Ce verset reproduit, soit pour la confirmer (car, chez les alexandrins et anciennes versions) soit pour la compléter (or, chez les byzantins), la pensée du v. 39. La différence principale est qu'au v. 40 Jésus fait ressortir à côté du don que fait le Père en la personne de son Fils, l'acte subjectif de l'homme qui contemple et croit. C'est dans cette parole le trait décisif. Les deux participes présents θεωρῶν καὶ πιστεύων, qui contemple et qui croit, indiquent la succession rapide des deux actes : « Celui qui se livre à la contemplation et en qui elle se change immédiatement en foi. » C'est l'antithèse intentionnelle du v. 30 : « Vous m'avez vu, et vous ne croyez pas. » Le mandat que le Père a donné à Jésus, n'est pas de sauver indistinctement tous les hommes. Sa tâche est de s'offrir à la vue de tous, et, là où la vue devient contemplation et la contemplation foi, de sauver. - La leçon alex. : de mon Père, est mieux en rapport avec le terme de Fils. D'autre part, la leçon reçue : de celui qui m'a envoyé, convient mieux à ces mots : celui qui contemple : « Il m'a envoyé pour que je m'offre à la contemplation. » - Le terme θεωρεῖν, contempler, indique un acte plus réfléchi que le simple ὁρᾶν, voir, du v. 36 : celui-là seul contemple qui a été assez frappé par la simple vue pour s'arrêter avec émotion en face de l'objet. Jésus substitue ici le masculin πᾶς, au neutre πᾶν (v. 39), dont il s'était servi, parce que la foi est un acte individuel. - L'histoire du ministère de Jésus dans les synoptiques est le commentaire de ce verset. N'est-ce pas à ce signe, la foi, qu'il reconnaît ceux qu'il peut accueillir et sauver ? Luc v. 20 : « Voyant leur foi il dit : O homme, tes péchés te sont pardonnés. Il ne connaît lui-même ni les individus, ni le nombre des personnes dont se composera le don total (τὸ πᾶν) que lui fait le Père : Dieu en l'envoyant, lui a donné ce seul mot d'ordre : Quiconque, croit. - On peut faire des deux ἀναστήσω, aux v. 39-40, des aoristes conjonctifs, dépendant de ἵνα : « et que je le ressuscite. » Il en est certainement ainsi, à mes yeux, de celui du v. 39 : mais peut-être faut-il détacher davantage v. 40 de ce qui précède et y voir un futur indicatif : « Et cela fait, je me charge, moi, de le ressusciter au dernier jour, sans que rien puisse s'opposer à l'accomplissement de cette œuvre suprême. » Le pronom, με, moi, surtout placé comme il l'est, me paraît s'expliquer mieux de cette manière.
En face de l'incrédulité juive. Jésus s'est retrempé dans l'assurance du succès de son œuvre. Il a expliqué la sévérité de sa conduite envers les Juifs : Dieu a dit : Celui qui voit et qui croit : et eux, ils ont vu, et ils n'ont pas cru. Il y avait là un sérieux reproche pour ses auditeurs. Ceux-ci, bien loin de l'accepter, cherchent à le lui renvoyer.
2. Versets 41 à 51.
Un murmure qui s'élève dans l'assemblée (v. 41 et 42) force Jésus à déclarer nettement aux Juifs leur incompétence en cette matière (v. 43-46) : après quoi il s'affirme de nouveau lui-même, avec une solennité croissante, comme le pain de vie (v. 47-31), et cela en ajoutant dans les derniers mots (v. 51b) une détermination frappante qui devient l'occasion d'une nouvelle phase de l'entretien.