Le passage relatif à Jean-Baptiste n'était qu'une observation jetée en passant un argument ad hominem ; Jésus développe maintenant le fait annoncé dès l'abord, v. 32 : le témoignage du Père. Le ἐγὼ δέ, mais moi, est, comme celui du v. 34, l'antithèse du vous, v. 33 ; il complète le précédent en ajoutant l'affirmation à la négation. Pour l'article, le, voir à v. 34 : le témoignage absolu, le seul auquel je veuille en appeler ici. L'absence de l'article devant μείζω s'explique ainsi : le, vrai témoignage, qui est un témoignage plus grand que… - On trouve ordinairement dans le génitif τοῦ Ἰωάννου, de Jean, la forme de la comparaison abrégée : « plus grand que celui de Jean. » On pourrait expliquer plus littéralement : « plus grand que Jean, » c'est-à-dire que Jean témoignant en ma faveur : Jean identifié avec son témoignage. - Meyer, Weiss, Keil, Reuss, Wahle. etc., entendent par les ἔργα les œuvres dont parle Jésus, toute son activité en général, et non point seulement ses miracles. Weiss allègue pour ce sens tout le passage v. 20-27 sur la résurrection spirituelle de l'humanité. Mais les œuvres spirituelles de Jésus ne tombent pas sous les sens ; pour y croire, il faut les avoir éprouvées ; elles ne sont donc pas un témoignage pour le non croyant. Puis il ne faut pas oublier le point de départ de tout ce discours, qui est un miracle proprement dit Jésus fait certainement allusion à la guérison de l'impotent et à toutes les œuvres semblables qu'il accomplit chaque jour. Meyer concède cette explication pour les passages 7.3,21 et ailleurs : mais le contexte l'exige ici tout aussi bien que là. - Les miracles sont désignés, d'un côté comme des dons du Père à Jésus : de l'autre, comme des œuvres de Jésus lui-même. Et c'est en effet à ce double titre qu'ils sont un témoignage de Dieu. Si le Fils les faisait par sa force propre, ils ne seraient point une déclaration de Dieu en sa faveur ; et si Dieu les faisait directement, sans passer par l'organe du Fils, celui-ci n'en pourrait point tirer une légitimation personnelle. - On peut hésiter entre les leçons ἔδωκε et δέδωκε qui toutes deux sont compatibles avec le ἵνα τελειώσω suivant. L'objet de ce verbe a donné, ce sont : les œuvres ; Dieu fait don à Jésus de ses miracles. Puis cet objet est développé par ces mots (littéralement) : afin que je les accomplisse. Car ces miracles ne lui sont pas donnés sous forme d'œuvres faites, mais d'œuvres à faire. C'est ce que relève fortement la reprise du sujet dans les mots : ces œuvres-là que je (ἐγώ) fais. Cette expression : donner afin que…, renferme et la permission et la force. Comme c'est de cette double qualité du miracle - don de Dieu et œuvre de Jésus - que résulte le témoignage, il faut maintenir dans le texte le mot ἐγώ moi (devant ποιῶ), que retranchent D et les alexandrins, et qui fait bien ressortir le second de ces deux caractères. - Mais ce témoignage des miracles est encore indirect, comparé à un autre tout à fait personnel, v. 37 :