1 Après ces choses Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée, [qui est la mer] de Tibérias. 2 Et une grande foule le suivit, parce qu’ils voyaient les miracles qu’il faisait sur ceux qui étaient malades. 3 Et Jésus monta sur la montagnea 3a comme ailleurs souvent : la montagne, en contraste avec la plaine. , et s’assit là avec ses disciples. 4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. 5 Jésus donc, ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à lui, dit à Philippe : D’où achèterons-nous des pains, afin que ceux-ci mangent ? 6 Mais il disait cela pour l’éprouver, car lui savait ce qu’il allait faire. 7 Philippe lui répondit : Pour 200 deniers de pain ne leur suffirait pas, pour que chacun en reçoive quelque peu. 8 L’un de ses disciples, André, le frère de Simon Pierre, lui dit : 9 Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? 10 Et Jésus dit : Faites asseoir les gens (or il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu-là). Les hommes donc s’assirent, au nombre d’environ 5 000. 11 Et Jésus prit les pains ; et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis ; de même aussi des poissons, autant qu’ils en voulaient. 12 Et après qu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Amassez les morceaux qui sont de reste, afin que rien ne soit perdu. 13 Ils les amassèrent donc et remplirent douze paniers des morceaux qui étaient de reste des cinq pains d’orge, lorsqu’ils eurent mangé. 14 Les hommes donc, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient : Celui-ci est véritablement le prophète qui vient dans le monde. 15 Jésus donc, sachant qu’ils allaient venir et l’enlever afin de le faire roi, se retira encore sur la montagne, lui tout seul.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
La crise en Galilée
Chapitre 6.
1 à 21
Les deux miracles qui préparent la crise.
Après ces choses , c'est-à-dire après les faits et les discours racontés au chapitre précédent. Si la fête pour laquelle Jésus était monté à Jérusalem était bien celle de Purim, (Jean 5.1, note) qui se célébrait en mars, le mot : Après ces choses nous reporte à quelques semaines plus tard, car la fête de Pâque qui approchait (verset 4) avait lieu en avril.
Jean ne veut pas dire que Jésus s'en alla de Jérusalem au delà de la mer de Galilée . […]
v. 1-2 · Godet · 18/10/2026
Si les faits du ch. 5 se sont réellement passés à la fête de Purim, ceux qui sont rapportés au ch. 6 n'ont eu lieu que quelques semaines après (v. 4), et la liaison indéterminée μετὰ ταῦτα, après ces choses , convient bien à cet intervalle peu considérable.
Meyer, serrant le sens de μετὰ ταῦτα, entend : « immédiatement après ce séjour en Judée. » Le ἀπῆλθεν, s'en alla , signifierait qu'il revint de Jérusalem dans la contrée à l'est du Jourdain ; et la foule mentionnée au v. 2 serait celle qui accompagnait Jésus à son retour de Judée. Mais, observe Luthardt, Jean n'aurait pu s'exprimer ainsi : Jérusalem n'était pas en relation directe avec la rive orientale de la mer de Galilée. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Tous ces verbes à l'imparfait : suivait, voyaient, opérait , montrent que ces foules se rassemblaient habituellement autour du Sauveur, depuis son retour en Galilée et que, de son côté, Jésus multipliait les actes de guérison sur les malades .
Plusieurs pouvaient le suivre dans l'intérêt de ces malades mêmes, d'autres, par simple curiosité, d'autres encore, avides de le voir et d'entendre sa parole.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
La montagne sur laquelle Jésus se retira, avec ses disciples, n'est pas désignée ; mais comme toute la contrée est montagneuse, il faut entendre par là l'une des collines du voisinage.
Jésus était assis là, dans l'attitude du repos, et sans doute, s'entretenant avec ses disciples .
v. 3-4 · Godet · 18/10/2026
L'expression la montagne désigne, non une montagne particulière qui se trouvait là (car la localité n'a pas été désignée), mais la contrée montagneuse, en opposition à la plaine du littoral. Jésus avait cherché là un lieu solitaire et s'y entretenait avec ses disciples. - L'expression de Jean a quelques rapports avec celle de Matthieu 15.29, immédiatement avant la seconde multiplication des pains.
Quel est le but de la remarque du v. 4 ? Est-ce une notice chronologique ? Dans ce cas-là, elle aurait plutôt été placée au commencement du récit. Elle arrive ici occasionnellement, à la manière de Jean, comme remarque explicative (comparez 1.24). […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Quel peut être le but de cette remarque de l'évangéliste sur l'approche de la Pâque ?
Les uns n'y voient qu'une simple note chronologique, mais celle ci eût été placée au commencement du récit.
D'autres pensent, avec Meyer, que l'évangéliste veut expliquer ce grand concours de peuple. Ce seraient des caravanes de pèlerins, se rendant à Jérusalem pour la fête.
Mais notre narrateur a déjà motivé d'une autre manière ce rassemblement de peuple, (verset 2) et la suite du récit, dans tout ce chapitre, (verset 22 et suivants) n'indique nullement qu'il s'agisse de voyageurs se rendant à Jérusalem. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans l'original et selon le texte de la plupart des majuscules, ce verbe : achèterons-nous , n'est pas au futur, mais il a une forme délibérative qui signifie : Où (grec d'où) devons-nous acheter ? C'était là une manière de provoquer la réflexion dans l'esprit du disciple.
- D'après Jean c'est Jésus qui prend l'initiative, tandis que, dans le récit des synoptiques, ce sont les disciples qui ont les premiers la pensée de venir au secours de la multitude. (Matthieu 14.15 ; Marc 6.35)
v. 5-7 · Godet · 18/10/2026
Jean ne dit pas combien dura l'entretien intime de Jésus avec ses disciples, mentionné au v. 3. Le terme ἐκάθητο, il était assis là , v. 3, que le Sinaïticus change à tort en ἐκαθέζετο, prouve qu'il resta un certain temps seul avec eux pendant que les troupes arrivaient successivement. Car il est impossible de se représenter 5 à 6000 personnes arrivant tout d'une fois dans la localité où s'était retiré Jésus (ceci en réponse à Weiss). […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce n'est donc pas pour s'éclairer lui-même que Jésus adresse cette question à son disciple, le miracle était déjà arrêté dans sa pensée, et il savait qu'il avait la puissance de l'accomplir. Mais il voulait éprouver ce disciple, c'est-à-dire, l'amener à réfléchir, et voir si, dans une situation où aucun secours humain ne s'offrait à lui, il saurait mettre sa confiance dans la sagesse et la puissance de son Maître.
On s'est demandé pourquoi c'est à Philippe que Jésus fait subir cette épreuve. Le texte ne le dit pas.
Mais, si l'on considère qu'un autre trait relatif à ce disciple (Jean 14.8,9) nous montre en lui un esprit enclin à s'attacher au sens littéral et matériel des paroles, (comparez verset 7) on comprend que Jésus, en vrai éducateur, cherche à élever ses pensées au-dessus de ce qui se voit et se calcule.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
La réponse de Philippe confirme ce que nous venons de dire. Ne voyant que la multitude à nourrir, il se hâte de faire un calcul et il conclut que deux cents deniers de pain (le denier, à cette époque, valait à peu près un franc) ne suffiraient pas pour que chacun en eût quelque peu .
Donc il ne reste aucune ressource ! En effet, la pauvre bourse qui servait à l'entretien de Jésus et de ses disciples n'avait probablement jamais renfermé une telle fortune.
Marc (Marc 6.37) est le seul des synoptiques qui ait aussi conservé ce calcul des disciples.
v. 8-9 · Godet · 18/10/2026
Jean mentionne d'abord d'une manière indéterminée un disciple ; puis il précise : « C'était André. » On croit l'entendre raconter. Et comment ne pas se rappeler qu'André était précisément, d'après la tradition du Fragment de Muratori, présent au moment de la composition de l'évangile ? Sa qualité de frère de Simon Pierre avait déjà été indiquée 1.41. Cela ne suffisait-il pas ? Assurément : mais le personnage d'André ne peut se représenter à l'esprit de Jean, sans qu'il se rappelle combien il tenait de près à Simon Pierre, le principal d'entre les apôtres. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Ainsi André s'est informé des vivres qui pouvaient se trouver à portée, et tout se réduisait à cinq pains et deux poissons !
C'est exactement la provision indiquée dans les récits des synoptiques (voir les notes), avec cette seule différence, que Jean nous apprend que ces pains étaient faits avec de la farine d'orge , qu'employaient ordinairement les gens pauvres.
Les recherches d'André avaient été si précises que, d'après le texte reçu, il s'exprime ainsi : Il y a ici un seul jeune garçon. (Le mot souligné est conservé par Lachmann, Meyer, M. Godet, bien qu'il manque dans Sin., B, D, et que la plupart des éditeurs du texte le retranchent.)
