Par le terme οἱ Ἰουδαῖοι, les Juifs, Jean ne veut pas désigner un groupe d'individus nouveaux. Ce sont toujours les mêmes ; seulement il les désigne maintenant, non plus au point de vue de leur position en Israël, mais à celui de leur disposition envers Jésus. Il s'agit des plus hostiles, de ceux auxquels se rapportait v. 16a. Ils soupçonnent un compérage entre Jésus et l'aveugle, et veulent, par cette raison, interroger ses parents. Des trois questions que renferme le v. 19, les deux premières, celles qui se rapportent à la cécité originaire de leur fils et à l'identité de l'homme guéri avec ce fils, sont résolues aussitôt affirmativement par les parents. Il y a quelque chose de comique dans ces trois αὐτος, lui, par lesquels ils se déchargent sur lui de la solution de la troisième. Le terme συνετέθειντο, ils étaient convenus, v. 22, désire une décision prise et non un simple projet, comme le pense Meyer ; cela ressort du mot ἤδη, déjà, et de la connaissance qu'ont les parents de cette mesure. L'exclusion de la synagogue entraînait pour l'excommunié la rupture de toutes les relations sociales avec ses alentours. Le degré supérieur d'excommunication aurait eu pour effet la mort, si cette peine eût été praticable sous la domination romaine. - Nous trouvons ici un nouveau jalon sur la voie des mesures hostiles prises à l'égard de Jésus ; c'est la transition entre l'envoi des huissiers (ch. 7) et le décret de mort du ch. 11. La lâcheté des parents est comme le prélude de celle du peuple entier.
Seconde comparution :