1 Quand donc le Seigneur connut que les pharisiens avaient entendu dire : Jésus fait et baptise plus de disciples que Jean 2 (toutefois Jésus lui-même ne baptisait pas, mais ses disciples), 3 il quitta la Judée, et s’en alla encorea 3a pl. omettent : encore. en Galilée. 4 Et il fallait qu’il traverse la Samarie. 5 Il vient donc à une ville de la Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob donna à Joseph son fils. 6 Et il y avait là une fontaine de Jacob. Jésus donc, étant lassé du chemin, se tenait là assisb 6b litt. : s’assit ainsi. sur la fontaine ; c’était environ la sixième heure. 7 Une femme de la Samarie vient pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire 8 (car ses disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter des vivres). 9 La femme samaritaine lui dit donc : Comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme samaritaine ? (Car les Juifs n’ont point de relations avec les Samaritains.) 10 Jésus répondit et lui dit : Si tu connaissais le don de Dieu , et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, toi, tu lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. 11 La femme lui dit : Seigneurc 11c ici et v. 15, 19 ; plutôt : Monsieur. , tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où as-tu donc cette eau vive ? 12 Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; et lui-même en a bu, et ses fils, et son bétail ? 13 Jésus répondit et lui dit : Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; 14 mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. 15 La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser. 16 Jésus lui dit : Va, appelle ton mari, et viens ici. 17 La femme répondit et dit : Je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : Tu as bien dit : Je n’ai pas de mari ; 18 car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai. 19 La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es un prophète. 20 Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer. 21 Jésus lui dit : Femme, crois-moi : l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. 22 Vous, vous adorez, vous ne savez quoi d 22d ou : vous adorez ce que vous ne connaissez pas. ; nous, nous savons ce que nous adorons e 22e litt. : nous adorons nous savons quoi. ; car le salut vient des Juifs. 23 Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. 24 Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. 25 La femme lui dit : Je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses. 26 Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle. 27 Et là-dessus ses disciples vinrent ; et ils s’étonnaient de ce qu’il parlait avec une femme ; toutefois nul ne dit : Que lui demandes-tu ? ou, de quoif 27f ou : pourquoi. parles-tu avec elle ?
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus en Samarie. Chapitre 4. 1 à 26
Jésus et la Samaritaine.
Ces mots : Lors donc reportent la pensée au moment où de nombreux disciples affluaient autour de Jésus pendant son séjour en Judée. (Jean 3.26)
Les pharisiens, ayant entendu parler de l'action croissante du nouveau prophète qui succédait à Jean , en prirent de l'ombrage.
Comme ils avaient repoussé le ministère du Précurseur, qui pourtant vivait selon la rigueur de la loi, ils devaient à plus forte raison reporter leur inimitié sur Jésus, qui prêchait une vie toute nouvelle faisait des miracles et avait assumé l'autorité messianique en purifiant le temple. (Jean 2.14 et suivants) […]
v. 1-3 · Godet · 18/10/2026
Le v. 1 fait connaître le motif qui engage Jésus à quitter la Judée : il est parvenu aux pharisiens un rapport sur son compte, d'où il résulte que ce nouveau personnage peut devenir plus redoutable que Jean lui-même. - Οὖν, donc : en raison du bruit que faisait le grand concours de gens mentionné 3.23-26. - Ce titre : le Seigneur (dans la plupart des Mss.), n'est appliqué que rarement à Jésus dans le récit de sa vie terrestre (6.23 ; 11.2, etc.). Il suppose l'habitude de se représenter Jésus élevé dans la gloire. Il est fréquent dans les épîtres. S'il est authentique dans ce passage (voir la variante de 3 Mjj. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste précise et rectifie par cette observation un mot d'où l'on aurait pu conclure que Jésus baptisait lui même , (Jean 3.22) tandis qu'il laissait cette fonction à ses disciples .
Mais pourquoi ne baptisait-il pas lui-même ? On a répondu que c'était afin d'éviter qu'on attribuât au baptême reçu de ses propres mains une valeur supérieure. On a dit encore que tout entier à son ministère, il ne voulait pas s'en détourner pour accomplir une cérémonie qu'il pouvait laisser à ses disciples. Les apôtres agirent de même plus tard. (1Corinthiens 1.17 ; Actes 10.48)
Ces explications peuvent être fondées ; mais la vraie raison, c'est que Jésus était le Seigneur . (verset 1) Celui qui devait baptiser du SaintEsprit, ne pouvait pas baptiser d'eau ; (Matthieu 3.11) d'autant moins que ce baptême administré par les disciples n'était alors encore que préparatoire, comme celui du Précurseur.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
La Samarie étant située entre la Judée et la Galilée, il fallait traverser cette province si l'on voulait suivre le chemin le plus direct.
Les Juifs évitaient ordinairement la Samarie, en faisant un détour par la Pérée et la rive orientale du Jourdain. Jésus, voulant donner un exemple de largeur et montrer qu'il ne partageait pas le préjugé des Juifs à l'égard des Samaritains, (verset 9, note) prit le chemin le plus court, qui était encore de trois journées.
Mais ne pourrait-on pas, avec R. Stier, voir dans ce mot il fallait une direction de la providence et de la grâce divines, en vue de la belle œuvre que Jésus avait à faire dans cette même Samarie et que Jean va nous raconter avec une évidente prédilection ?
v. 4-5 · Godet · 18/10/2026
Ἔδει, il fallait : si l'on ne voulait pas éviter à dessein, comme les Juifs très stricts, cette contrée souillée (comparez ⇒) ; Jésus ne partageait pas cet esprit particulariste. Le nom de Sychar étonne ; car la seule ville connue dans cette localité est celle qui portait le nom de Sichem , et qui est si souvent mentionnée dans l'A. T. Y aurait-il ici l'erreur d'un écrivain étranger à la Palestine, comme l'ont prétendu les adversaires de l'authenticité de notre évangile ? Nous croyons peu probables les solutions qui font du nom de Sychar une corruption populaire et intentionnelle de celui de Sichem, en le dérivant soit de schéker, mensonge (ville de mensonge, c'est-à-dire de […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Autrefois on identifiait Sychar avec Sichem , ville célèbre dans l'histoire du peuple d'Israël, (Josué 20.7 ; Juges 9.7) connue déjà au temps des patriarches. (Genèse 12.6 ; 33.18 ; Josué 24.32) Elle fut appelée Néapolis, et subsiste encore sous le nom de Naplouse.
On expliquait le changement du nom de Sichem en Sychar par la haine des Juifs pour les Samaritains : Sychar , en effet, serait dérivé de schèker , mensonge, ou de schékar , boisson (ville des buveurs, comparez Esaïe 28.1).
