Le spectacle que présentait ce portique entourant la piscine est évoqué par M. Bovet, dans sa description des thermes d'Ibrahim, près de Tibériade. « La salle où se trouve la source est entourée de plusieurs portiques, dans lesquels nous voyons une foule de gens entassés les uns sur les autres, couchés sur des grabats ou roulés dans des couvertures, avec de lamentables expressions de misère et de souffrance… La piscine est en marbre blanc, de forme circulaire et couverte d'une coupole soutenue par des colonnes ; le bassin est entouré intérieurement d'un gradin où l'on peut s'asseoir. » - Ξηροί, perclus, désigne proprement ceux qui ont quelque membre atrophié, atteint, selon l'expression vulgaire, de décroît. - La fin du v. 3 et le v. 4 manquent dans la plupart des Mss. alex. et sont retranchés par Tischendorf, Lücke, Tholuck, Olshausen, Meyer. Le grand nombre de variantes et les signes de doute dont ce passage est marqué dans plusieurs Mss. parlent en faveur du retranchement. Les défenseurs de l'authenticité du passage, par exemple Reuss, en expliquent l'omission chez les alex. par une antipathie dogmatique qui se trahirait dans l'omission semblable Luc 22.43-44 (l'apparition de l'ange à Gethsémané). Cette supposition ne s'appliquerait en tous cas ni au Sinaïticus, qui a le passage de Luc au complet, ni à l'Alexandrinus, qui, dans notre passage, lit le v. 4. Le Vaticanus seul présente à la fois les deux omissions, ce qui ne suffit pas, évidemment, pour justifier le soupçon énoncé plus haut. J'admettais, comme Ewald, dans les 1res éd., que la vraie leçon est celle que présentent le Cantabrigiensis, et de nombreux Mss. de l'Itala, qui maintiennent la fin du v. 3, tout en omettant le v. 4. Les mots : attendant le mouvement de l'eau (v. 3), s'ils sont authentiques, auraient réellement pu assez aisément provoquer la glose du v. 4. Et le v. 7 semble exiger, dans ce qui précède quelque chose de semblable aux derniers mots du v. 3. Cependant il me paraît difficile de comprendre ce qui aurait produit le retranchement de ces mots dans un aussi grand nombre de documents, s'ils eussent fait primitivement partie du texte. Je penche donc plutôt à admettre avec Weiss, Keil, Wahle, etc., qu'ils ont été ajoutés aussi bien que le v. 4. Le tout aura d'abord été écrit en marge par un copiste : puis cette remarque marginale aura été introduite dans le texte. Cette interpolation doit être fort ancienne, car elle se trouve déjà dans la Peschitto, et Tertullien paraît y faire allusion (de Bapt. c. 5). Elle énonce l'opinion populaire sur le mouvement périodique de l'eau. D'après le texte authentique, il n'y a rien de surnaturel dans le phénomène. Tout se réduit à l'intermittence si fréquemment observée dans les eaux thermales. L'on sait que ces eaux ont la plus grande efficacité au moment où elles jaillissent, mises en ébullition par l'action redoublée du gaz, et c'était à ce moment que chaque malade cherchait à en ressentir le premier l'influence. - Hengstenberg, qui admet l'intervention de l'ange, étend la même explication à toutes les eaux thermales. Mais il faudrait dans ce cas, admettre une singulière exagération dans les termes du v. 4. Car enfin, aucune eau minérale ne guérit instantanément les malades et toutes les espèces de maladies mentionnées là.