Grec : à le tuer.
A cause de cela, c'est à dire à cause de la parole qu'ils viennent d'entendre. (verset 17)
Le mot : encore plus prouve que, dans les poursuites des Juifs contre Jésus, (verset 16) se trouvait déjà ce dessein meurtrier, exprimé par la variante inauthentique que nous avons fait remarquer.
M. Godet fait l'observation très juste que les synoptiques font remonter à la même époque les projets des adversaires de Jésus contre sa vie. (Matthieu 12.14 ; Marc 3.6 ; Luc 6.7,11)
Les Juifs articulaient ainsi trois griefs contre Jésus :
1° Il violait le sabbat (grec il le dissolvait, détruisait). Il faut remarquer ce verbe à l'imparfait qui généralise l'action ; les adversaires font entendre que Jésus s'en faisait une habitude. Comparer verset 16, note. Nos anciennes versions en traduisant : avait violé le sabbat, effacent cette nuance.
2° Jésus prétendait que Dieu était son propre Père. Les accusateurs ont donc parfaitement compris qu'en disant mon Père, (verset 17) et jamais notre Père, Jésus employait ce mot dans un sens unique, exclusif, et qu'en se disant Fils de Dieu, il s'attribuait une dignité qui lui appartenait à lui seul.
L'expression mon Père était d'autant plus frappante que, dans l'Ancien Testament, le nom de Père n'est jamais appliqué à Dieu dans ses relations avec le croyant pris individuellement.
3° Jésus se faisait égal à Dieu, en ce qu'il venait de déclarer que son activité était semblable à l'action créatrice et constante de Dieu, et qu'elle n'était point limitée par la loi du sabbat. (verset 17) Tout cela constituait, aux yeux des adversaires, un blasphème que la loi punissait de mort ; et cette prétention d'être le Fils de Dieu sera réellement le sujet de la condamnation de Jésus. (Matthieu 26.65,66)
D'où il faut conclure que si le Sauveur n'était pas ce qu'il se disait être, les membres du sanhédrin auraient eu raison contre lui. Eux ont compris ce qu'impliquaient les affirmations de Jésus, et un si grand nombre de ceux qui aujourd'hui se réclament de son nom ne le comprennent pas !