Le terme : murmuraient, doit désigner un chuchotement défavorable qui se faisait entendre dans le cercle des auditeurs. Le régime περί αὐτοῦ, à son sujet, est expliqué par les paroles suivantes. - Le terme Ἰουδαῖοι, les Juifs, pourrait se rapporter aux émissaires du sanhédrin qui, d'après les synoptiques, étaient venus de Judée pour épier les paroles et les actes de Jésus en Galilée. Mais les mots suivants : nous connaissons, s'expliquent mieux dans la bouche des Galiléens eux-mêmes. Jean leur applique ici cette dénomination usitée dans son évangile (⇒), en raison de la communauté d'incrédulité qui dès ce moment les unit à la masse de la nation juive, qui persiste à rester juive et refuse de devenir croyante. - Il leur est impossible de reconnaître un être céleste incarné dans celui dont ils connaissent parfaitement la filiation humaine Le pronom ἡμεῖς, nous, n'indique pas nécessairement une connaissance personnelle, d'où l'on put inférer que Joseph vivait encore. Cette expression peut signifier : « Nous connaissons le nom de ses parents. » - On peut lire avec quelques alexandrins νῦν, maintenant, au lieu de οὖν, donc ; il signifie : dans cet état des choses. - La critique a demandé comment le peuple pourrait ignorer la naissance miraculeuse de Jésus, si ce fait était réel, et pourquoi Jésus ne relèverait pas ce point dans sa réponse ? Mais la naissance de Jésus avait eu lieu en Judée ; trente années la séparaient de l'époque où nous nous trouvons. Pendant la longue obscurité qui avait enveloppé l'enfance et la jeunesse de Jésus, tout était rentré dans le silence, et cela probablement dans les lieux mêmes où s'étaient passés les faits ; combien plus en Galilée, où la masse du peuple les avait toujours ignorés. Ce n'étaient assurément ni les parents de Jésus, ni Jésus lui-même, qui pouvaient y faire allusion en public : c'eût été exposer le plus saint mystère de famille à une discussion profane et de plus, inutile. Car l'origine miraculeuse de Jésus n'est pas un moyen de produire la foi ; elle ne peut être acceptée que par le cœur déjà croyant. Comme le dit Weiss : « Ce ne sont pas réellement ces scrupules qui sont la cause de leur incrédulité. Et voilà pourquoi Jésus ne s'arrête pas à les réfuter. » - Au lieu donc de descendre sur ce terrain, Jésus demeure dans la sphère morale et découvre aux Galiléens, comme il l'avait fait aux habitants de Jérusalem ch. 5 la véritable cause de leur incrédulité.