En d'autres termes : « Trêve à ces murmures : ce n'est pas ma parole qui est absurde ; c'est vous qui êtes incapables de la comprendre, et tous vos comment ne serviront de rien, tant que vous resterez dans cet état moral. » Jésus remonte à la source de leur mécontentement : il leur manque l'attrait spirituel qui résulte de l'enseignement intérieur de Dieu. C'est ce que faisaient déjà entendre les v. 37-40. Le mot οὐδεις, personne, est l'antithèse de πᾶν, tout, v. 37. Là, Jésus disait : Quiconque m'est donné, arrivera certainement ; ici : Nul qui n'est pas attiré, ne réussira à comprendre et à croire. Cette seconde déclaration est d'une application directe aux auditeurs. L'attrait du Père désigne le même fait que le don (v. 37), mais ce terme sert à en expliquer le mode : le don d'une âme à Christ se produit au moyen d'un attrait intime qui s'exerce sur elle. Nous verrons au v. 43 que cet attrait n'est pas un instinct aveugle, comme les penchants naturels, mais qu'il est lumineux de nature, comme Dieu même de qui il procède ; c'est un enseignement. Cet enseignement aurait dû s'opérer par les écrits de Moïse pris au sérieux (5.46-47), par la Parole de Dieu reçue intérieurement (5.38). La loi, en faisant sentir au Juif l'imperfection de son obéissance et l'opposition entre ses dispositions et la volonté divine, la prophétie, en excitant l'attente de celui qui doit remédier au mal, font d'avance de Jésus un être connu et désiré, vers lequel un attrait profond ne peut manquer de porter toute âme sincère dès qu'il apparaît. Weiss voit dans l'attrait et l'enseignement du Père le témoignage divin par le moyen des miracles (5.36), rendu efficace dans le cœur par le Saint-Esprit. Cela me paraît trop extérieur ; et comment exclure le principal témoignage divin, celui de la Parole, mentionné aussi dans le ch. 5 ? - Il faut remarquer la corrélation entre le sujet celui qui m'a envoyé et le verbe attire ; le Dieu qui envoie Jésus pour les âmes, attire, d'autre part, les âmes à Jésus. Les deux œuvres divines, extérieure et intérieure, se répondent et se complètent. Le moment bienheureux où elles coïncident dans le cœur et où la volonté est ainsi gagnée, est celui du don de la part de Dieu, de la foi de la part de l'homme. - Jésus ajoute que, comme l'initiative du salut appartient au Père, l'achèvement est la tâche du Fils. Le Père attire et donne ; le Fils reçoit et garde, et cela jusqu'au couronnement glorieux, la résurrection finale. Entre ces deux points extrêmes est compris tout le développement du salut.