Mais il est plus probable qu'il faut distinguer Sychar de Sichem. […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
La source et non le puits , selon nos versions ordinaires, ce dernier mot ne se trouve qu'au verset 11.
En employant ainsi deux termes distincts, l'évangéliste veut faire remarquer, sans doute, que ce puits n'était pas une citerne destinée à recueillir les eaux de pluie, selon l'usage de l'Orient, mais qu'il était alimenté par une source souterraine d'eau courante. Ensuite, ce terme seul pouvait fournir l'image que Jésus en tire au verset 14.
"Nous arrivons, écrit M. F. […]
v. 6 · Godet · 18/10/2026
Ce puits existe encore ; car « c'est probablement celui-là même qui s'appelle encore maintenant Bi-Jakoub » (Renan Vie de Jésus , p. 243). Il est situé à 35 minutes à l'est de Naplouse, précisément à l'endroit où le chemin qui suit, du sud au nord la vallée principale, celle de Mokhna. tourne brusquement à l'ouest pour entrer dans l'étroite vallée de Sichem, avec l'Ebal au nord-est et le Garizim au sud-ouest. Le puits est creusé non dans le roc, comme on le dit ordinairement, mais plutôt, selon le lieutenant Anderson, qui y est descendu en 1866, dans un sol d'alluvions ; le même a constaté que les parois sont revêtues pour cette raison d'une maçonnerie grossière. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste, en indiquant la nationalité de cette femme, fait pressentir la tournure que prendra son entretien avec Jésus. Elle arrive inopinément à la source. Moment important pour elle, que le texte marque et rend plus actuel par le verbe au présent, vient .
En adressant la parole à cette femme, Jésus pressentait ce qui allait s'ensuivre, mais il faut prendre la requête qu'il lui adresse dans toute sa simplicité et sa réalité, il demande à boire, parce qu'il souffrait de la soif. Cela ressort de ce qui est dit au verset 6 (voir la note).
v. 7-9 · Godet · 18/10/2026
Comment cette femme venait-elle chercher de l'eau si loin et à une telle heure ? Elle avait sans doute travaillé aux champs et venait puiser de l'eau en rentrant à la maison à l'heure du repas (voir au v. 15). On a pensé que ce trait convenait à une heure de la soirée, puisque c'est ordinairement le moment où les femmes se rendent aux puits. Mais dans ce cas cette femme ne s'y serait sans doute pas trouvée seule (Meyer, Weiss). Le régime : de la Samarie , dépend du mot femme et non du verbe arrive : car, dans ce second cas Samarie devrait désigner la ville de ce nom, sens impossible, puisque cette ville est située à trois lieues au nord-ouest. […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
La remarque de l'évangéliste fait comprendre (car ) pourquoi Jésus demande à la femme un service que nul autre ne pouvait lui rendre, en l'absence de ses disciples . Celle-ci permettra à l'entretien de devenir plus direct et intime.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Par cette parenthèse l'évangéliste explique l'étonnement de la femme.
Les Samaritains étaient issus d'un mélange d'Israélites restés dans le pays lors de la captivité, et de païens transportés de l'Orient dans cette contrée, pour la repeupler. (2Rois 17.24)
Ils avaient sur le mont de Garizim un temple, et leur religion était la religion de Moïse, mélangée également de paganisme. Ils admettaient le Pentateuque, à l'exclusion de tout le reste de l'Ancien Testament. (2Rois 17.29)
Il y avait entre les Juifs et les Samaritains une haine nationale qui remontait à l'époque du retour de la captivité. […]
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus connut sans doute que le cœur de cette femme ne resterait pas fermé à sa parole, malgré l'ignorance et les préjugés dont il était rempli. Et avec quelle condescendance il poursuit l'entretien ! A quelle hauteur il l'élève dès l'abord !
Si la femme savait à qui elle avait affaire, au lieu de lui marchander un peu d'eau pour sa soit ; elle se mettrait à le prier humblement elle-même.
Il y a progression dans ces paroles si riches et très diversement interprétées. D'abord le don de Dieu , qui, sans aucun doute, était déjà renfermé dans cette précieuse occasion offerte à la femme de voir et d'entendre le Sauveur. […]
v. 10 · Godet · 18/10/2026
A l'observation de la femme, Jésus répond, non en renouvelant sa demande, mais en lui faisant une offre au moyen de laquelle il reprend sa position de supériorité. Pour cela, il lui suffit d'élever les pensées de cette femme vers la sphère spirituelle où il n'a plus pour lui qu'à donner, et pour elle qu'à recevoir. - L'expression : le don de Dieu , peut être envisagée comme une notion abstraite dont la réalité concrète serait indiquée par les mots suivants : qui est celui qui te dit (ainsi dans notre 1re éd.). La parole de Jésus 3.16 : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, » parle en faveur de ce sens, d'après lequel Jésus serait lui-même le don de Dieu. […]
v. 11-12 · Godet · 18/10/2026
La Samaritaine prend l'expression d'eau vive au sens littéral. Elle veut dire : » Tu ne peux ni (οὔτε) tirer du puits l'eau vive que tu m'offres - car tu n'as pas de vase pour puiser - ni (καί), en raison de sa profondeur, atteindre par quelque autre moyen à la source qui l'alimente. » Ne pouvant supposer qu'il parle spirituellement, elle ne saurait comprendre qu'il offre ce qu'il lui a lui-même réclamé (Westcott). Elle demande ironiquement s'il est capable de faire jaillir une source d'eau vive là où Jacob a dû creuser péniblement ce puits. Le terme κύριε, Seigneur , exprime cependant un profond respect. Elle appelle Jacob notre père , parce que les Samaritains prétendaient descendre d'Ephraïm et de Manassé (Josèphe, Antiq . 9, 14, 3). - Θρέμματα : serviteurs et troupeaux, tout ce qu'on nourrit. C'est tout le tableau de la vie nomade qui apparaît ici.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
La Samaritaine a reçu des paroles de Jésus une première impression, qui lui inspire du respect : à celui qu'elle avait appelé un Juif , (verset 9) elle donne maintenant le titre honorable de Seigneur. Peut-être même soupçonne-t-elle sous ce mot d'eau vive une pensée plus élevée, mais, comme Nicodème (Jean 3.4) elle affecte de prendre l'image dont Jésus se sert dans son sens littéral et matériel et elle défie Jésus de pouvoir lui donner ce qu'il lui offre, puisque, sans un vase pour puiser , il ne peut atteindre l'eau dans ce puits profond . […]
v. 13-14 · Godet · 18/10/2026
L'eau du puits a beau être de l'eau de source, elle n'est pas ce que Jésus entend par l'eau vive ; elle n'a pas la faculté de se reproduire elle-même chez celui qui en boit ; aussi, au bout d'un certain temps, le besoin se réveille et le tourment de la soif se fait sentir. « Belle inscription, dit Stier, à mettre sur les fontaines. » Une telle eau se présente à la pensée de Jésus comme l'emblème de toutes les satisfactions terrestres, à la suite desquelles le besoin renaît dans l'âme et la replace dans la dépendance des objets extérieurs nécessaires pour le satisfaire.