Aussi ce disciple arrive-t-il comme Philippe, à la même conclusion décourageante : Qu'est-ce que cela pour tant de gens ? L'évangéliste a évidemment voulu en entrant dans ces détails faire ressortir le contraste qu'il y a entré l'embarras des disciples et la puissance que le Sauveur va déployer.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, qui va se montrer le maître de la nature, commande aussi en maître à ses disciples et à cette multitude. Marc (Marc 6.40) nous a dépeint l'ordre parfait dans lequel tous s'assirent.
Si Jean ne nous parle que des hommes , c'est que chacun d'eux , comme chef de famille devait recevoir sa part de nourriture pour lui-même et pour les siens. Les femmes et les petits enfants ne furent donc pas négligés. (Matthieu 14.21)
Notre évangéliste fait enfin remarquer qu'il y avait là beaucoup d'herbe , un tapis de gazon émaillé de fleurs, car on était au printemps, en avril, (verset 4) en sorte que tout contribuait à donner à cette scène, sous le ciel d'Orient, un caractère de beauté et de joie.
Au moment de prendre les pains, le Sauveur lève son regard vers le ciel et prononce, à la fois, l'action de grâces pour ce que Dieu avait donné et la bénédiction qui allait procurer l'abondance. (Matthieu 14.19 ; Marc 6.41 ; Luc 9.16)
v. 10 · Godet · 18/10/2026
Dans ces chétifs aliments, Jésus a trouvé ce qu'il lui faut, la matière sur laquelle peut opérer la toute-puissance. Maintenant, à ses yeux, le banquet est préparé, le couvert dressé : Faites asseoir les gens , dit-il aux apôtres. - Les plateaux montagneux qui s'élèvent derrière l'emplacement de Bethsaïda Julias étalaient encore leur verdure printanière. Marc, aussi bien que Jean, retrace le tableau de ce vert tapis sur lequel les troupes prennent place (ἐπὶ τῷ χλωρῷ, 6.39). Il dépeint également le riant spectacle qu'offraient ces rangées régulières (συμπόσια συμπόσια πρασιαὶ πρασιαὶ) de centaines et de cinquantaines. […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : "Il les distribua aux disciples et les disciples à ceux qui étaient assis."
Les mots soulignés manquent dans Sin., B, A, versions, et sont empruntés aux synoptiques, mais il est évident que c'est ainsi que se fit la distribution.
Les mots : autant qu'ils en voulurent et ils furent rassasiés , montrent quelle fut l'abondance du repas. (Comparer versets 7,9)
v. 11 · Godet · 18/10/2026
C'est ici le moment solennel. Jésus prend au milieu de cette foule la position du père de famille, comme dans un repas ordinaire et particulièrement dans celui de la Pâque. Il rend grâces, comme le faisait le père entouré des siens, pour les bienfaits de Dieu dans la nature et dans l'alliance. Ce moment semble avoir particulièrement frappé les spectateurs. Il est relevé presque uniformément dans les quatre récits ; les troupes et les disciples eux-mêmes paraissent avoir eu l'impression que c'était cette action de grâces qui avait fait agir la toute-puissance et produit le miracle. Comparez v. 23. Après l'action de grâces, Jésus distribue les mets, comme faisait le père dans le repas pascal. […]
v. 12-13 · Godet · 18/10/2026
[1]
Dans les synoptiques, l'ordre donné aux disciples n'est pas mentionné. Cet ordre est la réponse triomphante aux méticuleux calculs de Philippe et d'André. On comprend d'ailleurs la relation étroite qui existe dans le sentiment de Jésus entre cette parole : afin que rien ne se perde , et l'action de grâces qui avait produit cette abondance. On ne vilipende pas un bien ainsi obtenu. La critique a demandé d'où venaient les douze corbeilles. Le nombre fait supposer que c'étaient les paniers de voyage des apôtres : car ils n'étaient pas partis à l'improviste comme les troupes : ou bien ils les empruntèrent aux assistants. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 14.20, note, et sur ce miracle en général, verset 21, note.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est-à-dire, le Messie, d'après Deutéronome 18.15 et d'autres prophéties.
v. 14-15 · Godet · 18/10/2026
C'est ici le commencement de la crise dont nous allons voir le développement jusqu'à la fin du chapitre. Un triage parmi les adhérents de Jésus devient nécessaire pour purifier son œuvre de tout alliage politique. Jésus avait reçu cette foule les bras ouverts : il lui avait fait une fête. C'était l'emblème de celle qu'il lui apportait dans un domaine supérieur. En donnant ainsi de son pain, il avait figuré ce don de lui-même qu'il venait faire à l'humanité. […]
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Dès que le peuple est convaincu que Jésus est le Messie, il veut, plein d'enthousiasme, le proclamer Roi .
Mais qu'elles étaient fausses, les idées de la foule sur cette royauté ! Elle n'avait aucun désir de la vraie liberté de l'affranchissement intérieur du péché, qui aurait pu devenir le moyen de son affranchissement de la tyrannie politique et sociale sous laquelle elle gémissait.
La contradiction entre l'opinion régnante et les pensées du Sauveur, sur les moyens de la délivrance et la nature de son règne, devait s'accentuer toujours plus et amener finalement le peuple à rejeter son Messie. En sorte que comme l'observe justement M. […]
16 Et quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer. 17 Et étant montés sur unb 17b ou : le. bateau, ils allèrent de l’autre côté de la mer, à Capernaüm. Et il faisait déjà nuit, et Jésus n’était pas venu à eux. 18 Et la mer s’élevait par un grand vent qui soufflait. 19 Ayant donc ramé environ 25 ou 30 stades, ils voient Jésus marchant sur la mer et s’approchant du bateau ; et ils furent saisis de peur. 20 Mais il leur dit : C’est moi, n’ayez point de peur. 21 Ils étaient donc tout disposés à le recevoir dans le bateau ; et aussitôt le bateau prit terre au lieu où ils allaient.
v. 16-18 · Godet · 18/10/2026
Le mot descendirent ne suppose pas qu'ils fussent encore sur les hauteurs ou ils avaient passé avec Jésus la première partie de la journée mais seulement (voir le πάλιν du v. 15) que l'endroit où avait eu lieu le miracle était situé au-dessus du rivage proprement dit. Quel ordre Jésus avait-il donné à ses disciples, avant de les quitter ? D'après les synoptiques, celui de s'embarquer pour l'autre côté de la mer. C'est ce qu'implique également le récit de Jean ; car il est inadmissible qu'ils se fussent embarqués, comme cela est raconté au v. 17, en laissant Jésus seul sur le bord oriental, s'il ne leur avait fait connaître sa volonté à cet égard. Ils hésitent même, on le voit par les v. […]
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Les disciples descendirent vers la mer : cette expression n'oblige pas à admettre que la multiplication eut lieu sur la montagne, (verset 3) mais sur quelque plateau entre celle-ci et le lac (voir la note précédente).
D'après les synoptiques, c'est Jésus lui-même qui avait donné à ses disciples l'ordre de se rembarquer et de repasser le lac. Il leur répugnait à tel point de le faire, que nous lisons dans Matthieu 14.22 et Marc 6.45 que Jésus les contraignit de partir.
Le récit de Jean nous explique d'où provenait cette répugnance et ce qui obligea Jésus à user d'autorité : il s'agissait de les soustraire à l'entraînement du faux enthousiasme qui venait de se manifester. […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir sur ce récit : Matthieu 14.24 et suivants Marc 6.17 et suivants
La tempête qui surprit les disciples dut singulièrement augmenter leurs regrets d'être séparés de leur Maître. Ils luttèrent contre le vent et les flots une grande partie de la nuit, (Matthieu 14.24) sans avoir parcouru plus de vingt-cinq à trente stades ; c'est-à-dire qu'ils étaient à peu près au milieu du lac, (Matthieu 14.24) qui en avait quarante de largeur (7,399 kilomètres).
Ce détail précis trahit le témoin oculaire. Tout à coup les disciples voient (grec contemplent ) Jésus marchant sur la mer et s'approchant de leur barque . Ne reconnaissant pas d'abord leur Maître, qu'ils prennent pour un fantôme, (Matthieu 14.26) ils eurent peur .
v. 19-21 · Godet · 18/10/2026
Il n'y avait d'autre moyen pour Jésus de rejoindre ses disciples, avant leur arrivée à Capernaüm, que celui qu'il emploie v. 10. Ils étaient maintenant au milieu de la mer. Dans sa plus grande largeur, le lac de Génézareth a, comme le dit Josèphe Bell. Jud . III,10, 7), 40 stades, à peu près 2 lieues. Si l'on prend l'expression de Matthieu : « au milieu de la mer, » comme indication de distance (ce qui me semble douteux), ce détail concorde avec l'indication de Jean : 25 à 30 stades. - Le présent ils voient indique l'imprévu de l'apparition de Jésus. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus se fait reconnaître par la voix et par cette douce parole que les quatre évangélistes ont consignée dans leurs récits, tellement elle avait fait impression sur les témoins de la scène.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Nous avons rendu littéralement ce verset ; mais que signifie-t-il ?
