Les disciples descendirent vers la mer : cette expression n'oblige pas à admettre que la multiplication eut lieu sur la montagne, (verset 3) mais sur quelque plateau entre celle-ci et le lac (voir la note précédente).
D'après les synoptiques, c'est Jésus lui-même qui avait donné à ses disciples l'ordre de se rembarquer et de repasser le lac. Il leur répugnait à tel point de le faire, que nous lisons dans Matthieu 14.22 et Marc 6.45 que Jésus les contraignit de partir.
Le récit de Jean nous explique d'où provenait cette répugnance et ce qui obligea Jésus à user d'autorité : il s'agissait de les soustraire à l'entraînement du faux enthousiasme qui venait de se manifester.
Le texte reçu porte : la barque, l'article, qui est retranché par la plupart des éditeurs, d'après Sin., B, est considéré comme authentique par M. Weiss. Cet interprète pense que les disciples attendirent pour exécuter l'ordre de Jésus que le soir fût venu qu'il faisait même déjà obscur et que Jésus ne les avait pas encore rejoints, quand ils se décidèrent enfin à s'embarquer.
M. Weiss prend la dernière proposition, et il faisait déjà obscur et Jésus n'était pas encore venu vers eux (grec verbes au plusque-parfait), comme une parenthèse se rapportant au moment où les disciples quittèrent la rive.
Cette explication est inadmissible, parce que le texte grec porte une conjonction qui unit étroitement les mots : et la mer était agitée à ceux qui précèdent ; cette dernière remarque nous transporte naturellement au moment où les disciples sont déjà engagés dans leur navigation.
C'est ce qui ressort aussi de la var. de Sin, D : or l'obscurité les surprit.
Nous admettons donc avec M. Godet que l'obscurité se fit pendant qu'ils passaient ; et pour expliquer la remarque : Jésus ne les avait pas encore rejoints, nous supposons que Jésus leur avait donné rendez-vous sur quelque point de la côte de Bethsaïda à Capernaüm, celle-ci étant à peu près parallèle à la direction qu'ils devaient suivre dans leur navigation.