Jésus définit au v. […]
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette eau là , dit Jésus, en désignant du geste le puits, ne peut désaltérer que pour un moment, la soif renaît bientôt. Il en est de même de toutes les jouissances de la terre, qui sont incapables de satisfaire l'âme de l'homme.
Christ seul par l'Esprit qu'il lui communique, étanche sa soif pour toujours. Mais cette source de vie et de bonheur n'existe pas seulement en dehors de l'âme régénérée, l'Esprit de Dieu qui la vivifie, demeure en elle et y forme une source permanente toujours jaillissante jusqu'à la vie éternelle .
"Ce qui est éternel remonte toujours jusqu'à l'éternité." Olshausen.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
On pourrait avec Lücke et Tholuck, voir de l'ironie dans la demande de la femme, ou, avec Meyer et Stier, penser que, dans son embarras, elle ne sait ce qu'elle dit.
Mais non, elle parle sérieusement, comme le montre ce mot respectueux de Seigneur . Les paroles de Jésus, surtout ce terme imposant de vie éternelle , l'ont impressionnée, elle a le pressentiment d'une vie paisible et heureuse, mais elle est incapable de concevoir cette vie en dehors du cadre de son existence terrestre ; c'est pourquoi elle associe naïvement le don qui lui est offert à la suppression de ses peines présentes.
Comment l'éclairer au point de lui faire comprendre par la simple intelligence ce qu'est la vie de l'âme, la vie éternelle ? Jésus dirige l'entretien vers un domaine plus accessible à son interlocutrice, celui de la conscience et de la vie morale.
v. 15 · Godet · 18/10/2026
La demande de cette femme a certainement un côté sérieux ; le terme Seigneur suffit à le prouver. Cela ressort également du caractère grave de la réponse de Jésus. Lors même que l'absence de besoins spirituels fait qu'elle ne comprend pas, elle est saisie : cet homme aurait-il bien le pouvoir de faire un tel miracle ? Néanmoins l'expression du désir qu'elle éprouve de se rendre la vie plus commode a quelque chose de naïf et presque de plaisant. - Les derniers mots reproduisent la promesse de Jésus : « n'aura plus soif. » - La leçon des deux plus anciens Mss. : « que je ne passe plus par ici, » au lieu de : « que je ne vienne plus ici, » doit sans doute être admise. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Le but de Jésus, en donnant à la femme l'ordre d'appeler son mari , était d'enfoncer dans sa conscience un aiguillon qui devait l'amener à la repentance.
- Quelques interprètes, estimant qu'il y aurait eu, dans l'emploi de ce moyen de tourné, quelque chose de peu conforme à la parfaite sincérité de Jésus, pensent qu'il voulait réellement faire venir à lui le mari de cette femme, afin de le rendre aussi participant de ses instructions.
Pour cela, ils doivent admettre que Jésus ignorait, à ce moment-là, ce qu'était la vie de cette femme, et que sa vue prophétique ne s'éveilla que lorsqu'elle lui dit : "Je n'ai point de mari."
Mais l'objection qu'ils font au procédé de Jésus nous paraît dictée par des scrupules exagérés, et il est plus naturel et plus conforme au récit de supposer que Jésus connut d'emblée la misère morale de son interlocutrice.
v. 16-18 · Godet · 18/10/2026
Westcott observe que la transition naturelle à cette invitation si brusque en apparence se trouve peut-être dans les derniers mots de la femme : « afin que je ne passe plus ici pour puiser, » qui faisaient penser aux gens de sa maison pour lesquels elle s'acquittait de cette tâche. - Faut-il chercher le but de la demande dans l'effet moral qu'elle devait produire sur la femme, en donnant à Jésus l'occasion de lui prouver son savoir prophétique (Meyer, Reuss, etc.) ? Non assurément, car il y aurait là un miracle d'exhibition, qui ne répondrait pas à la simplicité ordinaire de Jésus. L'invitation doit se légitimer par elle-même. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Par cette réponse : Je n'ai point de mari , réponse qui était un demiaveu, la femme voulait échapper à la confusion qu'elle éprouvait. Mais Jésus, en déroulant devant elle le tableau de sa vie passée et actuelle, l'humilie par la puissance irrésistible de la vérité. (verset 19)
- Nous voyons ici en Jésus une connaissance immédiate et surnaturelle, qui s'est manifestée plus d'une fois dans sa vie et que Jean lui attribue expressément. (Jean 2.24,25)
- Les cinq premiers mariages de cette femme avaient été légitimes et successivement dissous par le divorce ou par la mort cela ressort de la manière dont Jésus désigne l'homme avec qui elle vivait alors dans le désordre. Et cependant ô miséricorde infinie ! le Seigneur continue à lui parler et à l'instruire pour la sauver.
v. 19-20 · Godet · 18/10/2026
Les uns ne voient dans cette question de la femme qu'un essai de faire diversion au trouble de sa conscience, « une ruse de femme » (de Wette) dans le but d'échapper à un sujet pénible. « Elle détourne l'attention de son existence en lui proposant un point de controverse » (Astié). Mais Jésus répondrait-il comme il le fait à une question posée dans un tel esprit ? Besser, Luthardt, tombent dans l'extrême opposé : cette question est à leurs yeux l'indice d'une conscience bourrelée qui, soupirant après le pardon, veut connaître le vrai sanctuaire où elle peut aller faire l'expiation de ses fautes. C'est plus forcé encore. […]
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
A ce regard de Jésus qui a pénétré son cœur et sa vie, la Samaritaine reconnaît en lui un envoyé de Dieu, un prophète . Et aussitôt, elle lui pose une question dont le sens a été faussé de deux manières opposées.
Quelques interprètes n'y ont vu que le désir d'échapper à elle même et à son humiliation, pour porter l'entretien sur un sujet religieux général.
D'autres ont cru y trouver la requête anxieuse d'une âme pénitente qui s'informe du vrai sanctuaire où elle trouvera le plus sûrement le pardon de ses péchés. La vérité est, comme l'observe avec justesse M. Godet entre ces deux extrêmes. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Par cette seule parole, Jésus élève l'adoration à toute sa hauteur de vérité et de spiritualité. (verset 24)
Pour les vrais adorateurs, il ne sera plus question de chercher le Père en un lieu plutôt qu'en un autre, puisque, partout, Il entend leurs prières.