Trois explications différentes s'offrent à nous. MM. Meyer, Weiss et Holtzmann admettent que les disciples voulaient recevoir Jésus dans la barque, mais que Jésus n'y entra point et que tous arrivèrent aussitôt au rivage par un miracle.
Dans ce cas, Jean se mettrait en contradiction avec les synoptiques, d'après lesquels Jésus monta dans la barque.
Une seconde opinion soutenue par MM. Luthardt et Godet, cherche à éviter cette contradiction, en supposant que Jésus fut reçu dans la barque mais qu'à peine il y avait mis le pied, elle aborda à terre, également par un miracle. […]
22 Le lendemain, la foule qui était de l’autre côté de la mer, voyant qu’il n’y avait point là d’autre petit bateau que celui-là sur lequel ses disciples étaient montés, et que Jésus n’était pas entré avec ses disciples dans le bateau, mais que ses disciples s’en étaient allés seuls 23 (mais d’autres petits bateaux étaient venus de Tibérias, près du lieu où ils avaient mangé le pain, après que le Seigneur eut rendu grâces) ; 24 – lors donc que la foule vit que Jésus n’était point là, ni ses disciples, ils montèrent eux-mêmes sur les bateaux, et vinrent à Capernaüm, cherchant Jésus. 25 Et l’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : Rabbi, quand es-tu venu ici ? 26 Jésus leur répondit et dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. 27 Travaillez, non point pour la viande qui périt, mais pour la viande qui demeure jusque dans la vie éternelle, laquelle le fils de l’homme vous donnera ; car c’est lui que le Père, Dieu , a scellé. 28 Ils lui dirent donc : Que ferons-nous pour fairec 28c faire(faire une œuvre, v. 30), plutôt : travailler, comme au v. 27. les œuvres de Dieu ? 29 Jésus répondit et leur dit : C’est ici l’œuvre de Dieu , que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. 30 Ils lui dirent donc : Quel miracle fais-tu donc, toi, afin que nous le voyions, et que nous te croyions ? Quelle œuvre fais-tu ? 31 Nos pères ont mangé la manne au désert, ainsi qu’il est écrit : « Il leur a donné à manger du pain venant du ciel »d 31d Psaume 78:24 . . 32 Jésus donc leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Moïse ne vous a pas donné le pain qui vient du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. 33 Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde. 34 Ils lui dirent donc : Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. 35 Et Jésus leur dit : Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. 36 Mais je vous ai dit qu’aussi vous m’avez vu, et vous ne croyez pas. 37 Tout ce que e 37e ici, dans le sens de : tous ceux que, comme aussi ailleurs dans Jean. le Père me donne viendra à moi ; et je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi ; 38 car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. 39 Or c’est ici la volonté de celui qui m’a envoyé : que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. 40 Car c’est ici la volonté de mon Père : que quiconque discerne f 40f ou : voit, contemple ; comp. 4. 19. le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 41 Les Juifs donc murmuraient contre luig 41g litt. : à son sujet. , parce qu’il avait dit : Moi, je suis le pain descendu du ciel ; 42 et ils disaient : N’est-ce pas ici Jésus, le fils de Joseph, duquel nous connaissons le père et la mère ? Comment donc celui-ci dit-il : Je suis descendu du ciel ? 43 Jésus donc répondit et leur dit : Ne murmurez pas entre vous. 44 Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 45 Il est écrit dans les prophètes : « Et ils seront tous enseignés de Dieu » h 45h Ésaïe 54:13 .. Quiconque a entendu le Père i 45i litt. : de la part du Père. et a appris [de lui], vient à moi. 46 Non pas que quelqu’un ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu j 46j litt. : de la part de Dieu. ; celui-là a vu le Père. 47 En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit [en moi], a la vie éternelle. 48 Moi, je suis le pain de vie. 49 Vos pères ont mangé la manne au désert, et sont morts ; 50 c’est ici le pain qui descend du ciel, afin que quelqu’un en mange et ne meure pas. 51 Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde. 52 Les Juifs disputaient donc entre eux, disant : Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ? 53 Jésus donc leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. 54 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 55 Car ma chair est en vérité un k 55k qqs. : est un vrai. aliment, et mon sang est en vérité un l 55l qqs. : est un vrai. breuvage. 56 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui. 57 Comme le Père [qui est] vivant m’a envoyé, et que moi, je vis à cause m 57m non pas simplement par, moyennant, mais : je vis en raison de, et parce qu’il est et vit. du Père, de même celui qui me mangera, celui-là aussi vivra à cause n 57n non pas simplement par, moyennant, mais : je vis en raison de, et parce qu’il est et vit. de moi. 58 C’est ici le pain qui est descendu du ciel, non pas comme les pères mangèrent et moururent o 58o ou : ont mangé et sont morts. : celui qui mangera ce pain vivra éternellement. 59 Il dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
22 à 59
Discours de Jésus sur le pain de vie, et sur sa chair et son sang.
v. 22-24 · Godet · 18/10/2026
Le fanatisme charnel de la foule avait contraint Jésus à séparer d'elle ses disciples et à se séparer lui-même d'avec ceux-ci très brusquement. Il les avait maintenant rejoints, et la foule se mit à le chercher, toujours dans le même esprit. La longue et difficile période, v. 22-24, a pour but de faire ressortir cette idée : que la pensée unique qui préoccupait cette troupe était la recherche de Jésus (fin du v. 24 : cherchant Jésus ). En examinant attentivement cette phrase compliquée, on se rend bientôt compte de la construction réelle. Tout part de l'état de la foule au matin suivant (le lendemain la foule qui se tenait là , v. […]
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette introduction historique au discours qui suit (versets 26-59) ne présente pas d'abord à l'esprit une idée claire des faits.
Pour la comprendre, il faut se transporter par la pensée sur les lieux mêmes où Jésus avait multiplié les pains et au soir de ce même jour.
La foule qui y était restée vit qu'il n'y avait point eu là d'autre barque que celle dans laquelle étaient entrés les disciples seuls, et que Jésus n'y était point monté .
Ces gens en conclurent qu'il devait être resté, comme eux, du côté oriental du lac. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces gens, retrouvant Jésus de l'autre côté de la mer , lui demandent, avec un naïf étonnement : Quand es-tu arrivé ici ?
Ils soupçonnent dans ce fait, qui leur est inexplicable, une nouvelle action miraculeuse.
Ils étaient en effet plus avides de miracles que de la vérité qu'ils auraient pu recevoir par la parole de Jésus. De là, sa réponse, (verset 26) et le discours qui suit, si éminemment propre à répandre la lumière dans ces âmes.
v. 25-26 · Godet · 18/10/2026
Nous avons vu que le mobile de la conduite de la foule était la recherche de Jésus ; c'est ce que rappellent les premiers mots : Et l'ayant trouvé . La question : Quand (non : comment) es-tu venu ? provient de ce qu'ils estiment impossible que Jésus ait fait à pied le chemin qui sépare Bethsaïda Julias de Capernaüm (2 à 3 lieues). La présence de Jésus leur fait l'effet d'une apparition. - Celui-ci répond, comme chaque fois qu'on l'interroge par curiosité, non à la question de l'interlocuteur, mais au sentiment qui la dicte ; comparez 2.4 ; 3.3, etc. Il dévoile à ces Juifs ce qu'il y a de faux et de charnel dans la manière dont ils le recherchent. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
La question du verset 25 était inspirée par une vaine curiosité : ils voulaient savoir comment Jésus avait passé la mer. Jésus ne juge pas à propos d'y répondre ; mais, selon sa coutume en pareil cas, il fait appel à la conscience de ses auditeurs, en leur adressant un reproche.
Ils le cherchent, non parce qu'ils ont vu des miracles (grec des signes ). Chaque miracle du Sauveur était le signe visible de choses invisibles, c'est-à-dire de la présence, de la puissance et de la miséricorde de Dieu.
