande parole explique (car ) la puissance vivificatrice que le Fils s'attribue dans les deux déclarations précédentes. (versets 24,25)
Le Fils de Dieu ne ressuscite les morts, ne répand la vie divine dans les âmes, que parce qu'il la possède en lui-même comme le Père a la vie en lui-même .
Il faut remarquer la répétition de cette formule : a la vie en lui-même , appliquée successivement au Père et au Fils. […]
v. 26 · Godet · 18/10/2026
L'accent est bien sur les mots deux fois répétés ἐν ἑαυτῷ, en lui-même , qui terminent les deux propositions. Le Fils n'a pas seulement part à la vie, comme la créature. Il la possède et il en est par là la source, comme le Père lui-même ; voilà pourquoi sa voix peut donner ou rendre la vie (v. 25 : comparez 1. 3-4). Mais, d'autre part, cette prérogative divine, le Fils ne la possède que comme un don du Père. C'est ici le paradoxe le plus hardi qu'il soit possible d'énoncer. La vie par soi-même, ce qu'on appelle en théologie l'aséité , donnée au Fils ! Nous ne pourrions entrevoir la solution de cette contradiction, si nous ne voyions résolue en nous-mêmes une contradiction analogue. […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer verset 22, note.
La raison indiquée dans les mots : parce qu'il est Fils d'homme , a été interprétée : parce qu'il est le Messie.
Mais cette idée n'explique pas pourquoi le jugement est remis au Fils et, dans ce cas, Jésus aurait dit le Fils de l'homme (comme toujours, avec les articles ; comparez Matthieu 8.20, note), et non : Fils d'homme .
On a dit encore, en se rapprochant du contexte : Parce que c'est lui qui communique la vie et qu'il sait quels sont ceux qui la possèdent. […]
v. 27 · Godet · 18/10/2026
Jésus avait dit au v. 22, d'une manière indéterminée, que tout jugement lui était remis. Ce mot tout jugement comprenait naturellement le jugement actuel, moral, intérieur, et le jugement final, extérieur. C'est sous ces deux aspects réunis que cette idée est reproduite au v. 27, qui forme ainsi la transition de l'œuvre de la résurrection et du jugement spirituels (v. 24-26) à celle de la résurrection et du jugement extérieurs (v. 28-29). - Jésus ajoute à l'idée du v. 22 une détermination nouvelle : c'est que la fonction de juge lui est remise en tant que fils d'homme . Le second καί, aussi , quoique omis par B et plusieurs Cod. et versions, est peut-être authentique. […]
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
Le Seigneur arrive ici au domaine le plus extérieur, soit quant à la résurrection (v. 28), soit quant au jugement (v. 29). Il est impossible en effet de ne pas rapporter le v. 28 à la résurrection des morts dans le sens propre :
- Il s'agit d'un événement entièrement futur ; car Jésus retranche à dessein les mots : καὶ νῦν ἐστί, et l'heure est là , du verset 25.
- Il ne dit pas seulement : les morts (comme v. 25) ; il emploie l'expression : ceux qui sont dans les tombeaux , expression qui doit naturellement se prendre au sens propre.
- Il ne dit plus : ceux qui entendront (v. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus lit sur la figure de ses auditeurs l'impression de l'étonnement, du doute de l'incrédulité, à l'ouïe des grandes choses qu'il vient de leur faire entendre, il leur dit alors : Ne vous étonnez pas de cela , car voici de plus grandes choses encore ; et il annonce le fait immense de la résurrection universelle au dernier jour.
Les termes de ces deux versets (28, 29) sont tels qu'on ne peut les comprendre dans le sens d'une résurrection spirituelle : tous les verbes sont au futur, en disant : l'heure vient , Jésus n'ajoute pas, comme au verset 25 : elle est déjà maintenant ; il n'y a plus ici de distinction entre ceux qui auront entendu sa voix et les autres, (verset 25) mais […]
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, après avoir repoussé l'accusation portée contre lui par ses adversaires, (verset 18) en s'élevant à une hauteur divine où l'accusé est devenu le juge des accusateurs revient ici à son point de départ, (verset 19) c'est-à-dire à cette unité parfaite avec Dieu hors de laquelle il lui est moralement impossible de rien faire .
