L'eau du puits a beau être de l'eau de source, elle n'est pas ce que Jésus entend par l'eau vive ; elle n'a pas la faculté de se reproduire elle-même chez celui qui en boit ; aussi, au bout d'un certain temps, le besoin se réveille et le tourment de la soif se fait sentir. « Belle inscription, dit Stier, à mettre sur les fontaines. » Une telle eau se présente à la pensée de Jésus comme l'emblème de toutes les satisfactions terrestres, à la suite desquelles le besoin renaît dans l'âme et la replace dans la dépendance des objets extérieurs nécessaires pour le satisfaire.
Jésus définit au v. 14 la nature de l'eau vive véritable : c'est celle qui, se reproduisant au-dedans par sa virtualité propre, étanche le besoin de l'âme à mesure qu'il s'éveille, de sorte que le cœur n'a pas à souffrir un seul instant du tourment intérieur de la soif. L'homme possède alors au dedans de lui-même une satisfaction indépendante des objets et des situations terrestres. - Ἐγώ : oui, moi (en opposition à Jacob). - Avec Reuss, j'avais rapporté précédemment les mots εἰς ζωὴν αἰώνιον, en vie éternelle, non au temps, mais à l'effet produit, au mode d'apparition : « sous forme de vie éternelle. » Cependant le terme parallèle εἰς τὸν αἰῶνα, à jamais, parle plutôt pour le sens temporel : « jusqu'à la vie sans fin. »