Mais, au lieu de considérer le miracle comme un signe et de s'élever aux biens éternels figurés par ce signe, les Juifs s'arrêtaient aux effets matériels du miracle. […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
A la nourriture qui périt et dont se contentaient ses auditeurs, Jésus oppose la nourriture qui devient la vie de l'âme dès que celle-ci la reçoit et qui subsiste en vie éternelle , c'est à dire, qui produit la vie éternelle et qui prolonge ses effets jusqu'au plein épanouissement de la vie dans l'éternité (Jean 4.14)
Ce que Jésus entend par cette nourriture , il va le dire de la manière la plus claire (versets 33-35)
Il se contente d'ajouter ici : le Fils de l'homme vous la donnera . […]
v. 27 · Godet · 18/10/2026
Voici maintenant la vraie manière dont Jésus voudrait être recherché. Il ressort en effet du contraste entre ἐργάζεσθε, travaillez , et ζητεῖτε με, vous me cherchez (v. 26), que ce travail auquel il exhorte ses auditeurs n'est autre que la recherche de sa personne dans un but spirituel. Le repas de la veille les avait nourris pour le jour même. Mais, le matin venu, n'avaient-ils pas dû manger de nouveau ? Ce pain, tout miraculeux qu'il fût, n'avait donc été qu'un aliment périssable. A quoi leur eût servi aujourd'hui le renouvellement d'un pareil don ? A cet aliment passager Jésus oppose celui qui demeure inhérent à la personne humaine comme principe permanent de vie et d'activité. […]
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec :, pour opérer les œuvres de Dieu (même terme qu'au verset 27).
Ils ont compris que Jésus exigeait d'eux un effort moral ; ils demandent quelles œuvres seront agréables à Dieu, conformes à sa volonté. En employant ce mot au pluriel, ils pensent à certains actes extérieurs dont la récompense serait la "nourriture qui subsiste en vie éternelle."
(Comparer Matthieu 19.16 ; Luc 10.25)
A ce point de vue, la réponse de Jésus est d'autant plus frappante.
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
Comme Jésus avait dit : Travaillez (littéralement opérez ), les auditeurs, croyant entrer dans sa pensée, lui demandent : Comment opérer ? En quoi consistent les œuvres à accomplir pour obtenir l'aliment que tu nous offres ? Ils les appellent les œuvres de Dieu , en tant que réclamées de Dieu comme condition de ce don. Ils partent en cela du point de vue légal et visent dans ces œuvres à faire un travail dont l'aliment miraculeux doit être le salaire. Il m'est impossible d'entrevoir ce qu'il peut y avoir de « grotesque » ou d'invraisemblable dans cette réponse des Juifs (Reuss). […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
A des œuvres Jésus oppose l'œuvre , la seule que Dieu demande. Et cette œuvre consiste à croire en Jésus-Christ qu'il a envoyé .
Cette foi, acte moral de la conscience et du cœur, est déjà, en elle-même, le principe de la vie divine parce qu'elle met l'âme en communion avec Dieu par Christ. Elle est ainsi la source de toutes les œuvres d'obéissance de reconnaissance et d'amour, elle est là racine de l'arbre qui, de lui-même, portera de bons fruits.
- Ces mots : l'œuvre de Dieu , ne signifient pas, comme le pensait Augustin, l'œuvre que Dieu opère en nous, idée vraie en elle-même, mais qui ne ressort pas de ce texte.
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Demande étrange, après ce qui s'était passé la veille ! On a supposé que ces paroles étaient prononcées par des personnes qui n'avaient pas assisté à la multiplication des pains. On en a tiré des conséquences contre la vérité historique de tout ce récit.
On a émis la supposition que cette partie de l'entretien n'était pas rapportée à sa vraie place. Il n'est pourtant pas si difficile de comprendre ces exigences de la part de Galiléens ignorants et avides de prodiges. En effet : […]
v. 30-31 · Godet · 18/10/2026
On a peine à se représenter cette parole dans la bouche de gens qui avaient assisté la veille à une multiplication des pains. B. Bauer a vu là une preuve de l'inauthenticité du récit. Schweizer en a conclu que tout le morceau précédent était interpolé. Grotius et d'autres pensent que les interlocuteurs qui parlent ainsi n'avaient pas assisté à la scène de la veille. De Wette et Weiss supposent que cette portion de l'entretien est mise ici hors de sa véritable place. Lücke, Luthardt, Meyer y trouvent la preuve de cette vérité psychologique que l'homme naturel est insatiable de prodiges. […]
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette citation est tirée du Psaumes 78.24. (Comparer Exode 16.4,14-15)
Le pain du ciel doit s'entendre dans le même sens qu'on donne à cette expression : la pluie du ciel. On lit, en effet, dans le Psaume cité (traduction grecque) : "Et il fit pleuvoir pour eux la manne à manger, et il leur donna un pain du ciel." (L'hébreu dit : du froment du ciel.)
Les Juifs regardaient le miracle de la manne comme le plus grand de leur histoire, et ils attendaient que le Messie ferait plus encore que ce qui avait eu lieu sous le ministère de Moïse, type du Messie. On cite cet adage des rabbins :"Le premier Libérateur a fait descendre pour eux la manne ; de même aussi le dernier Libérateur fera descendre la manne."
v. 32-33 · Godet · 18/10/2026
Jusqu'ici, la pensée des auditeurs semblait marcher d'accord avec celle de Jésus, mais c'était grâce à une équivoque : Jésus annonçait un pain d'une nature supérieure, et les Juifs agréaient volontiers cette offre, mais à la condition que cet aliment fût non seulement d'origine miraculeuse, mais aussi de substance matérielle comme la manne, une ambroisie tombant d'en-haut. Jésus donne maintenant une explication qui met au jour l'opposition entre sa pensée et la leur. La formule amen, amen fait pressentir ce contraste entre les deux points de vue. - Il faut préférer le parfait δέδωκεν à l'aoriste, qui paraît avoir été importé du v. 31. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ne nie pas le grand miracle cité par ses interlocuteurs ; mais, bien que la manne fût le symbole d'une nourriture spirituelle, (1Corinthiens 10.3, note) elle était destinée à nourrir le corps, et la plupart de ceux qui en mangèrent n'y virent qu'un pain matériel.
Jésus oppose donc à cette nourriture le pain venu du ciel , celui que son Père seul donne et qui est le vrai . Il vous le donne actuellement, dit-il, par la présence de Celui qui vous parle.
L'origine et la nature de ce pain sont toutes célestes, car il est de Dieu et il descend du ciel ; et son efficacité est immense, car il donne la vie au monde .
Cette dernière expression proclame l'universalité du salut. (Comparer Jean 3.16) La construction que nous avons adoptée pour le verset 33 nous paraît plus simple que celle proposée par MM. Luthardt, Weiss et d'autres :"Car le pain qui descend du ciel et qui donnera la vie au monde, celui là est le pain de Dieu."
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Il ne faut pas, avec Calvin, voir dans ces paroles une ironie ; le titre de Seigneur , donné à Jésus, montre que ces hommes parlent sérieusement.
Quelques uns d'entre eux pouvaient même avoir le pressentiment que Jésus leur parlait d'une nourriture et d'une vie supérieures ; (Jean 4.15) mais la plupart prennent encore ses paroles dans un sens matériel, et ce qu'ils demandent, c'est un aliment merveilleux, propre à satisfaire leurs convoitises charnelles. (verset 26)
Leur incrédulité (verset 36) consiste à refuser de voir en Jésus lui même la nourriture et la vie dont il leur parlait. De là, la réponse si positive et si claire qu'il va leur faire.
v. 34-35 · Godet · 18/10/2026
Les Juifs, envisageant encore le pain céleste comme un aliment merveilleux, mais matériel, se déclarent prêts à suivre toujours Jésus, s'il veut leur procurer cet aliment, et cela tous les jours. Le toujours fait sans doute allusion au don de la manne qui se renouvelait tous les matins. - ce pain là : cet aliment bien supérieur à la manne elle-même. C'est ici le faîte de leur exaltation charnelle. Mais c'est aussi le moment où Jésus rompt décidément avec eux. Jusqu'alors, les questions et les réponses s'étaient rattachées directement les unes aux autres, et la particule οὖν, donc , avait indiqué un progrès continu. Mais la particule δέ du v. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus oppose une déclaration catégorique à toutes les fausses idées de ses interlocuteurs : C'est moi qui suis . (Comparer Jean 11.25)
Le pain de la vie est celui qui communique la vie. (verset 33) Jésus est ce pain de vie, parce que, en lui, la vie s'est manifestée. (1Jean 1.2)
Mais pour le trouver en Jésus il faut venir à lui et croire en lui , deux termes synonymes qui caractérisent la conduite de celui qui trouve en Jésus son Sauveur. Le premier désigne l'acquiescement de la volonté, peut-être aussi la repentance, (Luc 15.18) qui sont les conditions préalables de la foi.
