Peut-être le v. 31 est-il la réponse à une objection qui fut réellement faite à Jésus, à la suite des paroles précédentes. De semblables interruptions abondent dans les récits beaucoup plus circonstanciés des chapitres suivants. - Sans doute le témoignage que l'on rend sur soi-même peut être parfaitement vrai ; mais, dans la sphère des hommes pécheurs, il est toujours suspect de partialité ou de mensonge. Jésus parle ici en se mettant au point de vue de ses auditeurs, qui l'envisagent comme un homme ordinaire. Dans la parole 8.14, au contraire, il reprendra sa position normale et revendiquera nettement l'autorité exceptionnelle que lui confère sa sainteté, parfaite. - Le ἐγώ, moi, pourrait signifier ici : « moi seul (isolément de tout autre témoin) ; » il vaut mieux entendre : « moi-même, témoignant de ma propre personne. » Tout ce qui suit prouve que cet autre dont Jésus va alléguer le témoignage est Dieu, et non pas Jean-Baptiste, comme l'a cru de Wette. Les v. 33-35 sont précisément destinés à écarter l'application de cette parole au précurseur. Dans la seconde proposition du v. 32. ce mot : Je sais, signifie : « Je porte en moi-même la conscience intime de cette relation filiale dont mon Père rend témoignage. » Il veut dire que pour lui-même il n'aurait besoin d'aucun témoignage. - La leçon οἴδατε, vous savez, vient probablement de la fausse application de ces paroles au témoignage de Jean-Baptiste. Les expressions περί ἐμοῦ, περὶ ἐμαυτοῦ, sur moi, sur moi-même, trois fois répétées (v. 31-32), ne signifient pas : en ma faveur, pour moi (Rilliet), mais tout simplement : à mon sujet. - Avant de dire quel est cet autre, dont le témoignage sert d'appui au sien, Jésus éloigne la supposition que ce soit au témoignage du précurseur qu'il veuille en appeler :