Il l'affirme de nouveau en s'attribuant plus directement cette prérogative : il ne dit plus seulement : "Le Fils ne peut rien faire," mais : "Moi je ne puis rien faire." Tout ce qu'il fait a donc pour sanction l'autorité de Dieu même ; quand il juge (le verbe au présent ne peut s'entendre du seul jugement à venir, verset 29, mais de toute son œuvre au […]
v. 30 · Godet · 18/10/2026
Le v. 30 se rattacherait-il à ce qui précède immédiatement par la notion du jugement qui est commune à ce verset et au v. 29 ? Mais le temps présent : je juge (v. 30), ne convient point à l'idée du jugement futur (v. 29) ; et la première proposition : Je ne puis rien faire de moi-même , imprime dès l'abord à la pensée du v. 30 une portée beaucoup plus générale. Nous sommes évidemment ramenés à l'idée du v. 19, qui a servi de point de départ au développement précédent : l'infaillibilité de l'œuvre du Fils trouvant sa garantie dans sa dépendance complète à l'égard de celle du Père. […]
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Par ces paroles, Jésus prévient une objection que, plus tard, les adversaires formuleront expressément : "Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n'est pas vrai." (Jean 8.13)
Jésus répondra alors : "Même si je rends témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai ; car je sais d'où je suis venu et où je vais." (verset 14)
Ici, il admet le principe formel du droit selon lequel un homme ne peut pas témoigner sur son propre compte, mais c'est pour en appeler immédiatement à un autre qui rend témoignage de lui. (verset 32)
v. 31-32 · Godet · 18/10/2026
Peut-être le v. 31 est-il la réponse à une objection qui fut réellement faite à Jésus, à la suite des paroles précédentes. De semblables interruptions abondent dans les récits beaucoup plus circonstanciés des chapitres suivants. - Sans doute le témoignage que l'on rend sur soi-même peut être parfaitement vrai ; mais, dans la sphère des hommes pécheurs, il est toujours suspect de partialité ou de mensonge. Jésus parle ici en se mettant au point de vue de ses auditeurs, qui l'envisagent comme un homme ordinaire. Dans la parole 8.14, au contraire, il reprendra sa position normale et revendiquera nettement l'autorité exceptionnelle que lui confère sa sainteté, parfaite. […]
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui est cet autre , au témoignage duquel Jésus en appelle ? Plusieurs anciens interprètes ont répondu : C'est Jean Baptiste, dont le Seigneur va parler. Mais cette application est précisément écartée par les paroles des versets 33-36.
Non, celui qui rend ce témoignage, c'est Dieu lui-même ; (versets 36-40) et Jésus sait , il porte en lui l'intime conviction, que ce témoignage est la vérité souveraine.
Sin., D, Itala portent vous savez . Cette variante que Tischendorf est seul à admettre provient de la fausse supposition qu'il s'agit du témoignage de Jean-Baptiste.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Jean 1.19 et suivants
Quand Jésus dit qu'un autre rendait témoignage de lui, (verset 32) ses interlocuteurs pensèrent aussitôt à Jean-Baptiste. Jésus parle donc du témoignage rendu par son Précurseur, qui conserve sa valeur (verbe au parfait) malgré la disparition du témoin.