Cette foi qui s'attache à Jésus met seule l'homme à même de n'avoir plus jamais faim et jamais soif , c'est-à-dire de sentir tous les besoins de son âme pleinement satisfaits. (Jean 4.13,14 ; Esaïe 49.10)
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces hommes avaient demandé de voir pour croire . (verset 30) Et maintenant ils l'ont vu , lui et ses œuvres, ils ont entendu les paroles divines qui sortent de sa bouche, et ils ne croient point !
Jésus dut prononcer ces mots avec une profonde tristesse, mais il savait où était sa consolation. (verset 37)
- A quelle parole Jésus fait-il allusion par ces mots : Je vous l'ai dit ?
Plusieurs interprètes pensent qu'il s'agit du discours du chapitre précédent, (versets 37-44) qui renferme bien, en effet, le même reproche de ne pas croire ; mais, comme ce discours avait été prononcé en Judée et devant d'autres auditeurs, il est plus probable que Jésus fait allusion à la parole du verset 26 de notre chapitre, où, en dévoilant à ses auditeurs leur sens charnel, il leur avait indiqué, en même temps la cause de leur incrédulité.
v. 36 · Godet · 18/10/2026
Ils avaient demandé de voir pour croire (v. 30). Mais cette condition est dès longtemps remplie : ils l'ont vu dans toute sa grandeur et sa bonté, autant que cela était nécessaire pour croire ; et cependant l'effet ne se produit pas : Vous ne croyez point . Jésus a le droit de tirer cette conclusion de leur prière même. Sans doute, ils croient assez pour lui demander le pain miraculeux, mais non pour le reconnaître lui-même comme le pain céleste. Cela prouve qu'ils sont encore étrangers aux besoins spirituels qui pourraient les conduire à lui et à l'œuvre qu'il vient accomplir ici-bas. […]
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus passe, sans transition, à cette pensée nouvelle, qui est une magnifique révélation de la grâce divine. (versets 37-40) Et il est facile d'en saisir la liaison avec le verset 36 : Vous ne croyez point mais d'autres croiront ; votre incrédulité n'anéantira point les desseins de la miséricorde de Dieu.
Seulement, pour que l'homme croie véritablement, il faut que Dieu accomplisse en lui l'œuvre de sa grâce, ou, selon l'expression du texte, qu'il le donne au Sauveur, en d'autres termes, qu'il "l'attire à lui." (verset 44)
C'est là ce que Jésus appelle encore (verset 65) un don de son Père. […]
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
Par ces mots : Tout ce que le Père me donne , Jésus oppose énergiquement les croyants de tous les temps à ces hommes auxquels il vient de dire : Vous ne croyez pas ! Le neutre πᾶν ὅ, tout ce que , indique une totalité déterminée à laquelle l'incrédulité humaine ne saurait faire brèche, une totalité qui apparaîtra complète au terme de l'œuvre. L'étendue de ce πᾶν, tout , dépend d'une action du Père désignée ici par le terme de donner , plus tard par ceux d'enseigner , d'attirer (v. 44 et 45). Le premier de ces trois termes, pas plus que les deux autres, ne se rapporte à un décret éternel d'élection : il y aurait plutôt dans ce cas le parfait a donné . […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, après avoir employé un terme collectif, individualise sa pensée : celui qui vient à moi ; car c'est chaque âme personnellement qui doit entrer en communion avec lui. (Matthieu 11.28)
Promesse pleine de grâce et d'amour : je ne le mettrai point dehors .
Il ne sera exclu ni de sa communion, ni de son royaume. Il y a même en grec une double négation qui signifie : certainement pas . Cette phrase négative renferme un sens très positif : Je le recevrai avec joie.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces versets 38-40 confirment (car ) le verset 37 : Il est impossible que Jésus rejette ceux qui viennent à lui, puisqu'il est descendu du ciel pour faire en toutes choses la volonté de Celui qui l'a envoyé or la volonté de Celui (le texte reçu porte du Père ) qui l'a envoyé , cette volonté pleine de miséricorde et d'amour, est que le Fils ne laisse se perdre aucun de ceux qui lui sont donnés, mais qu'il les sauve, en leur communiquant une vie impérissable, qui aura son plein épanouissement par la résurrection du dernier jour .
Alors le salut sera complet :"C'est la limite au delà de laquelle il n'y a plus de danger." Bengel. […]
v. 39 · Godet · 18/10/2026
Le δέ est progressif : or . La volonté du Père n'est pas seulement que Jésus accueille, mais encore qu'il garde ceux qu'il lui donne. Et il l'a revêtu en effet des pouvoirs nécessaires pour sauver les siens jusqu'au bout ; il est chargé de Dieu de les conduire jusqu'au terme glorieux du salut, et même de les retirer de la mort. - Πᾶν, tout , nominatif absolu, mis ensuite à son cas régulier dans le pronom αὐτοῦ. - Jésus penserait-il peut-être à ce pain, don de Dieu aussi, dont aucun fragment n'avait dû se perdre (v. 12), et en comparaison duquel le don de Dieu dont il parle ici est infiniment plus précieux. L'objet du verbe est un τί sous-entendu. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset confirme la pensée du précédent et indique le moyen de sa réalisation.
Contempler le Fils ce n'est pas seulement le voir ; (verset 36) le contempler des yeux de l'âme, avec confiance, avec amour, c'est déjà croire en lui , et c'est aussi puiser en lui la vie éternelle .
Et Jésus déclare encore ici que cette vie se développera jusqu'à ce que l'homme tout entier soit rendu à sa destination par la résurrection au dernier jour .
Le texte reçu répète ici, comme aux verset 38 et 39 : la volonté de Celui qui m'a envoyé .
Jésus dit, selon le texte de Sin. B, C, D : la volonté de mon Père parce qu'il se présente comme le Fils qui est pour nous la pleine révélation de son Père.
v. 40 · Godet · 18/10/2026
Ce verset reproduit, soit pour la confirmer (car , chez les alexandrins et anciennes versions) soit pour la compléter (or , chez les byzantins), la pensée du v. 39. La différence principale est qu'au v. 40 Jésus fait ressortir à côté du don que fait le Père en la personne de son Fils, l'acte subjectif de l'homme qui contemple et croit. C'est dans cette parole le trait décisif. Les deux participes présents θεωρῶν καὶ πιστεύων, qui contemple et qui croit , indiquent la succession rapide des deux actes : « Celui qui se livre à la contemplation et en qui elle se change immédiatement en foi. » C'est l'antithèse intentionnelle du v. […]
v. 41-42 · Godet · 18/10/2026
Le terme : murmuraient , doit désigner un chuchotement défavorable qui se faisait entendre dans le cercle des auditeurs. Le régime περί αὐτοῦ, à son sujet , est expliqué par les paroles suivantes. - Le terme Ἰουδαῖοι, les Juifs , pourrait se rapporter aux émissaires du sanhédrin qui, d'après les synoptiques, étaient venus de Judée pour épier les paroles et les actes de Jésus en Galilée. Mais les mots suivants : nous connaissons , s'expliquent mieux dans la bouche des Galiléens eux-mêmes. […]
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Les Juifs , c'est ainsi que Jean désigne ordinairement les chefs du peuple ; (Jean 1.19, note) veut-il dire qu'il se trouvait alors des émissaires du sanhédrin (Matthieu 15.1) dans la synagogue de Capernaüm où Jésus parlait ? (verset 59)
Il est plus naturel d'admettre que l'évangéliste nomme ainsi ceux des Galiléens qui trahissaient par leurs murmures leur opposition contre Jésus.
Ce qui les scandalisait, c'est que le Sauveur se fût présenté à eux comme le pain descendu du ciel (verset 33)
Dans leur ignorance, ils voyaient une contradiction entre cette déclaration et la connaissance qu'ils avaient de la famille de Jésus selon la chair. (Matthieu 13.55-57, note ; Marc 6.3 ; Luc 4.22)
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Ils murmuraient donc entre eux , sans exprimer ouvertement leur opposition aux paroles qu'ils venaient d'entendre.
v. 43-44 · Godet · 18/10/2026
En d'autres termes : « Trêve à ces murmures : ce n'est pas ma parole qui est absurde ; c'est vous qui êtes incapables de la comprendre, et tous vos comment ne serviront de rien, tant que vous resterez dans cet état moral. » Jésus remonte à la source de leur mécontentement : il leur manque l'attrait spirituel qui résulte de l'enseignement intérieur de Dieu. C'est ce que faisaient déjà entendre les v. 37-40. Le mot οὐδεις, personne , est l'antithèse de πᾶν, tout , v. 37. Là, Jésus disait : Quiconque m'est donné, arrivera certainement ; ici : Nul qui n'est pas attiré, ne réussira à comprendre et à croire. Cette seconde déclaration est d'une application directe aux auditeurs. […]
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ne répond point à l'objection de ses auditeurs, (verset 42) en leur révélant le mystère de sa naissance surnaturelle,
"car l'origine miraculeuse de Jésus, comme le dit justement M. Godet,ne peut être acceptée que par le cœur déjà croyant."
