La Samaritaine a reçu des paroles de Jésus une première impression, qui lui inspire du respect : à celui qu'elle avait appelé un Juif, (verset 9) elle donne maintenant le titre honorable de Seigneur. Peut-être même soupçonne-t-elle sous ce mot d'eau vive une pensée plus élevée, mais, comme Nicodème (Jean 3.4) elle affecte de prendre l'image dont Jésus se sert dans son sens littéral et matériel et elle défie Jésus de pouvoir lui donner ce qu'il lui offre, puisque, sans un vase pour puiser, il ne peut atteindre l'eau dans ce puits profond. "Il n'y a point ici d'autre source ; d'où aurais-tu donc cette eau vive ?" Puis, cédant à un mouvement d'orgueil national, elle demande à Jésus s'il se croit plus grand, plus puissant que le patriarche qui avait fait don de ce puits à ses descendants et qui l'avait trouvé suffisant pour lui-même, pour ses fils et pour ses troupeaux.
Il y a dans ces dernières paroles une pointe d'ironie par laquelle la femme croit répondre à ce mot de Jésus : Si tu savais qui est Celui qui te parle.
- Elle appelle Jacob notre père parce que les Samaritains prétendaient descendre de ce patriarche par Joseph et ses fils, Ephraïm et Manassé. (Josèphe, Antiq., IX, 14, 3 ; X1, 3, 6.)