Ainsi Jésus ne décidait la question ni en faveur des Juifs ni en faveur des Samaritains, il les invitait les uns et les autres à se rencontrer et à s'unir dans l'adoration du Père .
v. 21 · Godet · 18/10/2026
La position de Jésus est délicate. Il ne peut renier la vérité, mais il ne doit pas repousser cette femme. Sa réponse est admirable. Il vient d'être appelé prophète, et il prophétise. Il annonce une économie nouvelle où les Samaritains, devenus enfants de Dieu, seront affranchis de ce sanctuaire local que la femme lui montre au sommet du Garizim, mais sans être contraints pour cela d'aller à Jérusalem. Le caractère filial de ce nouveau culte l'affranchira de toutes les entraves extérieures qui pesaient sur les anciens cultes nationaux. Si le privilège de Garizim tombe, ce ne sera pas pour être attribué à Jérusalem. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Après avoir mis au-dessus de tout doute sa haute impartialité, Jésus décide pourtant la question posée entre les deux peuples en faveur des Juifs, du moins quant au passé.
Les Samaritains, en restant séparés du peuple de l'alliance, en n'admettant de l'Ancien Testament que les cinq livres de Moïse, s'étaient volontairement privés de toutes les révélations subséquentes de Dieu par le ministère des prophètes, aussi bien que de tous les autres privilèges religieux dont avaient joui les Juifs. (Romains 9.4,5)
Leur connaissance de Dieu, et par conséquent leur adoration , était donc très incomplète.
C'est là ce que Jésus constate d'abord. […]
v. 22 · Godet · 18/10/2026
L'antithèse si bien marquée de vous et de nous prouve, quoiqu'en dise Hilgenfeld, que le vous désigne les Samaritains et le nous Jésus et les Juifs. Après avoir, par la révélation du grand avenir annoncé v. 21, mis son impartialité hors de soupçon, Jésus serre de plus près la question à lui posée, et la décide, quant au passé, en faveur des Juifs : « C'est à Jérusalem que le Dieu vivant s'est fait connaître ; et cela parce que c'est par le moyen des Juifs qu'il a l'intention de donner le salut au monde. » Dieu n'est connu qu'autant qu'il se donne à connaître. Le siège de sa vraie connaissance ne peut donc être que là où il opère sa révélation : et ce lieu, c'est Jérusalem. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
L'heure , c'est celle dont il a parlé au verset 21, comme d'un temps futur, tandis qu'ici il peut ajouter qu'elle est maintenant , parce que déjà il avait autour de lui un petit nombre de ces vrais adorateurs .
Une adoration en esprit est tout d'abord d'après les versets 20,21, celle qui n'est déterminée par aucunes circonstances de lieux, de temps, d'actes ou de cérémonies extérieures, toutes choses qui n'ont aucune vertu en elles-mêmes. L'adoration en esprit a lieu dans la partie la plus intime de notre être (Romains 1.9) elle consiste dans une communion vivante avec Dieu, qui est esprit. (verset 24) […]
v. 23-24 · Godet · 18/10/2026
Mais : en opposition à ce temps maintenant passé de la prérogative Israélite. Les mots : « Et elle est là maintenant, » ajoutés ici, servent à exciter plus vivement l'attention déjà éveillée de la femme. C'est comme si le premier souffle de l'ère nouvelle venait à passer sur cette âme. Peut-être Jésus voit-il de loin revenir ses disciples, les représentants de ce peuple des nouveaux adorateurs, qui dans quelques moments se recrutera des prémices du peuple samaritain. Il fait ressortir les deux caractères du culte futur : la spiritualité et la vérité. […]
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Dieu est esprit . Jésus justifie par cette affirmation de l'essence de Dieu ce qu'il a dit de la vraie adoration. Elle doit être en harmonie avec la nature de Celui qui en est l'objet.
La spiritualité de Dieu était bien connue des croyants de l'ancienne alliance ; (1Rois 8.27,39) mais Jésus la présente dans son rapport profond avec l'âme humaine et montre la transformation qu'elle doit opérer dans le culte pour faire de celui-ci une adoration digne de Dieu.
En effet, Jésus n'est pas préoccupé de donner une définition métaphysique de Dieu, mais d'apprendre à l'adorer comme l'Etre infini, éternel, tout-puissant, vivant, saint, qui se communique à sa créature asservie au péché et à la chair, afin de l'en délivrer, de la sanctifier, de la ramener à sa communion de lui rendre possible, en un mot, l'adoration en esprit et en vérité .
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
La Samaritaine est évidemment saisie par ces grands enseignements de Jésus, bien qu'elle ne puisse pas les comprendre entièrement ; elle désire recevoir de plus amples instructions ; elle met la conversation sur le Messie , qu'elle attendait avec son peuple.
Les Samaritains trouvaient dans le Pentateuque le fondement de cette espérance d'un libérateur. (Genèse 15.1-6 ; 49.10, et surtout Deutéronome 18.15)
Si le nom même de Messie (dont la traduction qui est appelé Christ appartient à l'évangéliste) ne se trouve pas dans ces passages, les Samaritains pouvaient parfaitement l'avoir reçu des Juifs. […]
v. 25 · Godet · 18/10/2026
La réponse de la femme témoigne d'un certain désir de lumière. Son esprit aspire à la révélation parfaite. Voilà pourquoi nous n'avons pas eu tort d'interpréter les v. 15 et 20 dans un sens favorable à son caractère. - D'après des rapports modernes, les Samaritains attendent en effet un Messie, auquel ils donnent le nom d'Assaëf (de שוב, revenir ) ; ce mot signifie, selon Gesenius : celui qui ramène , qui convertit ; selon de Sacy et Hengstenberg : celui qui revient , en ce sens que, l'attente des Samaritains étant fondée sur Deutéronome 18.18 : « Dieu vous suscitera un autre prophète tel que moi d'entre vos frères, » le Messie est selon eux un Moïse qui revient. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
De quel étonnement dut être saisie la Samaritaine en entendant cette déclaration si simple, si claire, si grande !
Jamais Jésus ne s'était exprimé si nettement sur sa dignité messianique, ni à l'égard du peuple juif, ni même envers ses disciples. Il défendra plus tard à ces derniers de le faire connaître, avant le temps, comme le Messie. (Matthieu 16.20 ; Marc 8.30 ; Luc 9.21)
Aussi la critique négative a-telle trouvé une contradiction entre ces réticences et la franche déclaration de notre récit. C'est méconnaître la différence des situations. Parmi les Juifs, imbus de fausses espérances messianiques, Jésus devait éviter l'abus qu'ils pouvaient faire de ses paroles, tandis qu'en Samarie, il ne courait point les mêmes dangers.
