Ces versets décrivent, de la manière la plus naturelle et la plus dramatique, l'effet produit par le retour de l'aveugle dans sa maison. Des voisins, l'évangéliste distingue tous ceux, en général, qui étaient habitués à le voir (participe, imparfait θεωροῦντες) demandant l'aumône. - La question du v. 8 est posée par tous ; mais deux tendances un peu différentes se manifestent immédiatement dans les solutions données, v. 9. Les uns reconnaissent franchement le fait : « Oui, c'est lui. » Les autres semblent déjà se ménager un moyen de l'éluder : « Il lui ressemble. » Dans la leçon byz. : Il lui ressemble, est concédée une ressemblance fortuite qui tendrait à établir l'identité. Mais d'après la variante alex. « Non ; mais il lui ressemble ! » il y aurait déjà négation de l'identité ; le tout se réduirait à une ressemblance fortuite. En tout cas, ce sont évidemment les derniers qui, sur la déclaration de l'aveugle, lui posent les questions du v. 10 et du v. 12. - L'expression recouvrer la vue (v. 11) vient de ce que la cécité, même de naissance, est un état contre nature[1]. La question du v. 12 trahit l'intention de provoquer une enquête ; c'est la transition au morceau suivant.
II. L'enquête : v. 13 à 34
Première comparution de l'aveugle : v. 13-17. Confrontation de l'aveugle avec ses parents : v. 18-23. Seconde comparution de l'aveugle : v. 24-34.
Première comparution :
Notes
[1] A l'occasion du terme ἀνέβλεψε (littéralement : il revit), Meyer cite un passage de Pausanias (Messen. IV, 12, 5, éd. Schubart) où cet auteur emploie aussi ce terme au sujet de la guérison d'un aveugle-né. A la mention de ce fait intéressant en lui-même, nous ajouterons les détails suivants : Il s'agit d'un devin Messénien, nommé Ophionée, qui était aveugle de naissance (τὸν ἐκ γενετῆς τψφλόν) et qui, à la suite d'un accès violent de maux de tête, recouvra la vue (ἀνέβλεψεν ἀπ’ αὐτοῦ). Cependant Pausanias ajoute qu'il la perdit bientôt après.