v. 33-35 · Godet · 18/10/2026
Le témoignage de Jean-Baptiste avait fait assez de bruit pour que Jésus put supposer qu'au moment où il disait : « J'ai un autre témoin, » chacun penserait à ce personnage. Jésus repousse cette supposition, mais tout en faisant remarquer qu'au point de vue de ses auditeurs le témoignage de Jean aurait dû pourtant être envisagé comme valable, puisque c'étaient eux-mêmes qui l'avaient provoqué (allusion à la députation 1.19 et suiv.). - Le vous , ὑμεῖς, en tête du verset, oppose les auditeurs à Jésus qui, lui, ne demande pas des témoignages humains et se contente de pouvoir alléguer celui du Père. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus affirme que le témoignage de Jean a été pleinement conforme à la vérité , et cependant, dans cette contestation avec les adversaires, ce n'est pas à ce témoignage ni au témoignage d'aucun homme qu'il en appelle, parce qu'il en a un plus grand ; (verset 36) s'il mentionne le témoignage du Précurseur, c'est seulement dans l'intérêt de ses auditeurs, afin qu'ils se souviennent des paroles de repentance et de vérité que Jean leur a fait entendre, et qu'ainsi ils soient sauvés .
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est encore une belle louange du Précurseur que Jésus prononce par ces paroles : Il était la lampe qui brûle et qui luit , l'unique lampe qui éclaire la maison, (Matthieu 5.15,16, note) le prophète que Dieu avait destiné à éclairer son peuple et à l'amener au Sauveur.
Cette lampe s'était déjà consumée ; Jean n'était plus, ainsi que l'indique le verbe à l'imparfait. En poursuivant cette image gracieuse, dans la seconde partie de ce verset, Jésus adresse à ses auditeurs un sévère reproche : au lieu de profiter, pour leur salut, de cette lumière fugitive, ils n'avaient pensé qu'à se réjouir .
L'annonce du royaume messianique avait excité leur curiosité et leurs espérances charnelles ; mais la prédication de la repentance, que Jean leur faisait entendre, les avait bientôt rebutés.
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Voilà le témoignage divin dont Jésus a parlé, (verset 32) et qui est plus grand que celui du Précurseur : ce sont d'abord les œuvres du Sauveur. Ce témoignage est bien de Dieu, car c'est le Père qui lui a donné les œuvres qu'il fait, afin qu'il les accomplisse .
Ce dernier verbe signifie accomplir jusqu'à la perfection , et il est au futur, car Jésus a la certitude qu'il achèvera ses œuvres jusqu'au bout. La preuve, pour ses auditeurs, c'est que déjà il les fait (présent).
Or, qu'étaient ces œuvres ?
Avant tout, ses miracles, ces actes de puissance et d'amour qui répandaient la santé et la vie, la consolation et l'espérance sur tant de malheureux. […]
v. 36 · Godet · 18/10/2026
Le passage relatif à Jean-Baptiste n'était qu'une observation jetée en passant un argument ad hominem ; Jésus développe maintenant le fait annoncé dès l'abord, v. 32 : le témoignage du Père. Le ἐγὼ δέ, mais moi , est, comme celui du v. 34, l'antithèse du vous , v. 33 ; il complète le précédent en ajoutant l'affirmation à la négation. Pour l'article, le , voir à v. 34 : le témoignage absolu , le seul auquel je veuille en appeler ici. L'absence de l'article devant μείζω s'explique ainsi : le , vrai témoignage, qui est un témoignage plus grand que… - On trouve ordinairement dans le génitif τοῦ Ἰωάννου, de Jean , la forme de la comparaison abrégée : « plus grand que celui de Jean. […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
S'agit-il, ici encore, du même témoignage, celui des œuvres ? (verset 36) Plusieurs interprètes l'ont pensé.
Mais ces mots solennels : le Père lui-même et le verbe au parfait : a rendu témoignage (tandis qu'il est au présent dans le verset précédent), montrent évidemment que Jésus a en vue un témoignage nouveau.
