60 à 71
La crise de la foi parmi les disciples.
Jusqu'ici, Jésus avait discuté avec les Juifs, plus ou moins opposés à son enseignement. (verset 41) Maintenant il a quitté la synagogue, suivi de ses disciples, et ce sont plusieurs de ceux-ci qui entrent en scène. Une crise de la foi se produit parmi eux.
Par ces disciples, il ne faut pas entendre les apôtres, (verset 67) mais ceux qui, en grand nombre, le suivaient de lieu en lieu pour écouter sa parole et être témoins de ses œuvres. Nous savons, par Luc, qu'un jour Jésus put choisir soixante et dix d'entre eux pour les envoyer en mission. (Luc 10.1)
Pour plusieurs, la fin du discours qui précède paraît avoir dépassé la mesure de leur intelligence et de leur force.
Leur observation : Cette parole est dure, ne signifie pas seulement qu'elle leur paraît difficile à comprendre, mais plutôt impossible à accepter : qui peut l'écouter et la mettre en pratique ?
Il ne faudrait pas en conclure cependant que ces disciples avaient pris les dernières paroles de Jésus dans un sens aussi littéral et matériel que les Juifs ; mais ils trouvaient une pierre d'achoppement dans la pensée que leur Maître dût souffrir et mourir pour la vie du monde (verset 51) et qu'eux-mêmes dussent s'approprier les fruits de sa mort par une communion mystérieuse avec lui. Cela les scandalisait. (verset 61)
Cette perspective fut toujours une cause de scandale pour les Juifs, (Jean 12.33,34 ; 1Corinthiens 1.23 ; Galates 5.11) et même pour les apôtres, avant qu'ils eussent reçu l'Esprit divin. (Matthieu 16.21-23) Il n'en est pas autrement de nos jours pour bien des personnes.