D'ailleurs"ces scrupules ne sont pas la cause de leur incrédulité c'est leur incrédulité qui donne naissance à ces scrupules ; c'est pourquoi Jésus ne s'applique pas à les lever." Weiss.
Il se contente d'insister sur la nécessité d'une œuvre de la grâce divine qui doit s'accomplir en tout homme qui veut venir à lui et croire en lui. Personne n'y arrive autrement. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles expliquent comment le Père attire les âmes au Fils : Il le fait en les éclairant intérieurement par sa Parole et par son Esprit. La citation est tirée de Esaïe 54.13, où la version grecque des Septante, conforme à l'hébreu, porte : "Et tous tes fils seront enseignés de Dieu, et tes enfants seront dans une grande paix."
Ces mots ne se trouvent littéralement que dans le passage cité d'Esaïe, si donc Jésus dit : dans les prophètes , il entend par là le recueil des livres prophétiques, comme on dirait dans les Psaumes, en citant une parole d'un psaume ; ou bien, par ce pluriel, Jésus fait allusion aux nombreuses promesses renfermées également dans d'autres prophètes et […]
v. 45-46 · Godet · 18/10/2026
Ce passage offre un exemple remarquable de la manière dont Jésus citait l'A. T. Ce n'est pas de ce livre qu'il a tiré la pensée qu'il développe ici ; elle s'est formée en lui spontanément, comme le montre la forme parfaitement originale sous laquelle elle a été précédemment exprimée : le don , l'attrait du Père. Mais, après coup, il trouve bon de citer l'A. T., comme l'autorité reconnue du peuple. Si déjà il se trouvait dans la synagogue (v. 39), il pouvait avoir en mains le rouleau contenant les prophéties d'Esaïe et, en disant les mots : Il est écrit , lire ce passage même. Comparez Luc 4.17 et suiv. Cela expliquerait la conservation de la copule et , au commencement de la citation. […]
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset contient une restriction. Jésus veut prévenir une méprise au sujet des paroles précédentes, et les compléter : entendre Dieu et être instruit de lui ne suppose pas, comme on pourrait le penser, un contact immédiat, tel que la vue peut l'établir.
L'enseignement que les hommes ont reçu de Dieu n'est que préparatoire, destiné à les amener au Fils qui, lui seul, a vu le Père de toute éternité, (Matthieu 11.27 ; Jean 1.18 ; 3.13) car il vient de Dieu .
C'est donc en lui, qui est l'image de Dieu, la splendeur de sa gloire, que les croyants voient Dieu . (Jean 1.14 ; 14.9)
Ainsi Jésus répond en même temps à l'objection du verset 41.
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Les mots en moi manquent dans Sin., B.
La plupart des éditeurs modernes les omettent comme provenant du verset 35. On peut cependant invoquer en faveur de leur authenticité le fait que, dans le contexte, la personne de Jésus est mise en relief.
v. 47-51 · Godet · 18/10/2026
Les mots en vérité sont prononcés avec le sentiment de l'autorité que Jésus puise dans la position unique qu'il occupe d'après le v. 46, et en opposition des Juifs (v. 41-42) : « Il en est ainsi quoi que vous en disiez. » Le ton de Jésus s'élève par degrés et prend toujours plus d'énergie et de solennité. Les mots εἰς ἐμέ, omis par quatre alexandrins, conviennent parfaitement au contexte, dans lequel l'idée principale est la personne de Jésus.
Verset 48. Les affirmations se suivent par voie d'asyndeton comme des oracles. Celle du v. 48 justifie celle du v. 47. Par celle du v. 49 il renvoie à ses auditeurs leur propre parole du v. 31. […]
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Après cette instruction profonde, provoquée par les murmures des Juifs, (versets 43-46) Jésus revient à son enseignement sur la vie éternelle qu'il communique aux croyants en se donnant lui-même à eux comme le pain de la vie . (versets 32-40)
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus renvoie aux Juifs leur objection : (verset 31) La manne qui a nourri leurs pères dans le désert ne les a pas empêchés de mourir.
Mais il y a un autre pain qui affranchit de la mort, c'est celui qui est descendu du ciel et qui communique la vie éternelle. Grec : afin que quelqu'un en mange, et ne meure pas . On ne peut entendre mourir dans le sens de la perdition. L'antithèse avec la mort des Israélites dans le désert oblige d'appliquer ce terme à la mort physique. Celle ci n'est plus réellement une mort pour celui qui la subit dans la communion du Sauveur. (Jean 8.51 ; 11.25,26)
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus résume tout ce qu'il vient de dire en affirmant que c'est lui-même qui est ce pain vivant et par conséquent vivifiant, puisqu'il fait vivre éternellement ceux qui se l'approprient par la foi et par une communion vivante avec lui.
Meyer fait remarquer cette triple progression dans les idées :
1° le pain de la vie (verset 48) et le pain vivant , celui qui est la vie divine réalisée dans une personne humaine ; (verset 61)
2° qui descend du ciel en général, (verset 50) et qui est descendu du ciel dans un sens historique et concret, en la personne de Christ ; (verset 51) […]
v. 52 · Bible annotée · 18/10/2026
Disputaient entre eux : un vif débat succède aux sourds murmures (v. 41) ; ce débat prouve que les auditeurs de Jésus n'étaient pas unanimes dans leur opposition.
La question posée exprime le doute avec une nuance de mépris qui se trahit par ce mot : Celui ci .
Jésus n'a pas encore parlé de manger sa chair ; mais ils ne pouvaient le comprendre autrement, puisqu'il la leur présente comme le pain qu'il donnera. (verset 51)
C'est donc avec raison qu'ils ajoutent ce mot : manger sa chair ; mais, ainsi comprise, la pensée de Jésus devait leur paraître absolument inexplicable. Elle l'est encore pour tant de chrétiens, même pour plus d'un savant théologien !
v. 52 · Godet · 18/10/2026
Le terme ἐμάχοντο, débattaient , renchérit sur le ἐγόγγυζον, murmuraient , du v. 41 ; c'est maintenant un débat violent succédant à un sourd murmure. Les mots entre eux semblent contredire l'apposition : disant , qui paraît indiquer que le dire était unanime. Mais la même question pouvait réellement se trouver dans toutes les bouches sans qu'il y eût accord entre ceux qui la posaient. Les uns arrivaient à la conclusion : C'est absurde. Les autres, sous l'impression du miracle de la veille et de ce qu'il y avait de saint et de mystérieux dans les paroles de Jésus, maintenaient, malgré tout, qu'il était bien le Messie. […]
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
Au lieu de répondre à la question de ses auditeurs et de leur expliquer comment il peut donner sa chair à manger, Jésus se contente d'affirmer solennellement (en vérité ) la nécessité de manger la chair du Fils de l'homme , sous peine de n'avoir point la vie et de rester dans la mort.
Il ajoute même, pour compléter sa pensée : Si vous ne buvez son sang .
Par là, il répond indirectement à la question des Juifs, en rendant beaucoup plus précise l'allusion à sa mort, à une mort sanglante, dont ils devront s'approprier les fruits par la foi et par une communion vivante avec lui. (verset 54) […]
v. 53-55 · Godet · 18/10/2026
En vérité : « Il en est ainsi, quoi que vous en pensiez ! » - Le Seigneur l'atteste d'abord sous forme négative (v. 53), puis positivement (v. 54). - Le terme : Fils de l'homme , rappelle la notion de l'incarnation au moyen de laquelle la vie éternelle, réalisée en lui dans une vie humaine, est mise à la portée de la foi de l'homme. - Reuss et Keil pensent que les termes de chair et de sang peuvent s'entendre ici comme dans les passages où l'expression la chair et le sang , désigne une personne humaine vivante, par exemple Galates 1.16. […]
v. 54 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus confirme, par une déclaration positive, la pensée qu'il a exprimée négativement au verset précédent. Comme il est lui-même la vie, celui qui mange sa chair et boit son sang , et s'approprie ainsi sa personne, tout son être, par une communion intime et vivante avec lui, a , dès ce moment, une vie impérissable, la vie éternelle .
Sans doute, la même grâce est promise à la foi ; (verset 67) mais il est évident que cette communion vivante et progressive avec lui est plus que la simple foi en lui. […]
v. 55 · Bible annotée · 18/10/2026
Une nourriture et un breuvage qui renferment la vie et la communiquent. C'est par là qu'ils sont vrais .
