Malheur à qui ne croit pas à Jésus et à sa parole dans laquelle il se manifeste et rend témoignage de lui-même ! Comme sa personne est la pure manifestation de Dieu, sa parole est la parfaite révélation de la pensée de Dieu. Aussi sera-t-elle l'unique pierre de touche dans le jugement. La déclaration du v. 47 n'exclut pas le rôle personnel de Jésus dans ce grand acte. Elle dit seulement que la sentence qu'il prononcera alors ne sera que la conséquence fatale de la position que l'homme aura prise à l'égard de sa parole ; c'est l'idée de 3.18 (ἤδη κέκριται) ; 5.24 ; 8.15. - La leçon φυλάξη, garde, doit être préférée à la leçon reçue : πιστεύσῃ (« et ne croit pas ») ; car le premier terme est moins usité que le second : il s'applique, non à l'observation par la conduite, - dans ce sens Jean emploie plutôt τηρεῖν, - mais à l'appropriation et à la possession intérieures. - Les derniers mots du v. 47 reproduisent l'idée de 3.17 ; comparez 9.39,41.
Dans le v. 48, où le rejet de Jésus est identifié avec celui de ses paroles, la mention expresse du dernier jour est remarquable. Comme l'observe Gess, « le jugement moral de l'humanité par la parole s'opère incessamment, maintenant déjà, d'après tout l'évangile. Et pourtant la notion du jugement dernier est tellement indispensable, dans la pensée l'évangéliste, qu'il l'énonce ici comme le terme sans lequel le jugement purement moral manquerait de son couronnement » (II, p. 452). Comment Reuss, Scholten, Hilgenfeld affirment-ils que le jugement final est nié dans notre évangile ! Et ce qui est frappant, c'est que l'évangéliste mentionne, en parlant ainsi, un fait qui n'est point indiqué dans la parole de Jésus sur laquelle repose celle-ci (3.18) - Les deux derniers versets expliquent pour quelle raison la position prise par l'homme à l'égard de Jésus et de sa parole a une importance si décisive. C'est qu'il n'a rien mêlé de lui-même à son enseignement et qu'il l'a transmis, pour le fond et pour la forme, exactement tel qu'il l'a reçu du Père :