Il est clair, quoi qu'en disent Olshausen, Baur et d'autres, que Jésus parle ici d'un nouveau témoignage du Père : autrement, pourquoi substituerait-il au présent, témoignent (v. 36), qui s'applique, aux miracles que Jésus accomplit actuellement, le parfait, a témoigné, qui ne peut désigner qu'un témoignage rendu et achevé ? Le pronom αὐτός, lui-même, accentué comme il l'est, relève énergiquement le caractère personnel de ce nouveau témoignage : Dieu a parlé lui-même. Voilà pourquoi la leçon αὐτος, lui-même, me paraît préférable au ἐκεῖνος, celui-là, des alexandrins. - Quel est ce témoignage personnel ? De Wette et Tholuck entendent par là la voix intérieure par laquelle Dieu témoigne dans le cœur de l'homme en faveur de l'Evangile, « l'attrait du Père au Fils. » Mais il est impossible d'expliquer à ce point de vue le parfait a témoigné et bien difficile de rendre compte des expressions suivantes : sa voix, sa figure, qui se rapportent si évidemment à une manifestation personnelle. Chrysostome, Grotius. Bengel (moi-même, dans les deux premières éditions), rapportent cette parole au témoignage de Dieu dans le baptême de Jésus, qui répond bien à cette condition. Mais on objecte avec raison le οὐ… πώποτε, jamais, dans les mots suivants ; et ce serait revenir au témoignage de Jean-baptiste que Jésus avait écarté, puisque la voix de Dieu n'avait été entendue que par Jésus et le précurseur et que tout reposait ainsi sur le témoignage de ce dernier. Il faut donc plutôt se ranger à l'explication de Cyrille, Calvin, Lücke, Meyer, Luthardt, Weiss, Keil, Wahle, qui appliquent le v. 37 au témoignage de Dieu dans l'Ancien Testament, ce livre dans lequel il se manifeste et parle lui-même. Les v. 38 et 39 confirment ce sens. - Les expressions : entendre la voix, voir la figure de Dieu, désignent une connaissance vivante et intérieure de Dieu. Quand Jésus lisait l'Ancien Testament, sa conscience contemplait la sainte figure de Dieu et son cœur entendait la voix de son amour. Rien de semblable ne s'était passé chez ses auditeurs. La parole divine n'avait atteint ni leur conscience, ni leur cœur. Le témoignage personnel de Dieu n'existait donc pas pour eux, puisque le seul livre dans lequel ils auraient pu l'entendre était resté pour eux, par leur faute, un livre fermé. La liaison du v. 37 au v. 38 par καί, et, ne présente plus de difficulté à ce point de vue.