Il saisit avec l'empressement de la charité l'occasion de se révéler à une femme qui cherchait le salut, et, par elle, à ses concitoyens. (versets 29,39)
v. 26 · Godet · 18/10/2026
Jésus, n'ayant pas à craindre, comme nous venons de le voir, d'évoquer chez cette femme tout un monde de dangereuses illusions, comme celles qui se rattachaient chez les Juifs au nom de Messie, se révèle pleinement à elle. Cette conduite n'est donc nullement, comme le prétend de Wette. en contradiction avec des paroles telles que Matthieu 8.4 ; 16.20 ; 17.9, etc. La différence des terrains explique celle des semences que la main de Jésus leur confie.
Comment dépeindre l'étonnement qu'une pareille déclaration dut produire chez, cette femme ? Il s'exprime mieux que par des paroles, par son silence et sa conduite (v. 28). […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
27 à 42
Jésus et les disciples. Conversion des Samaritains.
Le texte reçu porte : s'étonnèrent ; l'imparfait : s'étonnaient , qui se lit dans Sin., B, A, C, D, peint l'attitude des disciples et indique que leur surprise dura quelque temps.
Quelle en était la cause ? C'est que cette femme était une étrangère, une Samaritaine ; c'est surtout que, d'après les principes des rabbins juifs, qui jugeaient la femme indigne de toute instruction, il n'était pas bienséant à un homme d'avoir de longs entretiens même avec sa propre épouse, et combien plus avec une étrangère !
Dans la suite Jésus releva la femme d'une manière plus décisive encore de cette abjection, puisqu'il reçut parmi ses disciples des femmes qu'il autorisait à le suivre en le servant. (Luc 8.2,3, et ailleurs.)
Les disciples gardent le silence, par respect pour leur Maître
v. 27 · Godet · 18/10/2026
Il existait un préjugé rabbinique d'après lequel la femme n'est pas susceptible de recevoir une instruction religieuse approfondie : « Ne prolonge pas l'entretien avec une femme : que personne ne s'entretienne dans la rue avec une femme, pas même avec sa propre épouse ; qu'on brûle les paroles de la loi, plutôt que de les enseigner aux femmes » (voir Lightfoot, à ce verset). Probablement les apôtres n'avaient point encore vu leur Maître se mettre au-dessus de ce préjugé. - On peut hésiter entre les deux leçons : s'étonnèrent (ἐθαύμασαν) et s'étonnaient (ἐθαύμαζον). La première donne à l'étonnement le caractère d'un acte momentané ; la seconde en fait une situation. - Μέντοι, cependant : l'étonnement n'alla pourtant chez aucun d'entre eux jusqu'à s'enhardir à lui demander une explication. - Ζητεῖν, chercher , demander, se rapporte à un service qu'il aurait réclamé, comme celui du v. 10 ; λαλεῖν, parler , à un enseignement donné.
28 La femme donc laissa sa cruche et s’en alla à la ville, et dit aux hommes : 29 Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il pointg 29g ou : celui-ci serait-il. le Christ ? 30 Ils sortirent de la ville, et ils venaient vers lui.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Donc , à cause de l'arrivée des disciples, qui interrompit l'entretien, la femme laissa sa cruche , soit par l'effet de son émotion, soit, comme le pense Bengel, pour accourir plus vite auprès de ses concitoyens, soit enfin parce qu'elle était bien décidée à revenir. Ce détail est caractéristique et révèle le témoin oculaire.
v. 28-29 · Godet · 18/10/2026
Donc : ensuite de la déclaration du v. 26. Elle ne parle pas : elle agit, comme l'on fait quand le cœur est profondément remué. - Elle laisse sa cruche : cette circonstance, en apparence insignifiante n'est pas sans importance. C'est le gage de son prochain retour, la preuve qu'elle s'en va chercher et son mari et ceux qu'elle trouvera. Elle se constitue par là messagère et comme missionnaire de Jésus. Quel contraste entre la vivacité de cette conduite et le départ silencieux et réfléchi de Nicodème ! Et quelle vérité dans les moindres détails de ce récit ! - Τοῖς ἀνθρώποις, aux hommes : aux premières personnes qu'elle rencontre dans la place publique. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
La pensée dont la Samaritaine est remplie, c'est que cet homme a pénétré son cœur et sa vie (tout ce que j'ai fait ) ; et comme il lui a déclaré qu'il est le Christ , le Messie, elle est disposée à le croire.
Mais pour ses concitoyens, et à cause de la grandeur de sa découverte, elle exprime timidement sa conviction par une question qui était seulement destinée à éveiller leur attention et à les décider à venir se convaincre par eux-mêmes. (verset 42)
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer ces différents temps de verbes : Ils sortirent et ils venaient .
C'est ainsi que l'évangéliste marque d'abord l'empressement des habitants à quitter la ville, et nous les fait voir ensuite, accourant à travers champ en longue procession.
v. 30 · Godet · 18/10/2026
Les Samaritains attroupés par elle arrivent en grand nombre. L'imparfait ils venaient , opposé à l'aoriste ils sortirent , fait tableau : on les voit accourant à travers les champs qui séparent Sychar du puits de Jacob. Ce détail historique est important ; il donne la clef des paroles de Jésus qui vont suivre. Le donc doit être rejeté du texte : l'attention se porte tout entière sur le : ils venaient , qui suit.
31 Mais pendant ce temps, les disciples le priaient, disant : Rabbi, mange. 32 Mais il leur dit : Moi, j’ai de la viande à manger que vous, vous ne connaissez pas. 33 Les disciples donc dirent entre eux : Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? 34 Jésus leur dit : Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. 35 Ne dites-vous pas, vous : Il y a encore quatre mois, et la moisson vient ? Voici, je vous dis : Levez vos yeux et regardez les campagnes ; car elles sont déjà blanches pour la moisson. 36 Celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle ; afin que, et celui qui sème et celui qui moissonne, se réjouissent ensemble. 37 Car en ceci est [vérifiée] la vraie parole h 37h propr. : le vrai dicton. : L’un sème, et un autre moissonne. 38 Moi, je vous ai envoyés moissonner ce à quoi vous n’avez pas travaillé ; d’autres ont travaillé, et vous, vous êtes entrés dans leur travail.