Quel est-il ? Les uns pensent qu'il s'agit de ce témoignage intérieur et immédiat que Dieu rend dans les âmes (versets 24-26) en les attirant au Fils (6 : 44) ; ainsi de Wette, Tholuck, Astié. Cette explication non plus ne tient pas compte du verbe au parfait. […]
v. 37 · Godet · 18/10/2026
Il est clair, quoi qu'en disent Olshausen, Baur et d'autres, que Jésus parle ici d'un nouveau témoignage du Père : autrement, pourquoi substituerait-il au présent, témoignent (v. 36), qui s'applique, aux miracles que Jésus accomplit actuellement, le parfait, a témoigné , qui ne peut désigner qu'un témoignage rendu et achevé ? Le pronom αὐτός, lui-même , accentué comme il l'est, relève énergiquement le caractère personnel de ce nouveau témoignage : Dieu a parlé lui-même . Voilà pourquoi la leçon αὐτος, lui-même , me paraît préférable au ἐκεῖνος, celui-là , des alexandrins. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Malgré toutes les révélations et toutes les apparitions divines (théophanies) dans l'ancienne alliance, jamais vous n'avez su discerner la voix de Dieu et reconnaître sa présence dans les Ecritures.
Vous ne le connaissez pas parce que sa parole n'a jamais pénétré dans vos cœurs, de manière à demeurer en vous . Ce qui le prouve avec évidence, c'est que vous ne croyez point celui qu'il a envoyé , et auquel il rend un si éclatant témoignage. (versets 36,37)
Tel est, d'une manière générale, le reproche que Jésus adresse à ses auditeurs. (verset 38) […]
v. 38-40 · Godet · 18/10/2026
La parole écrite, qui aurait dû être le moyen de cette révélation personnelle, ils l'ont entre les mains et sur les lèvres, mais non dans le cœur. Ils ont étudié la lettre, mais ne se sont point approprié le contenu, la pensée, l'esprit Ainsi elle n'est point devenue une lumière allumée au-dedans d'eux pour les conduire, une puissance pour les dominer. Jésus donne une preuve de ce fait intime, c'est leur incrédulité envers lui, l'envoyé divin. Sans doute ce n'est pas là un argument ; car la réalité de sa mission divine était précisément le point en question. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Les premiers mots du verset 39 ont été de tout temps compris et traduits de deux manières différentes :
1° Par l'impératif : scrutez ou sondez les Ecritures, ce qui serait une exhortation à le faire. (Ainsi, entre autres, Augustin, Luther, Calvin Tholuck, R. Stier, Hengstenberg, Keil et nos versions ordinaires.) Mais une telle exhortation ne formerait plus, avec la suite du verset et surtout avec les derniers mots, la contradiction poignante que Jésus veut signaler à ses auditeurs entre ces Ecritures qu'ils connaissent et leur incrédulité à l'égard de Jésus.
2° Pour cette raison, la plupart des interprètes : Bèze, Bengel, Olshausen, de Wette Meyer, MM. […]
v. 41-44 · Godet · 18/10/2026
D'un côté, un Messie qui n'a nul souci de la bonne opinion des hommes et des hommages de la multitude, et de l'autre, des hommes qui mettent leur souverain bien dans la considération publique, dans une réputation intacte d'orthodoxie, dans un haut renom d'érudition scripturaire et de fidélité aux observances (comparez la description des pharisiens, Matthieu 6.1-18 ; 23.1-12) : comment cette opposition de tendances ne mettrait-elle pas obstacle à la naissance de la foi chez ces derniers ? Weiss pense que, si c'était là le sens du v. 41, il eût fallu un ἐγώ, moi , en opposition à vous (v. 42). […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans cette troisième partie du discours, (versets 41-47) Jésus ne fait plus que développer le reproche qu'il vient d'adresser à ses auditeurs : Vous ne voulez pas !
Il montre d'abord d'où provient leur mauvais vouloir, (versets 41-44) puis il leur en dévoile les conséquences. (versets 45-47)
S'il leur reproche avec tant de force de ne pas croire en lui, ce n'est pas qu'il recherche en aucune manière la gloire qui vient des hommes ; (comparez verset 44) mais c'est parce qu'il les connaît , (Jean 2.24) et qu'il sait que leur cœur est étranger à l'amour de Dieu .
Telle est la première et grande cause de leur incrédulité. S'ils avaient eux-mêmes une étincelle de cet amour pour Dieu, ils le sentiraient dans chacune des paroles du Sauveur. (Comparer Jean 3.19-21)
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Celui qui vient au nom de son Père , qui est le vrai Messie, le Sauveur, ils ne le reçoivent point , parce que leur cœur est incapable de sentir son amour ; si un autre vient en son propre nom sans l'autorité de Dieu que pourtant il invoquera faussement, ils le recevront .
