Voici maintenant cette fête de moisson annoncée v. 36 : le semeur se réjouit avec les moissonneurs. Ce temps passé à Sychar laissa une impression ineffaçable dans le cœur des apôtres, et la douceur de ce souvenir se trahit dans la répétition de ces mots : « deux jours, dans les v. 40 et 43. - Δέ, or, reprend le cours du récit après la disgression des v. 31-38. - Quelle différence entre les Samaritains et les Juifs ! Il suffit ici d'un miracle de science sans éclat pour disposer les cœurs à venir à Jésus, tandis qu'en Judée huit mois de travail ne lui ont pas procuré un jour de semblable rafraîchissement.
Le v. 39 nous a montré le premier degré de la foi : le revenir à Jésus, comme résultat du témoignage. Les v. 40 et 41 nous présentent le degré supérieur de la foi, son développement par le contact personnel avec Jésus.
Le v. 41 signale un double progrès, l'un dans le nombre des croyants, l'autre dans la nature de leur foi. Ce dernier progrès s'exprime dans les mots : à cause de sa parole, opposés à ceux-ci : à cause de la parole de la femme (v. 39) ; il est formulé avec réflexion par les Samaritains eux-mêmes dans la déclaration du v. 42. - Les Samaritains réservent le terme plus grave de λόγος pour la parole de Jésus : ils appliquent au parler de la femme celui de λαλιὰ, qui n'a rien de dédaigneux sans doute (8.43, où Jésus l'applique à ses propres discours), mais qui désigne quelque chose de plus extérieur, un simple rapport, une nouvelle. - Le verbe ἀκηκόαμεν, nous avons entendu, dans le grec n'a pas d'objet ; l'idée se concentre sur le sujet αὐτοί : « Nous sommes nous-mêmes devenus auditeurs ; » d'où la suite : « Et, comme tels, nous savons. » La leçon du Sinaït. : « Nous avons entendu de lui (de sa bouche) et nous savons que…, » donnerait à la profession suivante le caractère d'une répétition extérieure et servile, opposée à l'esprit du récit. - Ces termes : le Sauveur du monde, semblent indiquer un progrès dans la notion du Messie chez ces Samaritains. Il s'agit de salut et non plus seulement d'enseignement comme au v. 25. Cette expression est peut-être en rapport avec ce mot le Jésus à la femme (v. 22), que Jésus devait leur avoir développé : « Le salut vient des Juifs. » Tholuck, Lücke, Holtzmann, Weiss. suspectent la vérité historique de ce terme de Sauveur du monde, comme trop universaliste dans la bouche des Samaritains. De quel droit ? Ces gens ne possédaient-ils pas dans leur Pentateuque la promesse de Dieu à Abraham : « Toutes les familles de la terre seront bénies en ta postérité, » à laquelle Jésus avait pu les rendre attentifs ? Et ne venaient-ils pas pendant ces deux jours d'être en contact direct avec la charité du vrai Christ, si opposée à la morgue particulariste du pharisaïsme juif ? - Les alex. retranchent les mots ὁ Χριστός, le Christ. Sans doute on pourrait y voir le sceau de l'union annoncée par Jésus (v. 23, 24) entre Samaritains (le Sauveur du monde) et Juifs (le Christ). Mais il est plus aisé de comprendre comment ce titre aura été ajouté que retranché.
L'accueil empressé que trouva Jésus chez les Samaritains est un exemple de l'effet qu'aurait dû produire l'arrivée du Christ parmi les siens. La foi de ces étrangers était la condamnation de l'incrédulité d'Israël. Ce fut sans doute sous cette impression que Jésus, après ces deux jours exceptionnels dans son existence terrestre, reprit le chemin de la Galilée.
Troisième section
En Judée, l'incrédulité avait prévalu. En Samarie, la foi venait d'apparaître. La Galilée prend une position intermédiaire. Jésus y est accueilli, mais en vertu des miracles qu'il a accomplis à Jérusalem et à la condition de répondre immédiatement à cet accueil par de nouveaux prodiges. Le récit suivant (comparez v. 48) fournit la preuve de cette disposition des esprits. Telle en est la portée dans l'ensemble de l'évangile.
1. versets 43-45
Les v. 43-45 décrivent la situation générale. Puis sur ce fond se détache le trait suivant (v. 46-54). On peut comparer ici le rapport de l'entretien du ch. 3 (Nicodème) avec le tableau général 2.23-25 ; ou celui du dernier discours du précurseur avec le tableau 3.22-24.