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Pendant ce temps (grec dans l'intervalle ), c'est-à-dire entre le départ de la femme et l'arrivée des Samaritains. Les disciples expriment leur sollicitude pour leur Maître fatigué et épuisé, en l'invitant à manger .
v. 31-32 · Godet · 18/10/2026
Le v. 31, après l'interruption des v. 28-30, se relie au v. 27. - Les mots ἐν δὲ τῷ μεταξύ, dans l'intervalle , désignent le temps qui s'écoula entre le départ de la femme et l'arrivée des Samaritains. - Ἐρωτᾶν, interroger , prend ici, comme souvent dans le N. T. et comme שאל dans l'A. T., le sens de prier , sans pourtant perdre entièrement son sens propre d'interroger : demander s'il veut manger. Depuis le commencement de son ministère. Jésus n'avait peut-être pas eu une joie pareille à celle qu'il venait d'éprouver. Cette joie l'avait restauré, même physiquement. « Vous me dites : Mange ! Mais je suis rassasié ; j'ai eu en votre absence un festin dont vous ne vous doutez pas. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus a prononcé une parole énigmatique qu'il va expliquer et que les disciples entendent à la lettre.
v. 33-34 · Godet · 18/10/2026
Μήτις annonce une réponse négative : « Quelqu'un ne lui a pourtant pas apporté… ? » - Jésus explique le sens profond de sa réponse. Il emploie ici βρῶμα, en rapport avec la grossière interprétation des disciples. - Il n'est pas nécessaire, comme le veut Weiss, de voir dans la conjonction ἵνα une simple périphrase de l'infinitif. Ce qui le soutient, c'est de se proposer incessamment de faire… d'accomplir… - Le présent ποιῶ, de faire - c'est la leçon du T. R. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus travaille à l'œuvre de Dieu avec tant d'amour, qu'il y trouve réellement sa nourriture , sa force, sa joie, et comme le rassasiement de l'âme et du corps. (Psaumes 63.6 ; Matthieu 4.4) C'est qu'il agissait toujours dans une communion intime avec Dieu qui est la source de la vie.
- De ces deux verbes faire et achever l'œuvre de Dieu, le premier est au présent (dans Sin., A, Jean 4) et désigne l'action actuelle du Sauveur parmi les Samaritains ; le second est au futur et reporte la pensée jusqu'à l'achèvement complet de cette œuvre.
"La relation entre les deux substantifsvolonté etœuvre , dit M. Godet, correspond à celle des deux verbes. Pour que l'œuvre de Dieu se trouve achevée au moment suprême, il faut que savolonté ait été exécutée à chaque moment." "Jésus n'était pas encore au milieu de sa carrière, et déjà il en voit la fin glorieuse."**Bengel. (Comparer verset 36)
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus a parlé avec bonheur de l'œuvre de Dieu qu'il accomplissait. (verset 34)
Maintenant, il en contemple d'avance les résultats dans ces Samaritains qu'il va amener au salut. Il peint ce triomphe de l'Evangile par une très belle image empruntée à la nature.
Dans les campagnes verdoyantes qui s'étendaient à l'entour on pouvait voir une promesse de la moisson, mais celle-ci ne devait être mûre que dans quatre mois .
Jésus invite ses disciples à regarder ces campagnes comme étant déjà blanches pour la moisson . Il entend par là la moisson spirituelle parmi ces habitants de la Samarie qu'il voyait accourir à lui. […]
v. 35-36 · Godet · 18/10/2026
Les versets suivants (35 à 38) ont offert de telles difficultés aux interprètes, que quelques-uns ont imaginé de les transposer, en plaçant les v. 37 et 38 avant le v. 36 (B.-Crusius). Weiss a supposé que le v. 35 appartenait originairement à un autre contexte. Il faut avouer que les interprétations proposées par Lücke, de Wette, Meyer. Tholuck, ne sont pas propres à lever les difficultés. Les uns y voient une prophétie de la conversion du peuple samaritain racontée Actes ch. 8 : les autres les appliquent à la conversion du monde païen tout entier, spécialement à l'apostolat de saint Paul. Dans ce cas, il n'est pas étonnant que l'on en suspecte l'authenticité ! Si les paroles des v. […]
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Celui qui moissonne reçoit un salaire qui consiste à (le et a ce sens explicatif) amasser du fruit pour la vie éternelle , c'est-à-dire à recueillir des âmes sauvées.
Cette sentence générale fait comprendre aux disciples que la moisson dont Jésus vient d'annoncer qu'elle est déjà prête, (verset 35) est une moisson spirituelle.
La première partie du verset 36 est une parenthèse explicative.
Jésus se reporte ensuite au fait qu'il a signalé à ses disciples : les campagnes sont déjà blanches pour la moisson ; (verset 35) il en est ainsi continue-t-il, dans l'intention de Celui qui a hâté la marche des événements, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble . […]
v. 37-38 · Godet · 18/10/2026
D'après Tholuck, Jésus serait affligé à la pensée qu'il n'assistera pas lui-même à la conversion des païens, après l'avoir préparée, et c'est à cela que se rapporterait ce proverbe. Astié paraît être du même avis. Westcott pense que Jésus prépare les apôtres aux désappointements futurs de l'apostolat. Ce seraient donc eux qui seraient les semeurs qui ne moissonnent pas, tandis que tout le contexte prouve que ce ne peut être que Jésus. Weiss : Dans ce domaine de la moisson spirituelle il n'en est pas comme dans les moissons ordinaires, où le semeur est souvent le même que le moissonneur. […]
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Au verset 37 Jésus confirme (car ) ce qu'il donnait à entendre à la fin du verset 36, à savoir que, dans le cas particulier et contrairement à la règle générale, le moissonneur est distinct du semeur.
Il le fait en citant un proverbe dont il constate qu'il est vrai dans le cas donné ; puis il dit positivement que c'est lui qui a envoyé ses disciples moissonner là ou d'autres ont travaillé .
Ces paroles trouvaient leur application immédiate dans ce qui se passait alors, près du puits de Jacob, mais elles ont une portée plus étendue qui se vérifiera dans toute la carrière des disciples. […]
39 Or plusieurs des Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait. 40 Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux ; et il demeura là deux jours. 41 Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole ; 42 et ils disaient à la femme : Ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous [l’]avons entendu, eti 42i ou : nous avons entendu et. nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste reprend son récit, interrompu au verset 30.
Plusieurs des Samaritains crurent en Jésus, d'une foi qui n'avait encore d'autre fondement que le témoignage de la femme et d'autre objet que la connaissance surnaturelle manifestée par ce prophète qui lui avait dévoilé toute sa vie (tout ce que j'ai fait , verset 28).
