Demande étrange, après ce qui s'était passé la veille ! On a supposé que ces paroles étaient prononcées par des personnes qui n'avaient pas assisté à la multiplication des pains. On en a tiré des conséquences contre la vérité historique de tout ce récit.
On a émis la supposition que cette partie de l'entretien n'était pas rapportée à sa vraie place. Il n'est pourtant pas si difficile de comprendre ces exigences de la part de Galiléens ignorants et avides de prodiges. En effet :
1° Ils ont très bien compris que Jésus, en se présentant à eux comme celui que Dieu a envoyé, (verset 29) se disait être le Messie Or, ifs lui demandent : Comment le prouves-tu ? quel signe nous en donnes tu car nous voulons voir de nos yeux pour te croire. Le miracle de la veille leur paraît insuffisant pour prouver que Jésus était le Messie, le Fils de Dieu ; d'autant plus que le refus de Jésus de se prêter à la manifestation qu'ils avaient projetée (verset 15) les avait mécontentés et avait atténué l'impression produite au premier abord par le miracle. (verset 14)
2° Jésus lui-même leur a parlé des pains multipliés comme d'une nourriture qui périt et les a exhortés à opérer, à acquérir par leur travail, une tout autre nourriture, qui procure la vie éternelle. Or, ils lui demandent de leur donner l'exemple et, pour cela, ils lui renvoient, non sans malice, sa propre parole : Toi, qu'opères-tu ? (Traduction littérale au lieu de : quelle œuvre fais-tu ?)
3° Jésus, en se désignant comme le Messie, se mettait bien au-dessus de Moïse ; or, qu'est-ce que le pain qu'il leur avait donné la veille, comparé à la manne du désert, qui, durant quarante ans, avait nourri tout un peuple ? (verset 31, note.)