Par ces mots, Jésus confirme et prouve la négation et l'affirmation des versets précédents.
- Le texte reçu, avec Sin., D, versions, porte : véritablement une nourriture, véritablement un breuvage. L'idée est la même.
v. 56 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles profondes (versets 56,57) expliquent comment manger la chair de Jésus et boire son sang procure la vie. (verset 55)
En effet, le croyant qui se nourrit ainsi demeure en Christ et Christ en lui ; il vit avec Christ dans une communion habituelle et permanente. Christ est le centre de sa vie, dominant ses pensées, ses affections, sa volonté, tous les motifs de sa conduite.
Cette manière d'exprimer une vraie communion avec Jésus est particulière aux écrits de notre évangéliste. (Jean 15.4 et suivants ; Jean 17.23 ; 1Jean 3.24 ; 4.13,16)
v. 56-57 · Godet · 18/10/2026
En s'abreuvant par la loi à la source de l'expiation obtenue par le sang de Christ et en se nourrissant par l'Esprit de la vie réalisée en sa chair, nous contractons avec lui une union par laquelle sa personne demeure en nous et nous en elle. Ce demeurer du croyant en Jésus est pour son être moral comme une transplantation du sol de sa vie propre dans le sol nouveau que lui offre la justice parfaite et la force sainte du Christ : renoncement à tout mérite, à toute force, à toute sagesse puisées dans son propre fonds, et confiance absolue en Christ, comme en celui qui possède tout ce qu'il faut pour combler ce vide. […]
v. 57 · Bible annotée · 18/10/2026
La source souveraine de la vie, (grec) le Père vivant , communique incessamment la vie au Fils, qui vit par le Père , qui trouve dans le Père le principe de sa vie et de tout son être, et, du Fils, cette vie se répand sur quiconque est en communion avec lui.
"Le croyant,lui aussi , en se nourrissant de Jésus, trouve en lui la même source et garantie de vie que celle que Jésus trouve lui-même dans sa relation avec le Père."**Godet.
Les mots : qui m'a envoyé , rappellent la mission du Fils, qui est de répandre ainsi la vie au sein de notre humanité.
- Jusqu'ici Jésus avait dit : "manger ma chair et boire mon sang ;" voici maintenant un terme plus direct encore : Celui qui me mange , exprimant, d'une part, l'union du croyant avec la personne entière du Sauveur et affirmant, d'autre part, une communion habituelle et permanente avec lui. (Verbe au présent.)
v. 58 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Non comme les pères mangèrent et moururent , celui qui mangera...
Jésus, en revenant à la première image qu'il a employée, celle du pain, résume et conclut tout ce discours. (versets 49-51)
- Depuis l'époque des Pères de l'Eglise jusqu'à nos jours, on a souvent agité la question de savoir si, dans la dernière partie de ce discours, Jésus avait eu en vue la sainte cène .
A l'époque de la réformation, cette question a été vivement débattue entre catholiques et protestants, d'une part, et entre réformés et luthériens d'autre part. […]
v. 58 · Godet · 18/10/2026
Le pronom οὗτος ne signifie pas : « Tel est le pain » (Reuss, Keil) : mais : « Ce pain-là (v. 57) est celui qui est descendu, » - ce que n'était point réellement la manne ; de là les deux conséquences opposées, signalées dans ce qui suit. - C'est ici l'appel définitif : le repousser, ce sera mourir ; l'accepter, ce sera vivre.
Appendice sur les versets 51b à 58.
Qu'entend Jésus par ces expressions : manger sa chair, boire son sang ?
1. Un grand nombre d'interprètes ne voient là qu'une métaphore , désignant l'acte par lequel la foi s'attache moralement à son objet. […]
v. 59 · Bible annotée · 18/10/2026
En faisant cette remarque, l'évangéliste ne paraît avoir d'autre but que d'indiquer au lecteur le lieu des discussions qui précèdent.
Dans la synagogue de Capernaüm , ces discours eurent une grande solennité ; et comme la ville était populeuse, Jésus eut sans doute un nombreux auditoire.
- Maintenant l'évangéliste va raconter les effets divers du discours qui précède.
v. 59 · Godet · 18/10/2026
Il y avait assemblée régulière de synagogue les deuxième, cinquième et septième jours de la semaine (lundi, jeudi et samedi). Le jour de la Pâque doit être tombé, en l'an 29, sur le lundi 18 avril (voyez Chavannes, Revue de théol. , 3e série, t. Ier, p. 209 et suiv.). Si la multiplication des pains eut lieu la veille de la Pâque (v. 4), le lendemain, jour où Jésus prononça ce discours, dut être par conséquent le lundi, qui était jour d'assemblée. Mais dans quel but l'évangéliste intercale-t-il ici cette notice ? Veut-il uniquement donner un détail historique ? Il est difficile de le croire. […]
60 Plusieurs donc de ses disciples, l’ayant entendu, dirent : Cette parole est dure ; qui peut l’entendre ? 61 Et Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient là-dessus, leur dit : Ceci vous scandalise-t-il ? 62 Si donc vous voyez le fils de l’homme monter où il était auparavant… ? 63 C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien : les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie ; 64 mais il y en a quelques-uns d’entre vous qui ne croient pas ; car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. 65 Et il dit : C’est pour cela que je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, à moins qu’il ne lui soit donné du Père. 66 Dès lors plusieurs de ses disciples se retirèrent ; et ils ne marchaient plus avec lui. 67 Jésus donc dit aux douze : Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? 68 Simon Pierre lui répondit : Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; 69 et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu . 70 Jésus leur répondit : N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les douze, et l’un d’entre vous est un diable ? 71 Or il parlait de Judas Iscariote, [fils] de Simon ; car c’était lui qui allait le livrer, lui qui était l’un des douze.
v. 60 · Bible annotée · 18/10/2026
60 à 71
La crise de la foi parmi les disciples.
Jusqu'ici, Jésus avait discuté avec les Juifs, plus ou moins opposés à son enseignement. (verset 41) Maintenant il a quitté la synagogue, suivi de ses disciples , et ce sont plusieurs de ceux-ci qui entrent en scène. Une crise de la foi se produit parmi eux.
Par ces disciples , il ne faut pas entendre les apôtres, (verset 67) mais ceux qui, en grand nombre, le suivaient de lieu en lieu pour écouter sa parole et être témoins de ses œuvres. Nous savons, par Luc, qu'un jour Jésus put choisir soixante et dix d'entre eux pour les envoyer en mission. (Luc 10.1) […]
v. 60 · Godet · 18/10/2026
Selon de Wette, Meyer, cette exclamation se rapporterait à l'idée de la mort sanglante du Messie, le grand scandale des Juifs, qui était impliquée dans les déclarations précédentes ; selon Weiss, au renversement de leurs espérances messianiques qui résultait de tous ces discours ; selon Tholuck, Hengstenberg, à l'orgueil apparent avec lequel Jésus rattachait à sa propre personne le salut du monde ; selon plusieurs anciens, Lampe et d'autres, à la prétention de Jésus d'être un personnage descendu du ciel. […]
v. 61 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus connut en lui-même les secrets murmures des disciples ; (comparez Jean 2.24,25) il vit aussitôt qu'ils avaient pour causé une défaillance de leur foi : Ceci vous scandalise ? c'est là, pour vous, une occasion de chute et de défection ? (verset 66)
v. 61-63 · Godet · 18/10/2026
Comme l'observe Lange, les mots « en lui-même » n'excluent point l'aperception de quelques signes extérieurs, mais signifient que Jésus n'eut besoin d'interroger aucun d'eux pour comprendre ces symptômes. - Le mot scandaliser doit se prendre ici dans le sens le plus grave, comme Luc 7.21 : faire broncher, quant à la foi .
Les mots ἐὰν οὖν (v. 62), que nous avons traduits par et si , ne s'appuient sur aucune proposition principale. Il faut donc en suppléer une. On peut sous-entendre : « Que diriez-vous alors ? ». […]
v. 62 · Bible annotée · 18/10/2026
Et si (grec si donc ) vous voyez...La phrase demeure suspendue.
Il faut sous-entendre : Que sera ce ? ou : que direz vous alors ? Jésus renvoie donc ses auditeurs scandalisés de ses déclarations précédentes, (versets 52-58) au temps où il sera retourné dans la gloire qu'il possédait avant son incarnation. (Jean 17.5)
Cette parole est assez claire en elle-même ; mais dans quel sens est-elle appliquée à ceux qui l'écoutent ?