Mais comme cette foi était sincère, elle va devenir tout autre par un moyen plus direct. (verset 42)
v. 39-42 · Godet · 18/10/2026
Voici maintenant cette fête de moisson annoncée v. 36 : le semeur se réjouit avec les moissonneurs. Ce temps passé à Sychar laissa une impression ineffaçable dans le cœur des apôtres, et la douceur de ce souvenir se trahit dans la répétition de ces mots : « deux jours , dans les v. 40 et 43. - Δέ, or , reprend le cours du récit après la disgression des v. 31-38. - Quelle différence entre les Samaritains et les Juifs ! Il suffit ici d'un miracle de science sans éclat pour disposer les cœurs à venir à Jésus, tandis qu'en Judée huit mois de travail ne lui ont pas procuré un jour de semblable rafraîchissement.
Le v. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
La prière de demeurer auprès d'eux , que les Samaritains adressent à Jésus, après être venus vers lui , c'est-à-dire après l'avoir vu et entendu, est l'indice d'un progrès dans leur foi, et du besoin qu'ils ressentent de plus de lumière.
De son côté, Jésus, heureux de voir ces hommes altérés de vérité, va leur consacrer deux jours entiers.
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces mots : à cause de sa parole , dont ils avaient éprouvé dans leur cœur la vérité et la puissance, forment ici un contraste marqué avec ceux-ci : "à cause de la parole de la femme." (verset 39)
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Les Samaritains expriment clairement la différence qu'il y a entre la foi d'autorité, qui repose sur un récit, un témoignage (ce que tu nous as dit , grec ton langage ) et la foi qui se fonde sur l'expérience immédiate et personnelle (nous mêmes, nous avons entendu ).
Et telle a été la puissance de la parole de Jésus sur leur âme, pendant ces deux journées, qu'ils peuvent dire, non seulement nous croyons , mais nous savons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde . (Le texte reçu ajoute : le Christ ; ces mots manquent dans Sin., B, C, Versions) […]
43 Or, après les deux jours, il partit de là, et s’en alla en Galilée ; 44 car Jésus lui-même rendait témoignage qu’un prophète n’est pas honoré dans son propre pays. 45 Quand donc il fut venu en Galilée, les Galiléens le reçurent, ayant vu toutes les choses qu’il avait faites à Jérusalem pendant la fête ; car eux aussi allaientj 45j ou : étaient allés. à la fête.
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus en Galilée.
43 à 54
Jésus guérit le fils de l'officier royal.
Ces deux jours sont ceux que Jésus venait de passer avec les Samaritains. (verset 40)
L'évangéliste reprend sa narration du retour de Jésus en Galilée (verset 3) interrompue par le récit du séjour à Sychar.
v. 43-45 · Godet · 18/10/2026
Ce passage a été de tout temps une croix pour les interprètes. Comment Jean peut-il motiver (car , v. 44) le retour de Jésus en Galilée par cette déclaration du Seigneur, que « nul prophète n'est honoré dans sa patrie ? » Et comment peut-il rattacher à cet adage, comme conséquence (donc , v. 45), le fait que les Galiléens lui firent un accueil empressé ? - 1. Brückner et Luthardt pensent que Jésus cherchait soit la lutte (Brückner), soit la solitude (Luthardt). Cela expliquerait bien le car du v. 44. Mais il faudrait admettre que Jésus fut trompé en bien par l'accueil des Galiléens (v. 45), ce qui est contraire à la particule οὖν (donc ), qui lie le v. 45 au précédent. […]
v. 44 · Bible annotée · 18/10/2026
Voici un de ces passages qui ont donné aux interprètes une peine infinie.
L'évangéliste raconte le retour de Jésus en Galilée et il motive ce retour (car ) en rappelant un proverbe que Jésus avait cité et qui apparaît bien plutôt comme une raison contre ce retour en Galilée. Première contradiction.
Puis il rapporte, comme une conséquence de ce dicton, (donc , verset 45) que Jésus fut bien reçu des Galiléens. Seconde contradiction.
Nous ne citerons que les principales tentatives faites pour aplanir ces difficultés. Qu'est ce que la patrie de Jésus mentionnée dans ce proverbe ? Plusieurs répondent : La Galilée. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
L'évangéliste explique le bon accueil que reçut Jésus des Galiléens en rappelant qu'ils avaient été témoins de toutes les choses qu'il avait faites à Jérusalem pendant la fête , à laquelle ils avaient eux-mêmes assisté.
Ils avaient été frappés de l'autorité qu'il avait déployée en purifiant le temple, (Jean 2.13 et suivants) aussi bien que des miracles qu'il avait opérés. (Jean 2.23)
C'étaient la des manifestations extérieures qui pouvaient préparer les âmes à la foi, mais qui étaient insuffisantes pour la créer en elles. (verset 48)
46 Il vint donc encore à Cana de Galilée, où il avait, de l’eau, fait du vin. Et il y avait à Capernaüm un seigneur de la cour, duquel le fils était malade ; 47 celui-ci, ayant entendu dire que Jésus était venu de la Judée en Galilée, s’en alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils ; car il allait mourir. 48 Jésus donc lui dit : Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point. 49 Le seigneur de la cour lui dit : Seigneur, descends avant que mon enfant meure. 50 Jésus lui dit : Va, ton fils vit. Et l’homme crut la parole que Jésus lui avait dite, et s’en alla. 51 Et, déjà comme il descendait, ses esclaves vinrent au-devant de lui, et lui rapportèrent que son fils vivait. 52 Alorsk 52k litt. : donc. il s’enquit d’eux à quelle heure il s’était trouvé mieux ; et ils lui dirent : Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. 53 Le père donc connut que c’était à cette heure-là à laquelle Jésus lui avait dit : Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison. 54 Jésus fit encore ce second miracle, quand il fut venu de Judée en Galilée.
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce donc semble indiquer que Jésus, encouragé par ce bon accueil, voulut poursuivre son voyage en Galilée, jusqu'à Cana, où son séjour précédent pouvait avoir préparé les esprits à recevoir sa parole. C'est ce que l'évangéliste veut faire sentir en rappelant que c'est là qu'il avait changé l'eau en vin . (Jean 2.1 et suivants)
Un officier royal (grec un royal ) peut désigner tout fonctionnaire, civil ou militaire. Il s'agit ici d'un serviteur d'Hérode Antipas, qui régnait sur la Galilée et auquel on donnait le titre de roi bien qu'il ne portât officiellement que celui de tétrarque.
v. 46-47 · Godet · 18/10/2026
Le donc renoue avec les v. 43 et 45. Jésus se dirigea vers Cana, non, comme le pense Weiss parce que sa famille aurait été établie là (comparez 2.12 avec Matthieu 4.13), mais sans doute parce que c'était là qu'il pouvait espérer de trouver le terrain le mieux préparé en raison de son précédent séjour. C'est peut-être ce que saint Jean veut insinuer par cette réflexion : « où il avait changé l'eau en vin. » Son arrivée fit bruit, et la nouvelle s'en répandit promptement jusqu'à Capernaüm, située à sept lieues environ à l'est de Cana. - Le terme βασιλικός désigne dans Josèphe un fonctionnaire public, soit civil, soit militaire, parfois aussi un employé de la maison royale. […]
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
La confiance de cet homme, qui pourtant n'était point encore disciple de Jésus, (verset 53) s'explique, soit par ce miracle de Cana, dont il avait été peut-être informé, soit par la connaissance qu'il avait eue, lui aussi, de tout ce que Jésus avait fait à Jérusalem.
