Le mot descendirent ne suppose pas qu'ils fussent encore sur les hauteurs ou ils avaient passé avec Jésus la première partie de la journée mais seulement (voir le πάλιν du v. 15) que l'endroit où avait eu lieu le miracle était situé au-dessus du rivage proprement dit. Quel ordre Jésus avait-il donné à ses disciples, avant de les quitter ? D'après les synoptiques, celui de s'embarquer pour l'autre côté de la mer. C'est ce qu'implique également le récit de Jean ; car il est inadmissible qu'ils se fussent embarqués, comme cela est raconté au v. 17, en laissant Jésus seul sur le bord oriental, s'il ne leur avait fait connaître sa volonté à cet égard. Ils hésitent même, on le voit par les v. 16 et 17, à exécuter cet ordre ; ils attendent pour cela jusqu'à la dernière lueur du jour. Mais comment expliquer la fin du v. 17 ? Ces derniers mots semblent dire qu'ils attendaient Jésus, comme si celui-ci avait eu l'intention de les rejoindre (sens rendu plus probable par la leçon οὔπω, pas encore, chez les alex.). Mais cela contredirait l'ordre de partir qu'il devait leur avoir donné. On a admis que ces mots : Il ne les avait pas encore rejoints, avaient été écrits uniquement au point de vue de ce qui arriva en effet plus tard, quand Jésus les eut atteints miraculeusement sur les flots ; mais on pourrait aussi supposer que, comme la direction de Bethsaïda Julias à Capernaüm est à peu près parallèle à celle de la côte septentrionale du lac, Jésus leur avait donné rendez-vous sur quelque point de cette côte, à l'embouchure du Jourdain, par exemple, où il comptait les rejoindre. Sinon il ne reste qu'à admettre avec Weiss que les plus-que-parfaits (la nuit était déjà venue ; Jésus ne les avait pas encore rejoints) se rapportent, non au moment où les disciples étaient déjà sur la mer, mais à celui où ils s'embarquèrent. Mais l'imparfait ἤρχοντο, littéralement ils venaient, est difficile à concilier avec ce sens. Il faudrait supposer, dans ce cas, que dans les v. 17 et 18 Jean a seulement voulu réunir les différents motifs d'angoisse qui pesaient sur les disciples : la nuit qui les empêchait de se diriger sur l'eau, l'absence de Jésus et la violence de l'ouragan. N'est-ce pas là un expédient, plutôt qu'une explication ?