Jésus veut-il dire qu'alors ils se scandaliseront bien davantage, ou qu'alors ils cesseront de se scandaliser ? telle est la question oui divise les interprètes. […]
v. 63 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset aussi a été l'objet d'interprétations diverses. Jésus parle à des auditeurs qui se scandalisent de son discours. (versets 52-58) Il voudrait dissiper leurs préjugés ; il énonce, à cet effet, trois propositions :
1° C'est l'Esprit qui vivifie , le Saint-Esprit de Dieu, dont Jésus était rempli sans mesure (Jean 3.34) et qui, par sa parole, régénère les âmes et communique la vie. (Jean 3.5,Romains 8.2 ; 1Corinthiens 2.4) […]
v. 64 · Bible annotée · 18/10/2026
Puisque les paroles que je vous dis sont esprit et vie, ce n'est pas en elles qu'est la raison du scandale qu'elles vous causent, mais cette raison est dans votre incrédulité. Jésus adoucit cette accusation, en réduisant à quelques-uns le nombre de ceux qui refusaient de croire en lui, de le recevoir tel qu'il venait de se présenter à eux dans ce discours. Et pourtant, voir verset 66.
Par cette observation, l'évangéliste explique (car ) la déclaration qui précède ; il nous avertit que Jésus ne fut pas surpris par cette crise que subit la foi de ses disciples, qu'il s'y attendait, que, d'avance, il l'avait aperçue dans leurs cœurs. (Comparer Jean 2.24) […]
v. 64-65 · Godet · 18/10/2026
A l'exclamation : Cette parole est dure , Jésus avait répondu « Elle n'est dure que parce que vous la comprenez mal » Et maintenant il dévoile la cause de cette inintelligence. Même parmi eux, ses disciples, croyants en apparence, il y en a un bon nombre qui ne sont pas de vrais croyants. L'expression τινές ne limite pas autant le nombre de ces faux croyants que le mot français quelques-uns ; comparez Romains 3.3 ; 11.17 et Hébreux 3.16, où ce pronom s'applique à toute la masse de la nation juive désobéissante et incrédule. Le mot τινές désigne une partie quelconque, grande ou petite, du tout. […]
v. 65 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir versets 37,44, notes.
Ce mot à cause de cela se rapporte à la déclaration de Jésus, verset 64 "Quelques-uns de vous ne croient pas." C'est à cause de cela , pour les rendre attentifs à ce fait, que Jésus leur a tenu le langage dont il les fait se souvenir maintenant.
Il en est qui ne croient point, parce que, tout en suivant Jésus pour entendre sa parole, ils n'ont point ouvert leur cœur à l'action de la grâce divine qui seule rend la foi possible.
v. 66 · Bible annotée · 18/10/2026
L'expression grecque que nous rendons par dès ce moment peut signifier également à cause de cela , c'est-à-dire à cause de ce discours (versets 51-65) qui heurtait toutes les fausses espérances messianiques et tous les préjugés charnels de ces disciples .
Plusieurs d'entre eux , les mêmes qui venaient de murmurer contre la parole de Jésus, se retirèrent (grec s'en allèrent en arrière ) et cessèrent tout à fait de le suivre.
Ce verbe à l'imparfait : ils ne marchaient plus avec lui , peint le changement que cette rupture amena dans leur existence : au lieu d'accompagner Jésus dans ses voyages et de partager sa vie errante, ils reprirent leurs occupations sédentaires.
v. 66 · Godet · 18/10/2026
Dans le tableau que les synoptiques nous ont tracé du ministère galiléen, particulièrement dans celui de saint Luc, Jésus se montre souvent préoccupé de la nécessité d'opérer un triage parmi ces foules, qui le suivaient sans comprendre le sérieux de cette démarche ; comparez Luc 8.9 et suiv. ; 9.23 et suiv. ; 14.25 et suiv. Jésus préférait de beaucoup un petit noyau d'hommes affermis dans la foi et résolus d'accepter les renoncements qu'elle impose, à ces multitudes dont le lien avec lui n'était qu'apparent. Mais il y avait plus : toute son œuvre eût été en péril, si l'esprit qui s'était manifesté le jour précédent eût pris le dessus parmi ses adhérents déjà si nombreux. […]
v. 67 · Bible annotée · 18/10/2026
L'abandon d'un grand nombre de ses disciples causa au Sauveur une profonde tristesse ; mais il savait aussi qu'une épuration devait se faire parmi ceux qui s'étaient attachés à lui, et il tenait moins au nombre qu'à la foi sincère et au dévouement absolu de ceux qui devaient le suivre dans ses humiliations.
C'est pourquoi il pose, même aux douze apôtres qu'il avait choisis, cette sérieuse et solennelle question : Voulez-vous, vous aussi, vous en aller ?
Jésus veut les éprouver et provoquer en eux une pleine décision, car il réclame un peuple de franche volonté. Il les connaissait assez pour savoir que tous, sauf Judas, (verset 70) lui resteraient fidèles, et leur réponse ne faisait pour lui l'objet d'aucun doute, mais il voulait l'entendre de leur bouche, car la belle profession de Pierre devait contribuer à l'affermissement de leur foi.
v. 67-69 · Godet · 18/10/2026
A la vue de cette désertion croissante (οὖν), Jésus s'adresse aux Douze eux-mêmes. Mais qui sont ces Douze, dont Jean parle comme de personnages connus des lecteurs ? Il n'a rapporté jusqu'ici que la vocation de cinq disciples, au ch. 1 ; il a mentionné en outre l'existence d'un cercle indéterminé et assez nombreux d'adhérents. On touche au doigt, par cet exemple, l'erreur de ceux qui prétendent que Jean ignore ou nie tacitement tous les faits qu'il ne raconte pas lui-même. Cette expression, répétée v. 70-71 : les Douze , suppose et confirme le récit Luc 6.12 et suiv. ; Marc 3.13 et suiv., que Jean a omis comme connu ; comparez le ἐξελεξάμην (v. 70) avec le ἐξελεξάμενος de Luc. […]
v. 68 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles sont un cri de l'âme, Pierre les prononce avec une pleine persuasion, un saint enthousiasme, un ardent amour pour son Maître.
Chaque mot, examiné de près, produit cette impression. Et d'abord, cette exclamation douloureuse, à la simple pensée de quitter Jésus : A qui irons-nous ? L'avenir, sans Jésus, paraît affreux à son disciple.
Ensuite, Pierre a déjà fait l'expérience que les paroles de son Maître sont des paroles de vie éternelle , qui renferment et qui communiquent à l'âme la vie impérissable du ciel. […]
v. 70 · Bible annotée · 18/10/2026
Telle est la réponse de Jésus à la belle confession de Pierre ! Elle forme avec cette confession un contraste tragique.
N'est-ce pas moi , celui que vous venez de confesser comme le Saint de Dieu, qui vous ai choisis, vous les douze , pour la haute vocation de l'apostolat ? Et l'un de vous est un démon (grec un diable ) !
Cette épithète terrible désigne un être qui s'est placé sous la domination du diable, et qui est devenu une incarnation de l'esprit des ténèbres. (Jean 13.2,27 ; 1Jean 3.8,10)
Ce terme est plus sévère que celui de Satan , adversaire. (Matthieu 16.23 ; comparez Jean 8.44)
Avec quelle douleur profonde Jésus dut prononcer ces paroles ! Jésus ne dit pas était un démon, quand je vous ai choisis, mais est un démon, il l'est devenu. (Comparer verset 64, 2e note.)
v. 70-71 · Godet · 18/10/2026
Pierre avait parlé au nom de tous ; Jésus déchire le voile de cette profession, en apparence unanime, jetait sur l'incrédulité cachée de l'un d'entre eux. Non seulement il veut par là faire comprendre à Judas qu'il n'est pas sa dupe et prévenir le scandale qu'aurait pu causer aux autres apôtres la pensée que leur Maître avait manqué de discernement. Mais il veut surtout réveiller la conscience de Judas et l'engager à rompre avec cette position fausse dans laquelle il paraît persister à demeurer. Jésus s'adresse par sa réponse, non pas à Pierre seul, mais à tous (αὐτοῖς, leur ). […]
v. 71 · Bible annotée · 18/10/2026
Jean ne veut pas que les lecteurs aient le moindre doute sur le disciple désigné par Jésus ; et, partageant la douleur de son maître il le nomme expressément : Judas, fils de Simon, Iscariot . (Comparer Matthieu 10.4, note.)
Il ne peut même s'empêcher de faire ressortir, à son tour, ce terrible contraste : Il devait le livrer, lui, l'un des douze !
L'évangéliste ne fut frappé de ce contraste que plus tard, car, au moment de la déclaration de Jésus, aucun des disciples ne savait duquel d'entre eux il avait parlé, et ils l'ignorèrent jusqu'au moment où Judas consomma sa trahison. (Jean 13.21,22,28,29)
L'incertitude où Jésus les laissait renfermait un redoutable avertissement pour tous.