Mais cette confiance s'explique mieux encore par l'angoisse de son cœur de père. Son fils , qui allait mourir , paraît avoir été un fils unique, ainsi que l'indique, en grec, l'article. Il prie Jésus de descendre parce que Cana était situé dans les montagnes.
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette parole, qui a quelque chose de sévère surprend au premier abord.
Il y a une désapprobation évidente dans ces termes que Jésus choisit et accumule à dessein : miracles (grec signes ) et prodiges , l'un indiquant une manifestation du monde invisible, l'autre un acte merveilleux contraire aux lois de la nature
Il en est de même de la double négation qui se trouve dans l'original et qui signifie : Vous ne croirez certainement point . […]
v. 48 · Godet · 18/10/2026
Cette réponse de Jésus embarrasse ; car elle paraît supposer que cet homme réclamait le miracle dans le but de croire, ce qui n'était certainement pas le cas. Mais la difficulté s'explique par les pluriels voyez, croirez , qui prouvent que cette parole n'est pas la réponse de Jésus à la demande du père, mais une réflexion qu'il fait à l'occasion de cette demande. Il adresse, il est vrai, cette remarque à l'homme qui en est l'occasion (πρὸς αὐτόν), mais il parle ainsi en vue de toute la population galiléenne dont cet homme représente en ce moment à ses yeux la tendance morale. […]
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Le père ne se laisse point rebuter par ce qu'il y avait de sévère dans les paroles de Jésus ; mais, dans son angoisse, il insiste, avec une émotion qui se trahit par l'emploi de ce diminutif plein de tendresse : mon petit enfant . (Comparer Marc 5.23, note.)
Aussi Jésus répond à sa confiance en lui accordant plus qu'il ne demandait. Sans aller avec lui à l'instant même, il lui annonce la guérison de son fils par cette parole souveraine : Va, ton, fils vit .
Cette manière d'agir du Sauveur constitue aussi une nouvelle épreuve pour la foi naissante de l'officier, puisqu'il doit s'en retourner en n'emportant qu'une parole. Mais cette parole lui suffit. (verset 50)
v. 49-50 · Godet · 18/10/2026
Le père a bien compris que la remarque de Jésus n'est pas une réponse, ni par conséquent un refus. Il renouvelle donc sa demande en employant le terme de tendresse τὸ παιδίον μου, mon petit , qui rend sa requête plus touchante. Jésus se rend à la confiance qui respire dans sa prière, mais de manière à élever immédiatement cette foi à un degré supérieur. Il ya tout ensemble un exaucement et un refus partiel, qui est une épreuve, dans cette réponse : « Va, ton fils vit . ». La guérison est accordée, mais sans que Jésus quitte Cana ; il veut être cette fois cru sur parole. […]
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
Comme déjà il descendait vers le lac de Tibériade, les serviteurs accourent pleins de joie au-devant de leur maître, afin de lui apprendre plus tôt la bonne nouvelle.
Ils se servent, pour la lui annoncer, des mêmes termes qu'avait employés Jésus, et qui, dans leur bouche, signifient : Non seulement il n'est pas mort, mais il est guéri.
v. 51-53 · Godet · 18/10/2026
Les serviteurs n'emploient dans leur rapport ni le terme de tendresse (παιδίον), qui serait trop familier, ni celui de dignité (υἱός), qui ne le serait pas assez, mais celui de la vie de famille : παῖς, l'enfant , que présente avec raison le T. R. - Le terme choisi κομφότερον va bien dans la bouche d'un homme de qualité. C'est l'expression d'un mieux-être relatif, comme nous disons : joliment . - La septième heure, dans la manière de compter juive ordinaire, désigne 1 heure après-midi (voir à 1.40). Mais si c'était à cette heure-là que Jésus avait répondu au père, comment celui-ci n'était-il pas rentré chez lui le même jour ? Car sept lieues seulement le séparaient de sa demeure. […]
v. 52 · Bible annotée · 18/10/2026
Le père a maintenant la joyeuse certitude de la guérison de son fils, mais il veut s'assurer si la parole de Jésus à laquelle il avait cru en a été vraiment la cause unique ; cette constatation achèvera d'affermir sa foi.
La septième heure , selon la manière juive de diviser le jour, indique une heure après midi.
Dans ce cas, le père a eu le temps de retourner de Cana à Capernaüm le jour même, la distance étant de six à sept heures de marche et l'angoisse de son cœur devant accélérer sa course. […]
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
Il crut , non seulement à la parole de Jésus, dont il reconnaît maintenant la puissance divine, mais il crut en Jésus lui-même, comme Messie et Sauveur. Et bientôt toute sa maison , sa famille entière et ses serviteurs, partagèrent sa foi.
Résultat du miracle, plus grand et plus précieux encore pour ce père que la guérison de son fils.
v. 54 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Jésus fit de nouveau ce second miracle arrivant de Judée en Galilée ; allusion au premier miracle de Cana qui avait marqué le précédent retour de Jésus en Galilée.
"Deux idées, dit M. Godet,sont réunies dans cette proposition : il fit un second miracle à Cana, et il le fitde nouveau en arrivant de Judée en Galilée."
C'est cette circonstance de deux retours différents de Jésus, l'un et l'autre signalés par un miracle, que Jean veut marquer ici.
v. 54 · Godet · 18/10/2026
Le mot δεύτερον ne peut être adverbe : pour la seconde fois ; ce serait un synonyme oiseux de πάλιν, de nouveau . Il est donc adjectif, et, vu le manque d'article, adjectif prédicatif. « Il fit de nouveau (πάλιν) ce miracle, et cela comme second. » Il y a évidemment quelque chose d'étrange dans cette manière un peu surabondante de s'exprimer : de nouveau et comme second . C'est là un indice qui trahit l'une de ces intentions déguisées si fréquentes dans le quatrième évangile. La locution employée, ici ne s'explique qu'en liant étroitement le verbe fit , au participe arrivant qui suit. […]