Pourquoi ? parce qu'il flattera leurs préjugés, leurs passions, comme le font tous les faux messies et les faux prophètes qui ne recherchent que leur propre gloire. (verset 44)
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Seconde raison d'incrédulité, que Jésus exprime vivement par une question directe et qui signifie : Il vous est impossible de croire, parce que, idolâtres de la gloire qui vous vient des hommes, vous n'avez aucun égard à la gloire qui vient de Dieu seul et qui devrait dominer toutes vos pensées. (verset 41)
Voir sur cette idolâtrie de l'approbation et de la gloire des hommes que Jésus reprochait ailleurs aux chefs du peuple, Matthieu 6.1-5,16-18 ; Matthieu 23.5-12 ; comparez Jean 12.43.
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Après avoir dévoilé à ses adversaires leur incrédulité et ses causes, Jésus leur ôte enfin le fondement de la fausse espérance qu'ils mettent en Moïse.
C'est par un zèle aveugle pour Moïse et pour sa loi qu'ils ont accusé Jésus d'avoir violé le sabbat, (verset 17) accusation qui a donné lieu à tout ce discours.
Or c'est précisément Moïse qui les accuse dès maintenant (grec il est là, celui qui vous accuse, Moïse ) ; en sorte que Jésus n'aura point à les accuser devant le Père au jour du jugement.
Quelle situation tragique : trouver son accusateur en celui en qui on avait mis son espérance de salut ! Et Jésus va dire la cause de cette immense déception qui les attend. (versets 46,47)
v. 45-47 · Godet · 18/10/2026
Après leur avoir dévoilé la cause morale de leur incrédulité, Jésus montre à ses auditeurs le danger auquel elle les expose, celui d'être condamnés au nom de cette loi même, sur l'observation de laquelle ils ont fondé leurs espérances de salut. Ce n'est pas lui, le Messie rejeté par eux, c'est Moïse lui-même, au nom duquel ils le condamnent, qui réclamera leur condamnation. Jésus les poursuit ici sur leur propre terrain. Sa parole prend une forme agressive et dramatique. Il évoque devant eux cette grande figure de l'ancien libérateur, à laquelle s'est attachée (εἰς ὅν) leur espérance, et transforme cet avocat prétendu en accusateur. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
La preuve que Moïse les accuse (car ), c'est que, tout en se glorifiant de lui, ils ne le croient pas, d'une foi éclairée et vivante : Si vous croyiez Moïse ...
Et leur incrédulité à l'égard de Moïse est, à son tour, la cause pour laquelle ils ne croient pas Jésus.
En effet , les écrits de Moïse sont remplis de lui.
Les mots : Il a écrit de moi ne doivent pas s'entendre seulement de certaines déclarations prophétiques telles que Genèse 3.1 ; 5 ; Deutéronome 18.15,18 et autres ; mais de tous les types, les sacrifices, les cérémonies symboliques du culte, qui avaient en vue le futur Libérateur du peuple de Dieu. Il aurait même suffi de saisir la spiritualité et la sainteté de la loi pour comprendre qu'elle ne serait jamais accomplie qu'en Celui qui devait venir. (Comparer Luc 24.27,44)
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
L'incrédulité envers Moïse et ses écrits avait pour conséquence nécessaire l'incrédulité envers Jésus et ses paroles ;
"L'antithèse essentielle, comme le remarque M. Godet,n'est pas celle des substantifsécrits et paroles , mais celle des pronomsses etmes "
Endurcir sa conscience et son cœur en présence de la loi qui doit produire la repentance, c'est les endurcir aussi envers Celui qui annonce la grâce et le salut.
En un mot l'incrédulité est un état moral qui rend l'homme incapable de saisir aucune des manifestations de la vérité et de la miséricorde divines. Telle est la conclusion accablante de ce discours.