Le terme ἐμάχοντο, débattaient, renchérit sur le ἐγόγγυζον, murmuraient, du v. 41 ; c'est maintenant un débat violent succédant à un sourd murmure. Les mots entre eux semblent contredire l'apposition : disant, qui paraît indiquer que le dire était unanime. Mais la même question pouvait réellement se trouver dans toutes les bouches sans qu'il y eût accord entre ceux qui la posaient. Les uns arrivaient à la conclusion : C'est absurde. Les autres, sous l'impression du miracle de la veille et de ce qu'il y avait de saint et de mystérieux dans les paroles de Jésus, maintenaient, malgré tout, qu'il était bien le Messie. A l'ouïe de cette discussion, Jésus non seulement persiste dans son affirmation, mais la renforce en employant des expressions de plus en plus concrètes. Non seulement il parle maintenant de manger sa chair et de boire son sang, mais encore il fait de cet acte mystérieux la condition de la vie (v. 53-56) ; il parle de le manger lui-même (v. 37), et résume enfin tout l'entretien dans la suprême déclaration du v. 38. L'évangéliste termine en indiquant le lieu de cette scène (v. 59). - Le vrai texte (v. 52) dit : « la chair, » non : sa chair, quoique ce soit bien de la chair de Jésus qu'il s'agisse. Ce qui les révolte, c'est que ce soit la chair qui doive les nourrir en vie éternelle.